Rui Zink

  • Le Terroriste joyeux.
    Un dialogue. Deux personnages : un présumé terroriste face au policier qui l'interroge. Le premier est cueilli à la frontière, à sa descente de l'avion, transportant des explosifs. Sa défense : il n'a fait que les transporter pour son cousin, en échange d'un peu d'argent. Les autorités n'avaient qu'à lui demander de remplir préalablement un formulaire ! Le ton est donné. Au fil de l'interrogatoire, le doute s'installe, un glissement insidieux se produit, les rôles se défont : il n'y a plus un terroriste et un policier, mais simplement deux hommes. Et dans un système qui prône la suspicion, la méfiance et la haine de l'autre, le sort de ces hommes n'est peutêtre pas si différent...

    /> Le Virus de l'écriture.
    Un virus hautement contagieux se répand partout, et à grande vitesse : le nombre d'écrivains et de poètes augmente à vue d'oeil. Et ils écrivent bien par-dessus le marché ! L'épidémie est d'abord saluée avec enthousiasme, considérée comme une nouvelle Renaissance par les journalistes, commentateurs et autres critiques. Bien vite, pourtant, les choses tournent vinaigre : les marchés et les magasins sont vides, la pénurie alimentaire menace, plus personne n'assume ses fonctions. Tout le monde écrit. Mais si tous écrivent, qui reste-t-il pour lire ? Ainsi s'interroge le narrateur, mystérieusement immunisé. Existe-t-il un espoir de trouver d'autres lecteurs pour former une cellule de résistants ? Pour empêcher la lecture et les langues de mourir ? Telle est la puissance, follement perverse, du virus.

  • L'installation de la peur

    Rui Zink

    • Agullo
    • 8 Septembre 2016

    La sonnette retentit dans l'appartement d'une femme vivant seule avec un enfant. Ignorant qui se trouve derrière la porte, la femme, méfiante, décide de cacher son enfant dans la salle de bains avant d'aller ouvrir. Sur le perron se trouvent deux agents du gouvernement qui l'informent de leur mission : la mise en application de la directive n° 359/13 exigeant l'installation de la peur dans chaque foyer. Faisant irruption violemment dans le salon, les deux visiteurs se lancent dans une inquiétante performance : tour à tour, ils haranguent la pauvre femme, dressant un tableau horrifique des maux de notre temps. Dans leur discours halluciné, tout y passe : crise, épidémies, catastrophes naturelles, misère sociale, guerre et torture, terrorisme... Ils agrémentent leur diatribe d'histoires effrayantes jouant sur les peurs primales de l'homme (peur de l'autre, de la maladie, de la folie...), qu'ils mettent en scène pour un effet d'épouvante maximum. Petit à petit, ils installent ainsi une violence sourde dans la pièce, entraînant la femme - et le lecteur - dans leur délire paranoïaque.
    Mission accomplie ? Pas sûr. La peur a une vie propre, et ses ravages peuvent parfois se montrer inattendus...

  • Quand le voyage se transforme en tourisme et la curiosité de l'autre en voyeurisme de la violence, les pays du Sud deviennent des destinations où l'on peut assouvir des désirs inavoués ou réaliser des souhaits qu'on n'est pas capables de mettre soi-même en oeuvre.
    Il y a des endroits où on fait du tourisme de guerre, où on peut assister de près à des bombardements, des explosions et des attentats. Il y a la Zone qui vit en guerre civile depuis des années, c'est là que Greg va faire du tourisme. Mais après la disparition d'une délégation philippine au grand complet, son guide commence à se poser des questions sur ses véritables intentions. Pourquoi Greg tient-il tellement à visiter ce "paradis infernal", à être au milieu de cette horreur quotidienne ?

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