La sélection de Emilie


« Le grand Joseph », Kochka

Éditions Thierry Magnier
à partir de 12 ans
8,50 Euros

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Le grand Joseph, c’est Geddo, le grand-père, « papi », « grand-père » pourrait-on dire en français. La narratrice revient avec tendresse sur son quotidien à Beyrouth, avant la guerre. Elle dépeint avec justesse la rue, la vie de famille. Cette fille partie trop brusquement du Liban pour fuir le Liban rend justice à ses origines, redonne toute sa place à ceux qui sont restés.

Guillaume Trouillard

À partir du 3 mars

La Machine à Lire
8, place du Parlement
Expose les planches de « La saison des flèches » à La Machine à Lire.

Rencontre avec Nicolas Espitalier.

Mercredi 17 février

18 h 30

La Machine à Lire
8, place du Parlement
Rencontre avec Nicolas EspitalierAutour de son premier roman « Salamanque », publié aux éditions Confluences.
Le débat sera animé par Patrick Rödel.

« Romance nerveuse », Camille Laurens

Gallimard
16,90 Euros

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Laurence R vient d’être congédiée par son éditeur après une polémique qui l’oppose à une auteure hébergée dans la même maison qu’elle. Profondément blessée, incapable d’écrire une ligne, elle prend le large vers une destination touristique, pension complète comprise et y rencontre Luc. C’est l’amorce d’une histoire d’amour improbable entre un paparazzi et un écrivain. Lui est pour le moins instable, pathologiquement versatile, oscillant sans transition entre une goujaterie crasse, une sensibilité exacerbée et une fragilité qui la touchent.
« Romance nerveuse » nous emporte dans les circonvolutions mentales et humaines de cette histoire un brin sado-maso, réelle et écrite, tout à fait captivante.

« Suites byzantines », Rosie Pinhas-Delpuech

Bleu Autour

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Rosie Pinhas-Delpuech nous rappelle combien notre langue fait notre rapport au monde. Le judéo-espagnol, l’allemand langues « maternelles » et le turc imposé par Atatürk, le « père des Turcs », autant de sources de questionnements mais aussi de possibles pour dire et penser le monde du dedans et du dehors.
La narratrice nous fait goûter les sons, fait résonner les sens et dépeint au fil de ses nouvelles une vie en Turquie tantôt abrupte, tantôt sensuelle, nous ouvre les portes de son monde avec grâce.

« L’encyclopédie des rebelles, insoumis et autres révolutionnaires », A. BLANCHARD, F. MIZIO, S. BLOCH,

éditions Gallimard,
19,95 euros
ency.jpgCette encyclo dresse les portraits, avec une certaine drôlerie, de toute une galerie d’insoumis qui ont combattu pour une vision de la société qui leur semblait plus juste. Ce livre donne l’occasion de rappeler à nos jeunes lecteurs qu’Akhenaton n’est pas un rappeur marseillais, qu’il y a eu aussi des femmes révolutionnaires, que l’on peut faire acte d’insoumission en passant par l’art… En espérant que ce cadeau provoquera des vocations?

« Contes de banlieue lointaine », T.SHAUN.

éditions Gallimard,
18 Euros
contesbanlieue.jpgToujours décalés, merveilleusement illustrés ces « Contes de banlieue lointaine » montrent le quotidien à travers une lorgnette qui le rend poétique, possiblement libre, absurde. Shaun Tan joue délicatement avec la mise en pages et crée un espace de lecture entre l’image et le texte provoquant la rêverie, stimulant l’imagination au-delà du point final de chaque conte. Un bijou de livre.
A partir de 8 ans.

« Le problème avec les lapins », E. GRAVETT

éditions Kaléïdoscope
18 Euros
lapins.jpegEmily Gravett s’attèle avec bonheur et tendresse à la théorie mathématique de Fibonnacci. Qu’est-ce que ça donne, du point de vue du lapin et seulement du lapin, un couple de lapins qui engendre deux bébés lapins, qui eux-mêmes donnent naissance à une paire de lapinots…etc.. et ce, sans pouvoir sortir de leur enclot. Vous lirez la réponse, au fil des mois dans « Le problème avec les lapins ».
A partir de 4 ans.

« Almanach interculturel », F. VALERY et l’Association Promo-Femmes Saint Michel,

éditions de l’Attente
14,50 Euros
Cet almanach est le fruit de la collecte de témoignages de femmes de l’association Promo-Femmes Saint Michel. Vous aurez le loisir d’y découvrir jour après jour les astuces, recettes, histoires, devinettes de femmes de 35 pays différents. De quoi ouvrir une fenêtre sur l’autre tous les matins de cette année à venir.

« Sainte Famille », J FORTON,

éditions Finitude,
17 euros
Sainte-famille.jpgBienvenue chez les Maliniers, famille bordelaise à la façade bien respectable. Jean Forton décortique
malignement l’intimité de ces personnages et nous fait pénétrer dans un monde bien moins noble qu’il ne voudrait l’être. Cela moque, cela pique, c’est bon et délectable. Merci aux éditions Finitude d’avoir publié ce roman, jusqu’ici inédit.

Si vous manquez d’idées pour garnir les souliers de vos proches, voici quelques suggestions qui pourront vous aider. Cette sélection n’étant pas exhaustive, nous vous attendons à la librairie pour multiplier les propositions de livres!


Bonnes fêtes à vous tous!

« Les intellectuels contre la gauche » Michaël Christofferson

Coll Contre-Feux
Ed Agone
25 euros
intelgaiche.jpgMichaël Christofferson décrit comment les intellectuels de gauche au cours des années 70 établissent un lien entre l’idéologie communiste et révolutionnaire et le totalitarisme; la publication de « L’Archipel du Goulag » d’Alexandre Soljenitsyne en étant le preuve irréfutable. Ce mouvement antitotalitaire qui engendre un processus de discrédit du PC légitime au passage une inclination à droite d’intellectuels communistes repentis et participe à faciliter la victoire du PS en 1981.
Notre historien montre comment le concept d’antitotalitarisme est instrumentalisé à des fins politiques, voire personnelles. Ce travail mené avec minutie s’avère passionnant et tristement révélateur: ces intellectuels de gauche, en passant tant d’énergie à s’insurger et lutter contre cette idéologie totalitariste en ont totalement oublié de réfléchir à ce qui pourrait rendre notre monde meilleur.

La Machine à Lire et le Théâtre du Pont Tournant créent l’événement à Bordeaux en associant leurs compétences et leur désir commun de faire vivre l’écriture, soutenir les auteurs et susciter le plaisir aux lecteurs. La Machine à Lire et le Théâtre du Pont Tournant ont en effet imaginé de travailler ensemble pour proposer des rencontres liant le texte et sa représentation, dans leur démarche d’ouverture et d’accessibilité de la culture au plus grand nombre.
Dans cet esprit et à l’initiative de La Machine à Lire, le Théâtre du Pont Tournant accueillera fin novembre un spectacle retraçant l’histoire d’Etty Hillesum qui marquera le premier événement culturel de ce partenariat, témoignant d’une véritable synergie et d’un réel partage d’expérience entre les deux structures.
Par la suite, nous souhaitons développer des rencontres-lectures, des conférences-débats pour créer des passerelles concrètes et vivantes entre l’écriture et son interprétation, tout en soutenant la création contemporaine.
N’oubliez pas de réservez au 05 56 11 06 11

« Dans les ombres sylvestres », Jérôme LAFARGUE

Ed. Quidam

lafargue.jpgLa satisfaction d’avoir déniché la perle rare, le plaisir de rencontrer un texte, l’engouement pour un auteur, l’envie de faire du prosélytisme à tout crin c’est surtout ça qui nous fait lever le rideau de nos librairies tous les matins.

Le responsable de cet enthousiasme est Jérôme Lafargue, qui a écrit « Dans les ombres sylvestres » chez Quidam. Il y est question de forêt qui respire, de la puissance de l’océan, de la complexité de la nature humaine, de révolution, de pouvoir du verbe. Envoûtant, déroutant, facétieux, bigrement malin et jubilatoire, voilà les qualificatifs qui me viennent à l’esprit.

Enfin, les lecteurs de ce roman comprendront que ce conseil est un peu plus que l’acte de générosité d’une libraire qui souhaite partager son plaisir.

Cadence, Stéphane VELUT

éditions Bourgois velut.jpg
En 1933, à Munich, à la demande du Führer, un peintre a accepté de réaliser le portrait d’un jeune modèle doté de tous les attributs aryens. Cadence est le journal de cet artiste. Ce dernier ne se contentera pas d’exécuter simplement le portrait de cette jeune fille. Il souhaite en faire une poupée qui ferme les yeux quand on la couche, une marionnette dont il pourra tirer les ficelles comme bon lui semble.
Le lecteur devient le témoin de ce lent processus de déshumanisation et de soumission dont la réalisation est menée avec la régularité d’un métronome pendant que le monde gronde à l’extérieur de l’atelier.

Cadence est un texte fascinant et glaçant, Stéphane Velut un auteur à suivre absolument.

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