Autour de notre sélection de Noël, les éditions Interférences

Nous avons choisi de vous proposer dans notre sélection de Noël : L'hôte venu du futur, d'Anna Akhmatova, publié aux éditions Interférences. Une occasion de revenir sur le catalogue de cet éditeur !

  • La Caverne est un récit assez court qui existe dans d'autres traductions, l'une difficilement trouvable, (à l'Age d'Homme, trad. M-C. Masson-Beauchet et J. Catteau, 1989), l'autre épuisée (chez Solin et en point-Seuil par A. Markowicz, 1989 et 1991).
    Or il s'agit d'un texte magnifique d'un grand auteur. D'autant que pour la première fois, nous proposons aussi la traduction de la pièce que Zamiatine a écrite sur le même thème, jamais traduite à notre connaissance.
    Pendant la guerre civile, au plus fort de l'hiver, les gens tentent de survivre à Pétrograd dans des conditions qui rappellent la vie des hommes des cavernes (d'où le titre). Un intellectuel dont la femme est en train de mourir de faim et de froid au fond d'un appartement transformé en grotte glacée est tourmenté par un dilemme : pour réconforter sa femme, va-t-il se résoudre à contrevenir à tous les principes qui lui ont été inculqués et voler des bûches chez un voisin ?

    "Des glaciers, des mammouths, des déserts. Des rochers de nuit, noirs, qui ressemblent vaguement à des immeubles ; à l'intérieur des rochers, des cavernes. Et nul ne sait ce qui barrit la nuit sur le sentier de pierres entre les rochers, ce qui, en flairant le sentier, soulève de son souffle une poussière de neige blanche ;
    C'est peut-être un mammouth à la trompe grise ; c'est peut-être le vent ; ou peut-être le vent est-il le barrissement glacé d'un mammouth mammouthissime. Une chose est sûre : c'est l'hiver. Et il faut serrer les dents le plus fort possible pour qu'elles ne claquent pas ; et il faut débiter le bois avec une hache de pierre ; et, chaque nuit, il faut transporter son feu de caverne en caverne, de plus en plus profondément ; et il faut enrouler autour de soi de plus en plus de peaux de bêtes à fourrure."

  • A jamais marqué par les massacres de la guerre de sécession qui inspirèrent ses plus beaux récits, possédé par le démon de l'aventure qui l'entraîna dans la conquête de l'ouest, la ruée vers l'or et la révolution mexicaine, grand pourfendeur de la bêtise et de l'hypocrisie dans ses chroniques journalistiques qui le rendirent célèbre aux etats-unis à la fin du xixe siècle, bierce l'amer - " bitter bierce " - reste dans l'histoire de la littérature américaine l'un des grands maîtres du macabre et de l'humour noir.

    Ce petit recueil inédit en français est de la veine des fables fantasques : bierce s'abandonne ici à un délire presque surréaliste, dont l'extravagance balance allègrement pardessus bord conventions littéraires, personnages, narrateur - et lecteurs.

  • La démocratie israélienne est sans doute un des pays les plus multi-culturalistes du monde. De nombreuses religions et origines, toutes les langues du monde s'y trouvent réunies avec tous les enjeux que cette assemblée rencontre dans le cadre d'un Etat national, de surcroît menacé d'annihilation par la puissance iranienne. Le principe de ce numéro de Pardès est de rendre compte de chacun de ces groupes, sur le plan statistique, identitaire et des problèmes rencontrés sur le plan politique afin de présenter le paysage de cette marqueterie d'identités...
    Israël comme on ne l'a jamais vu.

  • Cette pièce d'Oscar Wilde accompagnée des dessins d'Aubrey Beardsley a fait scandale lorsqu'elle est parue en France et en français en 1893. Elle a été interdite en Angleterre jusqu'en 1931.
    Le thème de Salomé, qui dansa la danse des sept voiles devant son beau-père Hérode afin d'obtenir la tête de saint Jean-Baptiste pour sa mère Hérodiade, se retrouve chez bien des artistes de l'époque, depuis Flaubert jusqu'à Mallarmé en passant par Gustave Moreau.
    Oscar Wilde et son illustrateur, deux dandys et deux esthètes, campent un personnage de femme fatale et sensuelle face à un Ioakanaan (Jean Baptiste) austère et désincarné.
    Ce texte et ces illustrations, qui ont servi de base à un opéra de Richard Strauss et inspiré, entre autres, Peter Brook et Ken Russell, n'avaient pas été réédités ensemble depuis longtemps.

  • S.O.S.

    Léonid Andreïev

    Léonid Andreïev (1871-1919) est un écrivain et un dramaturge qui connut un grand succès au début du XXe siècle. Ses récits, 5 volumes parus aux éditions José Corti, brossent une fresque extrêmement vivante de la vie en Russie avant 1917.
    Le recueil S.O.S. rassemble quatre articles ou essais écrits durant les deux dernières années de sa vie. Retranché dans la maison qu'il possédait en Finlande, Andreïev observait de loin les bouleversements qui secouaient son pays.
    Qu'il analyse les effets de la censure sur les écrivains, l'ascendant pris par Lénine sur le peuple russe, la façon dont la révolte sauvage prend le pas sur la révolution, ou le déchaînement de la barbarie sous couvert de grandes et nobles idées, il donne libre cours ici au lyrisme et à la passion qui le caractérisent : il considère les chose en poète plus qu'en analyste politique.
    Ces textes sont un exemple de plus du fait qu'il a existé dès le début des esprits lucides qui ont parfaitement décelé tout ce que le coup d'État bolchevique portait en germe.

  • Ce tout petit livre nous conte, de façon vivante et concrète, l'étonnante histoire vraie d'une traductrice russe passionnée de poésie anglaise qui, arrêtée pendant la guerre de 40, traduisit le Don Juan de Byron (17 000 vers) dans une cellule du NKVD pendant deux ans.
    Le destin de Tatiana Gnéditch, par ailleurs descendante du traducteur de L'Ilyade en russe, illustre à merveille la place de la poésie dans la résistance intérieure aux dictatures : Tatiana Gnéditch a survécu à la prison et au camp grâce au poème de Byron. Et sa passion pour la littérature est devenue le catalyseur des aspirations à la liberté et à la beauté de ceux qui, plus tard, ont lu les 100 000 exemplaires de sa traduction.

  • Dans le laboratoire d'un écrivain. Ce livre nous parle d'un Tchékhov vivant, de son caractère, de sa modestie, de son humour, de son insatiable curiosité, de son sens de l'amitié et de son goût pour l'horticulture. Il nous parle aussi de l'écrivain et décortique son style.

  • Certains aiment les livres comme on aime des personnes : ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent, les retrouvent, les possèdent et les perdent.

    Si la vie les empêche de les collectionner et de les enfermer dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. ils les rêvent.
    Nous connaissions déjà chalamov l'écrivain des camps, le poète de la sibérie.
    Voici chalamov le lecteur, l'amoureux des livres, parmi les rayonnages de ses bibliothèques.

  • Ce recueil, le deuxième que nous éditons d'Anna Akhmatova (1889-1966) est constitué de deux cycles de poèmes, Élégies du Nord (7 poèmes lyriques de tailles diverses sur son destin en Russie) et Les Secrets du métier, 10 poèmes consacrés à la création poétique et à la naissance des vers.
    Anna Akhmatova, déjà connue avant la révolution, s'était refusée à émigrer dans les années 20. Elle a été toute sa vie en butte à des persécutions : interdite de publication jusqu'à la guerre de 40, elle n'a été autorisée à publier de son vivant que des anthologies tronquées. Si le pouvoir ne l'a jamais arrêtée elle-même, il s'en est pris à ses maris (le premier, le poète Goumiliov, a été fusillé en 1921, le troisième est mort dans un camp), à ses amis et surtout à son fils, arrêté à trois reprises et condamné à des années en camp.

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