Elvan Zabunyan

  • En réponse aux artistes occidentaux qui ont puisé leurs références dans les arts dits "primitifs" ils affirment la volonté de faire un art authentique où s'inscrit la valeur de leur culture visuelle noire longtemps considérée comme secondaire par le monde occidental en regard de leur tradition musicale. Ils manifestent ainsi la nécessité de ne plus être un être "invisible" en constituant par la (re)-présentation une identité culturelle afro-américaine, éléments essentiels pour la mise en place d'une histoire de l'art afro-américain contemporain.


  • Depuis que des artistes femmes se sont donné le droit d'exprimer leurs fantasmes sexuels, elles réservent bien des surprises à ceux qui les exprimaient à leur place autrefois. Un hymne au sexe de la femme qui sanctifie le désir féminin si souvent gommé, anesthésié, oublié. Pour ces artistes, l'obscénité est devenue le territoire à défricher pour s'affranchir du poids du regard patriarcal empreint de relents post-religieux et obscurantistes où la pornographie, comme le voile, ont été la réponse à la même peur celle du sexe de la femme. En s'accordant ainsi le droit de produire leurs propres représentations du monde comme artiste & femme - statut longtemps incompatible - l'enjeu artistique de cet inmontrable du corps et de cette réappropriation de l'histoire du féminin dans l'histoire de l'art est pour l'artiste d'aujourd'hui éminemment politique car le sexuel est aussi dans le champ du contrôle des individus.

  • Tahiti ; Kehinde Wiley

    Elvan Zabunyan

    Les nouvelles oeuvres de Wiley portent sur la communauté Mahu de Tahiti, classification traditionnelle en Polynésie des personnes du troisième genre, entre homme et femme. Les Mahu jouissaient d'un grand respect au sein de leur société avant d'être exclus par les missionnaires catholiques et protestants. Renvoyant et se confrontant aux célèbres tableaux de Paul Gaugin où figurent également des sujets sur la communauté transgenre, les portraits de belles Tahitiennes transgenres de Wiley sont cependant chargés de connotations historiques ayant trait au colonialisme et à l'objectivation sexuelle. Développant les questionnements sur l'identité masculine et la virilité déjà en filigrane dans ses précédents portraits, ces nouvelles oeuvres explorent la question identitaire sous l'angle de la transformation et abordent l'artifice comme l'artificiel en tant que phénomène transculturel.

  • Première publication dédiée à l'oeuvre singulière de l'artiste coréenne-américaine Theresa Hak Kyung Cha (1951-1982), à la croisée de la performance, de l'art conceptuel, de la vidéo et de la poésie, dont l'un des motifs principaux concerne sa représentation de l'Histoire, marquée par l'expérience de l'exil et de la migration, de la dislocation temporelle, culturelle, géographique et sociale.


    Dans le courant de sa brève vie, Theresa Hak Kyung Cha a produit un travail artistique, littéraire et critique qui en fait une figure exemplaire, même si encore trop méconnue, de l'art contemporain américain. Est ici retracé ce parcours singulier qui se forge à la lumière d'une période exceptionnelle à la fois de l'histoire et de l'histoire de l'art. Theresa Hak Kyung Cha est à Berkeley en 1968, à Paris en 1976, à New York en 1980 et s'engage dans une pratique de l'art et de la pensée où sont brassés les concepts les plus novateurs des théories visuelles ou filmiques, de la philosophie, de la linguistique et de la littérature comparée. Theresa Hak Kyung Cha, Berkeley, 1968 est aussi une réflexion inédite sur la représentation de territoires culturels déplacés et leur rapport à la mémoire.

    « L'essai sur l'oeuvre de Theresa Hak Kyung Cha est un grand travail de recherche qui, par le choix de son sujet, son discours transdisciplinaire et transculturel, ouvre sur un champ de potentiels infinis. C'est un travail semé de petits "joyaux". En le lisant, j'ai été particulièrement éblouie par l'interprétation de la scène Berkeley-Paris et par les liens qu'Elvan Zabunyan a tissés, à travers le temps, autour des activités artistiques, notamment la performance, le cinéma, la culture visuelle et la culture des médias. » Trinh T. Minh-ha, cinéaste et professeure aux départements des Gender & Women's Studies et de Rhétorique, Université de Berkeley (Californie).

    « Cette monographie d'Elvan Zabunyan gagne sa place dans la recherche en histoire de l'art internationale en devenant la première lecture substantielle, rigoureuse et analytique du travail artistique de Theresa Hak Kyung Cha. Le soin avec lequel est retracée la formation intellectuelle et esthétique de l'artiste aux États-Unis et à Paris est particulièrement impressionnant, sont révélées l'étendue de ses engagements intellectuels dans les domaines de la théorie et de la pratique du cinéma contemporain ainsi que la rencontre avec les théories françaises en littérature et en cinéma qui permet l'élaboration d'une pratique artistique vraiment d'avant-garde pour une époque où commence l'expérimentation avec la vidéo et l'installation ».

    Griselda Pollock, professeure d'histoire sociale et critique de l'art, Université de Leeds.

  • Recueil de travaux inédits, d'études historiques, et de propositions esthétiques, cette anthologie d'approches théoriques et artistiques féministes en art contemporain affirme la nécessité de penser l'articulation entre art et histoire globale, art et genre, art et corporéités, art et post-colonialité, à partir de références textuelles, visuelles, performatives et conceptuelles.

    Avec les contributions de : Marie-Laure Allain Bonilla, Émilie Blanc, Johanna Renard et Elvan Zabunyan.

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