Oulipo : La littérature en jeu(x)

A l'occasion de la venue d'Hervé Le Tellier, président de l'Oulipo, pour une séance de dédicaces le mercredi 24 février de 16h à 18h, retrouvez en vitrine et sur nos tables notre sélection bibliographique.

  • L'anomalie

    Hervé Le Tellier

    10 mars 2021. Les 243 passagers d'un vol au départ de Paris, marqué par de violentes turbulences, atterrissent à New York. Parmi eux : Blake, tueur à gages ; Lucie et André, couple français au bord de la rupture ; Slimboy, chanteur nigérian homosexuel ; Joanna, avocate américaine ; ou encore Victor Miesel, écrivain sans succès, qui se donne la mort après avoir écrit en quelques jours un livre aussitôt propulsé en tête des ventes... Trois mois plus tard, contre toute logique, un avion en tous points identique, avec à son bord le même équipage et les mêmes passagers, surgit dans le ciel au-dessus de New York. S'ensuivra une crise politique, médiatique et scientifique sans précédent, au coeur de laquelle chacun de ces personnages ou presque se retrouvera face à une autre version de lui-même... Avec cette variation spirituelle et virtuose sur le thème du double, qui nous transporte des faubourgs de Lagos et de Mumbai à la Maison Blanche, Hervé Le Tellier signe son roman le plus ambitieux.

  • Treize hommes et treize femmes (d'Anna à Yolande, de Ben à Zach), de tous âges et de toutes origines, sont pris dans la nasse d'un chassé-croisé complexe. Dans les soixante-dix-huit épisodes, tous à forte connotation (hétéro) sexuelle, il est écrit que rien ne sera épargné au lecteur.

  • Georges Perec La Vie mode d'emploi La Vie mode d'emploi est un livre extraordinaire, d'une importance capitale non seulement dans la création de l'auteur, mais dans notre littérature, par son ampleur, son organisation, la richesse de ses informations, la cocasserie de ses inventions, par l'ironie qui le travaille de bout en bout sans en chasser la tendresse, par sa forme d'art enfin : un réalisme baroque qui confine au burlesque.
    Jacqueline Piatier, Le Monde.


    L'ironie, très douce, imperceptible, fantomatique, moirée, faite d'un détachement extrême, d'une méticulosité et d'une patience qui deviennent de l'amour... En résumé, c'est un prodigieux livre-brocante, qu'on visite sans se presser, à la fois livre fourre-tout, livre promenade.
    Jacques-Pierre Amette, Le Point.

    Et cela donne des romans exotiques, extravagants, des crimes parfaits, des fables érudites, des catalogues, des affaires de moeurs, de sombres histoires de magie noire, des confidences de coureurs cyclistes... Jeux de miroirs et tables gigognes, entrez dans cet immeuble et vous ferez le tour du monde. Un vertige majuscule. Quand on en sort, on est léger comme une montgolfière.
    Catherine David, Le Nouvel Observateur.

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  • Aux 50 ans du roman La Disparition, on l'imprima 4 321 fois au format 16 x 22. Nasty y tagua rabats ou incipits ; quant à la fin, on y trouvait un avis fort instruit sur la chair du manuscrit.

    On ne présente plus La Disparition  de Perec, roman en lipogramme français dont la particularité et le génie est l'absence de la lettre « e ». Ce « e » qui pourrait être « eux », les parents de Perec disparus pendant la Seconde Guerre.
    Au-delà de la prouesse littéraire, La Disparition est un étonnant roman policier. Anton Voyl disparaît, laissant derrière lui quelques messages mystérieux. La police, intriguée, enquête, mais, désorientée, ne peut empêcher une deuxième disparition, tout aussi mystérieuse et inexplicable, celle d'un avocat marocain. Réunis à Azincourt dans la propriété de l'un d'eux, les amis des disparus essaient de comprendre ce qui s'est passé, rassemblant d'innombrables informations, chaque fois lacunaires, ressuscitant d'anciens souvenirs. Au fur et à mesure que l'enquête progresse, chacun sent que les menaces se précisent, que les dangers se rapprochent. À nouveau la Mort, La Disparition, surgit.
    Quel mystère plane sur ce livre ? Qui sont ces êtres qui disparaissent et quel est le secret qu'ils emportent dans leur tombe ? Nous ne l'apprendrons jamais, mais au moins saurons-nous qu'il les fit vivre et qu'il les fit mourir et que le livre entier n'est que l'exacte trace de cette damnation sans fin.

  • On n'y échappe pas

    ,

    • Fayard
    • 15 Janvier 2020

    Six membres de l'OULIPO poursuivent le roman policier inachevé et inédit de Boris Vian, dans les pas d'un héros de la guerre de Corée qui réalise à son retour que ses anciennes conquêtes féminines disparaissent les unes après les autres.
    Décembre 1950. Frank Bolton, un jeune colonel de l'US Army, rentre de la guerre de Corée avec une main en moins. À peine sa famille et sa ville natale retrouvées, il s'aperçoit que, l'une après l'autre, toutes les filles qu'il a aimées tombent sous les coups d'un assassin. Avec Narcissus, son ami détective, il se lance sur sa piste dans une noirceur croissante.

    Boris Vian imagina le déroulé de ce roman aux accents sullivanesques, en écrivit quatre chapitres et s'arrêta là. Pour les cent ans qu'il aurait eus, ses héritiers ont confié à l'OuLiPo la mission d'écrire la suite manquante. L'Ouvroir a répondu oui.
    Un cadeau pareil, on n'y échappe pas.

  • Ouvrage réalisé d'après les maquettes de Massin. Nouvelle édition en 1982

  • Les villes invisibles

    Italo Calvino

    Italo Calvino imagine un dialogue entre Marco Polo et l'empereur chinois Kublai Khan enfermé dans son palais, à qui le navigateur décrit son propre empire qu'il ne connaît pas. Au fil du récit, Marco Polo dresse le portrait de villes inventées, symboliques, surréalistes. On ne sait à quel passé ou présent ou futur appartiennent ces cités qui portent toutes le nom d'une femme. Peu à peu, le lecteur est conduit au milieu d'une mégalopolis contemporaine près de recouvrir la planète. Et tout au long passent des villes qui ne peuvent exister qu'en rêve : filiformes, punctiformes, dédoublées, effacées. Dans cette oeuvre hybride où sa prose tutoie plus que jamais la poésie, se lit une subtile réflexion sur le langage, l'utopie et notre monde moderne. Italo Calvino disait, à propos de son livre : « Je crois que j'ai écrit quelque chose comme un dernier poème d'amour pour les villes, dans un moment où il devient de plus en plus difficile de les vivre comme des villes. Si nous sommes peut-être en train de nous approcher d'un moment de crise de la vie urbaine, Les villes invisibles sont un rêve qui naît du coeur des villes invivables. »

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  • Monsieur Palomar

    Italo Calvino

    « Je m'aperçois que l'histoire de Palomar peut se résumer en deux phrases : "Un homme se met en marche pour atteindre, pas à pas, la sagesse. Il n'est pas près d'arriver." » Italo Calvino Inspiré par une rubrique intitulée L'observatoire de monsieur Palomar qu'il avait tenu dans le Corriere, Italo Calvino a pensé ce roman riche et étonnant selon une idée simple : transformer l'observation d'un détail en un récit descriptif touchant aux aspects multiformes de l'univers. Qu'y a-t-il de commun entre un pré, des vagues, les planètes du Système solaire, des tortues, un sein nu, une fromagerie parisienne, un gorille albinos, une pantoufle dépareillée ? Chacun de ces sujets est pour monsieur Palomar un défi à l'entendement. Chacun suscite en lui, qui les regarde attentivement et tente de les décrire, une cascade de pensées, d'associations d'idées, de questionnements qui, au bout du compte, le renvoient (et le lecteur avec lui) à notre inextinguible désir de connaître, autant qu'à notre ignorance des raisons du monde. Strictement ordonnés selon une logique expliquée par l'auteur dans une note finale, les textes s'entrecroisent, se répondent, formant un tissu chamarré où l'intelligence le dispute à la simplicité apparente, la multiplicité à la légèreté.

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  • «L'origine du monde et de la vie et les perspectives de leur fin possible sont des thèmes si importants que pour parvenir à y penser on doit faire semblant de plaisanter.» Dans L'oncle aquatique, il sera question du passage de la vie aquatique à la vie terrestre tout autant que des mystères de l'amour et de ses chausse-trapes! Éternel sujet d'étonnement et de rêverie pour les créatures - poissons, dinosaures ou mammouths. - de ces récits cosmiques et comiques.

    Une invitation à découvrir le gai savoir d'un immense auteur italien du XXe siècle.

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  • Cher Père Noël, J'ai été très sage toute cette année et donc voilà, je voudrais pour Noël un livre un peu bizarre qui rassemble tout plein de lettres qui t'ont été écrites par tout plein de gens qui sont devenus très très connus, comme la petite Edith Piaf ou encore Jean-Claude Van Damme ou alors même Sherlock Holmes, ou bien encore des lettres un peu bizarres tu vois que tu aurais reçues, comme par exemple des contraventions ou bien des lettres d'amour ou encore des publicités, enfin c'est toi qui vois, mais c'est ça qui me ferait vraiment vraiment plaisir pour Noël.
    Un enfant qui aime bien lire. P. -S. : Et si tu n'as pas le temps de les chercher, demande à l'OuLiPo de te les écrire. C'est l'Ouvroir de Littérature Potentielle fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais, j'ai vu ça dans Wikipédia.

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  • La Bibliothèque Oulipienne est une publication régulière de l'Oulipo, sous forme de fascicules imprimés, dans son édition originale, à 150 exemplaires.
    Depuis 1975, Georges Perec, puis Paul Fournel, puis Jacques Jouet, puis Olivier Salon, aujourd'hui Frédéric Forte, se sont chargés successivement du travail éditorial de ces livrets qui entendent illustrer une contrainte oulipienne en général expli citée.
    163 numéros sont parus à ce jour.
    Certains sont signés individuellement d'un membre ou l'autre de l'Oulipo. D'autres témoignent d'un travail à deux ou trois auteurs. D'autres enfin sont sous la signature de l'Oulipo comme groupe.
    Il y a des poèmes, des proses narratives, des essais et réflexions, des pièces de théâtre, des textes d'érudition, des documents...
    La Bibliothèque Oulipienne a vu souvent la première apparition publique d'un texte devenu classique : Alphabets de Georges Perec ; La Princesse Hoppy de Jacques Roubaud ; Fondements de la littérature d'après David Hilbert de Raymond Queneau ; Comment j'ai écrit un de mes livres d'Italo Calvino...
    Rapidement épuisés, ces fascicules on fait l'objet de rééditions à l'identique dans des recueils de plus large diffusion : volumes 1, 2, 3 aux éditions Seghers (aujourd'hui épuisés), puis 4, 5, 6 et 7 aux éditions Le Castor Astral.
    Il est ici question du volume 8 (fascicules du n° 100 au n° 113).

  • La bibliothèque oulipienne est une publication régulière de l'oulipo, sous forme de fascicules, entre 20 et 40 pages, imprimés, dans son édition originale, à 150 exemplaires.
    Depuis 1975, georges perec, puis paul fournel, puis jacques jouet, puis olivier salon, aujourd'hui frédéric forte, se sont chargés successivement du travail éditorial de ces livrets qui entendent illustrer une contrainte oulipienne en général explicitée. cent soixante-trois numéros sont parus à ce jour. certains sont signés individuellement d'un membre ou l'autre de l'oulipo. d'autres témoignent d'un travail à deux ou trois auteurs.
    D'autres enfin sont sous la signature de l'oulipo comme groupe. il y a des poèmes, des proses narratives, des essais et réflexions, des pièces de théâtre, des textes d'érudition, des documents. la bibliothèque oulipienne a vu souvent la première apparition publique d'un texte devenu classique : alphabets de georges perec ; la princesse hoppy de jacques roubaud ; fondements de la littérature d'après david hilbert de raymond queneau ; comment j'ai écrit un de mes livres d'italo calvino.
    Rapidement épuisés, ces fascicules ont fait l'objet de rééditions à l'identique dans des recueils de plus large diffusion : volume i, ii, iii, aux éditions seghers, puis iv,v et vi aux éditions le castor astral. il est ici question du volume vii (fascicules du nâ° 86 au nâ° 99) et l'on trouvera des textes de walter henry (hétéronyme de paul braffort), marcel bénabou, jacques bens, claude berge, françois caradec, paul fournel, michelle grangaud, jacques jouet, hervé le tellier, harry mathews, oskar pastior, georges perec, pierre rosenstiehl et jacques roubaud.

  • Ce volume rassemble des écrits de François Caradec, publiés dans des périodiques des plus variés, certains célèbres, comme Combat ou Les Nouvelles littéraires, d'autres passablement oubliés, comme Arts et Lettres ou Actualité littéraire, entre 1945 et 2008.
    Il s'agit le plus souvent de textes intéressant l'histoire littéraire, qu'ils abordent dans ses sentiers les moins battus. Ils révèlent aussi d'autres visages de leur auteur : typographe. historien du livre, curieux d'images, des " naïfs " aux grands caricaturistes, attentif à la chanson populaire et au caf' conc'. Ils portent la marque de grandes rencontres : Artaud, Michaux, Vian, Prévert, Leiris, Queneau, sans oublier Pascal Pia et Maurice Saillet.
    Nombre d'entre eux se retrouvèrent d'ailleurs au Collège de 'Pataphysique dont François Caradec fut un membre des plus actifs. Entre miens, titre d'un dossier réunissant quelques études sur des personnages chers à l'auteur, éclaire l'ensemble du volume tant il affirme une communauté, presque une famille. S'attacher à Jarry, à Lautréamont, à Allais ou à Roussel n'était pas pour François Caradec un simple travail intellectuel, mais bien l'approfondissement d'un lien sensible et d'une amitié.

  • En 1912, Marcel Duchamp quitte Paris pour Munich. Il passera trois mois dans la capitale bavaroise. À son retour, il commence ses premiers ready-made, qui feront sa gloire, mais qui surtout révolutionneront véritablement tout l'art du XXe siècle. De ce séjour, qu'il qualifiera à la fin de sa vie de « théâtre de sa totale libération », nous ne savons rien ou presque. Alors, que s'est-il passé à Munich ? Roman Muradov l'imagine, de manière loufoque, éminemment duchampienne, et graphiquement sublime.

  • Extrêmement prolifique ces dernières années, le travail de JR touche un nombre croissant de disciplines comme la photographie, les arts visuels, le cinéma ou le spectacle vivant. Douze ans après avoir autorisé JR, alors inconnu, à coller des portraits sur le mur de son entrée, la Maison Européenne de la Photographie lui propose une carte blanche du 6 novembre 2018 au 10 février 2019. C'est l'occasion de faire un point sur le parcours de l'artiste et d'exposer son travail d'une façon inédite en France.
    Préfacé par JL Monterosso et D. Bertinotti, le livre est le reflet de cette rétrospective. Il questionne la question de la mécanique de l'image dans le travail de JR. Sa fabrication fait appel à différentes techniques d'impres-sion, de reliure et de transparence de papiers. Quatre membres de l'Oulipo, groupe d'écri-vains et de mathématiciens fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais, viennent rythmer son édition par des textes en résonance avec le travail de JR.

  • Auguste Herbin, issu d'une famille d'ouvriers tisseurs, naît le 29 avril 1882 dans un petit village près de la frontière belge. En conséquence, la peinture de ce Français du Nord de la France se distingue également par son caractère artisanal. A partir de 1900, l'artiste étudie à l'école des Beaux-Arts de Lille avant de s'installer à Paris où il rejoint tout d'abord les impressionnistes puis les Fauves.
    Auguste Herbin, voisin d'atelier de Braque et de Picasso, étudie également le cubisme dont l'influence l'incite à créer ses premières toiles cubistes dès 1913. Ses travaux aboutissent à une phase géométrique non-figurative à partir de 1917, cette dernière évoluant de manière croissante vers le constructivisme à l'exception d'une interruption en 1922 alors que le peintre revient brièvement à une manière de peindre figurative.
    En 1929, Auguste Herbin devient co-fondateur du salon des Surindépendants et initie deux ans plus tard l'association d'artistes Abstraction-Création avec l'aide de Vantongerloo entre autres. Auguste Herbin devient président du salon des Réalités Nouvelles à partir de 1955. L'étude du Trecento italien incite Herbin à se consacrer à la peinture concrète composée de formes géométriques simples avec des aplats de couleurs pures dès 1938.
    L'artiste conçoit en 1946 l'alphabet plastique, un système de composition reposant sur la structure des lettres et qui constitue le fondement de l'organisation de ses toiles. Dans son ouvrage L'art non figuratif non objectif, paru en 1949, Herbin présente cet aspect ainsi que ses théories des couleurs inspirées en partie par la théorie des couleurs de Goethe.

  • Rêve du 5 décembre 1961. Dans ce rêve, je sortais du métro londonien. J'étais extrêmement pressé, sous la pluie grise. Je me préparais à une vie nouvelle, à une liberté joyeuse. Et je devais pénétrer le mystère, après de longues recherches. Je me souviens d'un autobus à deux étages, et d'une demoiselle (rousse ?) sous un parapluie. En m'éveillant, j'ai pensé que j'écrirais un roman, dont le titre serait Le Grand incendie de Londres, et que je conserverais ce rêve, le plus longtemps possible, intact. Jacques Roubaud.

  • Quelque part entre le fameux Catalogue des objets introuvables de carelman, le Dictionnaire des lieux imaginaires de Manguel, et un inventaire à la manière oulipienne, Eduardo Berti s'émerveille de multiples inventions dont recèle la littérature comme le pianocktail de Boris Vian, le Baby HP - un engin capable de transformer en force motrice l'inépuisable vitalité des enfants - du mexicain Juan José Arreola, le GPS sentimental d'Hervé Le Tellier, la Kallocaïne de l'écrivain et pacifiste suédoise Karin Boye, le superficine - sorte de pommade miraculeuse qui s'applique sur les murs et qui a pour effet de rendre les pièces plus spacieuses - du polonais Sigismund Kryzanowski...
    Des textes courts pour en imaginer des fonctions secondaires et en tenter la description. A quoi pourraient bien ressembler la machine à arrêter le temps, les boucles d'oreille-réveil, le traducteur chien-humain, le livre infini, la machine à prier, l'appareil de critique littéraire, l'effaceur de mémoire ...
    Eduardo Berti est épaulé par le collectif Monobloque qui en produit les esquisses.

  • Du jour

    Jacques Jouet

    Jacques Jouet a commencé "Le poème du jour" le 1er avril 1992 : un poème tous les jours, jusqu'à la fin des siens, dans le cadre de ce projet-là. Le jour passé, le poème ne doit pas être corrigé, même s'il travaille sur d'autres poèmes en parallèles, avec des façons très différentes. Les quatre premières années ont été publiées ici en 1999 (trois volumes). C'était : Navet, Linge, oeil de vieux. D'années en années, les procédures ont varié, des séries se sont accumulées : contraintes pragmatiques ou formes fixes, investigations formelles, poèmes de rencontres...
    Il y a notamment une série de poèmes portraits (cela nécessite une rencontre, un temps de pose, un temps de composition), des poèmes adressés (c'est un hommage, le nom de celui à qui est rendu hommage fait partie du poème) et aussi des poèmes du jour et de journal, extrait de la lecture du journal, ce sont des morales élémentaires, forme fixe fondée par Raymond Queneau. Par là, avec ces milliers de poèmes, Jacques Jouet veut apporter une pierre à la motivation d'une proposition de Raymond Queneau : "Le véritable poète n'est jamais inspiré, il l'est toujours".
    Une autre raison semble aussi guider l'auteur : le rêve du poète de l'ère mondiale est que ses poèmes soient traduits et lus en toutes les langues par des milliards d'êtres humains. Celui de Jacques Jouet est que chaque être humain ait son poèmes à lui, dont il serait le sujet, ou qui lui serait adressé.

  • Oulipo

    Collectif

    L'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) est le groupe littéraire français le plus ancien du champ contemporain. Depuis 1960, il oeuvre, réunion après réunion, publication après publication, à une refondation de la littérature à l'aide de contraintes d'écriture souvent inspirées des structures mathématiques et ludiques. Suivi de près par un petit cercle d'amateurs fidèles, connu des amoureux de jeux de langage comme des auditeurs des «Papous dans la tête» sur France Culture, largement exploité par les enseignants pour leurs classes, l'Oulipo a également influencé nombre d'écrivains et d'artistes contemporains, tant français qu'étrangers.
    Le catalogue de l'exposition qui se tiendra à la BnF (sur le site de la bibliothèque de l'Arsenal, où sont conservées les archives de l'Oulipo) vise à faire mieux connaître ce groupe à la fois ancien, marqué par de grandes figures comme Queneau ou Perec, et toujours actif. Il présente les arcanes d'un fonctionnement encore teinté d'une aura de mystère (la vie collective du groupe) et invite le lecteur à observer, à différentes échelles, les étapes d'une création aux contours multiples (manuscrits, mais aussi oeuvres de groupes associés, les Ou-X-Po : Oubapo, Oulipopo, etc.).
    Pour demeurer fidèle à l'esprit de l'Oulipo, le catalogue propose, en même temps qu'un sommaire classique, des parcours ludiques et interactifs, fondés sur l'enquête et le jeu (trouver les contrepèteries et les phrases dissimulées dans les titres du catalogue, naviguer dans un sommaire fléché à la manière de L'Augmentation de Georges Perec, ou débusquer les contraintes d'écriture du catalogue). Des inédits ainsi que des créations oulipiennes viennent compléter le volume.

  • La Bibliothèque Oulipienne est une publication régulière de l'Oulipo, sous forme de fascicules, entre 20 et 40 pages, imprimés, dans son édition originale, à 150 exemplaires.
    Depuis 1975, Georges Perec, puis Paul Fournel, puis Jacques Jouet, puis Olivier Salon, aujourd'hui Frédéric Forte, se sont chargés successivement du travail éditorial de ces livrets qui entendent illustrer une contrainte oulipienne en général explicitée.
    À ce jour, deux cent quatorze numéros sont parus.
    Certains sont signés individuellement d'un membre de l'Oulipo. D'autres témoignent d'un travail à deux ou trois auteurs. D'autres enfin sont sous la signature de l'Oulipo comme groupe.
    On y trouve des poèmes, des proses narratives, des essais et réflexions, des pièces de théâtre, des textes d'érudition, des documents...
    La Bibliothèque Oulipienne a vu souvent la première apparition publique d'un texte devenu classique : Alphabets de Georges Perec ; La Princesse Hoppy de Jacques Roubaud ; Fondements de la littérature d'après David Hilbert de Raymond Queneau ;
    Comment j'ai écrit un de mes livres d'Italo Calvino...
    Rapidement épuisés, ces fascicules ont fait l'objet de rééditions à l'identique dans des recueils de plus large diffusion : tomes 1, 2, 3, aux éditions Seghers, puis 4, 5, 6, 7 et 8 aux éditions Le Castor Astral.
    Dans ce volume 9 de la Bibliothèque Oulipienne, qui vient s'insérer, comme le volume 8, quelques volumes après le volume 5 et précéder de quelques autres le volume 12, on trouvera les fascicules 115 à 123 de la Bibliothèque Oulipienne, publiés entre 2001 et 2003.
    Oui, voici, enfin réunis neuf fascicules de la Bibliothèque Oulipienne, et non des moindres. D'ailleurs, nous vous l'avons déjà dit, il n'y a pas de moindre.

  • " un beau jour de novembre 1960, autour de raymond queneau et de françois le lionnais, se constituait un petit groupe d'écrivains et de mathématiciens qui devait prendre, quelques semaines plus tard, le nom d'ouvroir de littérature potentielle.
    Depuis cette date, les membres de l'oulipo, sept d'abord, puis dix, puis quatorze, n'ont cessé de se retrouver, une fois par mois, pour s'efforcer d'élaborer de nouvelles techniques d'écriture. par un commun désir de discrétion et de sérénité, les travaux de l'oulipo demeurèrent longtemps confidentiels. pendant les trois premières années de son existence, cependant, j'eus le rude privilège de rédiger les procès-verbaux de nos réunions.
    On y constatera que les recherches, parfois maniaques, de l'oulipo, n'ont jamais pris une allure sévère, ni compassée. et s'il fallait donner un nouveau titre à ces mensuelles éphémérides, je proposerais : le désir littéraire attrapé par la queue. " jacques bens.

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