Prairial

  • Drôle de destin que celui des Chants de Maldoror !

    Jamais mis en vente du vivant de son auteur, ce livre monstre est aujourd'hui partout, mais envahi de notes et de gloses, dans des éditions scolaires à l'orthographe modernisée. 150 ans après la mort d'Isidore Ducasse, le revoici tel qu'en lui-même, avec un texte respectant scrupuleusement l'édition de 1869, jusque dans ses bizarreries et ses hispanismes.

    Les 77 dessins de Magritte, réalisés en 1945 alors que le peintre réinventait complètement son style, y apportent un splendide contrepoint visuel, rappelant l'admiration vouée par les surréalistes au « comte impensable de Lautréamont ».

  • Réalisé à partir de vieilles gravures découpées dans des catalogues, des feuilletons populaires ou des revues savantes, le Rêve d'une petite fille qui voulut entrer au Carmel (1930) est le deuxième des trois "romans-collage" de Max Ernst, après La Femme 100 têtes. C'est aussi le plus proche d'un vrai roman par sa trame narrative : il relate les cauchemars et fantasmes de Marceline-Marie, qui fait le voeu de prendre le voile après avoir été victime d'un viol le jour de sa première communion. Charge féroce contre une religion accusée d'asservir les âmes et les corps, ce livre à l'humour très noir est un des chefs-d'oeuvre perdus du surréalisme.

  • Clef des songes

    Michel Delaporte

    Dans ce livre à placer sur sa table de chevet, on trouvera 108 splendides images de rêves, accompagnées de leurs très peu freudiennes interprétations.

    Publiée en 1836, la Clef des songes est le chef-d'oeuvre de Michel Delaporte, artiste alors âgé de 30 ans et atteint d'un glaucome qui devait le rendre aveugle quelques mois plus tard.

    Avec ses ombres chinoises évoluant sur des arrière-plans estompés et fantomatiques, elle constitue l'une des expressions les plus radicales du romantisme en lithographie, surréaliste avant la lettre, au même titre que les dessins de Grandville et Victor Hugo.

  • 1937 est une année de bascule pour Antonin Artaud. En juillet, il publie sans nom d'auteur Les Nouvelles Révélations de l'Être, où il prophétise une destruction "totale", "occulte", "infernale". Il part ensuite pour l'Irlande, où il ère plusieurs semaines durant en envoyant des lettres innombrables - demandes d'argent, avertissements occultes, "sorts" de protection ou de malédiction...

    Le 23 septembre, Artaud est arrêté à Dublin pour vagabondage et trouble de l'ordre public. C'est cet ensemble d'écrits brûlants et hallucinés de 1937, jamais réédité en dehors des oeuvres complètes, que les éditions Prairial rendent à nouveau disponibles.

  • La femme 100 têtes

    Max Ernst

    Publié en 1929, La femme 100 têtes est le premier des trois grands « romans-collages » de Max Ernst, et peut-être le plus beau. Pour élaborer ce « poème visible » qui s'apparente au cinéma et à la lanterne magique, l'artiste allemand a puisé à la fois dans les revues scientifiques et les romans-feuilletons du XIXe siècle.

    Breton, qui l'a préfacé, y voyait le « livre d'images de ce temps où il va de plus en plus apparaître que chaque salon est descendu au fond d'un lac ».

    Desnos, qui lui consacra un article, y trouvait « un goût de meurtre et de sang ».

    C'est en tous les cas un chef-d'oeuvre du surréalisme que les éditions Prairial rendent à nouveau disponible, pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle.

  • Mort il y a dix ans, Guy Peellaert est aujourd'hui surtout connu pour son livre Rock Dreams (Taschen) et ses pochettes de disques pour David Bowie ou les Rolling Stones, mais son oeuvre en bande dessinée, pourtant célébrée dans les années 1960, reste indisponible en librairie en France et en Belgique.
    The Game et autres histoires est un livre regroupant quatre bandes dessinées expérimentales de Guy Peellaert, jusque-là uniquement publiées en feuilleton en 1967-1968 dans la revue Hara-Kiri.
    Les quatre oeuvres qui nous intéressent (The Game, SHE & the green hairs, Carashi et Marsha Bronson) n'ont jamais fait l'objet d'une édition séparée malgré leur grand intérêt graphique et historique.

  • À la fin du XIXe siècle, Jean-Pierre Brisset (1837-1919), paisible chef de gare passionné par la linguistique et la natation, plonge en autodidacte à la recherche de la langue primitive. Il en ramène une révélation : le français dérive des coassements et tourments des grenouilles dans la mare originelle. La Grande Nouvelle, publiée en 1900, se veut un abrégé de ces stupéfiantes découvertes. Si elles n'eurent guère d'écho du vivant de Brisset, elles suscitèrent plus tard la fascination de Raymond Queneau, André Breton ou Michel Foucault, dont on trouvera dans cette édition une préface.

  • Le film 1914

    Lucien Laforge

    • Prairial
    • 13 Novembre 2014

    Veulerie des hommes politiques, cynisme des profiteurs de guerre, chauvinisme braillard. c'est bien le film de la première guerre mondiale que déroule Lucien Laforge, l'un des premiers dessinateurs du Canard Enchaîné, dans cet extraordinaire pamphlet en images publié en 1922. Un film qui s'attarde sur les héros de café du commerce, les prostituées et les marraines de poilus au lieu de célébrer les braves pioupious partis au front.

  • Chef-d'oeuvre du livre d'artiste, Le Bestiaire voit ici sa première réédition dans son grand format d'origine (33 x 25 cm), réservé jusque là aux bibliophiles. Paru en 1911, deux ans avant Alcools, il s'agit du premier recueil de poèmes d'Apollinaire. Dans son projet initial, en 1906, ce livre d'inspiration à la fois moderne et médiévale devait être illustré par Picasso, mais c'est finalement Raoul Dufy qui réalisa les 30 superbes gravures sur bois qui accompagnent les célèbres quatrains.

  • Ronge-maille vainqueur

    Lucien Descaves

    • Prairial
    • 23 Septembre 2015

    Quand l'auteur de Sous-offs s'associe au dessinateur du Film 1914 pour proclamer les rats grands vainqueurs de la guerre, en une suite d'images très noires et de froids aphorismes («Armistice : jour sans viande»). Interdit de publication par la censure en 1917, Ronge-Maille vainqueur est paru pour la première fois en 1920.

  • Ce qui ne fut pas

    Boris Savinkov

    • Prairial
    • 12 Octobre 2017

    Ce qui ne fut pas, c'est la révolution russe de 1905 - répétition générale de celle de 1917 matée par un mélange de violences, de trahisons et de concessions du régime tsariste. Boris Savinkov, fascinant auteur-aventurier qui y prit part en tant que terroriste, la raconte à travers l'histoire de trois frères dans ce second roman qui impressionna Cendrars comme Camus, ici donné dans une traduction entièrement revue et corrigée. Plus ample et plus «tolstoïen» que Le cheval blême (Phébus, 2005), il met en jeu les mêmes déchirements moraux, d'une troublante actualité : au nom de quelle cause est-il légitime de tuer ?

    Traduction : J-W Bienstock & Michel Niqueux.

  • Quelle vie !

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    • Prairial
    • 23 Septembre 2015

    Voici la version française inédite du premier livre de collages connu, publié anonymement à Londres en 1911 et redécouvert par Raymond Queneau vingt ans plus tard, au moment des grandes réalisations de Max Ernst (La Femme 100 têtes et Une semaine de bonté). Réalisé à partir d'images tirées du catalogue des magasins Whiteley, Quelle vie ! se présente comme «l'autobiographie» d'un gentleman anglais, du berceau à la pairie.

  • Des faits N.2

    Des Faits

    Face au silence obstiné de la presse qui ment, Des faits revient avec de nouvelles révélations à couper le souffle. À la une de ce nouveau numéro explosif : les recherches occultes de Sergueï Skripal, la guerre secrète sino-japonaise pour le contrôle des terres rares, la mission diplomatique très spéciale de Jean-Vincent Placé et le rôle trouble qu'y a joué Alexandre Benalla. Plus que jamais installé à la vigie du vaisseau démocratique, "Des faits" porte le flambeau de l'investigation pour éclairer nos temps obscurs.

  • La petite auto

    Guillaume Apollinaire

    • Prairial
    • 10 Novembre 2017

    Le 1er août 1914, la Première Guerre mondiale est dans l'air. Guillaume Apollinaire et son ami André Rouveyre, qui font alors ensemble un reportage à Deauville, précèdent l'ordre de mobilisation générale et rentrent à Paris. Ce voyage en auto donnera lieu à un poème des Calligrammes, La Petite Auto, mais aussi à la seule séquence filmée d'Apollinaire, captée dans une cabine automatique à leur arrivée et ici restituée sous forme de flipbook.

  • Des faits N.1

    Des Faits

    Les journaux raisonnables sont désemparés: face aux invasions barbares de fake news, ils décodent, désintoxent et labellisent la vérité, persuadés d'être les vaillants remparts de la démocratie.

    Pourtant, ce n'est pas seulement de mensonges, mais d'un déficit de l'imaginaire que ce monde - réduit à des "faits" et à des chiffres - est en train de crever.

    Des faits entend donc proposer une "vérité alternative" inspirée des canards fantaisistes du XIXe siècle, avec leur noir et blanc charbonneux et leurs gravures sur bois, comme des journalistes imaginatifs que pouvaient être Gaston Leroux ou Thomas de Quincey. Où l'on trouvera des atlantides en plein désert, un Daesh maoïste aux portes du Pérou, des guérisseuses et des chamanes...

    Illustré par Quentin Schwab et Géraldine Chazel.

  • A comme abattoir, B comme bouche, C comme crachat... Le « dictionnaire » qui voit ici sa première publication est un déchaînement d'agressivité. Constitué d'une quarantaine d'articles écrits par Georges Bataille, Michel Leiris, Robert Desnos ou encore Marcel Griaule, il est tiré de la revue Documents (1929-1930), dont il constituait une rubrique. Mêlant érudition en folie, ethnologie et humour noir, parsemé de photos comme autant de chocs visuels, il constituait dans l'esprit de Georges Bataille et ses amis dissidents du surréalisme une « machine de guerre » contre l'idéalisme.

  • Alik Rivine a vécu et écrit à Leningrad entre deux guerres, celle de 1914 et celle de 1939, et n'a rien publié. Moitié mendiant, moitié vagabond, parlant le russe avec l'accent yiddish, il déclamait des poèmes terrifiants, qui mêlaient des images grotesques et des expressions de tous niveaux de style et de langue - de la poésie classique russe à Pasternak en passant par les chansons populaires, parodiques et portées par une voix d'une énergie désespérée.

    Transmis oralement ou retranscrits dans d'éphémères revues littéraires, ces poèmes voient ici leur première édition - un tel volume n'existe pas même en russe. Cette édition bilingue permet d'entendre enfin cette voix errante, hallucinante de force et de violence.

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