Des Femmes

  • Lettres a un jeune poete

    Rainer Maria Rilke

    • Des femmes
    • 29 Mars 1991

    Fin 1902, un jeune homme de 20 ans envoie ses essais poétiques à Rainer Maria Rilke et lui demande de les juger. Une correspondance s'établit entre les deux hommes. Dix lettres constituent ce recueil, publié en 1929, après la mort de Rilke.
    « Vous me demandez si vos vers sont bons... Votre regard est tourné vers le dehors ; c'est cela qu'il ne faut plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de la nuit : «Suis-je vraiment contraint d'écrire ?» Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple «je dois», alors construisez votre vie sur cette nécessité. » R.M.R.

  • Les petits chevaux de Tarquinia

    Marguerite Duras

    • Des femmes
    • 24 Novembre 1987

    « Dans un petit village d'Italie, situé au pied d'une montagne au bord de la mer, dans la chaleur écrasante du plein été, deux couples passent des vacances comme chaque été : Gina et Ludi, Jacques, Sarah et l'enfant. D'autres amis sont là, dont Diana. Ils se baignent, se parlent, s'ennuient.

    Dans la montagne, au-dessus du village, un jeune homme a sauté sur une mine. Ses parents là-haut, veillent.

    "Qu'est-ce qui manque à tous ces amis ? demande Diana.

    - Peut-être l'inconnu, dit Sarah." » Marguerite Duras

  • Jane eyre

    Charlotte Brontë

    • Des femmes
    • 22 Avril 1988

    C'est en 1847 que Charlotte, l'aînée des trois soeurs Brontë, publia Jane Eyre. Son succès fut immédiat et immense. La petite orpheline, privée d'affection, élevée dans une institution pour adolescentes pauvres, entrant comme gouvernante au château de Thornfield, est en effet une des figures les plus fascinantes du roman romantique. Et Rochester, qu'elle aime et dont le destin la sépare, est sombre, sarcastique, le double du héros né de l'imagination de la soeur cadette, Emily, dans Les Hauts de Hurlevent. L'amour et l'indépendance de la jeune fille, les préséances sociales et les revanches sur le passé, l'attirance pour les idéaux généreux, les messages de la passion triomphant du temps et de l'espace, les flammes de la folie, sont quelques-uns des thèmes qui se détachent d'une observation à la Dickens et sont emportés par un puissant souffle romanesque.

  • Un coeur simple

    Gustave Flaubert

    • Des femmes
    • 22 Janvier 1988

    « L'histoire d'Un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet : quand le perroquet est mort, elle le fait empailler, et, mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Ce n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. » G.F.
    C'est ainsi que Flaubert présente lui-même Félicité, l'héroïne d'Un coeur simple, l'un des récits qui composent les Trois contes, qui furent, en 1877, la dernière oeuvre publiée du vivant de l'écrivain.

  • Textes pour un poème / poèmes pour un texte

    Andrée Chédid

    • Des femmes
    • 24 Mars 1992

    « Ces pages, lues à deux voix, sont tirées de Textes pour un poème (1949-1970) et de Poèmes pour un texte (1970-1991). Les deux livres présentent un choix, à travers quarante années de poésie. Les titres qui s'inversent voudraient refléter - comme dans un miroir - la même image, suggérer une même démarche. [...] Les guets-apens de l'événement et du temps, qui tentent d'enserrer chacun entre les parois de l'âge, des frontières, du milieu social devraient être très vite balayés par les souffles de la poésie. [...] La poésie n'est pas refus ou survol de la vie ; plutôt une manière de la féconder, de rendre compte de ses largesses. Elle témoigne aussi d'une soif qui nous hante, d'une interrogation qui nous garde en haleine.
    Chaque poème achevé devrait apparaître comme un caillou dans la forêt insondable de la vie ; comme un anneau dans la chaîne qui nous relie à tous les vivants.
    Le Je de la poésie est à tous Le Moi de la poésie est plusieurs Le Tu de la poésie est au pluriel. » A.C.

  • Journal du voleur

    Jean Genet

    • Des femmes
    • 22 Avril 1988

    Dans Journal du voleur, Jean Genet évoque son itinéraire qui fit, d'un enfant de l'Assistance publique injustement soupçonné d'un vol et placé dans une maison de correction, celui qui, dans sa souffrance, choisit d'être ce dont on l'accuse. « Je me reconnaissais le lâche, le traître, le voleur, le pédé, qu'on voyait en moi... » Ce texte est l'évocation de ce destin choisi « dans le sens de la nuit » pour exploiter « l'envers de la beauté » par l'écriture et son flamboiement. C'est grâce à l'éclat de cette parole que Genet élabore un monde cohérent, le sien, reposant sur la constante inversion des valeurs et centré sur la mort.

  • Le journal d'une femme de chambre

    Octave Mirbeau

    • Des femmes
    • 22 Mars 1991

    Le Journal d'une femme de chambre, d'abord été publié sous forme de feuilleton dans les années 1890 avant d'être édité en 1900, est certainement l'un des textes les plus violents d'Octave Mirbeau. Véritable réquisitoire contre les moeurs bourgeoises, ce monologue féroce et cynique révèle les bassesses et les vices d'une classe sociale triomphante qui, dans le secret des alcôves, libère le poids de ses frustrations et de ses turpitudes.
    « J'adore servir à table. C'est là qu'on surprend ses maîtres dans toute la saleté, dans toute la bassesse de leur nature. Tout ce que peut contenir d'infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens. Ramasser ces aveux, les classer, les étiqueter dans notre mémoire, en attendant de s'en faire une arme terrible, au jour des comptes à rendre, c'est une des grandes et fortes joies de notre métier, et c'est la revanche la plus précieuse de nos humiliations. » O.M.

  • La peur

    Stefan Zweig

    • Des femmes
    • 2 Avril 1992

    « Lorsque Irène, sortant de l'appartement de son amant, descendit l'escalier, de nouveau une peur subite et irraisonnée s'empara d'elle. Une toupie noire tournoya devant ses yeux, ses genoux s'ankylosèrent et elle fut obligée de vite se cramponner à la rampe pour ne pas tomber brusquement la tête en avant... Quand elle s'en retournait chez elle, un nouveau frisson mystérieux la parcourait auquel se mêlaient confusément le remords de sa faute et la folle crainte que dans la rue n'importe qui pût lire sur son visage d'où elle venait et répondre à son trouble par un sourire insolent. [...] Partir, tout en elle ne voulait plus que partir, quitter cet appartement, cette maison, sortir de cette aventure pour rentrer dans son paisible monde bourgeois. Puis venaient les ultimes paroles qui cherchaient en vain à la calmer, et que, dans son agitation, elle n'entendait plus. »

  • Le pur et l'impur

    Colette

    • Des femmes
    • 6 Décembre 1988

    Au large de Brindisi, un bateau recueille un naufragé qui ne parvient à dire qu'un mot, dans une langue inconnue. A la Maison-Blanche, on découvre sur des photos-satellite la mystérieuse maladie qui s'est attaquée aux blés soviétiques, compromettant dramatiquement la récolte à venir. A Londres, un employé d'origine ukrainienne rêve d'abattre les maîtres du Kremlin.
    A Stockholm, le marin Thor Larsen se dispose à prendre le commandement du plus gigantesque pétrolier jamais construit. A Moscou, Adam Munro, employé de l'ambassade britannique et agent secret, voit ressurgir Valentina...
    Apparemment sans rapports entre eux, ces faits et gestes convergent pourtant. Et leur intrication va placer le président américain Bill Matthews devant le plus terrifiant dilemme. L'alternative du diable...

    Un récit haletant, brillant, compact, raconté dans un style vif, à coups de courts paragraphes, aiguisés comme des dagues. Le meilleur des Forsyth, il me semble.

  • La naissance du jour

    Colette

    • Des femmes
    • 30 Juillet 1987

    « C'est folie de croire que les périodes vides d'amour sont les «blancs» d'une existence de femme », écrivait Colette, en 1937. Car c'est le temps où peut fleurir sa vie propre, saison de poèmes comme l'atteste La Naissance du jour, composée l'été de ses cinquante-quatre ans. « L'âge où s'offre, en coupe d'oubli, le dernier amour n'est-il pas plutôt celui d'inventer, hors des dépendances, sa maturité au pays du soleil ? »

  • Ma mère

    Georges Bataille

    • Des femmes
    • 11 Avril 1990

    « J'ai adoré ma mère, je ne l'ai pas aimée. De son côté, j'étais pour elle l'enfant des bois, le fruit d'une volupté inouïe : ce fruit, elle l'avait nourri dans sa dévotion enfantine, retour de la folle tendresse, angoissée et gaie, qu'elle me donnait, rarement, mais qui m'éblouissait. J'étais né de l'éblouissement de ses jeux d'enfant, et je crois qu'elle n'aima jamais un homme. [...] elle n'eut dans sa vie qu'un violent désir, celui de m'éblouir et de me perdre dans le scandale où elle se voulait perdue... sans doute pensait-elle que la corruption, étant le meilleur d'elle-même, en même temps que voie d'un éblouissement vers lequel elle me guidait, était l'accomplissement qu'appelait cette mise au monde, qu'elle avait voulue. » G.B.

  • Corinne ou l'Italie

    Germaine de Staël-Holstein

    • Des femmes
    • 2 Février 1988

    « Derrière cette prose limpide et par cela trompeuse, très proche encore du XVIIIe siècle, derrière l'arsenal romantique des tombes, des maladies de poitrine et des paysages échevelés se cache un monde d'idées que seul le temps écoulé permet de comprendre. On comprend... que ce livre profondément féministe soit presque tombé dans l'oubli malgré son succès au moment de la parution. Madame de Staël l'avait prévu : c'est le bouquet jeté dans les eaux par la religieuse qui est annoncé à coups de canon mais englouti dans les flots, avis solennel qu'une femme résignée donne aux femmes qui luttent encore contre le destin... ? Cette édition de Corinne n'a aucune prétention à l'érudition. Elle s'attache surtout à la signification féministe de l'oeuvre. » - Claudine Herrmann

  • L'inondation

    Evgueni Zamiatine

    • Des femmes
    • 24 Novembre 1994

    « La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au dehors mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler... » E.Z.

  • L'usage de la parole

    Nathalie Sarraute

    • Des femmes
    • 15 Décembre 1988

    Dans cet ouvrage, nathalie sarraute a repris, en la développant, la forme poétique de ses premiers textes brefs, tropismes.
    Chacun de ces textes a été suscité par certaines paroles qui lui ont paru particulièrement riches en potentialités insoupçonnées.
    Insoupçonnées, soit parce que l'impact de ces paroles reste méconnu, soit parce qu'il est enseveli sous un amoncellement de représentations convenues, comme lorsqu'elles touchent aux thèmes éternels de l'amour et de la mort.
    Dans l'un et l'autre cas, le lecteur assiste ou, mieux, est appelé à prendre part aux diverses actions dramatiques qui sont ici mises au jour et se déploient. c'est un assez extraordinaire exercice !

  • La duchesse de Langeais

    Honoré de Balzac

    • Des femmes
    • 11 Décembre 1986

    « Le Français devina que, dans ce désert, sur ce rocher entouré par la mer, la religieuse s'était emparée de la musique pour y jeter le surplus de passion qui la dévorait. Était-ce un hommage fait à Dieu de son amour, était-ce le triomphe de l'amour sur Dieu ? Questions difficiles à décider. Mais, certes, le général ne put douter qu'il ne retrouvât en ce coeur mort au monde une passion tout aussi brûlante que l'était la sienne. » H.d.B.
    En 1833 Honoré de Balzac écrit La Duchesse de Langeais, avec le désir de se venger d'une femme dont il était amoureux et qui l'avait joué. Dans cette transmutation de la réalité en fiction, l'idée de vengeance se perd, et s'élève un chant qui porte l'amour au-delà des règles communes. Texte de passion sur la passion, où aimer et être aimé-e se joue à contretemps dans la cruauté du monde, La Duchesse de Langeais donne à l'amour la grandeur du sublime.

  • Consuelo

    George Sand

    • Des femmes
    • 22 Novembre 1990

    Dans les années où éclosent, en Europe, les forces qui renverseront l'Ancien Régime, à Venise, une jeune femme, Consuelo, fille d'une pauvre chanteuse bohémienne, apporte au théâtre, avec sa voix exceptionnelle, son génie.
    Roman historique, roman d'amour, roman musical, composé sans plan, au fil de la plume, chaque mois, pour paraître en feuilleton, en 1842, dans la Revue indépendante que George Sand venait de fonder avec le socialiste Pierre Leroux et Louis Viardot, Consuelo est aussi l'oeuvre où l'auteur exprime le plus librement, et fortement, sa conception de l'histoire.
    Ce « roman de formation » incarne le désir de connaissance des femmes.
    Ici est mise en voix la nouvelle vénitienne qui fut la matrice du roman et de sa suite, La Comtesse de Rudolstadt.

  • Le boucher

    Alina Reyès

    • Des femmes
    • 23 Juin 1989

    Dans Le Boucher, la chair parle, ses mots s'engouffrent par l'oreille, la font fondre. La chair s'ouvre à tous les sens, antre béant, où la langue fouine. Le sens glisse d'une chair à l'autre, en suivant la lame qui ouvre, découpe, tranche les surfaces et les interdits. Une fois que l'interdit est tombé, toutes les associations, les métonymies, les copulations fantasmatiques et réelles deviennent possibles.
    « Dans ma semi-conscience, je me demandais s'il n'allait pas jouir, m'entraîner avec lui, si nous n'allions pas laisser couler notre plaisir avec ce flot de paroles ; et le monde était blanc comme sa blouse, comme la vitrine et comme le lait des hommes et des vaches, comme le gros ventre du boucher, sous lequel se cachait ce qui le faisait parler, parler dans mon cou dès que nous étions tous les deux seuls, et jeunes et chauds comme une île au milieu de la viande froide. » A.R.

  • La maison de l'inceste

    Anaïs Nin

    • Des femmes
    • 1 Avril 1982

    De La Maison de l'inceste, publié en 1958, Anaïs Nin a écrit que ce texte avait été pour elle comme « la saison en enfer d'une femme, l'expérience de la naissance originelle dans la mer ». Et ce sont les rêves, les sensations, les images et les réminiscences qui le tissent subtilement.

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