Millon

  • Promenades dans Rome

    Stendhal

    Aller à rome avec stendhal en 1829, c'est rencontrer trois villes superposées : la rome romaine, ce champ de fouilles permanentes dont on espère encore des trésors de beauté, ce peuple qui a conservé l'orgueil et la dureté antiques; la ville des papes, cité de l'art, ville-musée, ville-oeuvre d'art dans l'harmonie de son climat, de ses édifices, de ses habitants, création des grands papes de la renaissance; enfin, rome est alors la capitale d'un etat, où règne l'archaïsme politique et social d'une théocratie moribonde.
    Au service de ces trois villes, stendhal a écrit un guide nonchalant, une série de contes, le journal intime d'une âme sensible au milieu des chefs-d'oeuvre.
    Il rêve ce qu'il a vu, il voit ce qu'il a rêvé: nous pouvons toujours suivre, dans la cité sublime, ce génie de la flânerie.

  • Livre des prophéties

    Christophe Colomb

    En l'an 1500, après son troisième voyage, Colomb est arrêté à San Domingo et ramené enchaîné en Espagne. Les Rois catholiques lui interdisent de retourner dans "ses" Indes. Inactif, il puise dans les écrits théologiques et dans la Bible tout ce qui concourt à faire de son destin un signe de la volonté de Dieu pour conquérir le monde et détruire les faux dieux. Ce Livre des prophéties est l'immense vision d'une apocalypse entendue que porte en lui Colomb et à laquelle il voue toute son énergie. Prophète biblique, intensément assuré d'être parcouru intérieurement par une intelligence spirituelle donnée par Dieu, Colomb se veut l'envoyé de Dieu par lequel le drame sacré de la fin des Temps est en instance d'être agencé .

  • Si au XIXe siècle Goethe, Chateaubriand, Lamartine... firent leur périple romantique obligé en Italie, en Grèce, dans les Pays du Levant, l'Orient, les ruines les intéressent peu. Pour Gaston Boissier, à Rome, Ostie, Pompéi, Carthage, les sites vont dévoiler leurs charmes et retrouver les couleurs de la vie. Historien, Gaston Boissier a le ton plaisant du conteur, le désir de faire partager ses connaissances encyclopédiques mais aussi son plaisir à la découverte des lieux. Ce ne sont pas des ville mortes que nous parcourons avec lui, mais les ruines vivantes, bruyantes.
    Aujourd'hui ces Promenade sont comme la dernière lumière au milieu des ténèbres de l'ignorance de l'Histoire antique et du mépris de la culture humaniste.
    Un petit guide éclairé pour les curieux des sites antiques.

  • Relation de la première descente de l'Amazone effectuée par Francisco de Orellana en 1541-1542, écrite par le dominicain Gaspard de Carbajal qui participa à l'expédition. Témoignage d'une prodigieuse aventure lancée au travers du ventre alors complètement inconnu - même en ses dimensions - du Nouveau Monde, à la recherche, d'une part de la cannelle, d'autre part des trésors supposés emportés par les Incas en fuite, et plus encore du nouveau Pérou, royaume d'un prince que les insuffisances périodiques de poudre d'or changent en statue vivante, « El Dorado », dont le nom deviendra celui du pays imaginaire lui-même. D'abord baptisé « Orellana » du nom de son découvreur, le fleuve va recevoir son nom d'Amazone de la localisation, quelque part sur ses rives, du peuple des légendaires guerrières, dont la rencontre d'Amérindiennes armées d'arcs relance le mythe.

  • Dans l'année 1559, des gentilshommes espagnols et portugais descendent l'Amazone à la recherche de l'Eldorado. A partir du manuscrit de Francisco Vázquez, membre de l'expédition, voici exposée l'épouvantable et « véridique » histoire de don Lope de Aguirre, rebelle à son roi.

  • Le second volume de Promenades Archéologiques commence par la vie du "découvreur" de Troie, Schliemann, aventurier autodidacte qui s'est lancé dans l'archéologie par et avec passion, sur les traces d'Ulysse. Une vie qui ressemble à un roman. Quelques années plus tard, Charles Diehl exhume les civilisations disparues dans les champs de ruines visitées en Grèce.
    Sur les pas de Pausanias, géographe et voyageur de l'Antiquité, Frazer revisite l'Attique, l'isthme, la plus grande partie du Péloponnèse, et l'on y voit se projeter successivement les sites les plus pittoresques.
    Historiens au moins autant qu'archéologues, les auteurs étudient quelques périodes de la civilisation et de la vie helléniques et disposent des tableaux plus que des catalogues.

  • En 1358, un ami de Pétrarque l'invite à l'accompagner en Terre Sainte.
    Mais Pétrarque ne sera pas du voyage : la mer le terrifie. C'est aussi qu'il entend être autrement présent : par les pages qu'il écrira, et que le pèlerin emportera avec lui. Qu'est-ce qu'un Itinéraire quand son auteur n'a jamais vu les lieux qu'il décrit, quand il n'a parcouru que de la pensée les terres qu'il explore pour autrui ? Qu'est-ce qu'un guide, et va-t-on croire que la seule façon de l'être, c'est de donner du corps la mesure des quantités de l'espace ? Les Modernes que nous sommes ont perdu le souvenir d'autres arpentages.
    Voyage dans les lieux, dans l'histoire et dans les livres, indissociablement : le déplacement est l'aventure de l'esprit. Le temps, l'âme, l'espace ont la même issue.

  • Les mythifications qui ont tenu lieu de biographie à Colomb au cours de cinq siècles commencent tôt après sa mort.
    En Espagne, sitôt réglés les problèmes de sa succession, et ses descendants admis dans la haute noblesse, il sera avec constance le saint porteur de la foi dans le Nouveau Continent accordé par Dieu aux Rois Catholiques. L'Historia de las Indias de Las Casas, critique impartiale de Colomb, y resta inédite pendant trois siècles. Et à l'époque du premier centenaire de la découverte, Lope de Vega écrivit Et Nuevo Mundo descubierto por Cristobal Colon, apothéose d'un élu, insoucieuse de quelque vérité historique.
    Dans les autres Etats européens, son mythe ne cessera de changer de couleur : chevalier des mers, payé de chaînes par l'ingratitude des souverains espagnols, ou commis lainier de Gênes, ex-commis des " multinationales " génoises, simplement avide d'or et escroquant la découverte d'un autre ; en tout cas toujours " autodidacte ", ne touchant ces terres jusqu'alors inconnues que par hasard, erreur, et sans conscience de ce qu'il s'agissait d'un Nouveau Monde.
    Les documents existent qui devaient permettre de tout savoir sur Colomb et son oeuvre. Au terme d'un long travail, l'auteur voit peu à peu se dissiper les prétendus " mystères Colomb ", et se dégager un " découvreur ", ni héros ni saint, homme de son temps en ses limites, non dépourvu de très humaines contradictions, mais certes génial et tendu vers un avenir messianique et utopique à la fois.

  • En juillet 1796, Hegel, alors âgé de vingt-cinq ans, part en randonnée dans les Alpes bernoises en compagnie de trois précepteurs saxons.
    C'est sa première (et dernière) expérience de la haute montagne. A travers la manière dont le jeune Hegel découvre les Alpes, il ne s'agit pas pour nous de déceler seulement un regard individuel, mais surtout de faire ressortir la tradition qui façonne le regard, l'oriente et l'anime. Car une vue sur les montagnes n'est jamais vierge, si ingénue qu'elle puisse paraître. Cette vision est toute pénétrée d'une compréhension qui s'est élaborée au cours du XVIIIe siècle, à travers l'appréhension de la nature par l'art.

  • Au premier coup qui atteignit Don Lope de Aguirre au-dessus de la poitrine, il dit : " Ceci n'est rien ! ", mais l'autre coup l'ayant atteint au milieu de la poitrine, il s'écria : " cette fois, oui ! " et tomba raide mort, comme un hérétique ou un païen, sans rien ajouter de plus, et cela par orgueil, comme s'il était plus avantageux pour lui de paraître mourir courageusement que chrétiennement.
    Il avait dit plusieurs fois que s'il ne pouvait arriver au Pérou, et s'y détruire et tuer tous ceux qui s'opposeraient à lui, au moins, le souvenir de ses cruautés resterait dans la mémoire des hommes et sa tête serait placée sur le pilori, afin que son souvenir ne s'effaçât jamais ; et cela, disait-il, suffisait pour le contenter. C'est ce qui fut accompli à la lettre et son âme alla en enfer où il désirait aller, disait-il souvent, parce que Jules César, Alexandre le Grand et d'autres grands capitaines y étaient, tandis qu'au ciel il n'y avait que pêcheurs, charpentiers et gens de rien.
    Il fut donc à l'enfer tenir une éternelle compagnie à ces illustres guerriers, et il restera de lui le même souvenir que de l'infâme Judas, pour qu'on le maudît et le honnît comme l'être le plus pervers qui soit né dans le monde. " Dans l'année 1559, des gentilshommes espagnols et portugais descendent l'Amazone à la recherche de l'Eldorado. A partir du manuscrit de Francisco Vazquez, membre de l'expédition, voici exposée l'épouvantable et " véridique " histoire de Don Lope de Aguirre, rebelle à son roi.

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