« La bascule du souffle », Herta Muller
Édition Gallimard 19,90 Euros Léopold a 17 ans et accepte dans sa naïveté et sa candeur de suivre les soldats Russes qui viennent le chercher. Nous sommes en 1945 dans une région Germanophone de Roumanie et la Russie accuse la communauté de Leopold d’avoir collaboré avec les nazis. Autant partir en voyage que de s’attirer les foudres de sa famille si on le surprend, le soir, dans le parc, avec des hommes…Alors il part pour cinq années de travaux forcés, de froid, de faim, d’humiliation et de privation.Comment tenir sans poésie, sans la simplicité de l’enfant qu’il est et dont les yeux voient encore les objets comme nous ne les voyons plus. Un livre miraculeux.






Chicago 1908. Lazarus, jeune juif Ukrainien, trouve la mort dans d’étranges circonstances, tué par le chef de la police. Un siècle plus tard Vladimir, écrivain d’origine Bosniaque, s’attache à ce fait divers et part en Europe sur les traces du disparu. À travers son histoire c’est aussi celle plus intime de Vladimir, de la Bosnie déchirée et de l’exil qui s’écrit et se dévoile tout au long de ce magnifique roman.
Max Schultz, SS dans un camp d’extermination, fuit l’Allemagne vaincue pour la Palestine sous l’identité de son ami d’enfance, Itzig Finkelstein, barbier juif assassiné avec toute sa famille. Mais comment un nazi peut-il devenir un sioniste fanatique? C’est ce que Max nous raconte dans les 500 pages de farce grotesque et d’humour noir. Un texte affreux, sale et méchant, où personne n’est épargné.
Jean ne va pas bien. Il se sent détaché de sa vie, à côté. D’ailleurs, il ne reconnait pas Elisabeth, sa nouvelle voisine qu’il aurait pourtant bien connu 20 ans auparavant.

Cette magnifique biographie du réalisateur de « Rocco et ses frères », « Le guépard », « Les Damnés », « Mort à Venise », richement illustrée de somptueuses photographies de plateaux, retrace 35 ans de travail de Luchino VISCONTI. Des interviews et des textes sur ses créations au théâtre, à l’opéra et au cinéma nous éclairent sur son esthétisme, puis une filmographie exhaustive et une biographie de ses années de préparation et de gestation de toute son oeuvre rendent ce livre indispensable pour les amoureux du cinéma italien.
1er septembre 1939, Kurt Crüwell est appelé sous les drapeaux allemands. Jeune soldat naïf, il assiste au martyre d’un village français et perd aussitôt toute sensibilité. Devenu inutile pour l’armée, il est alors placé dans un sanatorium où il tente de survivre en étant devenu « une créature purement mentale ». Court roman vif et incisif, l’offense, contenue dans une larme, trouve sa fin tragique lors d’un cauchemar halluciné digne d’un film de David Lynch. Beau et entêtant.
Sous influence de la Beat Generation (Kerouac, Burroughs, Ginsberg), Trantino nous présente ses carnets de prison. Récits de son passé tumultueux, poèmes, dessins, fantasmes et délires, ce condamné à mort (gracié et libéré en 2001) se livre sans tabou… ni remords. « Lock the lock », plus qu’un objet littéraire singulier est une célébration de l’envie depuis le couloir de la mort.
