Stéphane Le Lay

  • Dans la vie sociale des objets, la phase « déchet », moment où ils sont sans usage ni valeur, ne devrait plus être que transitoire. Alors que nous continuons de produire de plus en plus de biens tout en prétendant limiter les déchets, nos objets-restes doivent redevenir des richesses.

    Ressourceries, vide-greniers, récupérateurs, garage sales... Peu étudié e t encore peu visible, le secteur du réemploi est devenu partie prenante des politiques publiques de prévention des déchets dans de nombreux pays. Ressuscitant en les transformant des pratiques longtemps déconsidérées par la société de consommation telles que la biffe et le chiffonnage, il remet en circulation les objets déchus afi n de leur trouver de nouveaux utilisateurs, voire de nouvelles utilisations.
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    Anthropologues, géographes et sociologues, les auteurs de cet ouvrage se penchent sur les pratiques du réemploi en Allemagne, en Égypte, aux États-Unis, en France, en Italie, au Maroc et en Suède. Ils donnent à voir les ambiguïtés d'un secteur qui n'oeuvre pas seulement à réhabiliter les choses mais aussi les personnes qu'il emploie, le délicat exercice consistant à redonner de la valeur aux objets-restes notamment à travers la création artistique et, plus largement, le rôle d'échange et de transmission des objets qui circulent de main en main.

  • Préface de Alain Corbin Qui sont les travailleurs des déchets ? Sont-ils déchus parce que travaillant auprès des ordures ou sont-ils affectés au ramassage des ordures parce que considérés comme inemployables, inutiles, comme « déchets sociaux » ? En quoi consiste le travail dans ces zones de relégation symbolique et de dureté physique ? Au sein des collectifs de travail, qu'est-ce qui peut être dit, écrit, transmis ? Comment objectiver l'activité, la mesurer, l'évaluer ? Comment étudier les conditions de travail et les améliorer ? Quelles sont les ressources possibles pour subvertir le « sale boulot » en bon boulot, pour transformer la honte en fierté et, en particulier, les ressources collectives ? Les recherches sur les travailleurs des déchets livrent des analyses pertinentes sur nos sociétés. Delphine Corteel est anthropologue, maître de conférences à l'université de Reims, chercheure à l'IDHE-Cachan. Stéphane Le Lay est sociologue, chercheur associé au CRTD-CNAM.

  • Les champs applicatifs de la gamification ou la transposition d'éléments de jeu à des contextes de non-jeu sont aujourd'hui multiples. Ils s'étendent à la santé, l'éducation, le travail, les médias, etc., qui sont désormais concernés par des pratiques gamifiées. Or, les sciences humaines et sociales critiquent et analysent encore bien trop peu ces pratiques. Les recherches conduites sur la gamification portent le plus souvent sur des objets et n'abordent pas la gamification dans sa dimension logique.

    Considérant que le jeu en tant que modèle et référent, chargé de valeur sociale, mérite d'être interrogé au-delà de ses objets d'application, La gamification de la société propose de rassembler plusieurs textes, observations et critiques qui interrogent l'influence que le jeu et ses «mécaniques » ont sur le social. Les recherches empiriques présentes dans cet ouvrage (pratiques de designers, petite enfance, action politique, quantified self, etc.) sondent en outre différents contextes nationaux - Norvège, Belgique, États-Unis, France, etc. -, restituant cette logique dans sa dimension globalisée.

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