Atinoir

  • Refusant une représentation des révoltes paysannes qui les fait qualifier de "jacqueries", l'auteure interroge le sens et l'actualité de ces mobilisations : l'émancipation des différentes formes de servitude ; la défense des communaux et des usages collectifs, dont la lecture s'enrichit des réflexions contemporaines sur les Communs et les nouvelles enclosures ; l'autonomie des communautés rurales conçue non pas comme une forme d'archaïsme mais comme un aspect de la modernité.

    Elle s'appuie sur la démarche de l'historien Edward Thompson pour proposer une "histoire par en bas", attentive à l'autonomie de pensée et d'action du peuple qu'elle essaie de "sauver de l'immense condescendance de la postérité".

  • Aristote a conçu le cadre logique et méthodologique sur lequel se fonde encore la science actuelle, mais son approche difficile fait qu'il reste largement méconnu ou déformé par des préjugés tenaces. Dans l'esprit à la fois didactique et approfondi de l'université populaire, cet ouvrage détaille les concepts fondateurs du philosophe, de la physique à l'ontologie, de l'éthique à la politique, en passant par la psychologie cognitive et la poétique. Il révèle une intelligence encyclopédique dont les réflexions profondes et humanistes sont toujours aptes à inspirer notre pensée.

  • Le livre de la désobéissance se déroule dans un Japon sanglant, magique et de ce fait, bien réel. Intrigues de palais, assassinats d'une cruauté raffinée, empoisonnements sophistiqués, exploits guerriers et merveilles littéraires servent la trame d'un récit qui désobéit à l'"Histoire" pour mieux en raconter les vérités profondes et n'hésite pas à "parodier" Akutagawa, Mishima et Murakami ou à leur "rendre hommage". Une fiction qui montre que le Japon n'est qu'un autre nom de l'aventure humaine quelqu'en soit le langage, quelque soit le moment de l'Histoire et quelque soit l'endroit dans le monde.

  • Tinísima

    Elena Poniatowska

    • Atinoir
    • 1 Juillet 2014

    Tina Modotti, photographe italienne de renommée internationale, est cependant peu connue du grand public, tout comme l'était Frida Kahlo il y a une vingtaine d'années. Toutes deux ont pourtant vécu dans les mêmes cercles artistiques et politiques du Mexique, côtoyant les mêmes personnes, dont Diego Rivera. Dans « Tinísima », l'écrivaine mexicaine Elena Poniatowska retrace la vie de Tina Modotti, depuis son enfance en Italie, son émigration aux Etats-Unis, son installation au Mexique, ses années de militantisme en Europe au service du parti communiste, jusqu'à sa mort survenue à Mexico en 1942. Délibérément situé à la croisée des genres, entre chronique du Mexique post-révolutionnaire et biographie politique, l'ouvrage évoque la décennie 1920-1930, période cruciale pour le pays dans une phase de reconstruction qu'accompagne une intense activité culturelle et artistique. E. Poniatowska reconstruit cette époque sans jamais sombrer dans le manichéisme. La forme romancée permet au plus grand nombre d'accéder à une meilleure connaissance et compréhension de ces deux décennies fondamentales tant pour le Mexique que pour l'Europe (1930-1940). Cette biographie sans complaisance est à l'heure actuelle l'ouvrage de référence pour qui veut connaître la vie de Tina Modotti.

  • Requena Nouv.

    Si García Schnetzer s'était limité à faire dire à son illuminé les réparties que Borges attribua au sien, ce court roman n'aurait été qu'une sorte de vol d'identité littéraire. Mais au contraire, García Schnetzer ne fait rien d'autre que de s'inspirer du style de l'evanescent Macedonio Fernández, et à partir des anecdotes borgésiennes, il a construit une figure plus attachante, plus spirituelle, plus généreuse que l'original historique.
    Ce petit livre de moins de cent pages est un parfait délice, héritier des inventions biographiques de Pío Baroja et de Marcel Schwob. (Alberto MANGUEL).

  • Severina

    Rodrigo Rey Rosa

    • Atinoir
    • 9 Février 2019

    Severina n'est rien d'autre que le développement très réussi d'une trame légère, presque anecdotique : les tribulations d'un libraire (un apprenti écrivain que fréquente la mélancolie) et d'Ana Severina, une voleuse de livres, attirante et cultivée, qui lui fait perdre la tête en apparaissant et en disparaissant sans cesse ; une histoire simple mais relatée avec une grande maîtrise et que l'auteur définit comme « un délire amoureux », allant même jusqu'à qualifier « d'histoire invraisemblable » ce court roman qu'appréciera aussi le lecteur attentif et averti pour la riche bibliothèque que l'on trouve au fil des pages et des évènements.

  • Lire Nietzsche, c'est s'encourager à la démystification des illusions consolatrices sans tomber dans le nihilisme mais au contraire en retrouvant en soi la source de nouvelles valeurs. Ce livre a pour objectif de faciliter l'accès à l'oeuvre nietzschéenne en clarifiant ses concepts principaux - dionysisme, perspectivisme, volonté de puissance, surhumain, éternel retour - et en les replaçant dans la vision d'ensemble qui leur donne tout leur sens. Un sens qui ouvre les horizons, qui invite chacun à devenir un esprit libre, affirmateur et créateur, un jalon vers de nouveaux sommets.

  • Juan Villoro raconte comment il s'est retrouvé à comparer l'intensité de deux des plus terribles tremblements de terre qu'a connus l'Amérique latine : Mexico 1985 et Santiago du Chili 2010. Convaincu que ces désastres devaient être racontés avec des voix impliquées représentatives, l'auteur a recueilli des témoignages d'où ne sont absents ni le suspens ni l'absurde.

    Avec la narration chorale sur les distinctes tragédies de survie à l'effroi, 8.8 de magnitude. La Peur dans le miroir fait appel à l'essai et au récit, mais aussi au témoignage d'autres écrivains qui, comme Kleist, racontent des tremblements de terres véritables ou fictifs dans le but de découvrir les dimensions d'une réalité mouvante.

  • 'J'ai toujours été intrigué par le fait que quelqu'un puisse perdre le fil de son discours et transformer une conférence en confidence. Jusqu'à quel point maîtrise-t-on les mots que l'on prononce ? Comme un acteur, le conférencier peut oublier son discours ou succomber à la tentation de révéler quelque chose de gênant ou de dévastateur. Conférence sur la pluie s'inscrit dans une longue tradition littéraire de la digression, c'est-à-dire, dans l'art distrait de dire une chose pour en dire une autre. Cet antécédent et d'autres m'ont incité à combiner les hésitations mentales et les prédicats amoureux du protagoniste avec une dissertation sur un sujet cardinal de la littérature : la relation entre la pluie et la poésie.'

  • Un homme de théâtre aigri par l'insuccès donne une conférence sur Shakespeare dans une petite ville. Il est déterminé à déboulonner le trop fameux "barde", à démonter les ressorts de celui qu'il estime n'être rien d'autre qu'un histrion, un plagiaire, un pisse-tirades sans scrupule... Sa jalousie envers le grand dramaturge élisabéthain va se développer en un crescendo à la démesure tout à fait shakespearienne, pleine de bruit et de fureur, qui conduira ce candidat à la folie à s'identifier à l'objet de sa haine. Merde à Shakespeare est un duel baroque et grandiose entre un vivant brisé par l'art et un trépassé glorieux. C'est aussi un hymne au théâtre. Chacun a le droit d'être Shakespeare !

  • Saudade

    Claribel Alegria

    • Atinoir
    • 12 Janvier 2018

    « Colomb dit qu'il a entendu chanter un rossignol dans les Caraïbes. Il n'y a pas de rossignols dans les Caraïbes. Moi, je crois que c'est Claribel Alegría qu'il a entendue. » Ernesto CARDENAL.

    « Claribel Alegria a eu la chance de recevoir en naissant le nom qu'elle mérite. Je la connais très très très bien et je sais qu'elle continuera à claribeller et à rendre le monde joyeux bien au-delà de sa mort qui n'arrivera jamais, parce qu'il y a très très très peu de femmes comme ça et elles ne sont jamais fatiguées de vivre encore et encore. » Eduardo GALEANO

  • Les anecdotes, les souvenirs personnels, sont la matière première des mythes dont la littérature taibienne se veut le vecteur. «Les mythes ne se souviennent pas toujours de la meilleure partie des histoires, souvent ils n'en gardent que la plus sotte ou la plus niaise» (Ces foutus tropiques). (...) S'il s'agit de sauvegarder le souvenir du mouvement [ouvrier] et de ses protagonistes anonymes contre l'oubli institutionnel, il est aussi question d'en bâtir l'épopée. La fois où le patron et le charro (syndicaliste jaune) furent écrasés aux dominos par deux leaders syndicaux, celle où les soudeurs de Tula en grève résistèrent en mangeant les cactus des alentours, la double destruction de la voiture du patron par un monte-charge...
    Une épopée ouvrière qui, comme toujours chez Taibo II, s'inscrit dans la longue lutte des oppressés contre les oppresseurs, et construit grâce à la littérature, au fur et à mesure, ses propres références, sa mythologie, ses exploits et ses héros : cette doña Eustolia qui brandissait son couteau de cuisine comme une épée vengeresse, Carlos Vargas et El Gallo qui deviendront les acolytes d'Hector Belascoarán et surtout, l'Araignée, ce super-héros populaire, ce défenseur de l'ouvrier, ce vengeur social insaisissable qui tisse sa toile de mots d'usine en usine pour devenir le héros collectif, solidaire plus que solitaire, le porte-étendard (rouge) d'une lutte sociale oubliée qui prend, par le biais de la littérature, des allures de légendes.

  • Fausse lumière

    Juan Hernández Luna

    • Atinoir
    • 8 Octobre 2008

    Un romancier vit et rêve en ne pensant qu'au chef d'oeuvre qu'il écrira un jour et le fera sortir de l'ombre. Il passe ses journées à chercher les premiers mots du roman total tout en admirant, impuissant, le talent et l'habileté des grands écrivains qui savent inventer et créer histoires et personnages. Juan Hernandez Luna construit une fable habitée par des atmosphères obscures, dramatiques et décadentes pour parler de l'esprit humain et de ses limites, des rêves et des fantômes qui le hantent.

  • Une oeuvre plus que jamais salutaire, envisagée pour la première fois à partir des innombrables références littéraires, cinématographiques et musicales qui font la spécificité de l'écriture de Taibo II et mettent, au-delà des jeux intertextuels, la littérature policière au service d' une conception de l' histoire et d' un projet social militant d' une incroyable originalité.

  • Un homme se réveille dans une vaste chambre vide. Qui est-il ? Il ne s'en souvient pas. Seuls émergent dans son esprit quelques vagues images de meetings politiques... Une inconnue apparaît, se disant chargée de l'accueillir dans le monde futur où il se trouve désormais, après avoir été ressuscité des morts. Canular ou cauchemar ?

    Ce bad trip nous embarque dans une visite guidée de l'avenir sous la forme d'un dialogue philosophico-burlesque que n'auraient renié ni Swift ni Ionesco, où l'intelligence artificielle en prend pour son grade. Contre-utopie terrifique et tordante dont le héros, politicien coincé dans un futur glaçant, est un amnésique inoubliable. Merde à l'intelligence artificielle !

  • Les orages

    Santiago Craig

    • Atinoir
    • 9 Octobre 2020

    L'auteur argentin Santiago Craig raconte huit histoires de personnages que le cours du temps obsède, de souvenirs qui ont pris la forme de mythes avant de devenir des fantasmes. Le désespoir quotidien de ces mondes les rapproche parfois du fantastique et de l'absurde. Et pourtant, leurs habitants ne sont jamais que des êtres humains qui naviguent dans le chaos de la vie, qui se trouvent et se perdent dans une maison trop grande, qui se reconnaissent grâce à l'odeur qui s'est imprégnée dans leurs cheveux.
    C'est parfois l'odeur de la fatigue et du savon blanc de la pauvreté toujours digne. C'est aussi parfois l'odeur dun repas, d'un corps q'uils ont aimé, de la famille qu'ils ont su fonder sous l'orage.
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  • Histoires argentines

    Francisco Urondo

    • Atinoir
    • 25 Septembre 2020

    Comme Rodolfo Walsh et Haroldo Conti, Fransisco Urondo a écrit jusqu'à la fin, au milieu des travaux, des urgences et des dangers de la vie clandestine. Pour ces piliers de la littérature nationale argentine il n'y eut jamais de contradictions entre la militance pour une patrie juste, libre et souveraine et la condition de l'écriture. Lorsqu'en ce temps de dépassion on se souvient des polémiques des années 1960 certains prétendaient faire la révolution dans leur écriture ; d'autres, abandonner leur écriture au nom de la révolution, on perçoit dans toute sa magnitude ce que Fransisco, Rodolfo, Haroldo nous ont montré : la profonde unité d'une vie et d'une oeuvre qu'un écrivain et ses textes peuvent atteindre.

  • Histoires d'Uruguay

    Collectif

    • Atinoir
    • 24 Août 2018

    Ce livre constitue une anthologie de nouvelles écrites par la jeune génération montante d'auteurs uruguayens qui ont vécu, enfants, la dictature militaire. Il permet de découvrir une autre facette de la littérature latino-américaine contemporaine.

  • Saint Remède

    Rafael Courtoisie

    • Atinoir
    • 15 Mai 2009

    Pablo Green, plongé dans son inconstance mentale, peut avoir des moments de grande lucidité mais aussi tomber dans une folie paranoïaque. Entre ces deux états, se déroule le récit extravagant, surprenant et parfois désopilant de Saint Remède. Il s'agit de décrire les transformations de ce jeune homme d'abord meurtrier de sa mère atteinte d'un mal incurable et qui devient, plus tard, un assassin en série. Une longue série qui débute avec la voyante et le médecin qui abusèrent de la confiance de Madame Green. Suivront, le voisin du dernier étage qui ne cesse de le torturer avec sa trompette, le concierge de l'immeuble, bel exemple de violence domestique, un médium sans scrupules. Et d'autres personnages vont s'ajouter à la liste.
    /> Pablo Green, un serial-killer au patronyme anglais qui, précisément, note ses pensées les plus épouvantables dans la langue d'un poète de la Beat Generation qu'il vénère.
    Pablo Green, un personnage-auteur, détracteur d'un romancier français contemporain, qui a des entretiens par téléphone avec deux grands écrivains latino-américains dans l'au-delà.
    Tout est possible mais tout est crédible. Tout est abracadabrant et étincelant mais aussi extrêmement sérieux avec le plus cru et le plus obscur de la condition humaine.

  • A la façon du décollage, cette technique pré street art qu'il inventa et qui consiste, en arrachant des fragments d'affiches urbaines, à faire naître des images surréalistes, un Malet en cache un autre.
    Référence oblige, leur inventaire est à la Prévert. Malet mistoufle, prolo précaire aux aubes poisseuses, l'errant des jours sans pain. Lointain frangin d'Orwell dans la dèche à Paris et à Londres.

  • L'écrivain guatémaltèque reconnu par Roberto Bolaño et traduit par Paul Bowles, raconte avec la forme du genre « non-fiction » les faits et les circonstances qui ont amené et entretenu l'extreme violence dans son pays.

  • Cinquième receuil d'histoires venues des six pays d'Amérique centrale proposé par L'atinoir à la suite des rencontres "Centroamérica cuenta". On retrouvera dans les nouvelles de ces auteures et auteurs "un ensemble de voix qui présente un panorama de ce qu'est aujourd'hui l'Amérique centrale dans sa diversité complexe, traversée par différents phénomènes sociaux". Après Ernesto Cardenal et Sergio Ramirez (Prix Cervantes 2017), le receuil propose cette année un recit du grand écrivain du Honduras, Roberto Castillo.

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