Littérature générale

  • Océane

    Florence Arthaud

    • Arthaud
    • 17 Mars 2021

    « La force de la mer m'a souvent impressionnée, mais elle ne m'a jamais fait peur. Sa tendresse m'émeut encore tous les jours. J'ai l'impression qu'elle fait tout pour me rendre heureuse ».

    Écrit au seuil des années 1990, le manuscrit d'Océane ne sera jamais publié. Trente ans plus tard, avec l'accord de Marie et Hubert, fille et frère de Florence Arthaud, cette poignante déclaration d'amour à la mer voit enfin le jour, aux éditions Arthaud.
    Celle qui fut surnommée « la fiancée de l'Atlantique » dévoile l'origine de sa passion pour la voile mais aussi les moments difficiles, en mer, lorsque des accidents l'ont mise en danger ou lui ont fait perdre des proches, et sur Terre, où elle a dû faire face au défi d'être une des seules femmes dans le milieu de la course au large.
    En contrastes, en lumières, toutes les facettes de la personnalité de Florence Arthaud s'animent à nouveau, grâce à ce texte retrouvé.

  • Bernard Moitessier a acquis une renommée internationale après son tour du monde et demi en solitaire, en 1968-1969, à la suite duquel il publie La Longue Route, sans doute le livre le plus emblématique, qui fut traduit dans plusieurs langues. Un chant, un poème à la mer, où l'homme, son bateau et les éléments se pénètrent et vibrent à l'unisson. Parti le 22 août 1968 de Plymouth pour participer au tour du monde en solitaire et sans escale organisé par le Sunday Times, Bernard Moitessier, après avoir " bouclé la boucle " en vainqueur, ne s'arrête pas et décide de poursuivre sa route. Ce marin hors norme a voulu aller jusqu'au bout de la résistance humaine et de celle de son bateau, sur une mer tour à tour câline ou rugissante comme un fauve. C'est, à l'époque, le plus long voyage en solitaire, 37 455 milles sans toucher terre, dix mois seul entre mer et ciel, avec les dauphins, les poissons volants, les oiseaux et les étoiles.

  • Vivre

    Elisabeth Revol

    • Arthaud
    • 16 Octobre 2019

    Vaincre, au plein coeur de l'hiver et sans oxygène, le Nanga Parbat, cette montagne tueuse, immense pyramide de gneiss cuirassée de glace qui culmine au Pakistan à 8 125 mètres, c'est l'exploit qu'ont réalisé le 25 janvier 2018 Élisabeth Revol et son compagnon de cordée Tomasz Mackiewicz.
    Mais l' euphorie de la victoire sera de courte durée. À peine au sommet, l'aventure vire au cauchemar : Tomek est frappé de cécité.
    Comment dès lors espérer survivre, réchapper de cette « zone de la mort », où l'oxygène se fait si rare que l'on peine à mettre un pied devant l'autre, où le froid et le vent sont si extrêmes que le gel menace à tout instant ?
    Dans ce récit captivant, Élisabeth Revol met ses propres mots sur cette tragédie et l'extraordinaire opération de sauvetage dont le monde entier s'est fait l'écho. Elle affronte ses souvenirs, sa terreur, sa douleur immense, le déchirement d'avoir survécu, seule, en un hommage poignant à son ami Tomek.

  • Les mémoires de Walter Bonatti, alpiniste et explorateur, rescapé d'aventures dramatiques comme celle du K2. Chaque chapitre est consacré à l'une des montagnes qui ont marqué sa vie et jalonné sa carrière : le Grand Capucin, le K2, les Grandes Jorasses, le Cervin, les sommets de Patagonie et le massif du Mont-Blanc, où Bonatti a frôlé la mort et sauvé des vies. Il explique pourquoi il a mis fin à sa carrière en 1965 et s'interroge sur l'évolution de l'alpinisme.

  • À l'époque, il s'agit de la plus longue traversée jamais effectuée par un yacht, sans escale. Et pourtant, un petit bateau de 13 tonnes, sans moteur, va réaliser lui aussi cet exploit prodigieux ! Du Pacifique à l'Atlantique, la route du cap Horn est la plus logique, mais elle traverse aussi la mer puissante et difficile des hautes latitudes. Bernard Moitessier réussi t cependant à mener Joshua à destination, laissant derrière lui les tortues, les iguanes des Galápagos et les atolls de Tuamotu.
    Jamais, peut-être, un homme et un bateau ne furent plus unis.

  • Amoureux de la France, Stevenson va la découvrir du Nord au Sud et publier ainsi deux récits de voyage, en 1878 et 1879.
    En canoë sur les rivières du Nord reste aujourd'hui bien moins connu que Voyage avec un âne dans les Cévennes, il a pourtant le même charme, les mêmes qualités. Accompagné d'un ami, l'écrivain embarque le lecteur à Anvers pour le mener à Pontoise. Sous sa plume, on découvre la poésie de l'Oise et l'on se prend à rêver d'une vie de bohème sur l'eau.
    Lorsqu'en 1879, il parcourut à pied les deux cents kilomètres du Monastier à Saint-Jean-du-Gard avec pour toute compagne une ânesse aussi têtue que le veut l'adage, Stevenson pouvait-il se douter qu'il ouvrait un chemin qui porte aujourd'hui son nom ? Les émules ont été nombreux depuis à suivre ses pas... Et si beaucoup transportent au fond de leur sac le récit que l'écrivain a tiré de ces quinze jours d'aventure, là n'est pas la seule raison du succès de ce texte, qui mêle sens de l'observation et sens de l'humour, descriptions de paysages et instants de vie saisis sur le vif.

  • « Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance .» De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en compagnie des moutons : aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées, serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, de la plaine de Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, où la quête de la mémoire d'une transhumance millénaire accompagne la mémoire intime du marcheur, résonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes.

  • Le piège d'or

    James Oliver Curwood

    • Arthaud
    • 17 Février 2021

    Bram Johnson est une créature hors du commun. Un géant solitaire, métis esquimau à la tignasse rousse et au rire fou. À la fois une légende vivante et... un criminel. Capable de disparaître comme par magie, il parcourt les étendues glacées du Grand Nord canadien avec sa meute de loups assoiffés de sang, loin du monde des hommes. Pour les Indiens superstitieux du Barren, il s'agit d'un homme-loup !
    Lancé à sa poursuite, Philip Raine, un patrouilleur de la Police montée, va connaître l'aventure la plus extraordinaire de son existence. Celle-ci commence par la découverte d'un mystérieux piège, fabriqué avec les cheveux d'une femme. Une tresse blonde comme personne n'en a jamais vu dans le pays. À qui appartient cette coiffure soyeuse aux reflets dorés? Et pourquoi le géant fou l'a-t-il en sa possession ?

    En racontant l'histoire de Bram Johnson, James Oliver Curwood n'a pas seulement écrit un inoubliable roman d'aventure. Le Piège d'or est également un roman d'amour, mais aussi le premier « thriller psychologique » du Grand Nord.

  • Un amour grec

    Zoé Valdés

    • Arthaud
    • 13 Janvier 2021

    « On apprend toujours de la douleur, elle le savait depuis toute petite ; et de la détresse, davantage encore. C'est pourquoi elle a accepté avec humilité cette solitude, qu'elle a - dans une certaine mesure - choisie. Elle s'est juré qu'il n'y aurait plus dorénavant d'autre homme dans sa vie que son fils, Petros, le fruit de sa passion de jeunesse. Petros était son chef-d'oeuvre, l'oeuvre du premier amour. » Dans un Cuba asphyxié par l'oppression, Zé, adolescente, tombe enceinte d'un marin de passage. Reniée par son père, jugée par la société, elle élève son enfant avec l'aide des femmes de sa famille. Son fils Petros deviendra un pianiste de renom dont la carrière le mènera avec sa mère jusqu'en Grèce, sur les traces de son père.

    Grâce à la musicalité singulière d'une langue à la fois simple et poétique, Zoé Valdés retrace un parcours cousu de ruptures et d'exils et transforme les difficultés de la vie en chant d'espoir.

  • Yarshagumba

    Constantin Simon

    • Arthaud
    • 7 Avril 2021

    « Réelle ou fantasmée, la folie du yarshagumba s'emparait chaque année de cette région en manque de tout. Elle y faisait rôder plusieurs démons : l'argent, l'alcool et le sexe. » ?Le Viagra de l'Himalaya, l'or brun, le champignon-chenille... Lorsque le jeune Victor Martin, guide débutant, part découvrir l'Ouest reculé du Népal, il ne se doute pas qu'un parasite aux vertus magiques va changer sa vie. Récolté par des petites mains népalaises sur le Toit du monde, le yarshagumba est vendu « plus cher que l'or » en Asie.
    Embarqué dans une épopée qui le conduira jusqu'en Chine, aux côtés de guérilleros maoïstes reconvertis en businessmen, Victor découvrira l'amour, la mort et les secrets les mieux gardés de l'Himalaya.
    Un roman d'aventure initiatique, une ode à la montagne, la découverte d'un monde fantastique pour un champignon bien réel.

  • Au-dela des sommets

    Kilian Jornet

    • Arthaud
    • 4 Novembre 2020

    « Au fond, je sais que je n'ai pas d'autre choix que de repousser au maximum les frontières de ce que je sais faire pour avoir la possibilité d'éprouver un plaisir essentiel et puissant. » Rien n'arrête Kilian Jornet. Sans cesse en quête de nouveaux défis, la légende de l'ultra-trail est née pour affronter les sommets. L'impossible, il l'a déjà atteint, lors de sa double ascension de l'Everest. Cette vie passée à repousser les frontières de l'extrême repose sur une discipline rigoureuse, des entraînements réguliers et pénibles et une maîtrise technique irréprochable : toute victoire a un prix.
    Dans ce récit poignant et profondément honnête, Kilian Jornet se confie. Il raconte son enfance, ses choix, ses peurs, ses aventures hors norme, ses trophées et ses erreurs. Avec humilité, il témoigne de sa carrière prodigieuse. Avec enthousiasme, il nous conduit avec lui, là-haut, goûter l'air des cimes et partager ce qui seul compte : l'amour puissant de la montagne.

  • « La montagne est devenue mon véritable topos : je m'y sens à l'aise et parfaitement libre, ce qui est paradoxal, car c'est par nature un monde de contraintes. Je m'y sens chez moi et, qui plus est, en sécurité, ce qui constitue un autre paradoxe ».

    Depuis un séjour à Chamonix, à vingt ans, où il a ressenti « l'aspiration par le mouvement vertical des cimes » chère à Gaston Bachelard, Étienne Klein nourrit une passion profonde pour la montagne. De la Corse à l'Annapurna, en passant par le Hoggar et les Alpes, il a pratiqué randonnée, alpinisme et, depuis quelques années, s'adonne au trail. Espace de beauté et de liberté, la montagne est pour lui un révélateur des êtres, de l'amitié et de la solidarité.
    Les questions jaillissent alors chez l'homme de sciences : quelles sont les ressources du corps, quels sont ses liens avec l'esprit ? Gravir les parois est une manière d'étudier une notion physique, mais aussi métaphysique : le vide.

  • Intellectuel engagé ou écrivain dégagé ? Est-ce qu'on choisit ? En 1936, le célèbre et sulfureux André Gide soutient la révolution soviétique. Le Parti communiste l'invite en URSS, espérant qu'il fasse la publicité du régime. Gide accepte, et séjourne deux mois en Union soviétique, accompagné de cinq autres écrivains : Pierre Herbart, Eugène Dabit, Louis Guilloux, Jef Last et Jacques Schiffrin. Mais rien ne se passe comme prévu, et dès son retour en France, Gide publie Retour de l'URSS, dans lequel il dénonce le stalinisme naissant.
    Fille d'un poète communiste, petite-fille d'émigrés russes, je remonte le temps et fais à mon tour le voyage. Je compare les souvenirs des uns et des autres, j'interroge les miens, et j'essaie de comprendre. Pourquoi Gide a-t-il été si peu écouté ? Pourquoi tant d'écrivains ont-ils choisi de se taire ? L'appartenance à une minorité sexuelle est-elle une arme de discernement ? Pourquoi mon père est-il resté si longtemps communiste ?
    Traversée des mémoires, visite aux fantômes, descente en rappel au fond du puits de mon âme, chevauchée dans ma bibliothèque, ce livre est le journal d'une expédition intime, politique, et littéraire, au coeur brûlant du xxe siècle.

  • Joseph Kessel (1898-1979), journaliste et écrivain, sillonna les continents pour trouver des sources d'inspiration à ses écrits.
    Dans cette série de reportages écrit lors d'un voyage à Kaboul en 1956, Joseph Kessel nous fait découvrir les richesses de la culture afghane et évoque avec tendresse les personnages et les rites qui l'ont marqué. Il nous donne aussi les clefs de l'un de ses plus célèbres romans, Les Cavaliers et nous entraîne dans un passionnant voyage à travers ce pays.

  • « La première fois que j'ai vu des loups, c'était en Cévennes, en 2004, à quatre kilomètres à pied du village dont est originaire ma famille. J'ai compris à cet instant que nous avions une meute. J'ai voulu en parler, ça n'était pas le moment. Les visages se ferment, les sourcils se dressent. Des loups ! Pensez donc ! Les années sont passées.
    Et puis d'un coup, plus de sangliers ou de chevreuils là où on les attendait d'habitude à la battue, des troupeaux fébriles, des traces en losange, des chiens qui disparaissent, quelque chose dans le pays avait bel et bien changé ».

    Dans les Cévennes où il vit, à une centaine de kilomètres du Gévaudan, sur les terres qui ont inspiré La Chèvre de monsieur Seguin, au royaume de cette bête dont on disait autrefois qu'elle mange le monde, Antoine Nochy a traqué le loup pendant plusieurs mois. Il a arpenté les sentiers, les berges, les drailles à la recherche de signes et de traces et a écouté parler les hommes.
    Le loup, ce prédateur dont l'éradication fut pour les Européens un des premiers critères de la modernité, est de retour. Saurons-nous cohabiter avec le sauvage? Lui apprendre des limites et lui faire respecter les activités des humains, avec qui il doit, lui aussi, partager son territoire et ses usages ?

  • « Au fil de mes voyages, j'ai toujours rempli des cahiers. Or, à présent que ma liberté de mouvement a pris fin - peste oblige -, des pensées nouvelles jaillissent à flots. Les pensées sans bouger. Si nombreuses, que je suis obligé de les fixer sur un cahier. En mettant les haricots à tremper, je pense. En regardant par la fenêtre, je prends des notes. En faisant une pâte à pain, farine et levure, j'écris. Je crois bien que c'est un effet du silence. Sortis du tonnerre de l'excès, nous y voyons plus clair ».
    Cloîtré chez lui à Trieste dès le 11 mars 2020, Paolo Rumiz a tenu son Cahier de non-voyage. Publiés chaque jour dans La Repubblica, ces textes ont un immense succès. Pleines d'empathie et d'espoir, ses paroles érudites résonnent comme une prière. Une « prière laïque », qui nous permettrait, comme l'espère l'auteur, de « remettre au goût du jour l'immense potentiel de rage et d'espérance qui succède aux grandes crises. »

  • Estela, une très jeune fille, a bien du mal à comprendre tout le savant bavardage de l'homme qui est tombé amoureux d'elle. Plus âgé qu'elle, ce critique de cinéma est un homme marié dont le couple s'est étiolé. Loin d'être la belle et naïve adolescente que l'on voudrait faire d'elle, Estela a un plan, tout sauf innocent. En toile de fond, une Havane bruyante et sensuelle ; en fond sonore, des boléros mélancoliques.

    Ce roman inédit de Guillermo Cabrera-Infante s'inscrit dans la même lignée créatrice que Trois Tristes Tigres et La Havane pour un Infante défunt.

  • Toucher le ciel

    Bernard Bonnelle

    • Arthaud
    • 20 Janvier 2021

    « Avec sa forte carrure, sa bonne bouille de Pierrot lunaire et son accoutrement hétéroclite de provincial monté à Paris, Antoine ne passait pas inaperçu ; mais la distinction naturelle d'Henry, ses allures à la fois libres et policées, son profil racé et son sourire mi-charmeur, mi- moqueur avaient peut-être également attiré l'attention d'Antoine. En tout cas, lorsqu'un mauvais coucheur s'en était pris à Henry, tous ses amis parisiens s'étaient volatilisés - seul Antoine lui était venu en aide, faisant aussitôt battre en retraite le fâcheux. » La guerre était finie et ils n'avaient pas combattu. Tous deux détestaient la routine, la médiocrité et la grisaille des adultes. Ils voulaient toucher le ciel. Leurs caractères étaient opposés et leurs brouilles violentes; ils étaient les meilleurs amis du monde.
    Antoine n'aimait que les avions, mais se traînait de déconvenue amère en échec cuisant. Pour Henry, tout était facile. En quelques mois, il devint l'un des alpinistes les plus brillants de sa génération. Après une série d'exploits retentissants dans les Alpes, il comptait bien être le premier à conquérir, dans l'Himalaya, un sommet dépassant 8 000 mètres. Mais rien ne se passe jamais comme prévu...

  • Deux textes à la portée écologique du géographe et libertaire français. Le premier, paru en 1880, est un traité de vulgarisation géographique en même tant qu'une médiation poétique et morale sur la montagne. Dans le second, il décrit les phénomènes naturels et les paysages au fil d'un ruisseau, de la source à l'embouchure.

    Ajouter au panier
    En stock
  • En 1849, Gustave Flaubert, 28 ans, s'ennuie à Croisset. Pour vaincre sa mélancolie, on lui conseille l'Orient. D'autres avaient effectué ce fabuleux voyage avant lui. Lord Byron en 1809 ; Chateaubriand en 1821 ; Lamartine en 1832. Flaubert veut suivre leurs traces et leur exemple. C'est en compagnie de son ami Maxime Du Camp qu'il accomplit le grand voyage de sa vie (1849-1851). Rien de commun avec le tourisme d'aujourd'hui : une croisière sur le Nil dure à l'époque quatre mois et demi. Cette expédition de deux écrivains a inspiré deux oeuvres : Le Nil, dédié à Théophile Gautier, dans lequel Du Camp, sans jamais nommer Flaubert, s'attache à une description précise des pays, monuments et personnes qu'ils ont visités. Flaubert, dans son Voyage en Orient, retranscrit plutôt les ambiances, les couleurs et les émotions éprouvées. Ces deux récits mythiques, en dépit de leurs différences, témoignent tant chez Flaubert que chez Du Camp d'une aventure initiatique qui marque la fin de leur jeunesse.

  • Frères de mer

    Patrick Tabarly

    « Il était une icône, je n'étais pas grand-chose, juste un jeune cadet dans son ombre. Vingt ans après sa mort, j'ai pourtant eu envie de raconter. Parce que si je suis devenu celui que je suis, je le dois aussi à Éric. À ce qu'il m'a transmis, à ce que j'ai partagé avec lui, à ce que j'ai vécu depuis qu'il n'est plus là. Au-dessus de moi, ange protecteur ou simplement aîné attentionné, j'ai toujours eu l'impression qu'il m'accompagnait. Avec ses silences soupesés et ses phrases si souvent pertinentes, ses récriminations de marin et son comportement de légende ».

    Homme discret, Patrick Tabarly n'en est pas moins un témoin privilégié. Comme Éric, son frère aîné, il a vécu les grandes heures de la voile française de la fin des années 1960 au début des années 1990. Il a surtout partagé au plus près le quotidien du « premier marin de France », disparu en mer d'Irlande il y a un peu plus de vingt ans. Il était à ses côtés lors de la première navigation du mythique Pen Duick ; ensemble, ils ont remporté des compétitions, en ont perdu d'autres, toujours animés par une même passion pour la mer, qui les a unis plus sûrement encore que leurs liens de sang. Patrick Tabarly vouait à son aîné un respect sans borne, et son regard, sans concession, n'en est que plus précieux.

empty