Autour de notre sélection de Noël - un auteur : Jean-Claude Pirotte

Je me transporte partout - 5000 poèmes inédits (2012-2014), de Jean-Claude Pirotte (Cherche-Midi éditeur), fait partie de notre sélection de Noël pour mettre un peu de poésie dans ce monde fou... mais nous vous encourageons vivement à découvrir l'oeuvre de ce grand auteur, poète et peintre que nous affectionnons particulièrement !

  • J'irai partout où me rappelle ;
    Ma mémoire du fond des temps ;
    J'ai des souvenirs à la pelle ;
    Et les prochains je les attends ;
    Le ciel se couvre;

    Ce livre est fait pour durer toute une vie. Dès l'instant où vous l'ouvrirez, vous ne pourrez plus vous en séparer. Vous le lirez d'une traite - une histoire en 5 000 poèmes, une « série » en 40 épisodes (40 recueils) -, ou bien vous prendrez l'habitude de l'ouvrir au hasard, et vous tomberez sur un poème destiné spécialement à cet instant de votre vie.
    Si vous lisez un poème par jour, il vous faudra plus de treize ans. Mais vous ne lirez pas un poème par jour, vous tournerez page après page pour vite découvrir la suite, vous serez envoûté, troublé, bouleversé souvent, empli d'un indicible bonheur d'accompagner Jean-Claude Pirotte pendant les deux dernières années de sa vie.
    Sylvie Doizelet ;

  • Ce dyptique tendant à l'autobiographie rend compte avant tout d'une écriture de l'errance et du voyage. Au fil des lieux qu'il effleure, des coins de comptoirs qu'il abîme, des villes qu'il traverse, Jean-Claude Pirotte est une sorte de clandestin, un étranger, un vagabond. Il les aime pourtant ces endroits, qu'il écrit et décrit comme des fragments de sa propre personne, s'en imprègne. Toujours fragmentaire, toujours en errance, son écriture se mâtine de poésie et de cavale, se construit par les anecdotes qu'il égraine, ses sensations, ses visions.

    « Je m'en vais en promenade avec mon porte-plume, et parfois une feuille de papier. Il y a toujours du papier dans les bistros. Souvent, ce sont de minuscules blocs-notes, mais c'est sans importance. Très vite j'égare les feuillets où j'ai raconté ce que j'ai vu. Je me souviens avec mélancolie d'avoir écrit ceci ou cela, des choses qui ne feront jamais un livre et que le balayeur poussera d'un geste ample avec les feuilles mortes pour en composer un petit tas de mémoire et d'hiver.»

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  • « Le narrateur écrit qu'il écrit La Pluie à Rethel - que les choses soient bien claires. Il écrit qu'il attend de ne plus attendre, que l'absence est sa seule compagne, qu'il a froid, qu'il a faim, qu'une migraine le torture, que sa jambe le fait atrocement souffrir. Le narrateur n'est pas vraiment un héros, et il passe son temps à maudire ce lyrisme de pacotille sitôt qu'il l'assaille au détour d'une phrase en voulant lui léguer de pré- tendues prétentions littéraires. Pour écrire La Pluie à Rethel, et la mouise incandescente d'une vie perdue, point n'est besoin de littérature ni d'aucun courage.
    Ce qu'il faut, plutôt, c'est un bourgogne trop vert, quelques bonnes vieilles gauloises, et une rêveuse er- rance en appellation d'origine contrôlée. Il faut aussi la nuit, et l'aube blême d'un bout de ciel qui hésite entre brouillard et crachin. Tout un univers abandonné au fond d'une province captive des rêves des vieux étés. La mémoire est une mère maquerelle que ses nippes font ressembler à un fantôme. » Extrait de la préface de Jean-Paul Chabrier

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  • Le silence

    Jean-Claude Pirotte

    « J'aime le vin parce qu'il m'est étrange, parce qu'il m'est familier, parce qu'il est incompréhensible et fabuleux.
    J'aime le vin parce que je ne peux m'empêcher d'aimer les hommes.
    Dans ma cave, il n'y a pas de vin. Il n'y a que d'heureuses espérances. De troublantes expériences. Ma cave est ce fond de caveau que me concède Marius. Je m'y glisse comme au confessionnal, ou pour prier dans une chapelle perdue, ensevelie, où le secret sacramentel est gardé par l'araignée et le champignon. Dans la cave des prétendus amateurs, il y a une collection de bouteilles. Dans les coffres de banques, il y a des valeurs, qui sont des flacons que l'on déshonore. Les déboucher, ce serait constater que le vin se révolte. Le vin, c'est le ferment de l'émeute.
    Le comble de l'esprit d'insurrection, de civilisation. L'alcool de vin, marc, fine, c'est le sommet de l'expérience mystique. » J.-C. Pirotte.
    Si l'ombre et la mort planent dans ce magnifique récit, ultime oeuvre de son auteur, on n'y ressent nulle plainte, plutôt une sorte d'inventaire avant disparition, lucide et émerveillé. Les thèmes familiers de Jean-Claude Pirotte s'y condensent, tel un concentré d'alcools forts et tendres.

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  • Dans l'oeuvre multiforme et démesurée de Jean-Claude Pirotte, Poésie/Gallimard a choisi de rassembler trois recueils qui offrent, pour les années 2008-2011, un parcours, une traversée, avec pour double décor le Jura et la mer du Nord. Dans Passage des ombres, on va de l'un à l'autre, plusieurs fois, le paysage semble une toile de fond pour ces ombres passantes, passagères. Station suivante, Cette âme perdue, il n'y a plus qu'un seul lieu, la mer du Nord qui envahit chaque page - une surprenante ode maritime en 88 poèmes, avec poissons, naufrages, noyés, marées, tonnerres sur la mer. Dernière station, Ajoie, «le pays de l'Ajoie», là aussi le paysage prend possession de chaque poème. La mer est remplacée par les monts du Jura, côté Suisse.
    Le tryptique composé par ces recueils donne un tableau où les éléments finalement se fondent. Mer du Nord et Jura : le même ciel, la même terre. Une géologie sereine ou plus trouble, qui appelle inéluctablement la tempête, car le vent souffle à chaque page ou presque. Et puis il y a ce qui singularise Pirotte entre tous, ces légères traces d'ironie dans la mélancolie, qui souvent s'inversent en traces de mélancolie dans l'ironie... Selon les moments, cette poésie apparaîtra ludique, entièrement teintée d'humour, d'irrévérence, ou au contraire sombre, chargée de tous les désespoirs ambiants. En fait, c'est une parole qui se donne pour familière, aussi proche, affectueuse et intime que possible, comme si elle était là, toute proche, et murmurait depuis la pièce d'à côté.

  • Un rêve en Lotharingie et Les contes bleus du Vin sont les carnets d'un observateur passionné, une poésie de journal intime, les éphémérides d'un coeur pérégrin qui aime à s'égarer sur des territoires en retrait des sentiers achalandés, vers des coins secrets non référencés par les offices de tourisme :
    « Les pays les plus mal aimés sont les plus chers à mon âme. » Signe distinctif de toute grande poésie, il existe un « univers Pirotte », tout un monde de diversités inattendues, majestueuses drèves et secrètes tortilles, solennités héroïques et veines populaires, alluvions mythiques... une constante vigilance de l'esprit et du coeur, un univers où les frontières entre le réel et l'imaginaire, entre le rêve et la vie, s'estompent et disparaissent.
    Gérard Oberlé.

  • Mont Afrique

    Jean-Claude Pirotte

    Ce livre n'a ni commencement ni fin, c'est un voyage en boucle, une errance imaginaire faite de souvenirs, de rêves, de références de lectures, d'évocations d'instants précieux, le jaillissement d'une source, la fraîcheur du vrai, l'intensité d'un regard, l'image d'un fugitif qui, pour échapper aux gendarmes, cherchera refuge, en quête d'un improbable bonheur, sur les flancs du Mont Afrique, à quelques pas de Dijon, non loin des vignes réputées.
    Les plus belles pages de Pirotte mêlent l'histoire et l'aventure, et nous ouvrent l'espace du rêve.

  • Un recueil inédit et particulièrement touchant d'un poète majeur qui nous a quittés en mai 2014.

    Malgré la mort qui rôde, ce livre est empreint d'une énergie et d'un po- sitivisme enthousiasmants. Ce carnet, commencé à la mer du Nord en janvier 2010, et continué dans le Jura, a été achevé à la mer du Nord le 20 octobre 2011.

    Plein emploi se situe dans la lignée de Cette âme perdue et Gens sérieux s'abstenir, pour constituer une sorte de triptyque.

  • "...
    Je crois que la vie, le vin, ne cessent de nous ménager des surprises en nous restituant le passé, l'enfance, les belles images au détour d'une ruelle, ou dans l'éclat soudain de l'automne jaillissant d'un vignoble. Les merveilles nous habitent, elles se tiennent dans le clair-obscur de notre mémoire, dans le halo diffus de notre avenir aussi, elles sont là silencieusement présentes, au coeur de notre distraction, mais si doucement obstinées qu'elles s'inscrivent en nous pour façonner la part de nous-même la plus étrange et la plus familière, le tissu de notre être.
    "

  • Jean-Claude Pirotte est l'auteur d'une cinquantaine de livres, qu'il a parfois lui-même illustrés. Les critiques ont salué sa poésie du quotidien sensible et inspirée, à la tendresse parfois gouailleuse, mais aussi la magie de sa langue au parfum subtil de jadis qui, par sa simplicité et sa gravité soudaine, est incontestablement très moderne, car d'une haute liberté. Avec Vaine pâture, c'est une poésie intime que Jean-Claude Pirotte nous livre, mais sans pathos, sans repli vaniteux sur lui-même.
    Il détient comme naturellement le secret de la grande poésie populaire anonyme, celui d'un lyrisme à la fois universel et personnel, immémorial et toujours neuf.

  • Gens sérieux s'abstenir s'inscrit dans le même registre que Cette âme perdue (Le Castor Astral, prix Guillaume Apollinaire). Après son hommage à Valery Larbaud, Jean-Claude Pirotte réussit encore à mêler rigueur formelle (où la rime est « nécessaire ») et fantaisie, cette fois en célébrant Léon-Paul Fargue. Le ton de cette poésie, qui s'apparente toujours plus au journal intime, reste d'une originalité qui la rend unique dans la poésie contemporaine francophone.
    Ce nouveau « carnet », alors que l'auteur vit une réelle tragédie personnelle (« Je décède à petit feu », « la mort qui court à mes basques »), joue avec la métrique et la syntaxe pour imposer une écriture à la fois ludique et philosophique. Cette leçon de courage tend à tordre le cou à la mort elle-même pour lire les montres à l'envers. Un livre vertigineux pour refuser de vieillir définitivement.

  • Cavale

    Jean-Claude Pirotte

    Voici les traces d'une déambulation secrète, à la fois douloureuse, erratique et lumineuse.
    Une vie aventureuse, des amis et des livres, des souvenirs de bonheur et des éclats de peinture. Les bars de Figueras, le taxi d'Antonio, des tentatives avortées d'évasion, les putains charmantes de Barcelone, le monde interlope et banal de l'exil. Bref, ce qui fait l'ordinaire des jours d'un repris de justice habité par la paresse et le souci de la liberté.

  • Écrit comme un journal entre octobre et Noël, sous l'invocation des écrivains aimés, ce livre de poèmes a des accents mélancoliques et même testamentaires. Chassée parfois par la lumière de ce coin du Jura que le poète habite, c'est pourtant l'ombre qui domine, propice aux ruminations de la mémoire et accueillante aux regrets. " Mais il nous reste un peu de rage/ au coeur un brin d'amour humain / le tenace espoir que demain / nous serons élus par l'orage " et la musique entêtante de la prosodie de Pirotte.

  • Je ne parlerai qu'à voix basse à mes fantômes familiers et de nos pas dans les allées incertaines du vieux vieux temps nul ne pourra suivre la trace les reflets au bord des étangs de nos misérables carcasses s'évanouissent comme passent les frêles amours les nuées les étincelles de la grâce je ne parlerai qu'à voix basse et le coeur à peine battant à mes ombres dépossédées par le mirage des années incertaines du vieux vieux temps

  • Ange vincent

    Jean-Claude Pirotte

    " Je pense à toutes les femmes que j'ai aimées, à celles aussi que je n'ai pas aimées, Olga, Samantha, toutes ces vies.
    Je pense que je vais les quitter, me détruire car que serais-je jamais sans elles ? Je vais rejoindre Claire et Mariuccia, Lise aux longues paupières, la petite serveuse du Moderne, les putains slaves d'Yvan, Lucina, Carla, Perle d'Eau, je vais enfin me confondre avec Ange Vincent, mon double aux gants raccrochés. C'est étonnant, le nombre d'existences que la vie nous propose. Et puis, on ne change pas, on écoute éternellement le même fado fatal et miraculeux.
    " J.-C. P. Dans ce roman autobiographique composé sous la forme d'une sonate en trois mouvements, Jean-Claude Pirotte dresse une suite de portraits de jeunes filles aussi vivantes qu'improbables dans des paysages de brumes, de pluies et de collines du Nord.

  • La poésie c'est bon/pour les oisons les oiseux les oisifs/disait mon père et tu ferais/mieux d'apprendre le code civil/moi j'apprenais le tango la biguine/à dire je t'aime en catalan/en croate en turc en polonais/aujourd'hui je ne dis plus jamais/je t'aime à personne en aucune/langue je suis là vieillissant/dans la bicoque du faubourg/frappée aussi d'alignement.

  • Les minces trésors des jours perdus, les infimes richesses de son enfance solitaire bouleversent plus que jamais le vieux coeur du poète qui n'a pas renoncé à la surprise ni à la joie, bien qu'une ombre passe sur son front qui semble toujours plus accablante.
    Alors il les serre dans le reliquaire fragile de ses chansons boiteuses, par souci d'apaisement peut-être et pour encore donner des gages "au rêve absolu".

  • Verdi, incarcéré à la prison de Looz-les-Lille, reçoit la visite d'un médecin qui lui dévoile mystère de sa naissance.
    De sa mère, qui se laissait aller à la démence en dansant sur la seule musique de Ravel, Verdi se souvient avec une sorte de terreur exquise. Entre le boléro et l'inceste, l'adolescent s'invente un art de la fugue, qui le conduit à la délinquance, au proxénétisme, et sans doute au meurtre, avec un sentiment d'innocence primitive qui tient de la sainteté. Au fond, la schizophrénie est la voie du salut, et le miroir ne conserve que la trace d'un romanesque noir.

  • Jeanne et Juanita ont, les premières, effleuré de leurs doigts pervers les contours de Sarah, durcie déjà ou irrémédiablement diluée dans l'abandon par son père.
    Les haleines délétères de Charles-Henri, de Robert puis de Verdi n'imprimeront d'autre mouvement à cette jeune feuille qu'une spirale autour de son passé qui la fuit. Ni la tendresse du vieux Carabas ni la fraîcheur de Pierrot ne pourront en retarder la chute. Sarah effiloche, en quatre saisons du même automne, son adolescence mourante dans l'Est de la France, et assiste sans amertume ni douleur au vide de ses jours.
    " L'amour est une plante morte dans un vase lézardé "... Nous suivons Pirotte dans l'errance de cette petite fille perdue qui se donne pour se trouver peut-être ou peut-être se fuir. Et l'histoire de Sarah nous parle aussi du vide où se sont engloutis les élans et les échecs de nos vies débutantes.

  • Un homme vieillit par à-coups et reculs à travers la France, et l'ombre rieuse de sa soeur le poursuit dans ses retranchements multiples.
    Qu'a-t-il fait d'elle, de quelle transgression a-t-il payé le prix en prison ? Le temps se marche sur les pieds alors qu'il fouille sa mémoire et qu'il trahit les autres femmes. Les bonheurs de lire Pirotte renaissent en nombre avec ce roman car Fond de cale est un concentré haut en voltige de tout ce qui nous enchante chez lui : le mélange des gens (avec pour tous la même tendresse lucide) et des genres, la fascination pour la dérive et les berges de la folie, le halètement de la cavale et des magistrales saouleries qui ne parviennent pas à calmer l'âme...
    Et son style tout de douceur grinçante " qui confond et marie les arômes de vie et de mort ".

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