Gens des confins, Irene van der LINDE et Nicole SEGERS
Éd. Noir sur Blanc
25,00 Euros 
Il faut prendre le temps de lire cet ouvrage réalisé par deux femmes néerlandaises, une historienne et journaliste, Irene van der Linde et une photographe documentaire, Nicole Segers. Le texte et les images, des photos en noir et blanc, effectuées à l’aide d’un Leica M6/7, relatent un périple que les deux femmes ont entrepris avec la volonté d’aller à la rencontre des personnes vivant sur la frontière orientale de l’Europe. Avec simplicité et érudition, elles racontent leur voyage, de la Finlande à la Bulgarie, décrivent les paysages traversés, les repas, les maisons et font part des attentes, des craintes comme des rêves, des personnes croisées, des communautés, des gardiens de la frontière européenne. Un livre qui invite au voyage et à la compréhension, un livre d’Histoire et d’histoires.




Selon Monsieur Toussaint Louverture, « attirante, séduisante, fascinante… la jeune Zuleika Dobson l’est sans aucune limite ». Dès la descente du train en gare d’Oxford où son grand-père le recteur, l’attend, Zuleika Dobson déclenche un vif émoi dans le coeur des étudiants de l’ancienne et respectable Université. Or, la jeune prestidigitatrice, habituée à être courtisée lors de ses nombreux voyages à travers le monde, n’a jamais été amoureuse. Seul l’impeccable Duc de Dorset, parce qu’il l’aura traitée négligemment la première fois, réussira à éveiller un sentiment différent dans le coeur de la jeune femme. Mais cet amour, au lieu de les réjouir, donnera naissance à une idée plus saugrenue dans l’esprit du Duc qui contaminera la gent masculine oxfordienne.
Lors de l’Escale du livre, l’auteur de La Mer Noire, Kéthévane Davrichewy, est venue jusqu’à Bordeaux. Écouter cette femme parler d’elle, de son écriture, évoquer des bribes de son histoire familiale, m’a donné envie de lire son dernier roman. J’ai adoré plonger dans l’histoire de Tamouna, une femme âgée, née en Georgie, exilée en France, qui s’apprête à fêter son anniversaire à Paris, entourée des siens. Elle attend aussi la visite de Tamaz, l’homme qu’elle a rencontré l’année de ses quinze ans, celui qui la trouble encore aujourd’hui. Le passé affleure en permanence, les joies comme les peines sont relatées avec finesse, et Tamouna est tour à tour jeune fille et vieille femme.
Avec une « note sur l’architecture du bâtiment » en guise de prologue, ce livre ne manque pas de surprendre dès les premières pages. Ce bâtiment, le Londres-Louxor, est un ancien cinéma des années vingt, un lieu où se croisent, s’observent, se rassemblent des personnes issues de la diaspora bosniaque, à Paris. Pour commencer, nous suivons Esme qui vient là dans l’espoir d’y retrouver sa soeur. Très vite, le ton original de l’auteur, l’atmosphère mystérieuse nous emportent et nous goûtons avec plaisir au lignes, évoquant l’art, la littérature, l’architecture. Il est aussi question d’amour, d’argent, d’exil. À la lecture de ce roman déroutant, nous oscillons bien souvent entre rêve et réalité.


Pierre Loti, en tant qu’officier de marine, eut l’occasion d’embarquer vers des destinations lointaines. Les voyages et la fascination pour l’ailleurs de l’écrivain, nous les connaissons grâce à ses textes, ou bien en effectuant la visite de sa maison à Rochefort. Les éditions Bleu Autour invitent le lecteur au voyage en rassemblant dans un beau livre plus de cinq cents dessins réalisés par Pierre Loti au cours de ses pérégrinations, accompagnés des textes de l’écrivain, le tout formant « un singulier carnet de voyages autour du monde ».
Nils-Uddo fait partie de ces artistes qui ont choisi le paysage comme scène d’expression artistique. Cette pratique, que l’on nomme Land Art consiste à intervenir à l’extérieur et non plus dans l’espace clos d’un tableau ou d’un musée. les constructions végétales de Nils Uddo, composées de matériaux naturels tels des fleurs, du bois ou des cailloux, semblent fragiles, éphémères mais, en en gardant la trace, l’image photographique leur offre comme une seconde vie, témoigne de leur charge poétique.
Au cours de six années, entre 2000 et 2007, l’artiste turc Attila Durak a sillonné son pays avec un dessein ambitieux : capter la richesse de la diversité culturelle en Turquie. De son projet, Ebru (du nom d’une technique picturale complexe signifiant « papier marbré »), résulte un cortège de portraits et tous ces visages, appartenant à des personnes issues de milieux culturels et sociaux différents, nous racontent des histoires. La franchise dans les regards impressionne et semble inviter le lecteur à pénétrer plus avant dans la connaissance de la Turquie d’aujourd’hui et des peuples qui la composent. Les photos d’Attila Durak sont accompagnées de textes d’artistes et d’intellectuels turcs qui ont offert leurs souvenirs, leurs impressions et John Berger a rédigé une préface comme un poème. Il s’agit enfin d’une plongée parmi les tissus, les couleurs et les nombreuses musiques du pays grâce au CD qui vient clore l’ouvrage.


