Minuit

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    Laurent Mauvignier

    Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu'à aujourd'hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.
    Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu'elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

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  • Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu'occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu'une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années.
    On s'active, on se prépare pour l'anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau.

  • Ils ont été appelés en Algérie au moment des événements , en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies.
    Mais parfois il suffit de presque rien, d"une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

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  • Rencontrer une fille tatouée au Japon, sauver la vie d'un homme sur un paquebot en mer du Nord, nager avec les dauphins aux Bahamas, faire l'amour à Moscou, travailler à Dubaï, chasser les lions en Tanzanie, s'offrir une escapade amoureuse à Rome, croiser des pirates dans le Golfe d'Aden, tenter sa chance au casino en Slovénie, se perdre dans la jungle de Thaïlande, faire du stop jusqu'en Floride.

    Le seul lien entre les personnages est l'événement vers lequel tous les regards convergent en mars 2011 : le tsunami au Japon, feuilleton médiatique donnant à tous le sentiment et l'illusion de partager le même monde.

    Mais si tout se fond dans la vitesse de cette globalisation où nous sommes enchaînés les uns aux autres, si chacun peut partir très loin, il reste d'abord rivé à lui-même et à ses propres histoires, dans l'anonymat.

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  • Il avait dit : ici, je n'en peux plus.
    Avec toi je ne peux plus. alors après son accident, les semaines dans la chambre blanche, son retour à la maison pour la convalescence, ça a été comme une nouvelle chance pour elle, pour eux. elle a repris confiance et elle s'est dit, je serai celle qui donnera tout, des fleurs, mon temps, tout. pour que tout puisse recommencer. il y a, comme ça, des pages à couper le souffle. et des phrases d'autant plus envoûtantes qu'elles ont beau être longues, elles portent en elles le rythme de la coupure, brèches de la virgule mais aussi reprises de souffle par celui qui s'emporte.
    Coupures et emportements d'un monologue schizophrène - et c'est là une réussite : restituer toute la schizophrénie qu'implique la douleur, qu'implique toute rupture, quand on veut encore ce que l'autre ne peut plus en vrais symptômes d'un deuil rétrospectif. amour et haine, espoirs et doutes, culpabilité. nelly kaprièlian, les inrockuptibles. laurent mauvignier fait admirablement parler les silences, sentir les hésitations, les doutes, la peur de la solitude, l'obsession du malheur.
    On la voit, cette femme dans son manteau râpé d'un marron défraîchi, le cheveu mou, le visage ravagé d'angoisse, cherchant à deviner sur les traits apaisés d'un époux qui va de mieux en mieux le reflet d'un bonheur dont elle sera bientôt exclue. michèle gazier, télérama. rarement un écrivain aura donné une voix aussi forte à ce déchirement et à cette douleur qu'aucune raison n'allège ni console. une voix directe et nue, elle-même déchirée, qui ne cherche pas à prendre le relais de la réflexion, qui n'explique rien, qui se contente de pâtir.
    Patrick kéchichian, le monde.

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  • Jeff et Tonino venus de France, Geoff et ses frères de Grande-Bretagne, Tana et Francesco qui viennent de se marier en Italie, mais aussi Gabriel et Virginie de Bruxelles, tous seront au rendez-vous du « match du siècle » : la finale de la coupe d'Europe des champions qui va se jouer au stade du Heysel, ce 29 mai 1985.

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  • Lorsque luc est parti, ses parents, jean et marthe, ont pensé que c'était mieux pour eux trois.
    Gilbert et geneviève, son oncle et sa tante, eux aussi ils y ont cru. mais pas céline, sa cousine. elle, c'est la seule qui n'a pas été surprise, la seule à avoir craint que ce qui en luc les menaçait finisse par s'abattre sur eux.

  • Quand il est entré dans le supermarché, il s'est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas.
    Ce dont je suis certain, en revanche, c'est qu'entre le moment de son arrivée et celui où les vigiles l'ont arrêté, personne n'aurait imaginé qu'il n'en sortirait pas.

    Cette fiction est librement inspirée d'un fait divers, survenu à Lyon, en décembre 2009.

  • Une légère blessure

    Laurent Mauvignier

    • Minuit
    • 13 Octobre 2016

    Une femme reçoit ses parents à dîner, elle veut que tout soit parfait et se fait aider par une jeune fille, qui ne comprend pas le français. La femme peut lui avouer ses secrets, ses peurs, elle sait qu'on ne la contredira pas.
    Elle évoque des souvenirs, ses amies, ses amants, des blessures insignifiantes et terribles qu'elle croyait avoir oubliées. Car elle parle avant tout dans l'espoir de saisir ce qui lui échappe : sa propre vie.

    Ce texte sera joué au théâtre du Rond-Point du 3 au 27 novembre 2016 par Johanna Nizard dans une mise en scène d'Othello Vilgard.

  • Tout mon amour

    Laurent Mauvignier

    • Minuit
    • 20 Septembre 2012

    À la mort de son père, un homme revient dans la maison où il a passé son enfance, près du bois où sa fille a disparu dix ans plus tôt. L'enterrement, les affaires familiales à régler : sa femme et lui veulent faire vite et ne pas s'attarder.
    Sauf que leurs souvenirs les attendent, que les morts ne le sont pas pour tout le monde et que, parfois, les disparus resurgissent.

  • Après la guerre, lorsqu'il redécouvre la ville où il a passé son enfance, le jeune homme ne reconnaît personne, et personne ne le reconnaît. Mais il avance, il marche, et certains se demandent ce qu'il peut bien chercher. Est-ce qu'il vient pour venger ses parents, retrouver une maison, son passé, son enfance ?

    Et puis il y a cette voix qui nous dit : il avait promis qu'il reviendrait la chercher. Quelque part, là, Katja a survécu, elle aussi espère, elle aussi marche dans les décombres.





    Retour à Berratham a été écrit pour Angelin Preljocaj. La pièce est créée par le Ballet Preljocaj au Festival d'Avignon, dans le Cour d'Honneur, le 17 juillet 2015. Elle est reprise au Théâtre National de Chaillot du 29 septembre au 23 octobre de la même année.



    Chorégraphie / Mise en scène : Angelin Preljocaj Scénographie : Adel Abdessemed Création lumières: Cécile Giovansili-Vissière Assistant, adjoint à la direction artistique : Youri Aharon Van den Bosch Choréologue : Dany Lévêque Danseurs : Virginie Caussin, Margaux Coucharrière, Caroline Jaubert, Emilie Lalande,  Barbara Sarreau,  Cecilia Torres Morillo, Aurélien Charrier, Fabrizio Clemente,  Baptiste Coissieu, Liam Warren,  Nicolas Zemmour Comédiens : Emma Gustafsson, Laurent Cazanave, Niels Schneider

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  • Elle croit qu'il est parti par goût de la liberté. Il pense qu'il revient parce qu'elle est malade.
    Les voilà de nouveau ensemble, avec, devant eux, le temps de s'avouer ce qui les réunit et d'affronter ce qui les sépare.

  • Seuls

    Laurent Mauvignier

    Pauline est revenue.
    En attendant de trouver un appartement, elle s'est installée chez tony, comme lorsqu'ils étaient étudiants. tony raconte à son père que rien n'a changé : il fait toujours semblant de n'être pas amoureux d'elle, et elle ne s'aperçoit de rien. mais quand tony part sans prévenir personne, c'est à pauline que son père va demander de l'aide. et cette fois, il faudra bien que tout soit dit.

  • Parce que Claire, sa voisine, lui a raconté ce que c'est de revivre sa propre mort chaque nuit, d'entendre un souffle d'homme derrière soi et de sentir sur son corps son odeur à lui, des semaines après.
    Et parce que s'approprier l'histoire des autres c'est au moins commencer à vivre un peu, alors Catherine attend, le jour, la nuit, cet homme-là. L'homme qui marche dans la ville et rôde vers la piscine, dans les rues, parfois jusqu'à chez elle.

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