Bord De L'eau

  • Oser l'universalisme : contre le communautarisme Nouv.

    L'ouvrage est fondé sur les articles écrits et augmentés contre les politiques de l'identité, le féminisme radical, le décolonialisme, la «cancel culture», etc.
    Ces textes d'intervention sont parus soit dans des revues d'opinion (Le Débat, Cités, La Revue des deux mondes, Le Droit de vivre...), soit dans des revues universitaires, soit dans des journaux (Le Monde...), et vont de l'analyse sociologique au billet d'humeur.
    L'ouvrage se présentera en trois parties : «Identitarisme », «Néo-féminisme», «Nouvelles censures».

  • Terre d'accueil historique, la France a scolarisé de nombreux enfants étrangers tout au long du XXe siècle en privilégiant une approche centralisée et universaliste. Depuis les années 1970, la prise en charge des enfants migrants a évolué dans une perspective inclusive. L'arrivée de familles migrantes et en demande d'asile, et l'accroissement du nombre de mineurs non accompagnés induisent un défi de taille pour le milieu scolair e Les 9 chapitres abordés par des chercheurs de différentes disciplines (sociologie, histoire sociale, droit, didactique des langues, sciences de l'éducation) proposent une vision pluridisciplinaire des politiques éducatives qui conditionnent les vécus de l'enfance et de la jeunesse migrantes. Ce recueil éclaire les problématiques socio-éducatives et didactiques au prisme de la question migratoire et au regard des biographies langagières et scolaires.
    Les approches historique et quantitative permettent d'appréhender l'évolution des migrations enfantines et juvéniles, tandis que le droit à l'éducation de ces jeunes dans le contexte français est mis en regard des référentiels institutionnels européens.
    L'analyse ethnographique des expériences sociales et des relations pédagogiques des enfants et jeunes migrants offre des clés de compréhension relatives tant à leurs trajectoires et projets migratoires qu'à leurs parcours en France. Mais elle interroge aussi l'école et la place des élèves migrants en son sein. Plus concrètement, au sein des classes, les choix d'enseignement linguistique pour un public identifié comme « allophone » sont questionnés à l'aune des évolutions institutionnelles et didactiques.

  • La langue n'est pas sexiste, si l'on veut bien considérer que c'est le sujet parlant, le locuteur, le scripteur, qui est à la fois maître et esclave de l'usage qu'il ordonne. Il peut alors ajouter à ses façons de parler des relents de sexisme, mais il peut également y échapper par des usages intelligents.
    C'est donc du discours qu'il est question - et non de la langue - faisant que seul le sujet parlant est responsable de ce qu'il dit.
    L'expression « Droits de l'Homme » concernet- elle l'homme générique en embrassant les droits des femmes ? Tout ce qui concerne la féminisation de la langue, de la critique sexiste à la transformation des noms de métier, du genre grammatical à la féminisation des formes, est passé en revue sans oublier l'écriture inclusive qui propose des transformations d'usage de la langue, dont l'auteur examine les bonnes et les mauvaises solutions.

  • S'appuyant sur une doctrine du sujet libre à deux niveaux, il reconnaît la légitimité d'un bonheur-confort mais en souligne, lui aussi, les insuffisances et les fragilités.
    Il propose alors sa propre doctrine d'un bonheur totalement différent. Elle repose sur un premier acte de conversion réflexive et, confiant dans les capacités de l'être humain, il décrit un tout-autre bonheur.
    Constitué par l'autonomie, la réciprocité et la jouissance charnelle et spirituelle. Cette doctrine à la fois rationnelle et existentielle débouche sur une visée politique, celle d'une démocratie heureuse.

  • Ce livre est une histoire de famille dans le terrible vingtième siècle. Cette histoire pose finalement la question de l'identité et de sa construction, comme celle du courage de simples Français. Dans ce qui nous constitue et nous anime, quelle est la part de la transmission familiale ? Comment s'arrache-t-on à la génération précédente tout en lui restant fidèle ?

  • Crise des gilets jaunes et pandémie du coronavirus, deux raisons pour Christian Pierret et Philippe Latorre de favoriser une révolution de l'entreprise pour transformer la société française.
    Face à l'une des plus graves crises économiques que nous connaissons depuis le début du XXe siècle, l'entreprise est pour eux un des lieux centraux de l'exercice de la démocratie.
    En France, l'histoire a placé l'État au centre. Cette préférence est désormais un obstacle au changement.
    L'entreprise prend une responsabilité nouvelle et se transforme en objet politique : de Google, Amazon ou Facebook à la PME, l'entreprise, hyperpuissante ou simplement locale, conquiert une place nouvelle au coeur des débats de société : les inégalités, le climat, l'innovation, la santé...
    Leur connaissance intime du fonctionnement de l'État et de la gouvernance des entreprises conduit Christian Pierret et Philippe Latorre à proposer un double compromis historique.

  • À l'automne de sa vie, l'auteur tente de comprendre par quels mécanismes intellectuels un engagement de jeunesse généreux l'a amené, pendant plus d'un quart de siècle, à ne pas voir la réalité. Ou à refuser de la voir. Du moins celle qui risquait de mettre à mal ses espoirs, ses illusions. C'est aussi à travers l'évocation de souvenirs parfois trompeurs et d'oublis souvent révélateurs qu'il décrit ensuite le long travail de deuil qui suivit sa rupture avec le Parti communiste français, l'effort pour acquérir une pensée indépendante.
    Ni règlement de compte, ni autojustification, ce récit qui va de la Drôle de guerre en 1940 jusqu'aux bouleversements de ce début de siècle est un tableau de quatre-vingts ans de vie politique en France. Il évoque par ailleurs l'Autriche des années 1950 ainsi que les deux Allemagnes. Ce témoignage historique fourmille d'anecdotes et de portraits par celui qui, germaniste, enseignant, chercheur et traducteur, fut aussi athlète international avant de devenir familier de la nomenklatura est-allemande comme des cercles dirigeants du PCF. L'affaire du Livre noir du communisme, l'affaire Nolte apparaissent sous un jour nouveau.

  • L'ignorance et les malentendus au sujet du peuple rrom continuent de freiner l'intégration de ces 12 000 000 d'Européens et 500 000 Français. Il ne s'agit pas toujours d'une mauvaise volonté de la part des autres populations, ni bien sûr des Rroms, mais d'une cruelle absence d'information sur le sujet.
    On constate la présence de Rroms à l'intersection de nombreux événements de l'Histoire de l'Europe et du monde. Ce livre contribue à faire sauter les barrières reposant sur des singularités plus imaginaires que réelles de ce peuple - qu'elles soient accusatrices ou romantiques.
    Le survol historique tente de relier la question des Rroms avec l'actualité des autres peuples en fonction des grandes interrogations des diverses époques : respect par-delà les confessions, questions sur l'identité, fin du féodalisme, le bon et le mauvais pauvre, régimes totalitaires, aveuglement des masses, clichés invétérés, racisme...

  • Une femme est atteinte de la maladie d'Alzheimer.
    Elle va peut-être mourir bientôt. Son fils essaie de se souvenir. Il voudrait saisir, dans sa vérité, qui elle a été et le partager avec les siens.
    Ce que ce livre raconte de la maladie, de l'amour filial, de la vie d'une femme née dans les Vosges dans les années 40 et, au-delà, du destin d'une famille sur plusieurs générations, revêt sans doute un caractère universel.
    Alors que la mémoire s'efface est le récit né d'un traumatisme, l'aggravation soudaine de la maladie dont souffre la mère. Cette histoire a été écrite en quelques mois, dans l'urgence, celle de la préparation au deuil.

  • Il y a exactement un siècle, alors que la Première Guerre mondiale faisait rage, Londres et Paris procédaient au partage du Proche-Orient arabe, anticipant la défaite de l'Empire ottoman qui s'était allié aux Allemands. C'est dans ce contexte qu'a été rédigée le 2 novembre 1917 la Déclaration Balfour proclamant la Palestine « foyer national » juif, tout en se gardant bien de préciser ce qu'impliquait cette formule.
    Mais alors que cette prise de position qui anticipait la naissance de l'État d'Israël a été rejetée d'emblée par les Arabes, elle a bénéficié en revanche de l'appui du Charif Hussein de La Mecque, l'homme qui avait déclenché la « Révolte Arabe » en juin 1916. Ce faisant, cet émir se situait dans une tradition millénaire, quoique méconnue, incarnée par le Calife Omar, Saladin et Soliman le Magnifique: celle du soutien accordé par l'islam à la présence de l'ahl al-kitâb (le Peuple du Livre) en Terre Promise.
    Se refusant aux clichés réducteurs habituels, l'auteur s'est donné pour tâche de retracer dans cet essai la genèse, la portée et les conséquences d'une décision qui a contribué à modeler le Moyen-Orient actuel.

  • Depuis la fi n des années 2000, Alain Soral est devenu, avec son ami Dieudonné, une fi gure majeure de l'extrême droite française et européenne. Son association « Égalité & Réconciliation » (E&R) organise et structure cette mouvance, avec pour slogan « Gauche du travail, droite de valeurs ». Soral rassemble des internautes venus de toutes les familles de l'antijudaïsme politique ; ses vidéos et discours mensuels sont vus et entendus parfois par des centaines de milliers de personnes, notamment lorsque Soral commente l'actualité des attentats islamistes en France sous le prisme complotiste d'une stratégie globale d'opérations de criminalisation des musulmans pilotée par le sionisme international.
    Il faut prendre Soral au sérieux. Il est un personnage public et politique après avoir été une fi gure médiatique du show-biz. C'est au milieu des années 2000 que l'image de Soral a évolué d'une posture de dandy provocateur à une rhétorique politique passionnément et obsessionnellement antisémite ; à partir de 2010, ses positions se durcissent et se radicalisent. Son livre publié en 2011 est un best-seller traduit en plusieurs langues.

  • Dans les années 1970, Guy Floch fut l'une des stars de la magistrature, un juge d'instruction hors pair.
    Gros bosseur, infatigable, doué d'une patience sans limite, comme le décrivait la presse, il instruisit les plus gros dossiers de l'époque. L'affaire Carlos, Louis Hazan, Mesrine et surtout l'affaire Jean de Broglie, cousin de Valéry Giscard d'Estaing, assassiné le 24 décembre 1976, « polar » interminable qui secoua la société française toute entière et contribua à provoquer la chute du gouvernement Giscard.

  • Le lycée Jean-Quarré, dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, est squatté depuis l'été par sept cents réfugiés tout juste arrivés en France. Mathilde Weibel entre un matin un peu par hasard, et y rencontre Saïd, Naïm et Ahmad, traducteurs pour l'armée américaine en Afghanistan, qui ont fui les menaces des taliban ;
    Isaak, emprisonné et torturé à Khartoum pour avoir participé à une manifestation ; Jamal, dont la famille a été décimée au Darfour ; Mimi, Palestinien qui a passé huit ans en Grèce avant d'échouer là, on ne sait pas trop pourquoi. Et les autres, les dizaines d'autres qui se mettent à partager avec elle leur passé et leurs souvenirs.
    Très vite, pour faire face aux bouleversements qui m'habitent, elle se met à écrire.
    Quand elle comprend qu'elle s'est laissée envahir par la situation, il est déjà bien trop tard pour se détacher d'eux. Le lycée Jean-Quarré est évacué en octobre.
    S'ensuivent les occupations de la place de la République, des trottoirs de Stalingrad et de l'avenue de Flandre. Elle continue de donner des cours de français, d'accompagner à l'hôpital et à la Préfecture, de partager des repas et des fous-rires. Entre La Chapelle et Jaurès, elle se fond dans leur monde et elle partage leur vie, apprenant leur langage et apprivoisant leurs histoires. Et elle devient peu à peu l'une des leurs.

  • On invoque volontiers les disciples juifs d'Heidegger pour banaliser son antisémitisme. Cependant, la publication des premiers Cahiers noirs et leur réception internationale précisent un double projet : légitimer « philosophiquement » l'extermination historique des Juifs et détruire le judaïsme de l'intérieur.
    Outre un antisémitisme et un antisionisme diversement assumés, l'extrême droite, le radicalisme révolutionnaire et l'islamisme se concilient à présent pour mettre en oeuvre ce programme. Ils trouvent chez Heidegger et ses disciples un messianisme apocalyptique qui s'exprime à travers le thème du retrait de Dieu et une prophétie nostradamique :
    Le philosophe pose en prophète de la fin du monde.
    L'irrationalisme est leur principale matrice et dessine un nazisme dépouillé des pesanteurs de l'hitlérisme mais farouchement opposé à l'Occident, à la technique et à la mondialisation.
    Enfin, comme Heidegger s'affirme en théoricien de l'identité ethnique et spirituelle, tous les courants identitaires, jusqu'aux populistes, peuvent s'appuyer sur lui.

  • L'Internet est-il le lieu de toutes les étrangetés, de toutes les irrégularités ? On peut être tenté de le penser comme une rupture avec notre monde. Cet ouvrage explore ce modèle pour mieux défendre l'idée de la continuité. On insiste souvent sur les ruptures qu'il occasionne ; il couperait de toute vie sociale, provoquerait des dysfonctionnements de la personnalité. Ici la perspective s'inverse : L'auteur propose de penser l'internet dans le prolongement de notre monde. Le passage se fait de l'un à l'autre sans rupture, dans une fl uidité des mouvements. Évitons la dénonciation de supposées étrangetés d'internet. Il vaut mieux l'accepter, pour penser aussi bien cet enrichissement qu'il constitue, que les effets (parfois douloureux) d'amplifi cation qu'il produit.
    Isabelle Pariente propose un nouveau modèle : le regard que nous portons sur l'écran de notre ordinateur traverse une fenêtre et peut se penser comme une extension des possibles. N'oublions pas que nous suivons notre chemin sur l'écran éclairé de notre téléphone et que nous nous orientons ainsi dans un monde qui serait, sinon, silencieux et opaque.

  • « Alors comme ça vous pensez que vous êtes une femme ? » La question du Docteur Beaugrand avait déstabilisé Laurent V. Une boule dans la gorge l'empêchait de prononcer le moindre début de réponse.
    Vêtu d'un pantalon de velours et d'un pull marine, Laurent avait une conscience aigue de ne pas ressembler à celle qu'il était, depuis toujours, convaincu d'être.
    Pourtant, il n'oublierait jamais ce jour, le premier d'un parcours qui ferait de lui, espérait-il, un être singulier, la seule journaliste parisienne qui a été soldat dans l'armée suisse. Un parcours mené tambour battant, qui le mènerait aussi dans de lointaines contrées.
    Laure Viel est aujourd'hui journaliste à Paris. Son récit parle de la transsexualité sans tabou ni pathos.
    /> Pas de paillettes non plus dans ce parcours, mais une quête de soi, où l'introspection n'interdit pas l'autodérision.

  • Floriane Schneider analyse de façon inédite la construction de la mémoire de la Shoah en France durant le quart de siècle le plus fondateur pour sa reconnaissance officielle, élargissant son étude des procès Barbie, Touvier et Papon, aux positions de l'État français assumées par ses différents gouvernements.
    Son travail, sans indulgence, à l'égard de la pluralité des acteurs concernés, est fondé sur l'étude exhaustive de medias reconnus et de toutes tendances (presse écrite juive et nationale, télévision), des commémorations et des manuels scolaires.
    Elle dessine en miroir les intérêts et les conflits des différents groupes qui participent au processus mémoriel.
    Dans son contenu, son fonctionnement et son évolution, la mémoire de la Shoah a partie liée avec l'identité nationale.
    Quelles en furent les implications sur les plans culturel, moral et politique ? Comment a-t-elle acquis la centralité qui est aujourd'hui la sienne en France ?

  • Les histoires dramatiquement extraordinaires de gens ordinaires, c'est ce dont le présent travail tente de rendre compte, mobilisant des scènes géographiques et temporelles éloignées. Ces histoires sont celles de voisins juifs et tutsis exécutés par d'autres voisins, polonais et hutus. Les meurtres de voisins en Pologne et au Rwanda ont été de « vraies » réalités trouvant en partie leurs origines dans des mythes dont la vigueur et la vitalité contribueront à former des imaginaires historiques et de haine particulièrement néfastes. L'analyse sérieuse de ces imaginaires meurtriers reste fondamentale pour qui souhaite saisir les ressorts de la violence de proximité en Pologne et au Rwanda.
    Ce livre examine le rôle des imaginaires historiques haineux dans les meurtres de voisins, juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale en Pologne et lors du génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda. S'inscrivant dans une perspective comparative, il analyse des massacres de proximité pour en comparer les argumentaires et les justifications psychologiques et théoriques.
    Il se propose ainsi, en approchant les imaginaires meurtriers, de comparer les justifications de violences extrêmes, en particulier lorsque celles-ci sont exercées par des groupes d'individus sur des collectivités de proches. On retrouve des expressions comparables, des animalisations du même type et des atteintes semblables aux corps des victimes.

  • Sur l'insécurité, on a vu fleurir ces dernières années les essais ; ce livre essaie au contraire de présenter méthodiquement - mais en termes simples - toutes les données disponibles et de reconstruire les évolutions qui ont conduit de l'installation durable d'un sentiment d'insécurité à l'émergence d'un Etat sécuritaire.

  • Les querelles et les rêves de l'État juif s'expriment dans deux types de conflits. D'abord des conflits internes à cette société éclatée entre Juifs et Arabes, religieux et non religieux, ashkénazes et séfarades, riches et pauvres... Fidèles à leur tradition de contestation permanente, les Israéliens ne cessent d'interpeller leurs dirigeants sur les problèmes du pays : la paupérisation, les privilèges dont bénéficient des communautés en raison de leur poids électoral. Le système politique fondé sur la représentation proportionnelle intégrale favorise la segmentation de la population et tous les excès :
    L'orthodoxie, le messianisme, les replis identitaires... Les fractures ont une dimension sociale, ethnique et territoriale. Il n'y a plus un Israël, mais trois : celui des gagnants de la mondialisation (à Tel-Aviv et sur la bande côtière), celui des perdants dans la « périphérie » (le Nord et le Sud du pays), et celui constitué dans les territoires occupés depuis 1967 : le nouveau royaume de Judée-Samarie où, dans plus d'une centaine de colonies, 400 000 Israéliens n'entendent nullement céder un pouce de terrain.
    Ce jusqu'au-boutisme participe du second type de confrontations : le conflit avec les Palestiniens. Ces derniers ont leur part de responsabilité dans les échecs constatés. Ils payent le prix de toutes les erreurs du monde arabe et d'abord celui du refus du partage du pays. Aujourd'hui, la montée de l'islamisme, les ambiguïtés de l'Autorité palestinienne et la permanence du terrorisme découragent les meilleures volontés. Mais le gouvernement israélien ne montre pas l'exemple : en esquivant le débat sur la solution à deux États ou sur les risques d'un État binational, il multiplie les atermoiements en comptant sur la bienveillance d'une administration américaine pourtant bien imprévisible.
    Tout laisse penser que cette situation va perdurer, l'État juif pouvant se satisfaire de ses succès en matière économique, technologique et culturelle, en oubliant que sa pérennité n'est pas assurée dans un environnement hostile. D'autant que dans chaque camp, les extrémistes arrivent à imposer leurs vues et à dicter l'agenda politique.

  • Un récit utile et poignant qui ose mettre le doigt sur les failles de notre système de santé tout en rappelant l'importance de la transmission entre générations.

  • Pour beaucoup, la cause est entendue. La Russie d'aujourd'hui est d'abord celle de Vladimir Poutine. Comme si un dirigeant, aussi puissant et inquiétant soit-il, pouvait résumer tout un peuple, tout un pays, dont on ignore le plus souvent la diversité.
    Géographe spécialiste du Caucase, de la Russie et des États postsoviétiques, Jean Radvanyi vient de passer quatre années à Moscou (2008-2012). Loin du monolithisme que l'on prête souvent à ce pays, il y a découvert une presse, une vie culturelle et politique, une société qui se sont avérées en pleine ébullition, jusqu'aux grandes manifestations de l'hiver 2011-2012. De ses nombreux voyages, de Kaliningrad à Vladivostok, et de multiples rencontres, est né ce carnet d'impressions, textes saisis sur le vif, à peine remaniées depuis, afin de laisser intacte cette subjectivité curieuse qui l'a guidé dans cette plongée au sein de la réalité russe.
    Ce livre ne se fixe aucune mission définitive, sinon celle de tenter de modifier une image négative profondément enracinée actuellement dans les médias et l'opinion française ? Au-delà des relations officielles - elles-mêmes changeantes - au cours des trois derniers siècles, l'image de la Russie aura balancé constamment entre une critique parfois violente, dans le sillage de Custine, pendant la guerre de Crimée, jusqu'aujourd'hui sous Vladimir Poutine, et au contraire des périodes d'engouement partagées par tout ou partie de la population, au début du XXe siècle avec la mode des célèbres emprunts, puis des ballets russes, après la victoire commune en 1945.
    Espérons donc, simplement, que ces impressions russes donneront au lecteur l'envie de découvrir les facettes multiples d'un pays soumis en si peu de temps à un immense chamboulement, passionnant dans sa diversité et ses paradoxes.

  • Territoire originel de conquête de ce qui allait progressivement former la « banlieue rouge », Ivry-sur-Seine a longtemps été considérée comme l'archétype du bastion ouvriero-communiste en banlieue parisienne. Les cités Maurice Thorez et Youri Gagarine s'affirmaient alors comme les meilleures vitrines de cette suprématie politique. La fin de l'écosystème industriel a fait entrer ce type de territoire dans une nouvelle ère à compter de la fin des années 1970, rendant ainsi incertaine la perpétuation d'une affiliation sociopolitique favorable aux représentants communistes à mesure que se renouvellent les différentes générations d'électeurs. De nos jours, si le fait communiste s'est largement émoussé dans un quartier populaire comme le quartier Youri Gagarine il est en revanche parvenu à trouver un second souffle dans le quartier du centre-ville dans lequel est comprise la cité Maurice Thorez, là où les familles les plus proches du pouvoir politique local appuient au quotidien une certaine autorité communiste. En même temps qu'elle s'est rétrécie l'assise électorale du PCF s'est donc déplacée tant spatialement que sociologiquement.Essentiellement menée entre 2006 et 2008, cette enquête ethnographique propose un renouvellement des monographies classiques sur le communisme municipal. En mobilisant des matériaux quantitatifs relatifs aux différents scrutins et plusieurs histoires de vie significatives des différents âges de la « banlieue rouge », ce récit s'attache à retracer avec finesse et expression les trajectoires sociodémographiques contrastées de ces deux anciens quartiers ouvriers. En somme, cette étude donne à voir les logiques contemporaines d'éclatement de la légitimité communiste au travers duquel les appartenances familiales peuvent aussi bien prendre la voix de la loyauté que celle de la contestation.

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