Pierre Wat

  • Figure incontournable de l'art moderne et acteur marquant de l'abstraction, Hans Hartung (1904-1989) n'a eu de cesse, sa vie durant, de laisser derrière lui des souvenirs de son activité : un « autoportrait » en mots, qu'il publie en 1976, d'autres mots encore, des archives, des oeuvres, entrelacés... Pour mémoire.

    Ecrire sur Hans Hartung c'est suivre cet homme à la trace, c'est se confronter à ce legs, conservé aujourd'hui dans le lieu même de sa vie et de sa peinture : la maison qu'il a construite avec sa femme, l'artiste Anna-Eva Bergman, devenue Fondation Hartung-Bergman. Hartung voulait que cet endroit, et ce qu'il contenait, soient dédiés à la recherche.

    Cette monographie, née de ce souhait, est la première de cette ampleur. Pierre Wat l'a pensée comme une longue conversation avec le peintre. Confrontant les dires, les archives et les oeuvres, quelque chose de cette vérité de Hartung, celle qu'il voulait qu'on cherche, surgit.

    Artiste prolifique, Hartung a laissé une oeuvre immense, dont l'auteur a pu s'imprégner, pas à pas, année après année, parfois heure par heure, des premières aquarelles abstraites de 1922 au dernières toiles peintes à la sulfateuse de jardin, en 1989. Ce choix d'appeler dans chaque oeuvre la mémoire d'un moment, d'un geste, d'une intention, a mis en évidence, au-delà des changements de rythme, de méthode, d'instrument, la continuité profonde qui guide le peintre, dès l'origine.

    Le temps de Hartung est spiralé, il avance en prenant en compte le passé, afin d'en produire, sans cesse, la relève. Dans ce jeu entre connaissance et sensation, un artiste incroyablement singulier, loin des clichés « lyriques » qui lui ont longtemps collé à la peau, émerge. Un homme pour qui l'art est à la fois exploration et mémoire, enquête sur soi et captation du monde, infiniment.

    L'importante rétrospective autour de Hans Hartung du 11 octobre 2019 au 1er mars 2020 inaugure la réouverture officielle du Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, en travaux depuis l'été 2018.

  • Le paysage n'existe que dans l'oeil de celui qui le regarde. Il faut donc suivre les pas de l'homme en marche si l'on veut comprendre comment notre rapport au monde et à l'histoire se dessine : par la confrontation de l'individu et de la nature. Car le paysage, c'est la nature éprouvée : nature traversée, nature possédée, nature sublimée, nature terrifiante, nature qui échappe à qui tente de la conquérir.
    L'artiste qui s'adonne au genre du paysage nous offre bien plus qu'une simple représentation de morceaux de nature. Il se fait archéologue, scrutant comme dans un livre le sol où affleure la mémoire de l'histoire humaine, sous forme de traces. Ecrire l'histoire du paysage à l'époque contemporaine c'est aussi faire le constat d'une relève : celle qui voit, à partir du début du XIXe siècle, la peinture de paysage se substituer progressivement à la peinture d'histoire afin de porter le grand récit de l'humanité dans ses tentatives de connaître et de façonner le monde.
    Un genre s'épuise, un autre s'épanouit afin d'explorer d'autres formes de représentation, et d'interrogations. Lorsque le sculpteur français David d'Angers, contemplant La Mer de Glace dans l'atelier de Caspar David Friedrich, à Dresde, dit que le peintre est l'inventeur d'un genre nouveau, "la tragédie du paysage", c'est cela qu'il désigne. Cette manière, qui va traverser toute la période contemporaine, de faire du paysage le lieu de l'enfouissement et de l'émergence de l'histoire.
    Parce que l'histoire devient un présent qui saute à la gorge - révolutions, guerres, massacres, génocides -, les artistes se tournent de façon privilégiée vers le paysage comme une forme capable d'accueillir l'innommable en son sein et d'exprimer ce qui aveugle, terrifie, ou fascine. Peintres, dessinateurs, photographes, de Goya à Sophie Ristelhueber, d'Otto Dix à Zoran Music et Anselm Kiefer, vont s'affronter au paysage comme à ce lieu où peut se manifester l'inquiétude de l'homme face à l'histoire.
    Mais aussi son désir, ses croyances, et sa liberté. Ce sont les étapes de cette aventure de l'homme au monde que nous suivons dans cet ouvrage : paysages de ruines, paysages en guerre, paysages où l'on foule une histoire oscillant entre affleurement et invisibilité, paysages qui nous confrontent à l'indifférence du monde, sont quelques-uns des thèmes qui racontent les pérégrinations inquiètes de l'homme contemporain marchant dans le monde à la recherche de sa propre trace.
    C'est enfin une méditation personnelle sur la nécessité qu'éprouvent tant d'artistes, aujourd'hui, d'avoir recours au paysage pour affronter ce que le XX° siècle nous a légué de plus terrible : l'anéantissement sans traces. Le paysage s'impose comme l'une des formes majeures, pudique et émouvante, de l'histoire contemporaine.

  • Vicky Colombet pratique la peinture à la façon d'un ensemencement. Ses tableaux, que l'on pourrait nommer paysages bien qu'ils restent résolument abstraits, sont faits de plis où la lumière se niche, entre enfouissement et éblouissement.
    Un pli se forme, un pli s'ouvre, afin que quelque chose advienne, encore. Chaque tableau, qui naît d'un rituel intime, oscille entre mélancolie et renaissance.
    C'est la beauté du monde, celle qui s'enfuit, celle qu'il est peut-être possible de sauver un peu, par la peinture comme manière de vivre, qui se donne là.

    Vicky Colombet paints almost the way one might cultivate soil. Her paintings, which could be called landscapes even though they remain resolutely abstract, are made of folds in which light nestles, between burrowing and effulgence.
    A fold is created, a fold opens, so that something can emerge.
    Each painting, born of an intimate ritual, oscillates between melancholy and rebirth.
    The beauty of the world, a fleeting beauty, of which some can be saved a little through painting as a way of life, gives itself over to her work.

  • En France, qui dit romantisme dit Delacroix, Victor Hugo, le spleen, le goût de la ruine, l'attirance de la nuit, pour la mort. Autant d'images toutes faites, et de clichés. Mais alors qu'est ce que le romantisme ? et tente de montrer que le romantique se construit sur la subversion de l'image néo-classique.
    En se concentrant sur l'Allemagne - Caspar David Friedrich, Goethe... - et l'Angleterre - William Blake, John Consatble... -, les deux pays où s'inventent conjointement une nouvelle pratique et une nouvelle théorie de l'art, Pierre Wat en propose une définition opérante.
    Le romantisme est un art nouveau pour un monde nouveau. Un art qui détruit la norme classique, et un art sans norme mais éternellement classique. Un art absolu.
    C'est à l'histoire esthétique de cette naissance et de son ambition qu'est consacré Naissance de l'art romantique - Peinture et théorie de l'imitation.

  • Stefan Bergholz, un jeune journaliste d'origine polonaise, écrit à Claude Monet pour lui demander de le rencontrer mais essuie un refus. Monet âgé, mélancolique, souffre d'une cataracte qui altère sa vue. A force d'insistance, le journaliste parvient finalement à être reçu au domicile du peintre, à Giverny. II va même rester quatre jours en compagnie de Monet, ayant accès à la maison, au jardin et à l'atelier où le grand cycle des Nymphéas destiné à être offert à l'Etat français est en cours d'élaboration.

  • Dans L'Atelier de Paul Rambié - puisqu'il s'agit de fait des oeuvres réalisées et conservées dans l'atelier parisien -, c'est la très longue carrière d'un peintre âgé de cent ans mais toujours actif, qui est évoquée avec une focalisation sur les trente dernières années : de l'expressionnisme évident de ses portraits et autoportraits, en passant par des oeuvres dites « musicalistes » par l'artiste lui-même, jusqu'à ce large ensemble très empreint du mysticisme et de la foi qui l'anime.
    Car Paul Rambié, qui a toujours vécu de sa peinture, a orienté sa réflexion picturale vers l'expression du sacré.
    Et pour servir cet ambitieux projet, il a travaillé principalement l'huile pour la richesse de sa matière, la subtilité des couleurs souvent sourdes et sombres ou subtilement éclairées.

  • La recherche est un chemin, une façon de traverser un champ et de dessiner en son sein des parcours inédits. Quatorze jeunes chercheurs tracent ici des chemins qui parfois s'entrecroisent, s'accompagnent, voire se confrontent. La réunion de leurs contributions rend visible de nouvelles manières de traverser le XIXe siècle, ouvre des perspectives, dit l'importance de certaines méthodes, et la fécondité du domaine exploré.

    Mythe de l'artiste, usages du passé, relation du texte à l'image, critiques d'art, sont quelques-uns de ces croisements. Leur intitulé dit bien l'ambition qui porte ceux qui témoignent ici de leur recherche : envisager l'histoire de l'art comme un carrefour disciplinaire, ouvert aux enjeux actuels d'une approche culturelle et sociale de l'art. Manière de remettre en tension les productions du passé et les questions d'aujourd'hui.

    Cet ouvrage, préparé sous la direction de Pierre Wat, est le dixième volume de la collection "Histo.Art", présentant les travaux de l'Ecole doctorale Histoire de l'art de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Présente 45 dessins de F. Deux, offerts par l'artiste et sa compagne, C. Reims, au Musée national d'art moderne, ainsi que trois autres donnés par la galerie Alain Margaron. Avec un essai sur son oeuvre, sa biographie et des textes de F. Deux à propos de ses dessins.

  • Frédéric Benrath

    Pierre Wat

    • Hazan
    • 7 Septembre 2016

    Tout au long de son parcours de peintre abstrait, Frédéric Benrath (1930-2007) a poursuivi une quête plastique et spirituelle marquée par le romantisme allemand. Partant d'une gestualité agressive, il s'est ensuite attaché à décrire des lointains intérieurs dans lesquels il fait miroiter des jeux de lumière. Puis sa peinture s'est épurée jusqu'aux confins du monochrome, en des oeuvres d'une rare subtilité, parfois présentées en diptyques ou en triptyques. Passionné par la littérature  Frédéric Benrath a bien connu Michaux, Char, Butor, Gombrowicz entre autres , par la musique contemporaine, par le cinéma ou encore la philosophie, l'artiste a nourri sa pratique de la confrontation avec d'autres disciplines.
    Les huiles sur toile, acryliques, le plus souvent sur carton ou papier, estampes et livres d'artiste de Benrath ont été présentés dans des galeries parisiennes, telles Karl Flinker ou Daniel Gervis, et étrangères (Allemagne, Belgique, Grande Bretagne, USA). L'oeuvre s'est néanmoins trouvée assez vite en butte à des malentendus, quand elle n'a pas été comprise à contresens. Les avant-gardes successives qui ont animé la seconde moitié du xxe siècle et les partis pris d'une critique engagée n'ont pas contribué à une appréciation sereine de certains parcours plus profonds que spectaculaires.
    C'est pourquoi la publication d'une monographie présentant l'oeuvre de Frédéric Benrath dans ses différents aspects et ses principales composantes mérite de retenir l'attention. L'analyse menée par Pierre Wat inscrit le peintre dans la tradition et rend hommage aux contributions subtiles et puissantes que Benrath a apportées à l'édifice de l'art contemporain. Une biographie détaillée, appuyée sur une recherche documentaire fouillée, inscrit la trajectoire du peintre dans le contexte des années 1960-2000. Plusieurs annexes établies par des spécialistes liste exhaustive des expositions personnelles, principales expositions collectives, bibliographie des écrits publiés de l'artiste, principaux articles ou publications critiques sur l'oeuvre en font un outil de référence incontournable.
     

  • Antoine Schneck Nouv.

    Antoine Schneck

    Pierre Wat

    • In fine
    • 4 Novembre 2021

    Photographe plasticien français, Antoine Schneck adopte très tôt les outils de prises de vues numériques dont il apprécie l'extrême qualité et le potentiel créatif. Son oeuvre se développe dès lors par séries, au fil des voyages, des envies, des projets, toujours sous le signe de la rencontre.
    Pour ses portraits sur fond noir, il adopte à chaque fois la même démarche. Loin de tout exotisme, son but est d'approcher un visage de la manière la plus directe. Ses modèles sont invités à prendre place dans une tente translucide. Assis dans ce décor totalement neutre, protégé des sollicitations extérieures le sujet se détache sur un fond noir tandis qu'Antoine Schneck, invisible, opère de l'extérieur.
    Outre ses portraits aux quatre coins du monde, ses photographies sur fond noir comptent aussi une série de chiens célèbres pour le Musée de la chasse et de la nature, d'oliviers millénaires, de soldats de la première guerre mondiale au sommet de l'Arc de triomphe à Paris et des gisants de la Basilique Saint- Denis pour le Centre des monuments nationaux.
    Ces dernières années il a exploré d'autres techniques, notamment le collodion humide avec lequel il a fait une série sur les fleurs et les carburateurs. Il travaille en ce moment sur une nouvelle série de photographies d'artistes français dans leur studio en recomposant l'image et en démultipliant le sujet à travers l'espace.
    Son travail d'artiste plasticien doit également beaucoup à des techniques glanées à travers l'histoire de la peinture classique, pour la lumière et les retouches à la palette graphique.

  • Henri focillon

    Pierre Wat

    Figure tutélaire de l'histoire de l'art français, Henri Focillon (1881-1943) fut professeur d'histoire de l'art à l'université de Lyon et directeur des musées de la ville de 1913 à 1924.
    Il enseigna ensuite à la Sorbonne, au Collège de France puis aux Etats-Unis où il choisit de s'exiler. Tout au long de sa carrière, Focillon marqua plusieurs générations d'élèves, mais aussi de lecteurs éblouis par l'ampleur de son savoir comme par ses qualités d'écrivain. La diversité des sujets abordés - de la sculpture romane à la peinture de son temps - et l'éventail des périodes prises en compte reflètent la richesse de ses intérêts et son goût pour les chemins de traverse.
    Cet ouvrage, qui réunit les études de plusieurs spécialistes français et étrangers, évoque ainsi les différentes facettes de sa pratique d'historien de l'art et les étapes de sa carrière : son engagement dans le siècle, la multiplicité de ses objets de recherche, mais aussi sa prédilection pour le domaine de l'estampe, occidentale ou orientale. L'analyse comparée des travaux de Focillon et de ses grands contemporains, notamment en Allemagne et en Italie, permet d'inscrire sa démarche dans un faisceau de relations au sein desquelles émerge sa singularité.
    Loin de ne constituer qu'un simple hommage au plus fameux des historiens de l'art français du XXe siècle, cet ouvrage collectif offre enfin l'occasion de s'interroger de façon critique sur l'héritage d'Henri Focillon : ce qu'il reste aujourd'hui, dans nos pratiques et nos méthodes, de l'oeuvre intellectuelle de l'auteur de la Vie des formes. Le colloque, dont ces actes rendent compte, a été organisé par l'INHA et l'université Lumière Lyon 2 en mars 2004.

  • Pierre buraglio

    Pierre Wat

    «Il y a beau temps que je rêve d'une sorte de vademecum qui, en volume réduit, contiendrait le bagage d'objets et de connaissances d'une stricte utilité pour la pratique comme pour la théorie de la vie».
    Michel Leiris, Biffures.
    «Le dogme est moins utile que la bouse de vache».
    (Attribué à Mao-Tsé-Toung)

  • Claude viallat

    Pierre Wat

    • Hazan
    • 4 Octobre 2006

    l'oeuvre :
    .de son travail, claude viallat a dit un jour qu'il était « nombreux et spiralé ». nombreux comme la répétition d'un même qui n'est jamais tout à fait identique : la permanence de la forme étant aussi, en même temps, sa mise à l'épreuve. spiralé, comme un mouvement qui, s'enroulant sur lui-même, avance peu à peu : faux recommencement où, à chaque passage, du nouveau surgit. comment écrire sur cela ? comment écrire sur un artiste dont la pratique, depuis quarante ans, est placée sous le signe de la fidélité à un « système » ? question ontologique : qu'est-ce que la vie d'un tel homme ? comment, véritablement, prendre la mesure de cette vie de peintre ? question de méthode, également : comment écrire, quelle forme trouver pour saisir une oeuvre qui, par son organisation même, vient porter la ruine au sein de toute tentative monographique oe
    .telle est la double interrogation qui traverse cet ouvrage. un essai où il est question d'envisager viallat « contre » viallat. non de prétendre « débarrasser » l'oeuvre du commentaire que l'artiste lui-même a produit, mais de tenter de saisir, sous le masque des mots, le fondement de la méthode viallat : un jeu du centre et des à-côtés. le travail sur la « forme quelconque » et tout ce qui, sous l'apparence du détour (objets, tauromachies, écrits...) nous y ramène, et, surtout, l'y ramène. logique du « débord », pour reprendre un terme qui lui est cher. ou comment faire autre chose que ce travail sur une même forme afin de pouvoir continuer celui-ci. comment vivre en ne faisant que ça ? demandions-nous au début. eh bien en bordant ce centre de multiples marges qui nous ramènent, infiniment, vers lui.
    .
    .les ecrits :
    .en seconde partie, un ensemble de notes de l'artiste est reproduit avec de nombreux documents photographiques.
    .viallat a toujours écrit, même avant de se consacrer à la peinture. ses écrits, dont la sélection donnée ici s'étendent des années 60 à nos jours, ont tantôt une portée théorique, tantôt une dimension poétique.
    .

  • J'ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les avais plantés pour le plaisir?; je les cultivais sans songer à les peindre... Et puis, tout d'un coup, j'ai eu la révélation des féeries de mon étang. J'ai pris ma palette... Depuis ce temps, je n'ai guère eu d'autre modèle.?» Ainsi Claude Monet (1840-1926), le pionnier de l'impressionnisme, explique-t-il l'origine de la plus longue et productive expérimentation picturale de sa carrière?: les Nymphéas, qui représentent près de trente années de sa vie, et plus de deux cent cinquante oeuvres. Des premières toiles exposées en 1900 jusqu'à l'installation à l'Orangerie en 1927 de sa «?grande décoration?», c'est le regard porté par ses contemporains sur les Nymphéas et les processus créatifs du peintre que nous restitue cette anthologie.
    Journalistes, écrivains et collectionneurs tentent tous de décrire ces oeuvres inouïes, qui se dégagent peu à peu des règles communes de la représentation, et les confrontent parfois aux limites de leurs capacités descriptives?: «?Peut-on même appeler cela des tableaux???», s'interroge l'un d'entre eux. Certains privilégiés sont reçus dans l'atelier du maître, qui leur fait visiter son étourdissant jardin, et recueillent sa parole. Le «?pèlerinage à Giverny?», les entretiens accordés par le peintre et sa correspondance personnelle, pleine de doutes sur sa création, complètent et informent la réception par la critique de son grand oeuvre.
    Grâce à ce regroupement inédit de textes élogieux, critiques, poétiques, déconcertés ou encore violemment réprobateurs, c'est l'aventure au long cours du cycle des Nymphéas, ce renouvellement du paysage opéré par Monet tel un tournant majeur de la peinture moderne, qui est retracée ici.

    Anthologie établie par Emma Cauvin, Matthieu Léglise et Pierre Wat, historiens de l'art, spécialistes de la peinture des XIXe et XXe siècles.

  • À l'orée d'une année 2021 qui verra le travail de Christine Crozat largement diffusé, cette première vaste monographie relate les trois dernières décennies du travail de l'artiste et arrive à point nommé. Fruit des envies et des efforts conjoints de l'artiste elle-même, de plusieurs centres d'art, de collectivités territoriales, de ses galeries, d'amis et de passionnés, cet ouvrage est le témoignage de l'amour que la société - pas seulement le monde de l'art et ses collectionneurs - voue à ses créateurs, et un hommage qu'elle leur rend, en reconnaissance du bonheur qu'ils nous procurent. Plus qu'une monographie consacrée à son oeuvre, ce livre, est, comme une part d'elle même, son oeuvre à part entière.

    At this very beginning of 2021, a year during which the work of Christine Crozat will be widely disseminated, this first vast monograph recounts the past three decades of the artist's work and comes at an appropriate time. Resulting from both the desires and efforts of the artist herself, of several art centers, local authorities, of her galleries, friends and enthusiasts, this work is the testimony of the love that society - not only the art world and art collectors - dedicates to its creators, and is a tribute to them, in acknowledgement of the joy they give us. More than a monograph dedicated to her work, is like a part of herself, her work as a whole.

  • Cet ouvrage, catalogue de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Lyon, rend hommage au grand dessinateur et poète Fred Deux (1924-2015). Un parcours monographique, richement illustré, qui réunit une importante sélection de dessins et livres uniques, permettant de retracer la création de l'artiste de 1949 à 2012 et d'en restituer le monde polyphonique.
    Dessinateur, poète oral, écrivain, auteur sous le pseudonyme de Jean Douassot d'un livre culte, La Gana , Fred Deux est un artiste singulier, irréductible aux modes et aux courants. Cet autodidacte, né dans la cave d'une maison bourgeoise, à Boulogne- Billancourt, au sein d'une famille ouvrière, n'a eu de cesse, comme il le disait, de passer : passer à travers le mur de la cave pour accéder à la vie qui appelle et qui brûle. Passer les frontières entre les arts afin, en allant du dessin au mot écrit, de la page au magnétophone face auquel il se racontait dans une sorte de rêverie sans fin, d'explorer toujours plus avant l'inconnu en lui. Passer et faire passer : s'effacer peu à peu dans le dessin, afin que cela soit la vie-même qui passe et se donne.
    Des dessins dits de la Kleepathologie , faits à Marseille à la fin des années 1940, à l'oeuvre ultime, en passant par les jalons majeurs de ce travail - Otages , Spermes noirs et Spermes colorés , Autoportraits , dessins monumentaux des années 1980, livres uniques où la ligne se fait en même temps trait et mot - c'est le monde de Fred Deux qui se donne à voir et à traverser. Des objets façonnés par l'artiste ou collectionnés par lui telles des présences nécessaires - pour les objets issus des arts premiers - viennent faire écho à l'oeuvre graphique et inscrire celle-ci dans le chemin d'une vie.
    Est ainsi dévoilée la cohérence profonde d'une oeuvre, qui, dès le départ, pose telles deux matrices les outils qui la façonneront :
    La ligne et la tache.

  • "Les châteaux royaux en Val de Loire ont été des lieux de pouvoir avant de s'inscrire dans l'espace commun en tant que lieux publics. Symboles de la majesté des souverains durant deux siècles, ils sont ensuite délaissés pour Paris puis Versailles, menacés de destructions ou de dispersion, restructurés et réemployés. Que présenter au visiteur soucieux d'apprendre, de comprendre ces demeures qui sont une condensation d'histoire de l'art et d'histoire politicoculturelle ?"

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