La Difference

  • Retaper la France, voici en trois mots le programme de Jean Lassalle.
    Comment propose-t-il de s'y prendre ? D'abord et avant tout en rassemblant tous les Français parce qu'il n'appartient à aucune coterie, aucun parti politique, aucun lobby, parce qu'il est un non-aligné comme ceux qui rédigèrent le programme du Conseil national de la Résistance.
    L'action qu'il propose vise à restaurer la démocratie à tous les échelons des institutions en prenant appui sur les 36 000 communes qui insufflent la vie au pays, tout en menant une lutte sans merci contre la spéculation financière. Il élabore en même temps un grand projet pour redonner un rôle central à la France au coeur de l'Europe. Parallèlement, l'Afrique deviendra l'un des partenaires privilégiés de ses échanges commerciaux. Il entend aussi faire de l'agriculture une priorité nationale, de même qu'ouvrir le chantier des énergies renouvelables issues de la mer en y intégrant les territoires d'outre-mer. Régénérer la démocratie, recouvrer les 1 000 milliards d'euros d'évasion fiscale, revivifier l'école, rétablir un service national, reconstruire l'accès des citoyens à la Justice, faire revivre le magnifique territoire du pays dans sa totalité en réimplantant les services publics là où ils font défaut, tel est le beau projet du candidat Jean Lassalle à la présidence de la République.
    Il redonne un souffle, une énergie, une vision à long terme, un espoir de renaissance.

  • " Celle qui écrit, qui porte la parole des ouvriers d'ici, qui essaie, je, roule vers la ville, petite ville dans la plaine, une image de province, moderne un peu. Sur la droite, on sait qu'il y a les usines, la forme des bâtiments et les fumées ; les HLM aussi, à côté, hauts. À gauche les clochers. Cela a pu résumer les vies, longtemps, l'espace sa répartition, son temps croisé. Le temps nouveau, ils ont peur, ils, les ouvriers, ceux avec qui je parle, ceux que je vais raconter, ils ont peur, le temps nouveau qui vient sera peut-être un temps mort. " Avec des mots simples, un rythme, un ton, Patricia Cottron-Daubigné nous peint, tel un chemin de croix où l'on inspire à chaque halte (Regard ; Stèle ; Croquis-démolition : lieux ; Croquis-démolition : hommes - premier plan de licenciement ; Croquis-démolition : hommes - fermeture dé?nitive de l'usine ; Chantier) la destruction, au jour le jour, d'un groupe d'hommes et de femmes dans leur lieu, en France, quelque part, dans une ville de province.
    Patricia Cottron-Daubigné est née à Surgères, en Charente-Maritime. Elle vit et travaille aux abords du Marais Poitevin. Elle a publié des poèmes dans des revues (Décharges, Friches, Ici è là, Contre-allées, N4728), quelques recueils chez Soc et Foc, au Dé bleu, aux éditions Tarabuste. Sa voix porte et résonne.

  • "À l'heure où les métiers d'éditeur et de libraire indépendants sont menacés par la prolifération folle de publications que les rayons des magasins ne peuvent plus contenir et que le public désorienté délaisse faute d'être en mesure de l'appréhender, à l'heure où la presse, malade, elle aussi, ne joue plus son rôle d'information ni de critique, force est de nous interroger sur le sens de cette profession d'éditeur et sa chance de survie.
    Chacun sent que cette situation ne peut plus continuer ainsi et il semble que personne ne soit capable d'enrayer le processus qui conduira nécessairement à la disparition d'un grand nombre d'éditeurs et de libraires. Tout paraît se passer comme si on préparait le terrain engorgé et asphyxié par les allers et retours de nouveautés pour que celui-ci se soumette, contraint et forcé par les impératifs économiques, à promouvoir et à vendre des fichiers numériques consultables sur livre électronique. [...]"

  • Molem' : ainsi disent les jeunes d'origine maghrébine à Molenbeek Saint-Jean. Ainsi se sont-ils approprié le nom de la commune bruxelloise où souvent ils sont nés. Le faubourg au passé populaire, et demeuré populeux, s'est retrouvé placé sous les feux de l'actualité après les attentats de Paris du 13 novembre 2015, en raison des attaches molenbeekoises de certains terroristes.
    Oui, il existe des zones de non-droit à Molenbeek, oui, la commune souffre d'un chômage endémique. Mais les médias ont fait mine de tomber des nues en ce novembre noir, alors que les ferments de la radicalisation d'une partie de la jeunesse étaient déjà connus voici plus de dix ans. La jeunesse n'y est pas si déconnectée que cela du monde et du mode occidental, mais l'oisiveté forcée la conduit parfois à des actes de forcenés.
    C'est cet arrêt sur image que la jeune journaliste Hind Fraihi, attachée au quotidien Flamand Het Laaste Nieuws, a dépeint dans Undercover Molenbeek (En immersion à Molenbeek).
    Au moment de la rédaction de son livre, qui se lit comme un roman, Theo Van Gogh venait de payer de sa vie sa critique de l'Islam. Du fait de ses origines marocaines, Hind Fraihi était à même de décrire une jeunesse ballottée entre errance dans la rue et prêches enflammés. Côté obscurantiste, c'est la loi du silence sous la burqa, la sourde mainmise de l'Arabie saoudite sur des consciences déboussolées, côté plus rose et punk, les fashionistas musulmanes, la poupée, un aimable fantôme.
    Infiltrée dans Molenbeek, Hind Fraihi a écrit son témoignage dans un néerlandais tel que le parle une partie de la population immigrée, une langue réinventée, avec ses raccourcis, son sens du direct, comme cela se passe pour l'anglo-américain des ghettos noirs de Chicago.

  • En six chapitres, Géopolitique de l'homme juif interroge les mutations de la conscience juive, israélienne et diasporique, en relisant l'histoire du sionisme herzlien et bubérien dans la perspective de la sécularisation. Mais celle-ci désigne avant tout une époque de la chrétienté et du christianisme. On essaie ici de la penser, par anachronisme méthodique, du sein même de la tradition juive. Dans les conditions qui furent les siennes entre l'assimilation (les Lumières) et la dissimilation (antisémitisme et Shoah), la sécularisation a exigé de la tradition juive, à contretemps, une réflexion qui se poursuit et qu'on analyse ici avec les outils légués par la théologie politique spinozienne. Israël ne fut jamais ni une nation ni un empire, mais un mouvement de traversée de ces deux institutions romanochrétiennes. De même, Israël s'est toujours situé dans un mouvement d'aller-retour entre l'Orient et l'Occident. En quoi ces deux dimensions spécifiques de l'histoire des Juifs commandent-t-elles leur situation actuelle, en Israël et en diaspora ?

  • Nombreux sont ceux qui prétendent qu'Internet est libre, démocratique, transparent et impartial. D'autres en font un outil tellement révolutionnaire qu'il pourrait renverser l'ordre établi grâce à des mécanismes de participation directe, populaire et généralisée à la vie politique. D'autres, enfin, affirment que la diffusion gratuite de l'information sur les réseaux sociaux affranchira de l'influence des grands groupes médiatiques.
    Toutes ces idées reposent sur des prémisses fallacieuses.
    Non ! La gratuité n'est pas la liberté ! Une fois la confusion dissipée, plusieurs questions s'imposent : Qui détient les données des utilisateurs ? Comment sont-elles utilisées ? À quelles fins ?
    Les technologies de l'oppression ne visent qu'une chose : nous libérer de la liberté. Plus elles nous connaissent, plus leurs algorithmes s'affinent, et plus elles veulent nous libérer du fardeau de choisir.
    Mais il est encore temps de réagir ! Nous pouvons décider d'en finir avec la délégation et nous organiser autrement, en construisant et en élargissant des sphères d'intimité nous protégeant des injonctions à l'obscénité automatisée, à la pornographie émotionnelle et à la transparence radicale.

  • Le 14 janvier 2011, un séisme ébranlait la Tunisie tout entière dont les ondes de choc se répandraient dans tout le monde arabe. Ben Ali, après vingt-trois ans d'un régime autoritaire et népotique, fuyait le pays sous la pression de la rue, entraînant la chute d'autres dictatures.

    Le 28 janvier, Jaloul Ayed est rappelé en Tunisie en tant que ministre des Finances du gouvernement transitoire de la Tunisie. Fort d'une longue carrière dans la finance internationale (notamment au Maghreb), il rentre pour faire face aux nombreux défis que la Tunisie doit relever.
    Comment, après un régime dictatorial où l'opposition était muselée et réprimée, reconstruire un cadre institutionnel propice à l'accomplissement des aspirations démocratiques du peuple ? La Tunisie peut-elle parvenir à résorber un problème structurel comme le chômage, à l'origine des mobilisations du printemps arabe ? Au-delà de mesures palliatives, quels sont les chemins possibles vers une économie soutenable à long terme et redonnant aux citoyens l'espoir de pouvoir vivre dignement de leur travail ? Comment concilier les impératifs nationaux et les exigences d'une économie mondialisée ?
    C'est à toutes ces questions que Jaloul Ayed répond dans ce livre, étayant ses propos par la connaissance de son pays et de son Histoire, son expérience au ministère et dans la finance internationale. Mais plus encore, il esquisse ici, au travers du cas tunisien, ce qui pourrait être une troisième voie, où l'économie et la finance sont mis au service du peuple, sortant de cadres idéologiques dogmatiques. Une économie qui ne se contenterait pas de respecter une quelconque ligne de parti, mais bien de proposer au peuple une vie sereine basée sur une économie florissante.

  • " La Troisième Guerre mondiale a commencé il y a maintenant près d'une trentaine d'années lorsque, sous l'effet de la mondialisation et de la massi?cation des entreprises à l'échelon international, le ?nancier a opéré un drastique renversement des valeurs en mettant l'économique sous sa domination, l'asservissant à l'irresponsabilité et à l'irrationalité du transfert déstabilisateur et quotidien de gigantesques ?ux de capitaux. " Sous l'appellation de " concurrence ", de " transparence ", de " progrès ", postulats érigés en dogmes, une technostructure qui échappe au gouvernement des hommes s'est emparée du pouvoir en vue d'obtenir un pro?t sans cesse augmenté, stérile, improductif et nuisible. Par une série d'exemples choisis dans l'actualité récente (affaire Dexia, Kerviel/Société Générale, Banque Lehman Brothers, AIG, Fortis/ABN AMRO), Claude Mineraud explicite le déroulement des mécanismes à l'oeuvre. S'appuyant sur ses souvenirs cuisants de la France occupée et sur son expérience des affaires dans plusieurs moyennes entreprises dont il fut le créateur, il dresse un tableau sombre d'une France antidémocratique que minent les trafics d'in?uence.
    Né en 1931 dans le Poitou, Claude Mineraud assiste à neuf ans à la débâcle de 1940. La mort de son père l'oblige à interrompre ses études de philosophie à vingt et un ans et à assurer la survie de sa famille. À vingt-neuf ans il crée sa première entreprise dans le courtage d'assurance dont le notariat français devient très vite le principal client. Sa position de clé de voûte d'affaires prospères lui permet de mesurer, in situ, les forces de destruction du capitalisme ?nancier.

  • Adonis, le grand poète arabe, donne des articles sur les conflits du Proche-Orient dans la presse internationale, aussi bien dans le monde arabe qu'en Europe occidentale et en Chine.
    Il nous est apparu indispensable d'entendre la voix d'Adonis sur les révolutions arabes et sur la situation actuelle en Syrie en donnant à lire au public français un ensemble de ses interventions parues à l'étranger.
    Il nous explique le leurre total, partout répandu, qu'il puisse y avoir une révolution progressiste en terre arabe sans une rupture radicale avec la religion. Que la religion musulmane, dans son interprétation prégnante,  est intrinsèquement incompatible avec les droits de l'homme, et les libertés de la femme, parce qu'il nie l'autre et la différence. Il nous montre, à travers l'histoire, le pourquoi et le comment de cette incompatibilité fondamentale et nous met en garde devant les discours fallacieux qui nient cette évidence. 

  • Les révoltes et les manifestations populaires en Tunisie, en Égypte, en Algérie, les répressions en Syrie et en Libye laissent-elles augurer qu'il y a bien eu un " printemps arabe " comme on l'a nommé un peu partout dans la presse ? L'engagement politique d'Abdellatif Laâbi pour l'établissement d'une démocratie au Maroc ne date pas d'hier. Outre ses années passées en prison sous le règne d'Hassan II, il publiait, il y a dix ans déjà, Les rêves sont têtus qui rassemblaient une série de ses chroniques sur les questions politiques au Proche-Orient, qui sont reprises ici en deuxième partie de volume. En première partie, il nous livre ses ré?exions sur les événements récents et ne désarme pas sur le combat de la réforme constitutionnelle au Maroc pour que celle-ci réponde aux exigences d'un État de droit, de plain-pied dans la modernité, débarrassé des archaïsmes et de l'arbitraire du système monarchique traditionnel.

    Abdellatif Laâbi est né en 1942, à Fès. Son opposition intellectuelle au régime lui vaut d'être emprisonné pendant huit ans. Libéré en 1980, il s'exile en France en 1985. Depuis, il vit (le Maroc au coeur) en banlieue parisienne. Son vécu est la source première d'une oeuvre plurielle (poésie, roman, théâtre, essai) sise au con?uent des cultures, ancrée dans un humanisme de combat, pétrie d'humour et de tendresse. Il a obtenu le Prix Goncourt de la Poésie 2009

  • Dans Un autre Maroc, Abdellatif Labi convie ses concitoyens rflchir sur les causes de l'impasse dans laquelle se trouve actuellement le pays. Rien n'est laiss dans l'ombre, ni les archasmes du systme monarchique et le mode de gouvernance pervers qui en dcoule, ...

  • « Il fut un temps où j'étais un amoureux d'Israël, un «amant de Sion», comme on disait au XIXe siècle, aux tout débuts du sionisme. Je lui ai pratiquement donné le meilleur de moi-même. Et le pire. Aujourd'hui, je suis comme un amant déçu, et mes mots d'amour se sont transformés, non en cris de haine dont je suis incapable, mais en acerbes imprécations. » C'est ainsi que débute cet ouvrage-témoignage de David André Belhassen. Il nous y présente une vision personnelle de l'histoire du sionisme, de l'État d'Israël et du « conflit israélo-palestinien », par le biais d'un vécu, le sien, qui la corrobore. À côté d'analyses innovantes et profondes des racines de cette « guerre civile entre deux factions d'un seul et même peuple, aliéné par deux idéologies antagonistes et sectaires que sont le sionisme et le palestinisme », l'auteur entraîne le lecteur dans les méandres de sa vie et de son itinéraire idéologique, pour le moins cahoteux. Les conclusions, inédites et courageuses qu'il en tire, prennent le contre-pied de ce que nous croyons être « la juste résolution de l'interminable conflit au Proche-Orient ».

  • Un voyage turbulent dans la politique et la littérature russes actuelles, voici ce que propose le présent essai. Les acteurs en sont de jeunes écrivains qui dressent un bilan très négatif des vingt-cinq années qui ont suivi l'effondrement de l'URSS. Il s'agit d'une génération née dans les années quatre-vingt, mue par l'envie d'en découdre avec l'hydre à sept têtes du libéralisme. Elle se fait le porte-voix de la majorité du peuple russe, anéanti par les effets dévastateurs du capitalisme oligarchique. Ces écrivains revendiquent haut et fort le droit de penser autrement le passé soviétique, le droit de reconstituer leur patrimoine culturel, moral et politique sans égard pour les tabous idéologiques imposés par l'Occident. Se réclamant d'Edouard Limonov, l'un de leurs chefs de file, Zakhar Prilépine, a fait scandale en 2012 en publiant sa Lettre à Staline, pamphlet violemment anti-libéral. Ces écrivains (Guerman Sadoulaev, Roman Senchine, Sergueï Chargunov) se disent de gauche et se réclament du national-bolchevisme. Cela suffit à les discréditer a priori et, en tout cas, à les rendre quasiment inaudibles en Occident. Ennemis implacables du pouvoir poutinien, ils sont maltraités par les médias libéraux russes et largement ignorés des médias occidentaux, incapables, semble-t-il, de décrypter la signification d'un mouvement politico-culturel majeur. Savoir écouter ces voix parfois dissonantes à nos oreilles occidentales, c'est se donner une chance de voir autrement le monde russe.

  • Il y a urgence ! La déliquescence de l'État, la corruption généralisée mènent la France au désastre.
    En quelques pages implacables, Claude Mineraud règle son compte à la Ve République : la dépendance économique et financière à laquelle les fonds de pension américains soumettent les grandes entreprises françaises, notamment celles cotées au CAC 40 ; la docilité au lobbying de l'Assemblée nationale et du Sénat, comme des hommes politiques de tout bord, à l'exception de Jean Lassalle dont il estime le courage et l'authenticité.
    Il explique comment la finance s'est emparée et se sert de l'écologie pour émettre de nouveaux produits financiers et priver de la gestion de leur territoire ceux qui y vivent et y travaillent.
    Mais il ne se limite pas à dénoncer, il propose des solutions.
    Il montre comment il serait possible de refonder l'État, d'abord, en se réappropriant, grâce à une nationalisation partielle, la gouvernance des multinationales, surtout des grandes banques ; ensuite, en réorganisant de fond en comble les institutions pour redonner au peuple souverain le rôle prédominant qui lui revient ; enfin, en utilisant certaine loi existante pour rapatrier les fonds réfugiés dans les paradis fiscaux, dont l'estimation se monte à près de la moitié de la dette publique de la France.

    Après Un terrorisme planétaire, le capitalisme financier (2011) et La Mort de Prométhée (2015), cet essai corrosif, stimulant, constructif, interpelle les citoyens à la veille des prochaines élections présidentielles.

  • « Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde », écrivait Albert Camus et le mot « dictature » fait peur.
    Chacun sait qu'il s'oppose à la démocratie, qu'il signifie l'exercice de tous les pouvoirs par un seul homme. Le fait que Nicolas Sarkozy ait été régulièrement élu ne protège pas de la réalité du pouvoir qu'il exerce. L'auteur montre comment, par petites touches, le fonctionnement démocratique du pays est vidé de son contenu, comment tous les contre-pouvoirs ont été réduits à une pure forme.
    Au terme de cette observation, le danger de l'installation durable d'une dictature post-démocratie éclaire différemment les enjeux véritables de l'élection présidentielle de 2012 en France, en ce début de XXIe siècle.

  • « Un refus d'être dans la course, de participer avec armes et bagages à cette poursuite échevelée de la modernité qui caractérise tant notre époque tonitruante.
    S'éloigner de la clameur du moderne, préférer l'implicite et ses chuchotis à l'explicite qui aboie ses vérités. Se montrer plus sensible à l'écho qu'à la voix qui l'a produit. Ne pas vouloir se rendre exclusivement contemporain de son siècle, mais retourner aussi vers d'autres, en commencer le voyage. En place des autoroutes privilégier dans ce but les sentes perdues éperdues de la confidence et du secret.
    Comment écrire un secret sans le dévoiler ? Fracturer le réel pour le savoir, une des aspirations de ce bref manifeste, libelle, art poétique. S'asseoir à l'ombre, en peser le pour et le contre, loin du clinquant d'un mécanique soleil luisant sans discernement pour celles et ceux que soi-disant il éclaire. Ambitionner somme toute de devenir le chantre de la corne du bois. S'enfouir pour cela dans les forêts de la pudeur et de la discrétion.
    Devenir vieux d'une vieillesse qui rajeunit les rides, les change en arbre des grâces. Pratiquer le recul en avant, ameuter, réveiller hier pour enrichir, augmenter aujourd'hui. Tenter d'inventer tout un art du démodé, ces étoffes dont le temps s'habille pour signaler qu'il passe, afin d'apprendre à en tirer tous les fils, les réunir alors, les enrouler en phrases pour énoncer une doctrine du présent perçu surtout comme un passé qui s'attarde, qui n'en finit pas de s'attarder ».

  • Tout pouvoir a besoin d'un ennemi. L'Amérique, première puissance mondiale, après la chute de l'URSS, se trouve brutalement sans adversaire idéologique. Ben Laden, champion du fondamentalisme islamiste, que l'Amérique avait inventé et formé contre les Soviétiques, n'aurait-il pas pu combler le vide laissé par l'effondrement du communisme russe et symboliser " le meilleur ennemi " ? s'interroge Bruno de Cessole. Altérité d'autant plus facile à propager qu'elle réanime la très ancienne mythologie des croisades toujours vivace dans la mémoire collective. Cette équation a-t-elle sorti l'Occident de son nihilisme fondamental ou bien n'était-elle qu'un leurre trop fragile pour masquer l'avènement d'un nouveau rapport de force mondial qui révèle combien le déclin de l'Occident s'avère inéluctable ?

    Bruno de Cessole, journaliste et critique littéraire, a collaboré à plusieurs journaux : Magazine Hebdo, Le Figaro, L'Express, Le Point, Les Nouvelles Littéraires, Les Lettres françaises. Il a dirigé La Revue des Deux Mondes et il est l'actuel directeur des pages culturelles de Valeurs actuelles.

  • Quatre amis, à l'issue de leurs études dans une grande école parisienne, décident de créer une start-up informatique, nommée, la boîte. Sans argent, métier ni expérience, les voilà entraînés à trouver des locaux, des clients, des employés, des ordinateurs et à s'inventer un projet. Pris au jeu, la boîte grossit, les contrats deviennent plus importants, les clients plus exigeants, les employés plus nombreux, l'argent plus nécessaire que jamais. Il faut en trouver encore et toujours plus, quitte à modifier son projet et ses plans. Où en chercher ? En échange de quoi ? Confrontés à des investisseurs français, des financiers  hollandais, un milliardaire américain, la Bourse, le Trésor Public, les quatre amis courent désormais au rythme qu'impose leur start-up. Devenue un acteur connu du monde trépidant des technologies numériques, elle navigue dans le grand tourbillon de l'économie, maelström global, frénétique et corrosif et apparaît sur les radars des analystes et des multinationales. Et puis un jour, à la faveur d'une ultime transaction, elle disparaît corps et biens.

    Entre conte initiatique et récit de vie, cette histoire vraie entraîne le lecteur dans la folie absurde du monde de l'économie où les règles du jeu échappent même à ceux qui croient en tirer les ficelles.

  • La seule différence entre l'élection présidentielle de 2017 et celles de 2007 et 2012 sera la candidature de Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, porte-parole des laissés-pour-compte de la République. Il a prouvé, par sa grève de la faim, ses interventions retentissantes à l'Assemblée nationale et sa marche hexagonale de 5 000 km à pied, l'authenticité de son engagement.

    Programme inédit pour la France, Un Berger à l'Elysée réunit un ensemble de propositions que seule permet à Jean Lassalle son indépendance d'esprit et de comportement vis-à-vis de la totalité de la classe politique. Evènement politique lourd de conséquences, Jean Lassalle y entérine son départ du MODEM, un éloignement qui lui donne une totale liberté de pensée. Déçu par la tiédeur du centrisme, consterné par l'impuissance des gouvernements successifs, Jean Lassalle propose une révolution pacifique.

    Il expose un programme visant à chambarder la France de fond en combles par :
    - une refonte des institutions (nouvelle loi électorale, nouvelle décentralisation, nouvelle laïcité...) ;
    - une restructuration de l'économie (rapatriement des capitaux refugiés dans les paradis fiscaux, refus des oukases bruxellois, refus de l'ultralibéral projet de marché transatlantique TAFTA...);
    - une réorientation géopolitique (alliance structurelle avec l'Afrique comme solution à l'émigration par un projet d'aide à son réveil économique et social en réorientant la présence militaire française en une aide à un développement croisé avec celui de la France et de l'Europe...) ;
    - un engagement pour une écologie véritable, qui ne serait plus liées aux grandes multinationales...

    Refusant aussi fermement l'autosatisfaction du gouvernement en place que la fièvre sécuritaire, Jean Lassalle choisit un positionnement politique original qui répond à la demande par le peuple d'un renouvellement décisif d'une classe politique sclérosée.

    Par sa verve, son franc-parler et son lyrisme, Jean Lassalle peut réenchanter le langage politique. Son livre propose un message d'espoir pour les électeurs qui désespèrent. C'est un réquisitoire impitoyable contre la perversion de l'action politique provoquée par le capitalisme, qui dérangera d'autant plus que Jean Lassalle bénéficie, dans les provinces françaises qu'il a visitées, d'une popularité volontairement ignorée par certains médias.

  • À l'heure où l'Ukraine revient sur le devant de la scène politique et où la France, faisant désormais partie intégrante de l'OTAN, semble frappée d'amnésie, il n'est pas indifférent de rappeler l'enjeu de ce procès qui eut un retentissement comparable à celui de l'Affaire Dreyfus.
    Le 25 mai 1926, à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Racine à Paris, un Juif russe naturalisé français à la n de la guerre de 1914, Samuel Schwartzbard, assassine Simon Petlioura, l'ancien président du Directoire ukrainien du 14 décembre 1918 au 5 février 1919. Il le tient pour responsable du massacre de dizaines de milliers de Juifs lors de pogromes organisés par l'armée indépendantiste ukrainienne dont Petlioura est l'ataman général.
    À l'époque, ce procès sensationnel qui dura huit jours, et vit témoigner les plus grands noms de la science et de la littérature des années trente, a bel et bien mobilisé l'opinion française tout entière et fait la une de la presse internationale. Ce grand élan pro-juif qui s'intercale entre la réhabilitation du capitaine Dreyfus en 1906 et les actes antisémites du gouvernement de Vichy correspond bien aux années où l'antisémitisme dans la société française connaît son plus bas étiage. Au mitan des années vingt, les horreurs de la guerre hantent les esprits et un puissant sentiment d'empathie se lève en faveur des victimes des pogromes. Les difficultés économiques se chargeront de souffler une nouvelle vague d'antisémitisme à partir de 1931. Me Torrès, l'avocat de Schwartzbard, était cent fois fondé à bâtir sa plaidoirie sur l'horri ante réalité des pogromes et à la clore dans un élan oratoire irrésistible : « Non, ce n'est plus vous, Schwartzbard, qui êtes en cause ici : ce sont les pogromes. » Aujourd'hui, Schalom Schwartzbard, en dépit du verdict d'acquittement, reste pour les Ukrainiens « l'assassin à la solde de l'ennemi de l'Ukraine indépendante ».
    Monique Slodzian nous restitue les tenants et les aboutissants de ce procès historique et nous rappelle la part obscure de ce nationalisme ukrainien défendu par l'Union européenne comme une pure aspiration à la liberté.

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