Langue française

  • * Les psychiatres sont des chercheurs de souvenirs, des glaneurs d'intimité.
    Certains ont l'audace ou l'impudeur de raconter leurs propres souvenirs d'enfance. Cet exercice périlleux peut-il nous permettre de vérifier si les psychiatres ont eu une enfance normale ? Sont-ils nés psychiatres ? Etaient-ils psychiatres tout petits ?
    * En somme, pouvoir pénétrer leur histoire personnelle de façon précoce serait un moyen de nous rassurer et donc nous autoriser à leur confier plus sereinement nos enfants.
    * Le pari est tenu d'évoquer des situations de la vie naturelle : la maison, les vacances, les origines familiales...
    De partir du " psychologiquement normal " plutôt que du " psychiatriquement correct ".
    * Il s'agit de pouvoir métisser ces évocations sensibles en les raccrochant toujours à la clinique. Les enfants que nous écoutons vont nous permettre de créer des ponts poétiques. Leurs histoires prennent alors sens et signification pour nous, résonnent comme des situations antérieurement vécues ou déjà éprouvées.
    * La psychiatrie de l'enfant est essentiellement une discipline clinique et de rencontres.
    On conçoit sa difficulté scientifique. La primauté clinique admise, peu à peu, l'examinateur va éprouver, face à l'autre, moins d'anxiété, effectuer une distance tout en restant proche ! Singulier parcours qui fonde pourtant la base du respect de l'autre : en s'écartant, il se rapproche.
    * L'expérience professionnelle va alors réunir les souvenirs intimes et les évocations cliniques.
    * C'est cette triade - souvenirs, clinique et expérience - qui va permettre à la consultation de devenir thérapeutique.

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