Mobilisation en Birmanie

Alors que le peuple birman se mobilise contre les actes de la junte militaire, quelques lectures pour mieux connaître l'histoire de ce pays. A retrouver bien évidemment sur les tables de la librairie !

  • Guy Delisle a suivi sa compagne durant 14 mois en Birmanie alors qu'elle y collaborait avec Médecins sans Frontières. Il raconte son expérience du pays, comment il a fini par apprivoiser son environnement, et petit à petit, comment il a découvert la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, soutenue elle-même par de puissants groupes industriels.

  • Comment expliquer la situation actuelle des Rohingya, minorité musulmane persécutée par l'armée birmane ? Comment expliquer l'attitude pour le moins ambivalente d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix face à ce que l'ONU qualifie de « nettoyage ethnique » ?
    Spécialiste reconnu de la Birmanie ayant très tôt donné l'alerte sur le sort des Rohingya, Frédéric Debomy répond à ces questions.

    La situation des Rohingya, minorité musulmane de Birmanie, a attiré progressivement l'attention du monde extérieur, jusqu'à ce qu'une offensive de l'armée birmane aboutisse au départ de 600 000 d'entre eux, en fuite vers un Bangladesh qui ne souhaite pas les accueillir durablement. Privés de leurs droits les plus élémentaires - comme ceux de circuler ou de se marier librement - les Rohingya sont apatrides depuis qu'une loi de 1982 les a exclus de la citoyenneté birmane. Les violences à l'origine de leur dernier exode ont été qualifiées de nettoyage ethnique par les Nations unies.
    Dans ce contexte, l'attitude d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, figure centrale de la lutte pour la démocratie en Birmanie, a surpris et déçu : l'ancienne dissidente, aujourd'hui à la tête du gouvernement birman, est passée d'un quasi-silence à un discours mensonger ayant pour effet de couvrir les exactions de l'armée. Cependant, elle est aussi à l'origine de la mise en place d'une commission consultative présidée par l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, qui a demandé le rétablissement des Rohingya dans leurs droits. Il est donc nécessaire de dépasser l'impression première d'une solidarité de fond entre Aung San Suu Kyi et l'armée pour analyser sa stratégie, certes discutable, des petits pas dans un contexte où elle ne dispose que d'une marge de manoeuvre limitée, n'ayant notamment aucun contrôle sur l'armée. Cet ouvrage, attentif aux ambiguïtés de la « Dame », se préoccupe aussi d'élargir le champ de la question rohingya en n'oubliant pas de resituer les événements actuels dans le contexte de l'Histoire de la Birmanie comme de son présent. Il s'interroge in fine sur l'avenir d'un pays obsédé par la question de l'ethnicité.

  • Le premier témoignage d'un Rohingya en France.

    En 1982, les Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie, sont privés du droit à la citoyenneté. Habiburahman, alors âgé de trois ans, devient apatride dans son propre pays.

    Soumis au bon vouloir de la junte militaire au pouvoir, Habiburahman, comme des millions de Rohingyas, est en survie. Il raconte tout, se souvient de tout : les humiliations et les travaux forcés, l'extorsion, la ségrégation, les arrestations arbitraires, la torture...

    Mais Habiburahman, qui lutte pour pouvoir étudier, a soif de justice et de liberté. Il réussit finalement à fuir la Birmanie, y laissant à contrecoeur une partie de sa famille. Aujourd'hui réfugié politique en Australie, il incarne la parole des Rohingyas et s'engage pour défendre leur cause.

    Ce livre est son récit et celui de tout un peuple en voie d'extermination.

  • Le phénomène de l'extrémisme bouddhiste en Birmanie, incarné par le bonze Wirathu, a surpris tous ceux qui n'envisagent le bouddhisme que comme une religion de paix ou une simple spiritualité.

    Pour l'expliquer, Benoît Guillaume et Frédéric Debomy se sont rendus en Birmanie, dévoilant au fil des déplacements et des rencontres les ressorts d'une société brisée par des décennies de dictature militaire et obsédée par les questions d'identité.

    On y découvre que l'intolérance des moines extrémistes est largement partagée par la société et que les musulmans, cibles privilégiées, n'en font pas seuls les frais : les chrétiens ne sont pas toujours épargnés et les femmes largement discriminées.

    Dans ce contexte, la plus célèbre des opposantes à la dictature, parvenue partiellement au pouvoir, déçoit, ce qui semble s'expliquer à la fois par un contexte miné et son évolution personnelle.

    Le lecteur découvrira ainsi dans les pas des auteurs combien il reste à parcourir pour que ce pays connaisse véritablement la démocratie.

  • La Birmanie est à un tournant de son histoire, avec les récentes et premières élections démocratiques dont est sortie vainqueure la lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi. À l 'aube des élections, Benoît Guillaume et Frédéric Debomy, lauréats du programme Hors les murs 2015, sont partis deux mois en Birmanie où ils ont rencontré militants, politiques, membres de groupes armés, moines, extrémistes bouddhistes, familles musulmanes, étudiants en grève. Dans Birmanie, fragments d'une réalité, ils leur donnent la parole. Un état des lieux de la situation complexe d'un pays dont on dit souvent un peu trop vite qu'il est sorti de 50 ans de dictature militaire.
    La sortie de ce livre est accompagnée de la publication d'une BD documentaire, Sur le fil , consacrée aux quelques jours de la «révolution Safran» qui eut lieu en Birmanie en septembre 2007.

  • Le 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi, héroïne de l'opposition à la junte, est libérée après des années de lutte et de captivité. Prix Nobel de la paix en 1991 et fi lle du général Aung San, père de l'indépendance, la Dame de Rangoun préside depuis 2016 aux destinées de la Birmanie et tente de rendre à son pays une place digne de son histoire millénaire.
    Au carrefour de l'Asie, abritant une diversité culturelle et linguistique unique, la Birmanie s'ouvre depuis peu au monde. Après des décennies d'isolement et d'ostracisme sous le joug d'une junte militaire brutale, un afflux massif de capitaux étrangers, une croissance économique soutenue et un développement touristique remarquable permettent au pays de s'imposer comme un acteur régional incontournable.
    En dépit de ces progrès, la Birmanie fait face à d'importants déf s. Le processus de démocratisation initié en 2010 après la libération d'Aung San Suu Kyi demeure fragile et subordonné à une armée birmane toujours présente au coeur du pouvoir, tandis que les tensions ethniques et religieuses qui divisent le pays depuis son indépendance perdurent sans grand espoir de résolution prochaine, comme en témoigne le regain de violence visant la minorité musulmane rohingya depuis 2012.
    En retraçant pour la première fois l'histoire de la Birmanie de ses origines aux temps des premiers rois de Pagan jusqu'à nos jours, cet ouvrage nous offre une perspective idéale pour appréhender ce pays en pleine mutation et tenter de mieux le comprendre dans toute sa complexité et sa richesse.

  • Le terrible exode des Rohingyas - « un génocide » selon l'ONU - vient de remettre la Birmanie, qui s'ouvre chaque année un peu plus aux Occidentaux, sous les feux d'une actualité cruelle. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées de force de l'État du Myanmar vers le Bangladesh. Des massacres ont été perpétrés par l'armée birmane et des Bouddhistes contre des femmes et des enfants. Effarée et paralysée, l'opinion internationale assiste une fois de plus à un crime contre l'humanité alors que la Chine et l'Inde soutiennent ouvertement le gouvernement birman. La situation est d'autant plus trouble qu'Aung San Su Kyi est désormais à la tête de la Birmanie avec le titre de conseillère d'Etat, c'est-à-dire de chef de l'Etat.

    Aujourd'hui, les chancelleries, les gouvernements, les intellectuels, les ONG réclament que la Dame de Rangoun soit destituée de son prix Nobel de la Paix. L'Occident en avait fait une icône, elle est devenue un monstre. La fée s'est transformée en sorcière. Comment la Birmanie est-elle parvenue à engendrer cette apocalypse ?

    Pour comprendre l'exode des Rohingyas, Bruno Philip a rencontré Aung San Su Kyi. Il a fouillé la psychologie de cette femme longtemps persécutée par la junte militaire, assignée à résidence, éloignée de son mari britannique, le tibétologue Michael Aris, à l'enterrement duquel elle ne put même pas assister, et de ses enfants. Cette Antigone bouddhiste est tout d'abord la fille de son père, son grand amour méconnu. Elle avait 2 ans quand le général Aung San, architecte de l'Indépendance, fut assassiné par un rival. Or rien ne prédisposait cette jeune fille éduquée à Oxford et New York à se lancer dans la politique. Choisie par le peuple pour incarner la figure charismatique de l'opposante, elle connut de longues périodes de prison ou de résidence surveillée tout en faisant preuve d'un courage, d'une détermination mais aussi d'un humour qui forcent l'admiration. Aung San Suu Kyi veut venger son père. Le nationalisme birman coule dans ses veines. Elle aurait tout fait pour écarter les opposants à l'intérieur de son propre parti. Le caractère inflexible et autocratique de la « Lady » est l'une des clés pour comprendre le drame des Rohingyas.

    Ce récit est une enquête psychologique captivante. Il s'ouvre sur un chapitre écrit par Rémy Ourdan qui a couvert l'exode des Rohingyas du côté du Bangladesh, dans la région de Cox's Bazar. Choses vues sur le terrain, qualité de l'observation et de l'analyse font de ce livre une contribution essentielle à l'Histoire immédiate de la Birmanie.

  • « La Birmanie est un pays différent de tout ce que tu connais », écrit Rudyard Kipling en 1898. Cette assertion s'avère toujours vraie plus de cent ans après le bref séjour de Kipling au pays aux mille pagodes.
    Depuis l'année 2010 et le glas de 49 années passées sous le joug d'une dictature, le pouvoir se démocratise lentement et la plupart des pays ont mis un terme à leur embargo. Aujourd'hui, de plus en plus de touristes du monde entier se rendent dans le pays, qui attire pour ses paysages diversifiés et son patrimoine culturel extrêmement riche.

  • En 2011, alors que la Birmanie (Myanmar) est soumise au joug militaire depuis plus de cinq décennies, la junte se démet de ses fonctions au profit d'un gouvernement « semi-civil ». Son président, l'exgénéral Thein Sein, engage une série de réformes démocratiques et les élections générales de 2015 consacrent l'alternance politique en portant au pouvoir Aung San Suu Kyi, figure emblématique de l'opposition.
    Mais quelles sont les vraies dimensions, significations et limites de cette évolution en apparence spectaculaire ?
    Adoptant un angle d'approche différent des études, majoritairement anglophones, consacrées à la transition politique et trop souvent centrées sur le seul processus de démocratisation, cet ouvrage propose une interprétation plus générale des transformations de la société birmane entre 2010 et 2017 par des anthropologues, géographes et historiens français. Spécialistes de longue date et jeunes chercheurs ont enrichi la réflexion propre à leur domaine disciplinaire d'analyses de terrain, d'approches transversales et de mises en perspective afin d'expliquer la transition et d'éclairer les analogies et les discontinuités entre temps passé et présent, entre la Birmanie d'hier et celle de demain. Proposant des clefs de lecture originales pour comprendre le processus de réforme birman, dans les villes comme dans les campagnes, au centre comme aux périphéries, du point de vue birman comme international, ils mettent aussi au jour l'imbrication de la montée du nationalisme bouddhique, des conflits intercommunautaires et de la crise humanitaire des Rohingya.

  • La birmanie vient encore de se rendre tristement célèbre par les maux dont l'afflige la junte qui la gouverne depuis 1962.
    Frappée par un terrible cyclone en mai 2008, sa population s'est retrouvée dans une situation d'abandon total. la junte, prévenue de la catastrophe climatique à venir par les autorités indiennes, ne l'a pas avertie du danger et n'a pas organisé d'opérations d'évacuation. de surcroît elle a refusé l'entrée dans les zones touchées par le cyclone aux journalistes et aux organisations internationales proposant de secourir les sinistrés.
    Au milieu du chaos, la junte a consacré son énergie à la tenue d'un référendum pour pérenniser son pouvoir, interdisant d'ailleurs à ses contradicteurs de s'exprimer. le monde entier s'est étonné et indigné d'un tel mépris des généraux birmans pour la population. quelle est donc la nature de cette junte pour laquelle la vie humaine n'a que peu d'importance ? pourquoi celle-ci frappe-t-elle l'ensemble de la population, au-delà de ses opposants politiques ? les généraux veulent imposer une intégration nationale fondée sur leur conception du bouddhisme, rejetée dans la rue en 2007 par une majorité de moines, et sur la folklorisation des minorités ethniques, dont un grand nombre ont organisé des mouvements armés depuis des décennies.
    Les rohingya, musulmans de l'arakan, sont les boucs émissaires de cette politique. confinés dans des camps de réfugiés au bangladesh, quelques dizaines de milliers d'entre eux se forgent une identité radicale face à la situation ubuesque que la junte impose à leur communauté. les pratiques de violence et de prévarication des militaires birmans mèneront-elles à l'inverse de l'objectif proclamé : la désintégration de l'union de myanmar ?.

  • Une histoire birmane

    George Orwell

    • Ivrea
    • 13 Décembre 1984
  • La liberté s'apprend

    Naw Ja Gawlu

    • Bayard
    • 29 Août 2018

    L'histoire de Naw Ja (prononcer Nodja) est bouleversante. Issu d'une famille ultra déshéritée, dans la jungle birmane, d'une ethnie minoritaire et persécutée, chrétien en pays bouddhiste, il voudra apprendre, aider les autres, fonder une école dans son pays.
    Fanny Cheyrou, grand reporter, l'a rencontré en Birmanie et l'a aidé à raconter sa vie et son destin exceptionnel. On découvre les risques immenses qu'il accepte de prendre pour retrouver son père, sortir de l'isolement et de la pauvreté, défier à sa façon la dictature.
    Naw Ja sait parler de sa vie contrairement à de nombreux jeunes de sa génération qui ont été assommés par la dictature. Les « Unes » de nos journaux français sur la Birmanie ne parlent que de la partie visible de l'iceberg. A l'intérieur du pays, les bavures de l'armée ne font pas un bruit, l' « épuration ethnique » dénoncée n'avait pas eu lieu que chez les Rohingyas. Naw Ja témoigne de la façon dont sa minorité Kachin a été traitée en Birmanie ces dernières décennies, son récit reflète de façon édifiante l'histoire de son pays.

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