Bruno Tinel

  • La dette publique est désormais placée au centre du discours de nos gouvernants. Sa réduction est leur principal objectif. Initialement présentée comme le préalable incontournable à toute autre mesure de politique économique, elle devient en fait et paradoxalement une fin politique en soi.
    Alors que la dette publique et sa forte augmentation récente sont avant tout l'un des symptômes de la crise, elles sont en effet présentées comme la cause des problèmes économiques actuels permettant ainsi de différer sine die la nécessaire régulation de la sphère financière et bancaire Pour combattre efficacement ces discours mensongers et les politiques délétères qui les accompagnent, il faut restituer la question de l'endettement public dans la trajectoire longue du développement des économies occidentales, bien avant la crise actuelle. En effet, les ratios d'endettement public ont commencé à augmenter depuis le début des années 1980, à la faveur de la déréglementation financière, de la disparition des contrôles sur la circulation des capitaux et de l'abandon des politiques économiques visant au plein emploi et à l'amélioration du sort du plus grand nombre au profit de politiques centrées sur le libre échange et la mise en concurrence tous azimuts.

    Ainsi, la hausse permanente de la dette publique est tout simplement le fruit des politiques menées depuis trente ans. Pour comprendre les mécanismes qui ont conduit à la forme particulière de dette publique que nous connaissons aujourd'hui et à son accroissement dont le financement grève le budget de l'État il faut revenir à la fonction de la dette publique dans les économies contemporaines.

    Le présent ouvrage présente avec rigueur et de manière didactique ces mécanismes, tout en mettant à disposition du lecteur les données statistiques qui permettent de les comprendre. Il montre ainsi pourquoi la dette publique n'est pas l'ennemi de l'investissement privé qu'elle priverait de moyens de son financement mais en quoi elle constitue, au contraire, un instrument de stabilisation et de croissance économique.

  • La crise sanitaire a modifié la perception du rôle de l'État, désormais appelé à intervenir « quoi qu'il en coûte » pour changer l'économie. Arguments de fond et chiffres à l'appui, cet ouvrage dresse un bilan sans concessions des poli- tiques d'austérité menées en Europe au cours de la décen- nie passée. Il déconstruit le discours anxiogène sur la dette publique et ouvre le débat sur la politique qui devra être menée à l'issue de l'élection de 2022.
    Les auteurs soulignent en particulier les limites du plan « France Relance » et esquissent le chiffrage d'une politique permettant de remettre sur pieds nos services publics, d'organiser les relocalisations et d'amorcer une véritable transition écologique.
    Ils pointent les contradictions auxquelles sont confrontés les chefs d'États et de gouvernements européens. Ces derniers sont placés devant la nécessité de lancer un « Green Deal » européen, mais ils restent hésitants - voire réticents - à re- mettre en cause les textes imposant l'austérité et à enga- ger les dépenses communes sans lesquelles la zone euro pourrait être, à terme, menacée d'éclatement et de relégation.

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