Les éditions de L'Olivier ont trente ans !

Un bon prétexte pour vous faire découvrir ou re-découvrir leur catalogue

  • Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux voleurs, vagabonds, prostituées qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942.
    À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. Quelques grands aînés lui ouvrent le chemin. Grâce à Gershom Scholem, il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Grâce à Max Brod, il découvre Kafka : une écriture sèche, débarrassée du « kitsch allemand » ; et surtout une description rigoureuse de ce qu'il a vécu, lui, pendant la guerre, et qu'il ne peut formuler avec des mots.
    Aharon Appelfeld deviendra l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il récuse avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Il n'a jamais voulu être un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprend tardivement cette « langue sacrée » que parlaient ses grands-parents, et qu'il n'avait pas le droit d'utiliser à la maison, lorsqu'il était enfant.

    À la fin des années 80, Philip Roth découvre cette oeuvre avec émerveillement. Il comprend qu'il est en présence d'un écrivain exceptionnel, proche de Kafka et de Bruno Schulz par sa puissance et sa singularité, et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
    En France, Pierre Belfond, puis les Éditions Gallimard ont tenté dans le passé de l'imposer, sans y parvenir. Si nous reprenons aujourd'hui le fil de ce travail interrompu, c'est parce que nous sommes convaincus que l'oeuvre d'Aharon Appelfeld est, enfin, devenue audible. C'est nous qui n'étions pas prêts à recevoir ces livres empreints d'une terrible douceur, et qui nous parlent, comme on murmure à l'oreille, d'un monde qui n'a jamais cessé d'être présent.

    Quatre ouvrages paraissent simultanément : deux de ses plus beaux romans, Le Temps des prodiges et Tsili, dans la collection « Points » au Seuil. Et deux inédits, Histoire d'une vie et L'Amour, soudain aux Éditions de l'Olivier Dans Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre des fragments qui sont autant de clefs pour la compréhension de son oeuvre : souvenirs de sa petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Puis des scènes brèves, d'une violence inouïe, visions arrachées au cauchemar de la déportation et de l'extermination. Vient ensuite l'arrivée en Israël, et l'élaboration progressive de son oeuvre.
    L'Amour, soudain est un roman d'amour qui met en scène un écrivain vieillissant et malade et une jeune fille inculte est une confrontation permanente entre le proche et le lointain, l'identification et la distanciation, la vie quotidienne et la métaphysique. À l'arrière-plan de cette idylle entre le vieil homme et l'orpheline qui prend soin de lui comme d'un bébé, c'est toute la vie de l'auteur qui se déroule en accéléré, traversée par le thème de la politique, et particulièrement du communisme. Pourtant, cette méditation sur l'Histoire n'est là que pour nous ramener au coeur même de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld, dans une confrontation avec cette présence divine que connaissaient les « Juifs Célestes » des Carpates dont il sait si bien nous parler.

  • Iris Brey théorise le regard féminin, ou female gaze, une façon de filmer les femmes sans en faire des objets, de partager la singularité des expériences féminines avec tous les spectateurs, quel que soit leur genre, et renouveler notre manière de désirer en regardant sans voyeurisme.

    Des joyaux du cinéma à certaines oeuvres plus confidentielles, en passant par quelques séries et films très contemporains, Iris Brey nous invite à nous interroger sur le sens caché des images.

  • Depuis la parution posthume de son roman « total », 2666, Roberto Bolaño est considéré comme une figure majeure de la fiction contemporaine. La publication de ses oeuvres complètes vient confirmer le statut déjà acquis de son vivant avec, notamment, Les Détectives sauvages et La Littérature nazie en Amérique.

    Tout au long de sa vie, Roberto Bolaño n'a cessé de se considérer, avant tout, comme un poète. Ce premier tome, qui comporte un grand nombre d'inédits, montre le rôle capital joué par la poésie dans sa vie et ses écrits.

    Oeuvres complètes I.
    Poèmes (dont inédits).
    Amuleto (roman).
    Appels téléphoniques et autres histoires (nouvelles).
    Étoile distante (roman).

    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.
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  • " Comme les manières de penser, de sentir et d'agir, les façons de parler et, plus encore, d'écrire sont nettement différenciées dans les sociétés développées. Le style comme écart, variation expressive, surcroît de sens, est un fait. Il a été perçu, formalisé dès les débuts de la culture lettrée, en Grèce. On l'assimile, depuis lors, à l'exploitation des ressources immanentes au langage, constitué en entité autonome de dépendances internes. Mais, ce faisant, on perd sa dimension vécue, la satisfaction ambiguë qui colore pareille expérience. Celle-ci, comme l'ensemble de l'activité sociale, accuse la distribution inégale des ressources économiques et sémantiques. L'explication appelle une approche historique. " (P. B.) Dans cet essai bref, Pierre Bergounioux évoque de manière éclairante ce qu'il appelle " l'expérience vécue du style ". Mais Le Style comme expérience est aussi une archéologie de l'écriture. Comment l'écriture peut-elle s'abstraire de son vice originel, à savoir son émergence comme signe des premières sociétés inégalitaires ? C'est un regard historique que cet ouvrage nous propose d'adopter en analysant les bouleversements littéraires de notre modernité. Et nous permet de comprendre comment la littérature s'est mise à considérer le monde comme " ce que nous vivons quand on y est impliqué corps et âme, maintenant ".

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  • En immersion dans le pays profond, où J.F. cherche travail désespérément. Comment vit-on en France, aujourd'hui, quand on a un revenu inférieur au Smic ? voire pas de revenu du tout ? Pour le savoir, Florence Aubenas quitte temporairement sa famille, ses amis et son emploi de grand reporter au Nouvel Observateur pour vivre pendant 6 mois dans la France de tout en bas. Embauchée d'abord comme femme de ménage dans une ville de province, cumulant les contrats précaires, elle plonge dans un autre monde. Un monde où le travail est rare et les nuits brèves, l'exploitation maximale et la solidarité minimale. Où les lieux de rencontre sont le Pôle emploi et l'hypermarché local. Entre colère et résignation, chacun lutte pour sa survie.
    Document exceptionnel sur des Français invisibles, ce livre est aussi une extraordinaire galerie de portraits, un récit où la condition humaine se dévoile dans toute sa nudité. Comme le classique Dans la dèche à Paris et à Londres (George Orwell), En France devrait faire date dans l'histoire du journalisme.

  • « J'avais treize ans, et fini de grandir. On mange pour grandir. Je ne grandirai plus, m'étais-je dit. Je ne mangerai plus que le minimum. Ce qu'il faut pour durer. Cela faisait comme un champ d'exploration immense, la découverte d'un territoire sauvage et secret. » Nouk croit reprendre le contrôle de sa vie en cessant de s'alimenter. Elle découvre le plaisir inavouable d'être la plus forte, et de mentir, mentir, mentir jusqu'au vertige.

    Avec ce roman pur et violent, devenu un talisman pour plusieurs générations de lectrices et lecteurs, Geneviève Brisac obéit à une seule exigence : dire la vérité, quoi qu'il en coûte.

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  • - Raymond Carver : oeuvres ComplètesSeptembre 2 (9 septembre)1. Débutants2. Parlez-moi d'amourOctobre 2 (14 octobre)3. Tais-toi, je t'en prie4. Les vitamines du bonheur - Cette édition en 9 volumes se poursuivra en 2011 (deux volumes) et 2012 ( trois volumes dont un de poésie comportant de nombreux inédits).

  • La Ferme est une prison fédérale réservée aux junkies.
    En réalité, il s'agit d'une réplique moderne de l'Enfer, peuplée de gardiens vicieux, de psychiatres encore plus malades que leurs patients et de cinglés en tout genre. Dans La Ferme, les remèdes sont souvent pires que les maux qu'ils sont censés guérir. John, un ancien héroïnomane qui n'arrive plus à faire la différence entre la prison et le monde extérieur, maîtrise avec une facilité déconcertante les rouages de cette institution où tout marche à l'envers.
    Ce qu'il ne contrôle pas, en revanche, c'est son attirance pour Sonja, une putain magnifique détenue dans le quartier des femmes où il est impossible de se rendre et dont il tombe follement amoureux. John va-t-il braver cet interdit ? Ou bien cèdera-t-il à la tentation de régler son compte au détenu qui l'a fait "tomber" ? Chauffés à blanc, les désirs s'exaspèrent dans cette atmosphère morbide, où la violence et le sexe éclatent comme une délivrance.

  • Train

    Pete Dexter

    Los Angeles, 1953.
    Lionel Walk a dix-huit ans, il est noir et travaille comme caddie dans un prestigieux club de golf. On le surnomme Train. À cette époque, les Noirs n'ont une place sur le green que s'ils portent les sacs. Ce qui n'empêche pas Train de jouer de temps à autre, avec une virtuosité que remarque Miller Packard, un habitué du green. Packard est un inspecteur au passé trouble. Après le cambriolage d'un yacht qui tourne au carnage, il falsifie des preuves et cède à la passion violente qui l'entraîne vers l'une des victimes.
    Train perd son emploi. Commence alors pour lui une longue période d'errance, de logements de fortune, de petits boulots, et d'humiliations racistes. Lorsque Miller Packard croise à nouveau son chemin, Train se croit tiré d'affaire. Il se trompe. Train marque le grand retour de Pete Dexter. Ce roman noir, tendu à l'extrême, raconte la société raciste et violente des années 50. A l'image de Packard, la surface est impassible; c'est dans les profondeurs silencieuses que se trame le pire.

  • « C'est à ce moment-là, je crois, que je décidai de partir pour un voyage dont j'ignorais la destination et la durée. J'étais désargenté, désenchanté. Mais je voulais me replonger dans le courant de la vie, me battre pour ou contre quelque chose, retrouver l'envie du bonheur et le goût de la peur, lutter contre la force des vents, éprouver la chaleur, le froid, casser des cailloux et, s'il le fallait, creuser les flancs de la terre ».

    Paul Peremülter est écrivain. À la fin de son treizième livre, déçu par son travail et toute une vie d'homme assis, il entreprend un périple aux États-Unis puis au Québec. Mais ce voyage, qu'il voudrait simplement excentrique, va le conduire au plus profond de lui-même. C'est dans ce monde magique et étouffant qu'il découvrira ce qu'il n'aurait jamais dû savoir.

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  • Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

    Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et - plus encore - de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit.

    Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.

    Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice.

  • Thomas, Mehdi et Louise se connaissent depuis l'enfance.

    À cette époque, Les Verrières étaient un terrain de jeux inépuisable. Aujourd'hui, ils ont grandi, leur quartier s'est délabré et, le temps d'un été, l'usine devient le centre de leurs vies.

    L'usine, où leurs pères ont trimé pendant tant d'années et où Thomas et Mehdi viennent d'être engagés.

    L'usine, au centre de la thèse que Louise prépare sur les ouvriers frontaliers, entre France et Suisse.

    Ces enfants des classes populaires aspiraient à une vie meilleure. Ils se retrouvent dans un monde aseptisé plus violent encore que celui de leurs parents. Là, il n'y a plus d'ouvriers, mais des opérateurs, et les machines brillent d'une étrange beauté.

    Grande fresque sur la puissance et la fragilité de l'héritage social, Thomas Flahaut écrit le roman d'une génération, avec ses rêves, ses espoirs, ses désillusions.

  • Ex-écrivain, ex-journaliste sportif, ex-mari, mais aussi ex-héros de roman (Un week-end dans le Michigan), Frank Bascombe semble avoir renoncé à toute ambition. Il habite toujours Haddam, New Jersey, et travaille dans l'immobilier. Après leur divorce, Ann s'est remariée. Elle vit dans le Connecticut avec leurs deux enfants. Sally, sa petite amie du moment, vit elle aussi à quelque distance, et Frank passe une bonne partie de son temps au téléphone. Les élections approchent. Qui sera le prochain président des États-Unis, Bush ou Dukakis ? Frank attend avec impatience le week-end du 4 juillet. Justement, il s'agit d'une fête, et pas n'importe laquelle : celle de l'Indépendance.

    L'indépendance. N'est-ce pas à cela qu'aspire Frank depuis toujours ? Mais la vie dont il avait cru pouvoir se protéger va le frapper cruellement, au moment où il s'y attend le moins. Il ne lui restera plus, alors, qu'à tenter de faire face, avec tout l'humour, le courage et l'intégrité dont il est capable.

    « Et si, s'interroge un critique, Richard Ford avait écrit le Grand Roman Américain de la décennie, le roman de nos vies ? Est-ce qu'il ne ressemblerait pas à cela ? » Oui, Indépendance est bien le livre que nous attendions de Richard Ford. Violent et intime, comique et tragique, sensible et futile, flot ininterrompu de mots, mêlant les lieux, les situations, les personnages dans un bavardage sublime, fleuve du langage sur lequel nous naviguons et qui est notre vie.

  • "a l'automne de 1960, alors que j'avais seize ans et que mon père était momentanément sans emploi, ma mère rencontra un homme du noir de warren miller et tomba amoureuse de lui.
    C'était à great falls, montana. " depuis que son père est parti combattre le incendies de forêts qui ravagent la région, joé doit faire face à la soudaine désinvolture de sa mère et à la découverte de sa propre solitude.

  • Et si les enfants ne naissaient que pour corriger les erreurs de leurs parents ? Nos vies familiales ressembleraient alors à des copies surchargées de ratures et de remarques - " faux ", " mal dit ", " à revoir " -, ponctuées de points d'exclamation ou d'interrogation.
    Dans le livre de Jonathan Franzen, la famille s'appelle Lambert, mais c'est de l'Amérique qu'il s'agit, de sa manière de vivre, de ses idéaux : un continent entier en train de sombrer doucement dans la folie.
    Alfred, Enid, et leurs trois enfants - Gary, Chip et Denise - sont les cinq héros de ce roman-fleuve où défilent toutes nos contradictions : le besoin d'aimer et la guerre conjugale, le sens de la justice et l'obsession des stock-options, le goût du bonheur et l'abus des médicaments, le patriarcat et la révolte des fils, la libération des femmes et la culpabilité de tous.
    C'est cela, Les Corrections : une " tragédie américaine " dont la puissance balaye tout sur son passage.
    Mais aussi une comédie irrésistible, un humour qui s'autorise à rire de tout, une férocité sans limites Et le sens aigu de notre appartenance à la communauté humaine.

  • Qu'est-ce qu'un Arabe israélien ? Une contradiction vivante.

    En s'expatriant aux États-Unis avec sa femme et leurs enfants, le héros de ce roman pensait résoudre le problème une bonne fois pour toutes. Mais sa nouvelle vie est hantée par ses souvenirs de jeunesse, et le mal du pays ne le quitte plus.

    Rappelé d'urgence en Israël au chevet de son père hospitalisé pour un infarctus, il se trouve soudain confronté aux multiples mensonges dont sa vie est tissée. Devenu « nègre », spécialisé dans la rédaction d'autobiographies, il ne cesse en effet de mêler sa propre histoire à celle de ses clients, au point que le réel et l'imaginaire se confondent dans son esprit. Sa jeunesse a-t-elle vraiment été l'âge d'or qu'il décrit ? Comment peut-on demeurer attaché à un pays qu'on a fui volontairement ?

    Sayed Kashua explore cette situation riche en paradoxes dans un roman déchirant bien que non dépourvu d'humour. Car l'ironie est parfois le seul remède à la mélancolie.

  • Jules Epstein a disparu. Après avoir liquidé tous ses biens, ce riche new-yorkais est retrouvé à Tel-Aviv, avant qu'on perde à nouveau sa trace dans le désert. L'homme étrange qu'il a rencontré, et qui l'a convié à une réunion des descendants du roi David, y serait-il pour quelque chose ?

    A l'histoire d'Epstein répond celle de Nicole, une écrivaine américaine qui affronter le naufrage de son mariage. Elle entreprend un voyage à Tel-Aviv, avec l'étrange pressentiment qu'elle y trouvera la réponse aux questions qui la hantent. Jusqu'au jour où un étrange professeur de littérature lui confie une mission d'un ordre un peu spécial...

    Avec une grande maîtrise romanesque, Nicole Krauss explore les thématiques de l'accomplissement de soi, des métamorphoses intimes, et nous convie à un voyage où la réalité n'est jamais certaine, et où le fantastique est toujours à l'affût.

  • Méridien de sang Nouv.

    « Dehors s'étendent des terres sombres retournées piquées de lambeaux de neige et plus sombres au loin des bois où s'abritent encore les derniers loups. » Après avoir fui la hutte paternelle au Tennessee, un garçon de quatorze ans, dit le Gamin, s'enrôle dans une bande de hors-la-loi payés au scalp. Ces soldats de fortune pillent, brûlent et tuent, menés par le Capitaine Glanton et son second, le Juge, géant surhumain au savoir encyclopédique. Arrivés au Colorado, ils sont décimés par les survivants d'Indiens Yumas. Un long affrontement commence alors entre le Juge et le Gamin, au pied des dunes de la Vallée de la Mort.

    Méridien de sang est une équipée sauvage et tragique, sur laquelle plane l'ombre d'Edgar Allan Poe. Cormac McCarthy y déploie sa vision de l'Amérique, hantée par la violence des hommes et la question du Mal.

  • C'était à Manhattan, dans les années 80. Corrine était courtière en Bourse. Russell, éditeur. Ils avaient trente ans et des poussières. Tout semblait parfait autour d'eux. Les amis, les soirées branchées et les fluctuations du Dow Jones. Ils pensaient rester éternellement jeunes, talentueux et intelligents.

    Mais Corrine a voulu des enfants et Russell n'était pas prêt. Jeff est retombé dans la drogue, Trina Cox est arrivée. Soudain, plus rien ne s'est passé comme prévu.

    Le 18 octobre 1987, les golden boys se jetaient du haut des immeubles, à Wall Street, en réaction au krach boursier. La comédie new-yorkaise se teintait de désenchantement, annonçant la fin des grandes espérances.

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  • Écrire ses mémoires à l'âge de quarante ans peut sembler un projet bien étrange. À moins que le but ne soit de découvrir, à travers l'autobiographie, le sens d'une identité collective. C'est ce que tente Rick Moody, dans ce livre étonnant qui est à la fois une auto-analyse, un traité de la mélancolie, un essai sur l'Amérique et sa littérature et une Lettre au père.
    S'il entreprend de raconter certains moments-clés de sa propre vie sa liaison avec une jeune femme alcoolique, son enfermement volontaire dans un hôpital du Queens, sa toxicomanie, ses tendances dépressives et ses phobies, c'est pour mieux les faire entrer en résonance avec une autre histoire, celle de son ancêtre Joseph Moody, qui inspira à Nathaniel Hawthorne Le Voile noir du pasteur, ce conte dans lequel un prêcheur décide de dissimuler pour toujours son visage derrière un voile noir.
    Brillant, provoquant, alternant l'humour et la dramatisation, ce texte unique en son genre dans la mesure où il combine les techniques du roman et de l'essai, a provoqué Outre-Atlantique effroi et admiration : « tout simplement splendide » (The New York Times), « terriblement risqué » (The Washington Post), « impressionnant » (Ron Hansen), « déroutant » (Joanna Scott), etc. Disons simplement qu'il s'inscrit d'emblée parmi les grands classiques de la littérature américaine.

  • Fugitives

    Alice Munro

    Carla vit dans un mobile home avec Clark. Ils ont monté un petit centre équestre. Un soir, pour casser la routine et s'amuser un peu, elle a raconté à Clark que M. Jamieson, le voisin, lui demandait des faveurs sexuelles. À la mort du vieil homme, Clark veut faire chanter sa veuve. Carla n'ose pas avouer son mensonge. Il pleut à longueur de journée et les cours d'équitation sont déserts. Et puis sa chèvre préférée, Flora, a disparu. Lassée de tout, Carla s'enfuit. La fille de Juliet, Penelope, est partie vivre dans un « Centre d'équilibre spirituel ». Au début, elle donnait signe de vie en envoyant des cartes d'anniversaires impersonnelles. Puis plus rien. Des années après, Juliet apprend par hasard que Penelope est vivante et qu'elle a cinq enfants. Elle n'en sait pas plus. Ne réclame ni détail ni indice. « Elle continue d'espérer un mot de Penelope, mais sans aucun acharnement. Elle espère comme les gens espèrent sans se faire d'illusion des aubaines imméritées, des rémissions spontanées, des choses comme ça. » Huit nouvelles. Huit variations autour de l'amour et du destin. Dans un style souvent comparé à Tchekhov ou à Raymond Carver, Alice Munro explore les relations entre les êtres et ces moments de l'existence où une révélation, une rencontre, font tout vaciller. Des années 20 à nos jours, ses héroïnes cherchent à échapper à une vie aliénante, à un passé trop lourd ou au couperet du temps qui passe. Munro excelle dans ces portraits de femmes en quête d'ailleurs.

  • Décembre 1930, vacances de Noël. Gibbsville, petite bourgade tranquille de Pennsylvanie, est en pleine effervescence. On y danse et on y boit, dans les bars louches comme dans le milieu très fermé de l'élite locale. Parmi les membres de cette élite se trouvent Julian et Caroline English. En pleine réception, Julian lance le contenu de son verre à la figure de Harry Reilly, sans raison apparente... simplement par agacement. Sans qu'il le sache, ce geste impulsif vient de précipiter Julian English dans une spirale autodestructrice qui va durer quarante-huit heures : après avoir cherché secours dans l'amour de sa femme et de ses amis, dans l'alcool, dans la fuite, il aura finalement à se rendre à ce « rendez-vous à Samarra », qui est un rendez-vous avec la mort.

    Le roman de John O'Hara avait fait scandale lors de sa parution en 1934. Exploration crue et directe des rapports entre les sexes, autopsie au scalpel de la vie de province américaine, pessimisme omniprésent, autant d'éléments qui ont fait de ce livre un chef d'oeuvre précurseur de tout un pan de la littérature américaine. C'est également une fresque extraordinaire sur l'Amérique au temps de la Dépression, où l'on croise des personnages inoubliables, notamment des gangsters et des bootleggers.

    Traduction de l'anglais (États-Unis) par Marcelle Sibon, révisée par Clément Ribes.

  • Ithaca, New York, 1982. Larry Markham tente désespérément de recoller les morceaux de sa vie, sans vraiment y croire. Son mariage est un échec, accentué cruellement par le lourd handicap mental de son fils, ses relations avec son père sont tendues, et son travail de livreur de pâtisseries industrielles est dérisoire. Vietnam, 1968. Larry Markham s'est enrôlé, contre l'avis paternel, comme médecin dans les rangs de l'armée américaine au Vietnam. De son unité, il est le seul à revenir. Depuis, Larry est hanté par la vision de ses compagnons disparus, de leurs derniers instants : il aurait dû les sauver. Ce sentiment de culpabilité le harcèle et le rend impuissant à envisager sa vie présente. Fatigué d'être regardé comme un traumatisé de guerre, il ne trouve un répit avec lui-même, un début de sens à son existence, qu'en agissant bénévolement comme thérapeute auprès d'un groupe de vétérans. Lorsqu'un membre de ce groupe, un assassin entraîné par la CIA, s'échappe du centre hospitalier et se met à le poursuivre, laissant derrière lui d'inquiétants avertissements en forme de cartes à jouer, Larry prend conscience de la menace qui pèse sur lui, et sur sa propre famille. La faculté de Stewart O'Nan à passer d'un univers à l'autre, la puissance évocatrice de son écriture prennent ici une dimension impressionnante. A la fois roman d'amour et récit de guerre, Le Nom des morts est un thriller mené avec maestria.

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