Gustave Flaubert (1821/1880)

Une bibliographie sélective à retrouver en vitrine !

  • L'Orient de Flaubert (1821, Rouen - 1880, Croisset) est imprégné d'histoires et d'influences contemporaines. Dès ses oeuvres de jeunesse, le lien entre textes et images illustrant l'Orient et l'Antiquité semble évident pour le jeune artiste.
    Cet Ailleurs - qui est constitutif de sa vocation d'écrivain - s'affirme très vite comme la contrée de tous les excès, des rêves de luxe impossible, où un esthète exigeant pourrait dormir dans des "hamacs en plume de colibri".
    Premier beau livre sur Flaubert et les arts, cet ouvrage examine à la fois les images et les oeuvres qui ont marqué la formation visuelle de l'écrivain, ou qui ont été les sources avérées de ses créations et les nombreuses réinterprétations plastiques auxquelles celles-ci ont donné lieu. Dès son époque - c'est le cas de Gustave Moreau qui ne peindra pourtant jamais de tableaux directement inspirés de son oeuvre -, puis après sa mort, les illustrateurs, sculpteurs, peintres des courants les plus divers s'en emparent, de Georges-Antoine Rochegrosse à Salvador Dali. À l'époque moderne, le cinéma et la bande dessinée s'approprient également des romans de Flaubert, comme Philippe Druillet qui a consacré une partie de ses albums et de son oeuvre gravée à Salammbô.

  • « Il arriva juste au pied de la terrasse. Salammbô était penchée sur la balustrade ; ces effroyables prunelles la contemplaient, et la conscience lui surgit de tout ce qu'il avait souffert pour elle. Bien qu'il agonisât, elle le revoyait dans sa tente, à genoux, lui entourant la taille de ses bras, balbutiant des paroles douces ; elle avait soif de les sentir encore, de les entendre ; elle ne voulait pas qu'il mourût ! À ce moment-là, Mâtho eut un grand tressaillement ; elle allait crier. Il s'abattit à la renverse et ne bougea plus. »

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  • Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, le perroquet empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, la propriété de famille des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l'authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert, où est la vérité de l'écrivain ? Si rien n'est certain, l'inspecteur Barnes, au bour de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante, c'est le texte...


    Né à Leicester en 1946, Julian Barnes est l'auteur de plusieurs romans et essais. Le perroquet de Flaubert (Prix Médicis étranger) a été traduit dans le monde entier.

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  • « Bouvard et Pécuchet est une Odyssée.
    La littérature (profane - c'est-à-dire la vraie) commence avec Homère (déjà grand sceptique) et toute grande oeuvre est soit une Iliade soit une Odyssée, les odyssées étant beaucoup plus nombreuses que les iliades : le Satiricon, La Divine Comédie, Pantagruel, Don Quichotte, et naturellement Ulysse (où l'on reconnaît d'ailleurs l'influence directe de Bouvard et Pécuchet) sont des odyssées, c'est-à-dire des récits de temps pleins. Les iliades sont au contraire des recherches du temps perdu : devant Troie, sur une île déserte ou chez les Guermantes. » Raymond Queneau.

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  • Née de la rencontre avec un tableau de Bruegel et du souvenir des spectacles forains de la foire Saint-Romain à Rouen, La Tentation de saint Antoine résume la diablerie romantique, ses monstres, ses obsessions, ses ténèbres. " Oeuvre de toute ma vie ", disait Flaubert, elle est aussi " le cabinet secret de son esprit " selon Baudelaire qui voulait " surtout attirer l'attention du lecteur sur cette faculté souffrante, souterraine et révoltée, qui traverse toute l'oeuvre, ce filon ténébreux qui illumine et qui sert de guide à travers ce carphanaüm pandémoniaque de la solitude ".

  • " le flaubert qui s'exténua à produire une oeuvre rare et précieuse est, exactement, le flaubert de la légende et (si les quatre volumes de sa correspondance ne nous trompent pas) celui de l'histoire aussi.
    Et ce flaubert est plus important que l'importante littérature qu'il prémédita et réalisa - flaubert, premier adam d'une espèce nouvelle : celle de l'homme de lettres comme prêtre, comme ascète et comme martyr.
    " don quichotte et sancho sont plus réels que le soldat espagnol qui les inventa, mais aucune créature de flaubert n'est aussi réelle que flaubert. ceux qui prétendent que son oeuvre capitale est sa correspondance peuvent arguer que dans ces volumes virils se trouve le visage de son destin.
    Ce destin s'est reproduit, mystérieusement magnifié et varié, en celui de mallarmé, de henry james et en celui de l'irlandais enchevêtré et presque infini qui trama ulysse. " (jorge luis borges, discussion)

  • Les « trois contes » résument tout l'art flaubertien : Un coeur simple, c'est le psychologue intimiste ; Hérodias, c'est l'historien, le peintre ; Saint Julien, l'amateur de fables et de surnaturel. Tour à tour son enfance, l'Antiquité, le Moyen Âge, fournissent le décor. Derrière tant d'art, la tendresse de qui a écrit : « Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. »

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  • Découvrez La nièce de Flaubert, le livre de Willa Cather. Willa Cather (1873-1947) a déjà solidement établi sa réputation de grand écrivain américain avec, entre autres romans, Mon Antonia et Pionniers ! lorsque, au cours de l'un de ses voyages en France, en 1930, elle rencontre, dans un hôtel d'Aix-les-Bains, une fascinante vieille dame qui n'est autre que Caroline Grout, la nièce de Gustave Flaubert. La petite Caroline, dont la mère est morte en couche, a été élevée par son fameux oncle dont elle est l'exécutrice testamentaire. Dans La Nièce de Flaubert, la romancière américaine dresse en quelques pages le portrait d'une femme surprenante, lien vivant entre un vingtième siècle déjà éprouvé par la guerre et l'âge d'or de la littérature française, dont Flaubert est l'un des plus grands représentants. Ce texte est avant tout un éloge ardent et précis de la littérature et de la lecture, non comme passe-temps mais comme raison de vivre.

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  • Voyages

    Gustave Flaubert

    On trouvera dans ce livre, réunis en un volume, les notes et récits des voyages que flaubert entreprit en famille, seul ou avec son ami maxime du camp.
    Qu'il s'agisse de textes revus et aboutis ou de simples impressions jetées sur ses carnets de voyage, flaubert apporte ici la démonstration qu'un grand écrivain se reconnaît jusque dans la matière brute de ses écrits.
    Comme a pu le dire jean-paul sartre : " on voit flaubert tout entier dans ses notes de voyage. je conseille à tous ceux qui veulent savoir qui est flaubert de lire ces notes "

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  • en mettant une dernière main à son roman d'initiation libertin qu'il fait passer pour les mémoires véridiques d'une femme du monde, ernest feydeau (le père de georges, futur auteur de comédies) réussit son coup.
    sa peinture des moeurs sous le second empire fait rugir le maître en réalisme, flaubert, qui y voit un roman " tellement lubrique et indécent qu'aucun éditeur n'a consenti à le prendre ". après emma bovary, aimée, l'héroïne, se laisse déniaiser et s'illusionne peu sur les perversités des hommes. longtemps la critique littéraire s'indigna de ces souvenirs d'une cocodette.

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  • C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

  • Le thème de l'Orient obsède Flaubert depuis sa jeunesse. On le trouve dès ses premières oeuvres. C'est grâce à son ami Maxime Du Camp qu'il fait le grand voyage de sa vie (1849-1851). Rien de commun avec les voyages d'aujourd'hui : la croisière sur le Nil dure quatre mois et demi. Après six mois de préparatifs, les deux amis se rendent en Égypte, en Syrie-Palestine, et reviennent par la Grèce et l'Italie.
    Flaubert affirme « regarder sans songer à aucun livre », parce que, « quand on voit les choses dans un but, on ne voit qu'un côté des choses ». Et pourtant, ce texte est un bel exemple de l'art de voir et de l'art d'écrire de Flaubert. Il ne cesse de penser à la peinture, à la couleur, au rendu de l'impression. Et il est lui-même un des éléments pittoresques de ses tableaux, bon vivant, jouisseur, ne se prenant pas au sérieux, mélancolique aussi, amer parfois.

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  • Monsieur, quand je vins m'établir ici, je trouvai dans cette partie du canton une douzaine de crétins, dit le médecin en se retournant pour montrer à l'officier les maisons ruinées. La situation de ce hameau dans un fond sans courant d'air, près du torrent dont l'eau provient des neiges fondues, privé des bienfaits du soleil, qui n'éclaire que le sommet de la montagne, tout y favorise la propagation de cette affreuse maladie. Les lois ne défendent pas l'accouplement de ces malheureux, protégés ici par une superstition dont la puissance m'était inconnue, que j'ai d'abord condamnée, puis admirée. Le crétinisme se serait donc étendu depuis cet endroit jusqu'à la vallée. N'était-ce pas rendre un grand service au pays que d'arrêter cette contagion physique et intellectuelle ? Malgré son urgence, ce bienfait pouvait coûter la vie à celui qui entreprendrait de l'opérer. Ici, comme dans les autres sphères sociales, pour accomplir le bien, il fallait froisser, non pas des intérêts, mais, chose plus dangereuse à manier, des idées religieuses converties en superstition, la forme la plus indestructible des idées humaines. Je ne m'effrayai de rien. » Mais ce roman de 1833 n'est pas simplement le récit d'un homme qui consacre sa vie au bonheur d'un village, un rénovateur qui donne à Balzac l'occasion d'analyser le développement rural et d'inscrire en son livre une certaine utopie.
    Le Médecin de campagne est aussi une histoire privée, celle précisément du docteur Benassis, prise entre un début malheureux et une fin prématurée.

  • Les rapports de l'enfant flaubert et de la littérature illustrent de façon exemplaire la naissance d'une vocation.
    Le petit garçon qui connaissait don quichotte par coeur avant de savoir lire avait déjà senti que l'écriture serait sa façon à lui de " s'emparer du monde ".
    Les mémoires d'un fou et novembre constituent certainement la partie la plus réussie de son oeuvre de jeunesse. le voyage aux pyrénées et en corse et le voyage en italie de 1845 nous ont paru constituer avec les récits autobiographiques un ensemble harmonieux.

    Les mémoires d'un fou racontent une aventure amoureuse vécue par un garçon de quinze ans. novembre décrit l'éveil de la sexualité chez un adolescent. quant aux récits de voyage, ils sont aussi romantiques par l'expression des états d'âme et des vagabondages de l'imagination. on découvre donc, dans ces textes rares, le jaillissement, le charme, le talent déjà adulte du jeune flaubert.

  • Sous le titre général "Morale du joujou" sont rassemblés quatre textes de Charles Baudelaire. Des écrits de jeunesse et de maturité, où perce déjà son génie, en même temps que son style s'aiguise et que se précisent ses conceptions esthétiques novatrices et polémiques. Qu'il s'agisse de l'amour ou de la littérature, l'auteur s'emploie à dénoncer l'idolâtrie de la nature, à dissocier la beauté de la morale.
    Deux longues lettres sont reproduites in fine : la première (datée de janvier 1854), adressée à l'acteur J. H. Tisserant, évoque un projet de pièce de théâtre assez fantasque où se mêlent le drame bourgeois et la comédie policière (qui n'est pas sans évoquer le poème "Le Vin des assassins"). La seconde (datée de mars 1856) rend compte d'un rêve à Charles Asselineau, critique d'art, fidèle ami de l'auteur, dont il écrira la première biographie, qui paraîtra en 1869, deux ans après la mort du poète : Charles Baudelaire, sa vie et son oeuvre.

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  • La femme de trente ans, qui est-elle? Mariée, elle est au sommet de sa vie, car c'est là qu'elle prend sa liberté, c'est-à-dire un amant, ce dont Balzac la félicite, mais que la société punit cruellement. Voici donc l'un des romans les plus engagés de Balzac, dans lequel il dénonce la condition des femmes, mariées à des hommes dont elles découvrent trop tard les défauts, et vieilles déjà à la moitié de leur vie. L'auteur constate l'échec du mariage d'amour et, avec ces enfants nés sans amour, l'échec de la maternité. Cette histoire sombre, où la sexualité joue un rôle étonnamment moderne, est traitée avec une grande liberté de ton : le roman historique croise le roman-feuilleton, et jusqu'aux histoires de pirates. C'est aussi un véritable essai, où la peinture psychologique mène à la revendication politique et sociale. À rebours d'une politique des âges de la vie figée, Balzac montre qu'à tout âge la femme a le droit d'aimer et d'être aimée, même en dehors du mariage, et d'être reconnue par la société pas seulement comme épouse et mère, mais comme femme.

  • Comment on paye ses dettes quand on a du génie rassemble deux textes de Baudelaire, encore jeune littérateur. Le premier de ces textes, qui donne son nom au recueil, est un exercice de jeunesse qui laisse apercevoir le grand talent de l'auteur, sous l'influence d'un Maître : Balzac, que Baudelaire admirait et qui, endetté jusqu'au cou, passa sa vie de forçat littéraire à fuir les créanciers. Le second texte est une parabole humoristique - grandeur et misère de l'écrivain en herbe - dont l'incipit donne le ton : "L'anecdote suivante m'a été contée avec prières de n'en parler à personne ; c'est pour cela que je veux la raconter à tout le monde".
    Un choix de lettres est proposé en annexe : toutes ont trait aux déboires du jeune Baudelaire en butte à la débine et qui ne cesse de solliciter les uns et les autres (en particulier de la "Société des gens de lettres") pour se sortir de ses problèmes continus d'argent.

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  • Bibliomanie

    Gustave Flaubert

    • Sillage
    • 4 Octobre 2012

    Gustave Flaubert, Bibliomanie Flaubert est âgé d'à peine quinze ans quand il publie, début 1837, son premier texte, Bibliomanie. Il ne s'agit pas de son premier essai littéraire, loin s'en faut : très jeune, Flaubert compose récits, contes et pièces de théâtre.

    Les quatre nouvelles réunies dans ce volume comptent parmi les plus abouties des oeuvres de jeunesse de Flaubert. L'adolescent qui les écrit est un fervent lecteur de Sade et des romantiques, et son inspiration s'en ressent. Mais Flaubert est déjà Flaubert - le contempteur de la bêtise et de la cruauté humaine, l'ironiste impitoyable que l'on retrouve dans les oeuvres de la maturité sont déjà bien présents.

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  • «Il y a à parier que toute idée publique, toute convention reçue, est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre.» Exergue du Dictionnaire des idées reçues - oeuvre inachevée aux multiples manuscrits -, cette maxime de Chamfort en donne le ton incisif. «Actrice», «mélancolie», «pédantisme», «voyageur», «candeur», «duel», «laboureurs», «religion»... Sur des sujets aussi variés, Flaubert y relève en effet pensées figées et lieux communs, traquant la vacuité avec une ironie mordante.

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  • Il existe une relation quasi filiale entre Flaubert et Maupassant. Le premier a 52 ans quand débute cette correspondance, le second 23 ans. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Flaubert, en 1880. Ainsi, cette correspondance permet de suivre Flaubert dans les sept dernières années de sa vie et Maupassant dans ses sept premières années en littérature.
    Flaubert s'intéresse d'abord à lui parce qu'il est le neveu d'Alfred Le Poittevin, son ami d'enfance. De cette relation va naître une véritable amitié que traduit fidèlement ces lettres.
    Comme l'écrit la préfacière, « tous deux éprouvent du mépris pour la masse, l'esprit bourgeois, l'égalitarisme, le suffrage universel, la soutane ; et tous deux se délectent à la lecture des grands auteurs. La détestation de la médiocrité et l'amour de la littérature les réunissent ».
    Par certains côtés, Flaubert tient avec Maupassant le rôle que tenait George Sand avec lui, celui d'un « conseiller de vie » plus qu'un esthète. Cette correspondance est un morceau de vie partagé entre deux génies.

  • 1857 : année mythique de la censure. Charles Baudelaire, Gustave Flaubert et Eugène Sue sont tour à tour poursuivis par le même procureur, Ernest Pinard. Les oeuvres incriminées ? Les Fleurs du Mal, Madame Bovary et Les Mystères du Peuple. Par ces procès, le régime de Napoléon III entend juger le poète et les deux romanciers pour leurs outrages et leur insubordination à l'ordre politique et moral.

    À l'aide de documents d'archives, d'articles de presse, des plaidoiries et des réquisitoires, des correspondances que s'échangent les écrivains pourchassés par Pinard, Emmanuel Pierrat nous replonge dans cette année 1857. Dans un décor saisissant, il fait revivre les procès intentés par le procureur impérial à des écrivains de génie soudainement pris dans l'implacable mécanique de la censure.

    Le lecteur découvrira donc la galerie de créateurs devenus depuis célèbres et des journalistes qui se lancent dans la bataille, tout comme l'état de la censure sous le Second Empire (et ses prolongements actuels). Jamais le tableau de ces quelques mois qui vont durablement marquer le milieu des Lettres n'avait été dépeint avec autant de force.

    Les pièces du dossier (plaidoiries, réquisitoires et jugements) sont publiées en annexe de cette saga tout autant judiciaire que littéraire.

  • Les comptes rendus des audiences du procès de 1857 et des extraits de l'oeuvre incriminée montrent quelles étaient les moeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. Pour rentrer dans l'histoire sociale et politique par le prisme de l'histoire littéraire.

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  • Daté de 1839, ce pamphlet paraît aujourd'hui absolument prémonitoire : "deux littératures coexistent dans une proportion bien inégale et coexisteront de plus en plus", y déplore Sainte-Beuve. Deux littératures : l'une, commerciale, l'autre, l'expression délicate du talent, propice à engendrer des monuments. À l'émergence de la première, plusieurs facteurs : le développement de la réclame dont peut dépendre le succès dun livre, l'"émulation effrénée des amours-propres" ou encore, plus simplement, la volonté de vivre de sa plume. L'auteur aborde des questions brûlantes à son époque mais qui nont pas cessé depuis de consumer la littérature, à savoir le mercantilisme, la collusion dintérêts entre auteurs et journalistes ou encore la démocratisation du métier décrivain. Sil se résigne à cette dernière, Sainte-Beuve désapprouve le style qui en découle. Lui défend la "bonne" littérature, celle qui serait le fruit d'un travail acharné et désintéressé. Organiser la vie des lettres, c'est tuer le talent ou, pis, l'inspiration. L'industrie culturelle qui gangrène la littérature est ici pressentie. Cette même industrie qui sera dénoncée par Benjamin et Adorno près d'un siècle après ce manifeste.

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