Les Presses De L'inalco

  • En 2011, alors que la Birmanie (Myanmar) est soumise au joug militaire depuis plus de cinq décennies, la junte se démet de ses fonctions au profit d'un gouvernement « semi-civil ». Son président, l'exgénéral Thein Sein, engage une série de réformes démocratiques et les élections générales de 2015 consacrent l'alternance politique en portant au pouvoir Aung San Suu Kyi, figure emblématique de l'opposition.
    Mais quelles sont les vraies dimensions, significations et limites de cette évolution en apparence spectaculaire ?
    Adoptant un angle d'approche différent des études, majoritairement anglophones, consacrées à la transition politique et trop souvent centrées sur le seul processus de démocratisation, cet ouvrage propose une interprétation plus générale des transformations de la société birmane entre 2010 et 2017 par des anthropologues, géographes et historiens français. Spécialistes de longue date et jeunes chercheurs ont enrichi la réflexion propre à leur domaine disciplinaire d'analyses de terrain, d'approches transversales et de mises en perspective afin d'expliquer la transition et d'éclairer les analogies et les discontinuités entre temps passé et présent, entre la Birmanie d'hier et celle de demain. Proposant des clefs de lecture originales pour comprendre le processus de réforme birman, dans les villes comme dans les campagnes, au centre comme aux périphéries, du point de vue birman comme international, ils mettent aussi au jour l'imbrication de la montée du nationalisme bouddhique, des conflits intercommunautaires et de la crise humanitaire des Rohingya.

  • Krikor Beledian et la littérature arménienne contemporaine Nouv.

    Krikor Beledian est un auteur majeur de la littérature contemporaine, écrivant en arménien occidental et vivant en France (maître de conférences à l'Inalco jusqu'en 2012). Ce volume est le premier volume scientifique international consacré à son oeuvre. Il fait suite au colloque international qui s'est tenu à l'Inalco en septembre 2015.

  • Ce Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie propose une mise en perspective des évolutions économiques, sociales et politiques d'une région du monde qui s'étend de Prague à Vladivostok en passant par Tallin, Skopje, Bucarest ou Bichkek. Vingt-neuf pays sont ainsi passés en revue par douze spécialistes issus du monde universitaire, de la consultance ou des administrations publiques. Depuis 2014, date de la précédente édition de l'ouvrage, des évolutions majeures se sont manifestées : économiques (chute puis redressement des prix des hydrocarbures) ; socio-politiques (rejet croissant de la corruption et montée de l'euroscepticisme et de l'illibéralisme) ; géopolitique enfin, avec la cassure que constitue le conflit ukrainien. Structuré en deux parties, intitulées « Europe centrale et orientale » et « Eurasie », cet ouvrage entend éclairer ces changements et donner à comprendre les singularités et les similarités des trajectoires socio-économiques des pays de cette région du monde.

  • Dans le sillage de la contestation sociopolitique de la fin des années 1960, les démocraties occidentales connaissent une vague de violence révolutionnaire dont des hommes et des femmes s'emparent comme d'un outil politique. Les groupes armés d'extrême gauche se caractérisent par une implication et un engagement remarquables des femmes. Le climat des années 1970, les situations de résistance et les luttes de libération sont propices à la renégociation des rôles masculins et féminins. Les femmes sont également au coeur du projet de libération nationale de certaines organisations de la gauche turque et kurde, aujourd'hui encore, comme elles l'ont été en Amérique latine ou en Asie du Sud.
    Interroger la violence politique des femmes revient à porter l'accent sur un phénomène quasi exclusivement décliné au masculin. Pourtant, le genre constitue un outil heuristique pour saisir ce que la féminisation fait à la violence politique et à son inscription dans l'espace sociopolitique. En croisant les dimensions sociale, politique et sexuée, le recueil S'émanciper par les armes ? propose des lectures interdisciplinaires de la lutte armée au féminin et revisite les systèmes de valeurs dans lesquels la violence politique et la violence des femmes sont prises.

  • Démons et fantômes, gui, comptent parmi les figures les plus marquantes de la culture chinoise, et continuent de hanter encore de nos jours la société de la Chine et de ses voisins. Dans le premier volume de notre recueil fantomatique, nous avons essayé de préciser les contours des êtres qui, en Asie orientale, se rapprochent le plus de nos « fantômes » et autres « ghosts », avant de nous tourner vers l'analyse d'oeuvres littéraires du passé qui les font apparaître. Avec ce second volume de Fantômes dans l'Extrême-Orient d'hier et d'aujourd'hui, le lecteur trouvera les articles traitant du problème fantomatique aux époques modernes et contemporaines. Les contributions mettent l'accent sur le phénomène spectral dans la littérature et les arts (roman, cinéma, arts graphiques) s'essayant à définir ce que l'on pourrait qualifier d'esthétique de la fantasmagorie dans l'Extrême-Orient d'hier et d'aujourd'hui.

  • Au Japon, la Seconde Guerre mondiale et l'occupation américaine ont gardé aujourd'hui encore une forme d'actualité. Entre conviction profonde et instrumentalisation de la mémoire, la lecture de l'histoire des années 1940 détermine toujours de nombreuses positions sur la scène politique et culturelle de l' Archipel, qu'il s'agisse de la réforme de la Constitution, des relations avec la Chine et les États-Unis ou de la commémoration des héros de la nation. En ce sens, et peut-être plus qu'ailleurs, l'après-guerre y est une réalité du présent. Ce livre examine de façon précise et ordonnée les différentes modalités du rapport à la guerre. Pour mettre en relief l'ampleur et la complexité du thème, de nombreux domaines sont ici explorés, comme la politique, l'éducation, l'environnement, mais aussi les arts et la littérature. Les contributions réunies au sein de cet ouvrage ont été rédigées par certains des meilleurs spécialistes du Japon moderne et contemporain. En annexe, sont présentés et traduits plusieurs textes historiques de première importance, comme la déclaration impériale du 15 août 1945 ou le principal rapport américain sur les bombardements stratégiques.

  • Démons et fantômes, gui , comptent parmi les figures les plus marquantes de la culture chinoise, et continuent de hanter encore de nos jours la société de la Chine et de ses voisins. En faisant appel aux taxinomies bouddhiques médiévales, aux livres de morale pré-modernes, aux débats philosophiques chinois ou japonais, comme aux oeuvres littéraires ou aux enquêtes de terrain, ce premier volume de Fantômes dans l'Extrême-Orient d'hier et d'aujourd'hui essaye de préciser les contours des êtres qui, en Asie orientale, se rapprochent le plus de nos « fantômes » et autres « ghosts ».

  • « Pratique du traduire » est le titre d'un séminaire qui fait suite aux séminaires « Théorie » et « Critique du Traduire ». La distinction radicale entre les trois est évidemment partiellement factice, mais il fallait à la fois nommer chacun de ces séminaires et souligner une sorte de progression (souhaitée et souhaitable) dans l'apprentissage du métier de traducteur-traduisant. Il n'est pas nécessaire de connaître chaque langue pour savoir lire et corriger (modestement) un texte traduit. Il faut et il suffit de le traiter en tant que texte traduit, quels qu'aient été les choix du traducteur, même si son objectif - hélas trop fréquent encore - était de gommer ou d'effacer l'acte de traduire. Ce livre, ou manuel, est le résultat d'une posture de traducteurs, c'est-à-dire le résultat des réflexions croisées de traducteurs enseignants d'une part, d'autre part le désir de faire des participants au séminaire, à leur tour, des traduisants. Ces réflexions sur des pratiques (que les champs littéraires embrassés peuvent rendre très hétérogènes) ne nous ont pas conduit à proposer un catalogue de réponses, de trucs et astuces ou une boite à outils. Il s'agit d'une série de questionnements soulevés par la pratique des textes (le traducteur est, avec l'auteur, le seul à connaitre le livre mot à mot), destinés à aiguiser un regard, une attitude. Le futur traducteur sera donc appelé à développer une démarche proche sur la base d'enquêtes collectives. Rien ne serait plus éloigné de notre pensée que d'imaginer en arriver à une solution unique. Mais nous nous refusons tout autant à en inférer que tout est relatif, tout est équivalent, que toutes les solutions se valent. Les solutions acceptables sont celles qu'aura dicté le texte à traduire.

  • Les politiques urbaines du patrimoine ont beaucoup évolué depuis 1945, d'abord en fonction des préoccupations générées par les contextes historiques successifs, depuis la nécessité de reconstruire dans l'urgence des villes historiques en partie, voire totalement détruites par la guerre, jusqu'au choix de reconvertir, à la périphérie des villes, d'anciens sites industriels en zones d'aménagement culturel à vocation en partie patrimoniale. Un groupe pluridisciplinaire de chercheurs rassemblant des historiens et historiens de l'art, des géographes, des architectes et des urbanistes, étudie dans ce volume les politiques et processus de patrimonialisation depuis 1945, et à différentes époques, à partir d'études de cas dans plusieurs villes historiques d'Europe du Nord et de l'Est (Lübeck en Allemagne, Gdansk, Wroclaw et quelques autres exemples en Pologne), et plus récemment dans la périphérie de Rome. La complexité de l'articulation entre les politiques nationales, internationales (UNESCO, politiques européennes) et les politiques urbaines est fortement soulignée.

  • Quels rapports les sociétés humaines entretiennent-elles avec leur passé et quels récits font-elles du temps révolu ? Pour ce premier volume de l'Encyclopédie des historiographies. Afriques, Amériques, Asies, 157 spécialistes représentant 88 institutions académiques en France et dans le monde explorent l'univers des productions humaines qui constituent des sources pour l'historien et déchiffrent les nombreuses modalités (« scientifiques », littéraires, artistiques, monumentales...) de l'écriture du passé. évoquant tour à tour l'Afrique, l'Amérique latine, l'Asie, l'Océanie, les 216 notices de l'ouvrage présentent des matériaux historiques de toute nature, issus de toutes les époques, souvent méconnus, ainsi que l'histoire de leurs usages. L'entreprise collective qu'est l'Encyclopédie se veut novatrice : il s'agit de susciter une réflexion historiographique résolument non-occidentalo-centrée qui complète utilement les démarches épistémologiques traditionnelles. Nouvel outil de connaissance historique forgé à l'heure de la mondialisation, l'Encyclopédie des historiographies est aussi une véritable invitation au voyage.

  • Si la parole est l'arme des puissants, elle peut être aussi l'arme des faibles, une liberté conquise plus qu'acquise souvent. La parole publique a ainsi sa performativité propre.
    Cette voix contestataire est une oralité au plein sens du terme : une oralité poétique, chantée, tambourinée, dansée, murmurée, criée. Une choralité politique. Ces oralités contestataires requièrent souvent courage et astuce, imagination et détermination. Les textes rassemblés dans ce florilège ont été composés dans des contextes et des époques différents, mais tous ont pour objectif de mettre en valeur une contestation, lyrique ou humoristique, festive ou plus directement politique, collective ou solitaire, mais toujours pour le bien commun. Et souvent contestation portée par des voix de femmes, ni bavardes ni muettes... Ces moments d'oralités contestataires ont été choisis parce qu'ils raisonnent/résonnent de façon forte avec la situation actuellement vécue par le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche française, et plus largement sans doute avec la société française bousculée dans son système social, modèle évidemment imparfait mais précieux.

  • Okoga apovo ava reko ramõguarãma. Rédigés il y a trois cent ans, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Buenos Aires, ces quelques mots guaranis prétendent instruire le lecteur sur « le comportement que les hommes doivent adopter lors du travail des champs ». Surmontant l'un des quatre vingt huit chapitres d'un catéchisme de travail récemment découvert et produit au début du XVIIIe siècle dans les missions jésuites du Paraguay, ils illustrent les problèmes engendrés par la rencontre entre les Guaranis et les missionnaires Indiens venus pour les évangéliser. Souvent décrites par leur contemporains, des missionnaires eux-mêmes aux philosophes des lumières, comme une utopie réalisée dans laquelle le travail était aussi bien ordonné que la vie religieuse, les missions étaient en effet le siège d'une production agricole et artisanale intense. Plus de cent mille Indiens y cultivaient le blé ou le coton, pratiquaient l'élevage, édifiaient de grandes églises et fabriquaient outils, statues, instruments de musiques et même lunettes astronomiques. Cependant, les pratiques et représentations du travail indiennes et européennes, radicalement différentes, provoquaient nombre de conflits illustrés par les chroniques missionnaires, qui jugeaient les Guaranis comme des êtres paresseux et dotés de peu d'intelligence. La cloche, le rabot et la houe, en s'appuyant sur la traduction inédite de plusieurs chapitres du Manuscrit de Luján et en mêlant reconstitution historique fictionnelle et analyse des pratiques et relations sociales au travail, prétend à la fois déconstruire ces préjugés et montrer comment la collaboration, mais aussi les oppositions entre Indiens et Jésuites accouchent de la co-construction de cet espace singulier, objet de tous les fantasmes jusqu'à aujourd'hui, en Amérique comme en Europe.

  • À Paris en 1924 s'ouvre la première bibliothèque spécifiquement dédiée à la prime jeunesse. Cette institution pionnière - inspirée du modèle de la Story Hour américaine et animée par une visée éducative progressiste - invente une nouvelle forme de contage : L'Heure du conte. C'est à partir d'abondantes archives manuscrites et tapuscrites laissées par quelques remarquables bibliothécaires aux fortes et attachantes personnalités qu'est analysé cet original dispositif de médiation littéraire orale. L'accent est mis sur l'inédit travail de mise en oeuvre - une passionnante forme d'introspection professionnelle et militante - et sur l'attention extrême portée aux interactions vives entre conteuses et jeunes auditoires. En somme, un mode de socialisation culturelle innovant et moderne - promis à un brillant avenir - qui alors s'expérimente, se régule et s'enrichit à partir du « terrain ».

  • L'histoire de l'épuration judiciaire des collaborateurs grecs à la fin de la Seconde Guerre mondiale vient de s'écrire grâce à Dimitris Kousouris. Par cet ouvrage, les lecteurs français accèdent de façon précise aux événements et aux logiques partisanes (nationalistes, royalistes, antidémocratiques, communistes) qui ont bouleversé la Grèce, mais aussi l'Europe de 1944 à 1949. L'analyse de ces temps de guerre(s) est exemplaire car, d'un côté elle démonte les mécanismes de production de conflits (guerre civile, guerre froide) et de l'autre, elle nous fait comprendre comment, avec les procès du Tribunal spécial des collaborateurs d'Athènes, les artifices juridiques employés permirent de diffuser le mythe d'une nation unanimement résistante en intégrant une large part des anciens collaborateurs, tout en excluant la résistance de masse. Cet ouvrage a le mérite de rassembler ce qui rend toujours notre monde contradictoire : la génération incessante de conflits civils fratricides et la recherche de processus de réparation symbolique.

  • L'autorité, thème majeur de la philosophie politique, apparaît comme un mystère (ou une mystification) dans nos sociétés modernes où l'on déplore (ou célèbre) sa disparition, au moment même où les « relations de pouvoir » paraissent s'imposer dans certaines théories comme la clé ouvrant toutes les portes du savoir sociologique, par ses capacités infinies de dévoilement des intérêts cachés au coeur de toute relation sociale. Pourtant, à l'issue d'un examen approfondi, réunissant des lieux aussi divers que la Chine, l'Inde, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Guinée, les Philippines, la Russie, la Tunisie et Wallis, des sociétés aux régimes politiques allant de l'empire à la « société sans État » en passant par la démocratie et des religions allant de l'islam au chamanisme, l'autorité se révèle être une dimension nécessaire et consubstantielle à la vie sociale, articulant et ordonnant les valeurs fondamentales qui régissent la pensée et l'action collectives. En plaçant chaque forme d'autorité observée dans le tout de chaque culture, ce travail dégage non seulement certaines conclusions quant à la nature de l'autorité, mais invite également à des considérations méthodologiques générales en soulignant les impasses des « anthropologies potestatives » pour lesquelles seuls les rapports de pouvoir sont au fondement de l'ordre social.

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