Olivier Bramanti

  • D'une rive à l'autre, un personnage mystérieux emprunte la barque d'Hadès pour un lancinant voyage initiatique, retour aux sources de l'être ou passage vers un nouveau monde ?
    La mélopée qui traverse ce Jardin perdu est faite d'improvisation, d'inspiration sur un rythme noir et blanc.
    Olivier Bramanti s'exprime ici au stylo noir, d'un dessin direct, sans crayonnés. Chaque image, errance, hésitation, crée une liberté de la ligne, ligne sombre, parfois contrôlée, parfois lâchée. Bramanti construit ainsi son récit. Pour lui, c'est une première tentative de revenir à une bande dessinée « plus dessinée », et comme ses précédents ouvrages, Jardin perdu se révèle plastique et engagé.
    On déroule un fil d'Ariane qui s'enfonce toujours plus en avant dans la part d'ombre, dans le souterrain que l'auteur a construit lui-même. De la ligne au labyrinthe, d'une rive à l'autre, Bramanti recommence son voyage étrange et silencieux, il poursuit ses rêves et ses peurs, affronte son Minotaure. Il repart en barque et retrouve l'esprit de Sisyphe, condamné à effectuer la même traversée.
    Jardin perdu s'avère radical, expérimental, initiatique, baroque, nihiliste et solitaire, dans une approche inédite de la narration dessinée

  • Les politiciens étaient venus de la capitale pour diffuser des paroles malveillantes, et les premiers miliciens étaient apparus sur la colline.
    Le régime en place avait décidé l'extermination de la minorité. Il jugeait cette "mauvaise ethnie" acquise à la rébellion armée du Front patriotique. Décidé à garder le pouvoir coûte que coûte, il avait su convaincre la population que l'éradication de ces "ennemis de l'intérieur" était une nécessité. Entre huit cent mille et un million de personnes avaient péri en trois mois. Sur sa colline, elle était la seule survivante du génocide, la seule à conserver le souvenir des siens.
    Sa famille, ses amis, son village : tout semblait à jamais effacé. Les caméras de télévision étaient pourtant venues, mais trop tard, après les massacres. Les journalistes cherchaient-ils à témoigner du drame ou juste à saluer l'abnégation des soldats du "seul pays de la communauté internationale à avoir tenté quelque chose"? Cette histoire, c'est aussi l'histoire d'une rescapée.


  • qui pleure ? qui porte la douleur ? qui d'autre que moi dont personne ne sait le nom ? qui d'autre que moi juif, empire, esclave ?.


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