Littérature générale

  • « Il m'a appris à éviter les au revoir, à détester les quais de gare.
    Quand il m'y accompagnait, il faisait semblant d'oublier l'horaire. Une demi-heure avant le départ, il disparaissait, je m'inquiétais.
    Ma mère, compatissante, disait : ''Tu sais, ton père, ses promesses...'' La voiture qui se garait devant la maison, sur le trottoir, la faisait taire. Il ouvrait la porte d'entrée, passait une tête et demandait : ''Alors, qu'est-ce que tu bouines ? T'es prête ?'' [...] Paul des Tures est mort aux alentours de 11h15. En février 1993, le premier mercredi du mois. J'avais vingt-trois ans, je fumais des blondes, lui des brunes sans filtre.
    Je suis sa fille aînée.
    J'aurai bientôt son âge.
    Il venait d'avoir cinquante et un ans.
    Chez les des Tures, on ne pose pas de questions. [...].

    Dans ses effets personnels, remis aux ayants droit, il n'y avait qu'un briquet jetable, un trousseau de deux clés de voitures, un autre d'appartement et un petit sachet transparent avec son alliance et sa chevalière, couvertes de sang coagulé. ».

    Il a cru qu'il ferait mieux que les autres.
    Il pensait que tout allait lui réussir...
    Il a fini par appeler son labrador chien de con.

  • Réalisateur, créateur de La Noiraude, écrivain, lauréat du prix Femina en 2008 pour son livre Où on va, papa ? Jean-Louis Fournier est une fine gueule. De ses appétits à ses aversions gustatives, en passant par les souvenirs culinaires et autres croisements de fourchettes, l'auteur est ainsi croqué par Caroline de Bodinat, journaliste portraitiste.
    Dans cette petite autobiographie culinaire, Jean-Louis Fournier raconte ses « madeleines », les moments forts de son existence qui sont associés à un repas, un goût, un plat, un aliment, une boisson... On entremêle le propos gastronomique et l'intime, avec des confidences et des anecdotes. Quelques recettes au fil de l'ouvrage viennent ponctuer ces souvenirs.

    « Moi qui m'ennuie souvent, moi qui me lasse de tout, il y a dans ma journée deux moments dont je me réjouis toujours, le déjeuner et le dîner. Quand j'étais petit, il y en avait trois, avec le goûter.
    Dans les maisons de retraite, le goûter revient. Il y a des plaisirs qui durent... »

  • Mathilde a 32 ans et un caractère de chat de gouttière. Elle vient de rencontrer Eugène, 45 ans, divorcé et père de Vincent et Chloé, deux ados bien décidés à faire comprendre à la jeune femme qu'elle n'a pas sa place parmi eux. Il faut dire qu'ils ont dégommé plus d'une marâtre depuis que leurs parents se sont séparés. Cette fois-ci ils ont fort à faire : s'ils sont coriaces, Mathilde, elle, est tenace. Avec Vincent et Chloé, elle connaîtra les claquements de portes, la jalousie, la rivalité, l'ambivalence des sentiments, la paix armée, les petites victoires remportées à l'arraché... Ce roman porte un regard caustique et d'une grande justesse sur une situation devenue un phénomène de société : plus de un million d'enfants en France vivent dans une famille recomposée. Marâtre est le premier roman de Caroline de Bodinat.

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