Jean-Pierre Stroobants

  • La Belgique est-elle au bord de l'éclatement ? La scission de la Flandre et le rattachement de la Wallonie à la France sont-ils inéluctables ? La question de Bruxelles préserve-t-elle d'une disparition du royaume ? On a entendu tout et son contraire sur la crise belge de ces trois dernières années.
    Le petit royaume inquiète depuis longtemps, d'autant qu'il abrite symboliquement les sièges de l'Union européenne et de l'OTAN. Et pourtant, malgré la présence massive d'institutions internationales, malgré la valse des gouvernements, on voit bien que le problème belge ne trouve pas de solution. Parce que la question est à la fois ancienne et récente. Ancienne, parce qu'on n'a de cesse de parler de la distanciation identitaire, culturelle et politique qui s'est installée entre les Flamands et les Wallons avec la transformation sociale et économique majeure du xxe siècle et le passage d'une société industrielle à une société tertiarisée profitant dorénavant aux Flamands. Récente, parce que le pays reste quoi qu'on en dise une construction artificielle datée de 1830 qui devait être une zone tampon entre les grands empires. Pourtant, qu'ont en commun des Flamands, des Wallons et des Bruxellois à la jointure des civilisation latine, germanique et anglo-saxonne ?
    Dans cet ouvrage, Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles, retrace une dizaine d'années de déconstruction de ce petit pays au bord de l'implosion, à deux pas de la France, et en plein coeur de l'Europe. Il retrace à travers une série d'articles majeurs, la lente descente aux enfers d'un État qui, s'il parvenait à sortir de l'ornière, pourrait être un formidable laboratoire de l'Union européenne. En attendant, il reflète assez bien la désunion des « 27 » qui se désintéressent bien de son sort. Y compris au Conseil européen qui n'a jamais inscrit ce point à son ordre du jour.

  • Le populisme?? Tout le monde en parle.
    Le peuple?? Tout le monde l'a vu.
    Quant à démocratie, danger, politique, gilets jaunes, les médias en font leur actu tous les jours.

    Le mot populisme incarne à lui tout seul, par contre, l'angoisse démocratique du moment et, aujourd'hui, nos démocraties représentatives n'ont jamais été autant en danger.

    Alors, Peter Patfawl a décidé, avec humour et pertinence, de mettre le sujet sur la table et de construire un véritable outil à lire, à utiliser, pour affronter les discussions et les questions de vos enfants ou de vos élèves.

    Par cela, nous sommes tous et toutes concerné.e.s et le temps nous est compté.

  • Le comble de la mesure, c'est le travail. On travaille en mesure, selon des cadences incorporées dans les flux de production et selon des pressions intériorisées. Le travail divise, se divise, se rémunère, il se présente comme étalon de tous les biens, mais n'a pas de valeur absolue. Et il faut bien des conventions pour que l'équivalence entre travaux puisse être établie. On dénombre des cycles, des heures et des jours ouvrables dont le travail déborde.
    Le travail ne se mesure jamais mieux que dans sa démesure, par excès ou par défaut, quand il brille par son absence, s'évade, surmène, résiste, fait grève ou bien s'épuise. A présent, la mesure est comble. Partout, des pratiques professionnelles sont saisies par une profusion de mesures renouvelées : évaluation des compétences, indicateurs de performances, catégorisation des objectifs, normes de qualité, standardisation des procédures, benchmarking, facteurs d'impact.
    La démesure du travail serait-elle un corollaire de la production « sur mesure » ? Qui mesure quoi, comment et avec quels effets ? Les tensions entre mesures et démesures traversent toute la sociologie du travail. Cet ouvrage collectif a fait le pari de « remettre à zéro » le compteur du travail, d'actualiser ces tensions jusqu'à éprouver les références qui servent de commune mesure aux chercheurs.
    Les différents angles de recherche s'y déploient en sept parties, amorcées par une présentation permettant de situer l'originalité de chaque contribution dans les mouvements de la sociologie du travail contemporaine.

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