La sélection de Philippe


« Sylvia », Léonard Michaels

Christian Bourgois Editeur
17 Euros

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À partir de ses journaux intimes Léonard, jeune apprenti écrivain nous raconte la difficulté d’aimer Sylvia,jeune femme passionnée mais émotionnellement perturbée. Il l’épouse très jeune et vit malgré lui le chaos d’une vie au quotidien avec une maniaco-dépressive. Nous sommes pourtant à New York dans les années 60, la vie culturelle est riche et le futur prometteur mais les rêves de Léonard s’effritent jour après jour face à la violence de la maladie. Alors que faire: subir ou se sauver? Retravaillés 30 ans plus tard, ces journaux se transforment en court roman, où la distance de l’écrivain se mêle parfaitement aux sentiments bruts du jeune de l’époque.
À noter la sortie simultanée du recueil de nouvelles « Conteurs, menteurs » aux éditions Bourgois de cet auteur méconnu, à tort et décédé en 2003.

« Sangsues », D Albahari

Gallimard
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Sous ses airs de thriller et d’enquête journalistique, Albahari questionne la place de la peur et son instrumentalisation politique dans la société serbe sous Milosevic. Roman à tiroirs (filatures, complots, sociétés secrètes), « Sangsues » est un livre fort et passionnant dont on ressort plus intelligent.

« Visconti »,M. SCHNEIDER, L. SCHIRMER

éditions actes Sud
78 Euros

visconti.jpgCette magnifique biographie du réalisateur de « Rocco et ses frères », « Le guépard », « Les Damnés », « Mort à Venise », richement illustrée de somptueuses photographies de plateaux, retrace 35 ans de travail de Luchino VISCONTI. Des interviews et des textes sur ses créations au théâtre, à l’opéra et au cinéma nous éclairent sur son esthétisme, puis une filmographie exhaustive et une biographie de ses années de préparation et de gestation de toute son oeuvre rendent ce livre indispensable pour les amoureux du cinéma italien.

« Oeuvres complètes: romans, nouvelles, essais, correspondance » F.O’Connor, collections Quarto,

Gallimard
29,90 euros

oRomancière du Sud des Etats-Unis, Flannery O’Connor s’attache à décrire la vie des petites gens de l’Amérique rurale des années 40 et 50. La ségrégation raciale, la violence des campagnes, la pauvreté et le poids de la religion sont au coeur de son écriture. Elle-même fervente catholique dans un sud majoritairement protestant (la plupart de ses essais ont pour thèmes la littérature et la religion), elle ne cesse de dénoncer les faux prêcheurs et les manipulations des esprits simples et naïfs. Elle partage avec Carson McCullers le goût des âmes blessées et les souffrances d’une longue maladie qui l’emporte à l’âge de 39 ans.
« Une observatrice de sa trempe ne pouvait laisser passer sans sourciller l’espèce de faune grand-guignolesque que le vieux sud drainait et draine encore aujourd’hui: tous ces pasteurs improvisés, ces illuminés itinérants (…) qui donnent de la foi et de la religion une image caricaturale ravageuse pour les gens simples, ignorants, incrédules. » Guy Goeffette dans sa préface ne peut mieux nous ouvrir les portes de l’univers de Flennry O’ Connor et nous inviter à découvrir cette consoeur de William Faulkner.

« Je ne t’ai pas vu hier dans Babylone »

Antonio Lobo Autunes
Ed Bourgois
28 euros
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« Il doit être minuit parce que les bruits, ceux du jardin, ceux de la maison et ceux de ma femme qui a fait partir les chiens en les fouettant légèrement avec une branche – fichez moi le camp
Elle a attaché la chienne en chaleur dans le garage et je parie qu’elle s’est couchée parce que pas de lumière dans le couloir ni dans la chambre dans laquelle je ne pénètre plus depuis des siècles (…) »
Des voix dans une nuit portugaise se font écho jusqu’au petit matin. Des bribes de vies qui s’échappent de corps lourds du passé comme des fantômes flottants autour de lits vides. De minuit à six heures du matin, des chants de douleur, de frustrations et de désirs qui se glissent hors du livre et s’impriment en nous. Une écriture magnifique et un bonheur de lecture comme rarement il est offert l’occasion d’en lire. Un mausolée, un monument, hanté.

« L’offense » de Ricardo Menendez Salmon

Ed Actes Sud
15 euros
offense.jpg1er septembre 1939, Kurt Crüwell est appelé sous les drapeaux allemands. Jeune soldat naïf, il assiste au martyre d’un village français et perd aussitôt toute sensibilité. Devenu inutile pour l’armée, il est alors placé dans un sanatorium où il tente de survivre en étant devenu « une créature purement mentale ». Court roman vif et incisif, l’offense, contenue dans une larme, trouve sa fin tragique lors d’un cauchemar halluciné digne d’un film de David Lynch. Beau et entêtant.

« Lock the lock » Tommy TRANTINO

13e notes éditions

lock.jpegSous influence de la Beat Generation (Kerouac, Burroughs, Ginsberg), Trantino nous présente ses carnets de prison. Récits de son passé tumultueux, poèmes, dessins, fantasmes et délires, ce condamné à mort (gracié et libéré en 2001) se livre sans tabou… ni remords. « Lock the lock », plus qu’un objet littéraire singulier est une célébration de l’envie depuis le couloir de la mort.

« La vaine attente », Nadeem ASLAM

Ed. du Seuil
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Afghanistan, de nos jours. Un vieil homme pleure sa femme tuée par les talibans et sa fille enlevée par les Russes des années auparavant. Enfermé dans sa demeure aux murs ornés de fresques cachées et aux plafonds tapissés de livres cloués, il recherche son petit fils qu’il n’a jamais connu.
Cette histoire bouleversante, cruelle et politique nous plonge dans un pays ravagé par de trop longues guerres meurtrières. Mais le retour de l’humanité et de la fraternité nous sont assurés si de tels livres voient le jour

Par l’auteur de « la Cité des amants perdus »

« Le sommeil du caïman » , Antonio SOLER

Ed Albin Michel
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Toronto, de nos jours. Le narrateur, réceptionniste dans un hôtel, croit reconnaître un homme surgi de son lointain passé. Plongeant dans ses souvenirs, il revit alors comme une hallucination les années sombres du franquisme qui l’ont conduit à la prison, la torture et l’exil et revoit défiler son enfance. Histoire de trahison et de solitude, ce texte sous tension, intelligent et beau, continue à résonner longtemps après avoir découvert ses dernière pages…

« Je refais le chemin. Ce soir je refais mentalement ce voyage (…) Je voyais passer des êtres vivants par la vitre de l’autobus. Des enfants marchant par des sentiers étroits et ombragés, des hommes conduisant des camionnettes comme si le monde était parfait(…) ».

Par l’auteur du « Chemin des Anglais » Prix Nadal en Espagne

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