Quelques essais récents...

  • Tenir ses promesses

    Joe Biden

    « Pendant mon adolescence et à l'université, des hommes et des femmes changeaient le pays - Martin Luther King Jr., John F. Kennedy, Robert Kennedy - et j'étais fasciné par leur éloquence, leur conviction, l'ampleur de leurs rêves fous. » Joe Biden est témoin et acteur de la politique américaine depuis cinquante ans. Avec la franchise et l'esprit qui le caractérisent, il raconte son enfance dans une famille catholique en Pennsylvanie puis dans le Delaware où il a dû surmonter un lourd bégaiement. Plus passionné par le sport que par les études, il devient avocat, épouse Neilia Hunter et a trois enfants. En 1972, sa femme et sa fille meurent tragiquement dans un accident de voiture. Effondré, Joe Biden continue néanmoins à respecter ses engagements politiques en tant que sénateur tout en prenant soin de ses deux fils. En 1988, il se lance dans la campagne présidentielle. Deux anévrismes cérébraux auront raison de ses espoirs.
    Des campagnes haletantes, sa lutte contre les violences faites aux femmes et la ségrégation, ses voyages marquants en ex-Yougoslavie puis en Afghanistan et en Irak ont forgé sa stratégie politique et sa vision du monde.
    Dans cette première et unique autobiographie, Joe Biden révèle ce que ses expériences de vie lui ont appris : oeuvrer pour rendre la vie des autres meilleure, honorer sa famille et sa foi, valoriser la persévérance et l'honnêteté. Ce sont les fondements sur lesquels il a basé sa ligne de conduite en tant que mari, père et serviteur de l'État. Tenir ses promesses est le fruit des réflexions intimes d'un homme qui a surmonté de nombreux défis pour devenir l'un des gouvernants les plus efficaces au monde, tout en refusant toute forme de cynisme politique. C'est un vibrant testament et une promesse pour les États-Unis.
    LA PREMIÈRE AUTOBIOGRAPHIE DE JOE BIDEN.

  • La conviction qui nous anime en prenant aujourd'hui la parole, c'est que plutôt que de se taire par peur d'ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l'espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l'omerta n'est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l'avenir du vivant.

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  • Depuis son arrivée au ministère de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer malmène notre système éducatif. D'abord encensé par les médias pour son expertise acquise sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il est vite contesté par la communauté enseignante, qui rejette massivement ses réformes, à commencer par celles du bac et de l'orientation. Comment expliquer un tel fiasco ?

    Avant toute chose, il y a la méthode : le blanquérisme est un autoritarisme, caractérisé par la prise de décision ultra-centralisée, l'affaiblissement des contre-pouvoirs et le mépris des opposants. Mais ce n'est pas tout. Derrière la frénésie des mesures adoptées, il y a une vision pour l'école : primat de la logique du marché sur celle du service public, fascination pour les neurosciences, laïcité agressive...

    En contrepoint de cet échec, implacablement décortiqué, l'auteur appelle de ses voeux un projet alternatif suffisamment puissant pour que l'école puisse espérer s'en relever.

  • L'action de l'électricité se révèle dans trois domaines principaux : la lumière, la force, l'information. Une telle immatérialité la fait passer pour innocente. Pourtant, son efficacité repose essentiellement sur le pouvoir du feu, elle n'est qu'un vecteur énergétique. Dégâts et déchets sont cachés en amont ou en aval de son utilisation.

    À travers un parcours historique d'Ampère à Bill Gates, les auteurs démontent les coulisses et les travers du mythe électrique et de la numérisation de nos existences. Non, le tout-électrique-tout-numérique ne sauvera pas la planète ! Avant qu'ils ne nous emprisonnent totalement, arrachons-nous à leur pouvoir de séduction et sortons de la Matrix.

  • Pourquoi certaines rencontres nous donnent-elles l'impression de renaître ? Comment se rendre disponibles à celles qui vont intensifier nos vies, nous révéler à nous-mêmes??

    La rencontre - amoureuse, amicale, professionnelle - n'est pas un « plus » dans nos vies. Au coeur de notre existence, dont l'étymologie latine ex-sistere signifie « sortir de soi », il y a ce mouvement vers l'extérieur, ce besoin d'aller vers les autres. Cette aventure de la rencontre n'est pas sans risque, mais elle a le goût de la « vraie vie ».

  • « Que les romans de Margaret Atwood redeviennent des fictions ! » La crise inédite inaugurée par le XXIe siècle - migratoire, écologique, politique, financière - a largement effrité le socle de nos libertés individuelles et des idéaux démocratiques. Il faut agir, mais quelles sont les options face à une société de contrôle qui étouffe toute forme de solidarité au profit de l'ordre et des intérêts financiers ? Que faire, lorsque les mobilisations traditionnelles, y compris les manifestations de masse, restent sans effet ?
    En s'inspirant de l'exemple de l'île de Vis, en Croatie, bastion des Partisans pendant la Seconde Guerre mondiale - ou comment, même aux heures les plus sombres de l'Histoire, une poignée de résistants peut faire basculer le destin d'un pays -, Srecko Horvat nous offre un véritable manuel de résistance et d'action populaire. Et si un autre monde était possible ? Il est urgent de nous libérer de nos chaînes : La poésie du futur nous ouvre la voie.

  • Au printemps 1943, trois ans après l'invasion de la France et la capitulation vichyste, des résistants s'élevaient contre l'envahisseur. Certes, contrairement au siècle dernier, nous ne sommes pas à proprement parler « en guerre ». Cependant, les analogies sont frappantes : les résistants d'aujourd'hui - qu'il s'agisse du personnel soignant, des artisans de la vie quotidienne ou des citoyens-militants - se battent. Les années de Résistance pourraient donc nous inspirer pour nous conduire à la Libération. Dès lors, comment organiser ce changement ? Pour y réfléchir, les grands penseurs, artistes et figures militantes de notre pays (écrivains, sociologue, politiques, économistes, réalisateurs) se sont rassemblés dans un Conseil National de la Nouvelle Résistance (CNNR). Quelles activités doit-on développer, créer ou relocaliser ? Quels moyens pour former à de nouveaux comportements ? Chacun d'entre eux livre ici, en quelques pages, son analyse pour une société plus juste. Ensemble, ils lancent un nouvel « Appel pour des jours heureux » et réclament la mue d'un système périmé que nos dirigeants, dans leur obsession du profit, ont engendré. » (Claude Alphandéry, résistant).

    Claude Alphandéry, Sabrina Ali Benali, Ludivine Bantigny, Clotilde Bato, Anne Beaumanoir, Brigitte Boréale, François Boulo, Dominique Bourg, Juan Branco, Valérie Cabanes, Aymeric Caron, Hugues Charbonneau, Pauline Londeix et Jérôme Martin, Samuel Churin, Alain Damasio, Cyril Dion, Marc Eichinger, Bernard Friot, Bruno Gaccio, Caroline Guy, en collaboration avec Julien Le Provost et Héloïse Pierre, Yannick Kergoat, Philippine Leroy Beaulieu, Priscillia Ludosky, Virginie Martin, Florent Massot, Dominique Méda, Raymond Millot, Julie Moulier, Agnès Naudin, Fabrice Nicolino, Fatima Ouassak, Antoine Peillon, Benoît Piédallu, Thomas Piketty, Monique et Michel Pinçon-Charlot, Régis Portalez, Denis Robert, Coline Serreau, Pablo Servigne, Pacôme Thiellement, Marie Toussaint.

  • « Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. » Critique farouche de toute forme d'essentialisation - qu'elle touche le genre, la nationalité ou l'appartenance à n'importe quelle entité close et figée -, C. N. Adichie porte une voix, rare et puissante, d'émancipation.

  • Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle, et c'est probablement elle qui mérite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant. Ainsi, les animaux sont pour nous à la fois des parents et des étrangers d'une profonde altérité. Baptiste Morizot approfondit ici une série d'enquêtes philosophiques fondées sur la pratique du pistage. Il s'agit de pister à la fois les vivants sur le terrain et les idées que nous nous faisons d'eux dans la forêt des livres et des savoirs... Ce livre approche les animaux, humains compris, comme autant de «manières d'être vivant».

  • Le « pognon de dingue » mis dans les minimas sociaux, le travail que l'on trouve dès que l'on « traverse la rue », les « centaines de milliers d'offres d'emploi vacantes »... L'actualité montre que les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté sont toujours aussi répandues à tous les niveaux de la société.
    À l'heure où le contrôle des chômeurs se renforce et où l'on veut imposer du bénévolat forcé aux allocataires du RSA, les personnes en précarité sont encore trop souvent convoquées au tribunal de l'opinion publique : « On peut gagner plus en alternant chômage et travail qu'en travaillant à plein-temps », « Il y a des chômeurs qui ne cherchent pas de travail », « On doit avant tout sa réussite à soi-même ».
    Ce livre défait la chape de plomb du fatalisme en répondant point par point à plus de 130 préjugés sur la pauvreté. Il montre que l'action pour la transition écologique et l'éradication de la misère sont un même combat.
    Fort de ses 80 000 exemplaires diffusés lors des trois premières éditions, ce livre entièrement remis à jour démontre, chiffres, documents offciels et travaux de chercheurs à l'appui, que la stigmatisation des pauvres repose non sur des faits, mais sur des discours qui masquent les véritables causes de la misère. Enrichi de questions inédites, cet antidote à la mise à l'écart des pauvres propose des idées neuves pour construire une société reposant sur l'égale dignité de chacun.

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  • Qu'est-ce que l'instinct territorial chez les oiseaux ? Vinciane Despret mène l'enquête et, sous sa plume, oiseaux et ornithologues deviennent intensément vivants et extrêmement attachants.

  • Pourquoi, malgré des intentions parfois sincères et orientées vers le bien-être de leurs populations, les États modernes les ont-ils si souvent malmenées, voire meurtries ? Pourquoi, malgré les moyens colossaux mis en oeuvre, les grands projets de développement ont-ils si tragiquement échoué et ravagé l'environnement ? Dans cette recherche foisonnante, James Scott démonte les logiques bureaucratiques et scientifiques au fondement de ces projets « haut-modernistes », poussant à toujours plus de lisibilité et de contrôle sur la nature et les sociétés humaines.
    À partir d'une large palette d'études de cas allant de la foresterie scientifique à la création des premiers recensements et des noms propres, de la doctrine révolutionnaire de Lénine à celle de Le Corbusier en matière d'urbanisme, et de la collectivisation de l'agriculture soviétique aux politiques de villagisation en Tanzanie et ailleurs, Scott dénonce ces entreprises de planification autoritaire qui finissent par appauvrir et étouffer le monde physique et social.
    En appuyant leur pouvoir sur des formes de classification, de standardisation et d'abstraction, ces projets tendent tous à négliger les mécanismes et les processus informels d'ajustement pourtant essentiels à la préservation d'ordres sociaux viables. Ils échouent aussi car ils marginalisent les savoirs locaux de celles et ceux qu'ils ciblent. À l'encontre de ces approches autoritaires centralisées et surplombantes, Scott défend le rôle de formes de savoirs plus modestes, étroitement liées à l'expérience pratique et davantage capables d'adaptation au gré des circonstances.

  • De quoi nous parlent nos rêves et pourquoi leur contenu nous déroute-t-il ? Dans L'Interprétation sociologique des rêves, Bernard Lahire élaborait un cadre général d'analyse de l'expression onirique nourri des apports de l'ensemble des disciplines qui ont abordé cette énigme. L'espace du rêve y apparaissait comme le lieu d'une communication de soi à soi, implicite et très peu censurée, mettant en jeu sous une forme transfigurée des problématiques existentielles profondément structurées par les expériences sociales des rêveurs.
    Ce second volume déploie le modèle et la méthode mis au point sur des corpus inédits de rêves. En reliant les fils de l'imaginaire nocturne de quatre femmes et de quatre hommes à des expériences récentes ou lointaines de leur vie, Bernard Lahire déchiffre les préoccupations que leurs rêves mettent en scène. Par-delà l'étrangeté ou l'incohérence apparente des pièces de ces puzzles oniriques construits nuit après nuit, il fait apparaître avec netteté l'image qui s'en dégage : l'épreuve de la domination masculine, les séquelles des abus sexuels, les affres de la condition de transfuge de classe, les heurts de la compétition scolaire, les rapports difficiles à l'héritage familial, les conséquences de la violence parentale physique ou symbolique, les effets d'une morale religieuse enveloppante ou les répercussions de l'abandon du père.
    En s'emparant, avec virtuosité, d'un objet traditionnellement considéré comme hors du champ de la sociologie, Bernard Lahire ne se contente pas de défaire un peu plus le mythe d'une intériorité préservée de toute influence sociale ; il nous donne les moyens d'accéder avec une plus grande lucidité à la part rêvée de nos existences.

  • Boulin, Urba, Elf, les frégates de Taïwan, Clearstream, Kerviel, Cahuzac, Karachi, Balkany... Le juge Van Ruymbeke a instruit pendant plus de quarante ans les grandes affaires financières qui ont secoué notre République. Tenace et libre, il est la figure emblématique de la lutte anticorruption.
    Dans ces mémoires vibrantes, animé par sa si chère indépendance, il raconte la manière dont il s'est attaqué aux sphères du pouvoir et au financement illégal des partis politiques. Engagé dans la lutte contre les paradis fiscaux, Renaud Van Ruymbeke fait des propositions pour traquer l'argent sale et réformer durablement la justice française. Voici le parcours d'un homme déterminé à se battre pour une justice égale pour tous.
    « J'ai pu mesurer l'ampleur de la soumission de la justice, qui s'est exprimée dans l'action - ou l'inaction - des procureurs. J'ai dû franchir des obstacles et subir des blocages. J'ai tenté de m'affranchir de ces entraves, pour mettre au jour une vérité dissimulée, occultée, censurée. C'est à la fois en tant qu'acteur et témoin que j'ai décidé de raconter cette histoire. »

  • Alors que le monde est secoué par les effets dévastateurs d'une pandémie, la question du soin est plus que jamais au coeur des enjeux de notre société. Les auteurs et interlocuteurs de la collection " Questions de soin " prennent la parole et proposent ici leur contribution à cette réflexion, comme autant de jalons pour l'avenir. Au-delà de l'intervention, sur le moment, il faut en effet reprendre et s'appuyer sur le temps de la recherche, de la pratique, de l'enseignement à tous niveaux, du débat public sur le long terme, qui sera aussi celui de cet événement hors-normes

  • Voici en collection de poche, « Qui êtes-vous, Antoinette Fouque ? », un livre d'entretiens avec le journaliste et essayiste Christophe Bourseiller, initialement paru en 2009 chez Bourin éditeur dans la collection « Qui êtes-vous ? ».
    Cette collection a pour but de « questionner les rares penseurs inclassables qui éclairent l'époque présente ».

    Facilement accessibles, courts et synthétiques, plus qu'une introduction à Antoinette Fouque, ces entretiens sont un témoignage unique sur la vie, la pensée et le parcours de l'une des plus importantes militantes et intellectuelles d'aujourd'hui. Ils permettent de découvrir ou de redécouvrir une des pensées contemporaines les plus anticonformistes et les plus créatrices sur le rôle des femmes dans le monde actuel et l'alternative dont elles sont porteuses à travers l'expérience de la procréation.

    Christophe Bourseiller présente ainsi l'ouvrage « On sait que le mouvement des femmes se divise depuis l'origine en deux branches. La première privilégie le social et milite pour les droits des femmes. La seconde est plus philosophique. Elle s'interroge : qu'est-ce qu'une femme ? C'est tout le travail d'Antoinette Fouque. En quoi consiste l'être-femme ? [...] Tout se tient dans le saut qualitatif. On change de registre. On interroge la substance. [...] Peut-on concevoir recherche plus enthousiasmante ? Il en va de notre avenir à tous ».

    La presse en a parlé « Antoinette Fouque mena un travail intense sur le terrain qui, loin d'attiser la guerre entre les sexes, voulait les réconcilier afin qu'ils vivent dans une société où l'indépendance sexuelle, économique et politique des femmes ne serait plus mise en question. (...) Un petit livre extrêmement riche parce qu'il dit l'essentiel. Il nous livre la trame d'une vie sur laquelle se sont fixés durablement tant de généreux motifs. » Edmonde Charles Roux, La Provence, Mai 2010 « J'ai trouvé ce livre aussi facile d'accès que passionnant. Il fait vivre de l'intérieur toute une atmosphère intellectuelle propre aux années 60, l'ébullition de mai 68 par le prisme de l'engagement du MLF, avec des aperçus sur l'évolution du panorama et des luttes politiques. (...) Une vie inspirante de femme de pensée autant que d'action. » G.C. Blog Chroniques de livres écrits par des femmes

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  • De livre en livre, Ivan Jablonka ouvre des voies nouvelles. Avec une audace et une créativité peu communes, il invente ses sujets et ses formes. Après Laëtitia, après En camping-car, il explore sa « garçonnité » dans les années 1970-1980, s'interrogeant sur le « nous-garçons » et les frontières incertaines entre masculin et féminin.
    De sa famille au service militaire en passant par l'école, il raconte sa formation au fil d'une enquête souvent poignante, parfois drôle - toujours passionnante - où beaucoup pourront se reconnaître. Car cette « autobiographie de genre » dévoile une intimité à la fois individuelle, sociale et politique : l'histoire d'une génération. Avec une honnêteté troublante, Ivan Jablonka analyse le « malaise dans le masculin » qui fut le sien, restituant le vif et l'éclat de l'enfance dans ses enthousiasmes, ses émois et ses peines.

  • C'est dans un documentaire sur Yassin al-Haj Saleh que Justine Augier avait découvert Razan Zaitouneh, à qui elle a consacré son livre précédent, «De l'ardeur. »Près de cinq ans plus tard, elle rejoint l'intellectuel syrien dont l'épouse a été enlevée en même temps que Razan, désormais exilé à Berlin, à l'heure où des tribunaux français, suédois et allemand, au nom de la compétence universelle, s'apprêtent à juger certains responsables des crimes contre l'humanité commis en Syrie depuis 2011. Au cours d'une conversation qui se prolonge sur une année, ensemble ils tentent d'apprivoiser l'inconfort de la survie et de l'exil, les refuges et les ressources de la pensée, d'explorer les points de résonance entre la tragédie syrienne et le passé européen, avec la volonté urgente de croire que la justice pourrait rendre au peuple syrien la dignité que sa révolution écrasée a tenté d'arracher, et dessiner une alternative au désespoir.

  • « Ce livre n'est pas un livre sur le grec ancien, ni sur l'alphabet. C'est un récit, qui parle d'une invention, la plus grande du monde » Silvia Ferrara.

    Pourquoi l'homme s'est-il mis à écrire ? Comment et où cette révolution a-t-elle eu lieu ? Voilà les mystères sur lesquels Silvia Ferrara lève le voile. Pour cela, elle nous fait voyager dans le temps et l'espace comme dans les méandres de l'esprit humain. Ici, elle dresse le fascinant inventaire des graphies non encore élucidées ; là, elle retrace les multiples apparitions de l'écriture dans l'histoire. Car tout laisse penser qu'elle a été découverte et s'est effacée, sans laisser de traces, à plusieurs reprises. Sa naissance en Mésopotamie au quatrième millénaire avant notre ère n'aurait été qu'une occurrence parmi tant d'autres.
    Pris par un récit vertigineux, qui nous transporte du Mexique aux pourtours de la mer Égée, de la Chine aux Îles de Pâques, nous suivons pas à pas les progrès d'une recherche qui a considérablement progressé dans les dernières décennies. Enrichie d'illustrations, cette Fabuleuse Histoire... nous instruit autant qu'elle nous fait rêver.

  • Aucun ouvrage n'avait jusqu'à présent réussi à restituer toute la profondeur et l'extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l'émergence de l'agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
    C'est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l'État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine.
    Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d'aménagement du territoire, de l'« auto-domestication » paradoxale de l'animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
    Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l'évolution de l'humanité et sur ce que Rousseau appelait « l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes ».

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  • À partir d'une recherche ethnographique menée à Hong Kong, Taïwan et Singapour, aux frontières de la Chine, cet ouvrage montre comment les « chasseurs de virus » et les responsables de la santé publique s'allient avec les vétérinaires et les observateurs d'oiseaux pour suivre les mutations des virus de grippe entre les oiseaux sauvages, les volailles domestiques et les humains. Les sentinelles animales, placées sur la ligne de front des « guerres contre les virus », sont valorisées parce qu'elles détectent l'apparition des maladies infectieuses émergentes à travers des signaux d'alerte précoce. Par les méthodes de l'anthropologie sociale, Frédéric Keck décrit la manière dont les techniques de préparation en vue d'une pandémie transforment les relations entre humains et non-humains dans le temps long de l'anthropocène.

    Prix Léon de Rosen de l'Académie française

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  • Comment défendre les Lumières aujourd'hui ? Leur idéal d'émancipation a-t-il encore un sens ?

    On ne saurait se borner à invoquer un esprit des Lumières immuable dans un contexte marqué par le réveil du nationalisme, les crises environnementales et sanitaires et l'augmentation des inégalités. Faire face au danger d'effondrement de notre civilisation sans renoncer à la rationalité philosophico-scientifique, mais en tenant compte de notre dépendance à l'égard de la nature et des autres vivants : telle est la démarche qui fonde ce livre. Pour combattre les anti-Lumières qui souhaitent rétablir une société hiérarchique ou théocratique et répondre aux accusations des postmodernes qui suspectent tout universalisme d'être hégémonique, il faut donc proposer de nouvelles Lumières. Celles-ci supposent de revisiter l'histoire des Lumières, mais aussi de lutter contre l'amputation de la raison qui a été réduite à un instrument de calcul et d'exploitation.

    L'objectif des Lumières à l'âge du vivant et de leur projet d'une société démocratique et écologique est bien de destituer le principe de la domination - une domination des autres et de la nature à l'intérieur et à l'extérieur de soi qui traduit un mépris du corps et de la vulnérabilité.

  • À contre-pied des lamentations courantes, cet essai propose une vision d'ensemble des questions que pose le déferlement d'images et d'informations qui condamnerait notre société à un déficit attentionnel pathologique. La sur-sollicitation de notre attention est un problème à mettre au coeur de nos analyses économiques, de nos réformes pédagogiques, de nos réflexions éthiques et de nos luttes politiques. Rien ne nous condamne toutefois à une dissipation abrutissante.

    Comment rediriger notre attention ? Faut-il apprendre à « gérer » nos ressources attentionnelles pour être plus « compétitif » ? Ou à nous rendre mieux attentionnés les uns envers les autres, ainsi qu'envers les défis environnementaux et sociaux qui menacent nos milieux existentiels ? Ce livre esquisse une écologie de l'attention porteuse d'alternatives à une suroccupation qui nous écrase.

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  • D'un côté, la planète se réchauffe dangereusement, de l'autre, l'extrême droite gagne du terrain, de l'Europe aux Amériques. Que se passe-t-il quand ces deux tendances se rencontrent ?
    La poussée nationaliste contemporaine a été largement commentée, mais son rapport à l'écologie reste dans l'ombre. Ce livre entreprend de combler cette lacune : qu'ont dit, écrit et fait les principaux partis d'extrême droite à propos du climat et de l'énergie durant la dernière décennie ? En premier lieu, ils ont nié le problème. Le climato-négationnisme qu'on croyait moribond a fait un retour fracassant par la voix de leurs leaders. Dans sa grande majorité, l'extrême droite voue un culte aux réserves nationales et abhorre les éoliennes, s'oppose aux accords climatiques, entretient des liens étroits avec l'industrie fossile et nourrit de théories conspirationnistes sa détestation des mouvements écologiques et de la climatologie.
    Même quand elle reconnaît le problème, qu'elle se revendique d'un « nationalisme vert », ses positions restent en toutes circonstances déterminées par la défense de la nation et du territoire, et par son obsession de l'immigration non-blanche.
    Pour les auteurs de ce livre, l'essor des politiques nationalistes dans le contexte du réchauffement mondial nous alerte sur les dangers d'un fascisme fossile qui emploierait les moyens les plus brutaux à la préservation du statu quo.

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