Florence Bergeaud-Blackler

  • Du simple rituel d'abattage au tourisme halal, en passant par les aliments, les médicaments et la mode, le marché halal s'étend sur tous les continents. La liberté d'interprétation des textes dont bénéficiaient les autorités religieuses traditionnelles a été peu à peu remplacée par un espace normatif où le fidèle n'aurait le choix que de chercher le halal et d'éviter ce qui ne l'est pas. Et la surveillance qui s'exerce sur les produits charia-compatibles par le biais d'intermédiaires mi-marchands mi-religieux s'applique désormais aussi aux conduites de leurs acheteurs.

    Qu'est-ce qui a rendu possible un tel élargissement du « système halal », faisant de tout fidèle musulman un consommateur, et de l'Umma une puissance économique ? Du coeur des abattoirs jusqu'aux comités normatifs où se décident nos politiques économiques, ce livre brillant et passionnant raconte la rencontre improbable entre deux utopies de la fin du XXe siècle, le fondamentalisme islamique et le néolibéralisme. Montrant que la récente invention du marché halal n'aurait pas été possible si les intérêts marchands n'étaient pas passés avant la neutralité de l'État et la liberté religieuse, il décrypte également les enjeux des controverses qui divisent la société française : l'abattage rituel et le bien-être animal, les repas halal dans les institutions publiques ou les entreprises, etc.

  • Le halal n'est plus une simple question de viande. Il est devenu un univers complexe qui réunit aussi bien des produits et des services variés, tels la finance halal, les hôtels « sharia-compatibles », que des comportements et des institutions comme la sexualité ou le mariage.

    Mais plus qu'à un élargissement de la gamme des produits, on assiste aujourd'hui à une extension des sens du halal. Le qualificatif, qui désignait des actions ou des nourritures qui n'avaient pas été interdites, se fait aujourd'hui substantif. Il renvoie désormais à un « espace normatif » autonome, au point que l'on peut parler, par exemple, de « vivre dans le halal ».

    Enjeu juridique, politique, social et identitaire, en France comme dans le monde, dans la banque comme en prison, le halal devient ici un sujet d'études scientifiques. À partir d'exemples concrets, historiens, anthropologues, sociologues et juristes proposent de réfléchir à cette mutation des pratiques et de la norme ainsi qu'aux mécanismes économiques et sociaux à l'oeuvre dans cette halalisation des chose et des conduites.

    Une réflexion plurielle sur l'histoire et la réalité d'une frontière entre permis et interdit, entre respect et transgression.

  • En juillet dernier, la Cour constitutionnelle rendait son arrêt concernant le droit, pour une Haute École de l'enseignement supérieur, d'interdire les signes convictionnels. Un arrêt qui réaffirme l'existence en Belgique de deux interprétations du principe de neutralité : « inclusive » et « exclusive ». Cet arrêt qui n'avait rien de révolutionnaire a suscité des réactions en cascade : au parlement bruxellois, à la commune de Molenbeek, où une motion autorisant le port desdits signes au personnel de l'administration a été votée, déclenchant plusieurs démissions d'élus ; dans la presse, où un affrontement par le biais de cartes blanches (tribunes) sur le voile a été à l'origine de tentatives de faire taire son adversaire par tous les moyens : injures, calomnies, mais également procédures judiciaires, le tout abondamment relayé sur les réseaux sociaux. L'été 2020 fut chaud à Bruxelles, marqué par les restrictions rendues nécessaires par la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid 19. Pourtant ce que la presse a qualifié de coup de folie, ou même de débat nauséeux, n'y voyant qu'un dérapage de la « cancel culture » n'est peut-être pas à ranger parmi les épisodes orageux d'un été caniculaire. La laïcité tranquille à la belge ne semble pas résister aux assauts répétés des promoteurs d'une « neutralité » dite « inclusive », qui pensent ainsi satisfaire la « diversité », cette minorité musulmane de plus en plus convoitée, en particulier dans certaines communes de Bruxelles où elle est... majoritaire. On voit ainsi les progressistes d'hier s'allier à la frange la plus réactionnaire de l'islam politique pour faire triompher l'idée que le voile serait au mieux, un « fichu » dont nul autre que la femme elle-même ne pourrait juger de la symbolique, au pire un vecteur d'émancipation, une conquête féministe, voire l'emblème de la liberté ! Contact presse : Aurielle Marlier l 09 72 54 51 61 l presse@laboiteapandore.fr www.laboiteapandore.fr Rayons : société. Et si le débat bruxellois peut faire penser à celui qui a lieu en France, il a ses spécificités. Étouffé, il est à la fois plus sourd et plus violent. Bien qu'il débute avec la décision de la Cour constitutionnelle, ce livre n'est pas un énième livre sur les polémiques publiques autour du voile, mais un livre sur l'impossibilité de débattre de la signification et de la place de la laïcité dans la capitale de l'Europe. Pour un mandataire politique, attaché au progrès, à l'égalité des hommes et des femmes et à la laïcité, il est difficile de se déclarer contre le port du voile dans certaines fonctions sans être immédiatement taxé d'islamophobie, de racisme ou de connivence voire d'appartenance à l'extrême droite. On devient vite, à ce jeu, un « blanc » ou un « traitre à sa race ». Nous le verrons à travers des témoignages d'élus des principaux partis bruxellois qui prendront la parole sur ce sujet, certains pour la première fois. La conviction d'être dans le « camp du bien » autorise le recours aux procédés les plus contestables pour empêcher un débat de fond, comme nous le verrons avec l'affaire du « Balek Gate », qui s'attaque à la liberté d'expression au nom de la liberté de la presse, ou défend le voile rigoriste au nom du féminisme. Outre qu'il donne à comprendre la bataille larvée, mais si cruciale qui se joue en Belgique autour de la laïcité, ce livre permet de mieux comprendre comment de nouvelles théories se proclamant de gauche ont réussi à devenir les porte-voix d'idéologies rétrogrades de l'identité, qui n'hésitent pas à pratiquer l'entrisme dans le tissu associatif et dans certains partis (l'entrisme islamiste étant fort de près d'un siècle de pratique, depuis sa naissance en 1928), et à rendre de plus en plus difficile le travail social et politique dans certains quartiers de Bruxelles.

  • Cet ouvrage a été conçu pour apporter les réponses aux personnes qui se posent des questions sur le halal.
    Il propose un état des lieux d'un business moderne mondialisé, avec son historique religieux, ses implications financières et ses différentes certifications, car le halal, ce n'est pas que la viande. C'est aussi toute la nourriture, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, les compléments alimentaires et même une façon de vivre.
    Ce livre convivial et didactique va vous permettre de mieux cerner ce concept religieux, de mieux comprendre comment on produit du halal, où va l'argent du halal, quelles sont les nouvelles certifications et quelle est l'implication quotidienne de sa consommation. Ce guide devrait se trouver dans toutes les bibliothèques de quartier, les entreprises, les sections politiques, syndicales, les cantines, restaurants, hôtels, associations, les bureaux de ressources humaines, les universités, les écoles.
    Pour vivre en harmonie en comprenant l'autre mais aussi en l'informant.

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