Passes Composes

  • De 1789 à 1799, la France est en révolution. Pour rendre compte des grands événements et des grands changements qui ont marqué ces années, ce livre allie récit et modélisation des données historiques. Il propose ainsi la première histoire de la Révolution par l'infographie au monde. Il ne s'agit pas ici d'illustrer un texte mais de permettre une autre lecture de l'histoire, à la façon d'un kaléidoscope.
    Au-delà de la puissance d'analyse de Jean-Clément Martin, nourrie par trente ans de réflexion sur la période, et du talent exceptionnel du data designer Julien Peltier, l'intérêt de la démarche est de pouvoir allier conceptualisation et émotion, généralité et singularité. Les grandes journées révolutionnaires et les grandes mutations doivent être comprises dans leurs multiples dimensions au gré de différentes échelles.
    Les thèmes traités ici - la chute de la monarchie, la Terreur, la contre-révolution, la condition des femmes, la révolution militaire, la Vendée, l'esclavage, la déchristianisation... - le prouvent. C'est ce foisonnement qui est saisi par les auteurs, grâce au supplément de sens porté par l'infographie.

  • À l'origine de ce projet un simple constat : l'absence d'ouvrage récent et complet, de synthèse, en français et à destination du grand public, sur les questions complexes soulevées par la Shoah. Or, nombre de questions - quelle fût l'attitude des Juifs face à la répression et aux déportations ? Quelle fût leur capacité de résistance ? Quelles furent les raisons du différentiel de traitement des Juifs d'Europe centrale et orientale et des Juifs occidentaux (en particulier des Juifs de France) ? De quelle aide ou de quels secours ont-ils pu disposer ? Quelles furent les motivations des bourreaux ? Que savaient les alliés de la Shoah ? - ont, depuis une vingtaine d'années, trouvé leur réponse grâce aux travaux d'une nouvelle génération de chercheurs et chercheuses. Dans le contexte actuel, il est donc apparu indispensable aux auteurs de fournir des clés de lecture claires et précises sur l'histoire de la Shoah, pouvant le cas échéant servir d'arguments face aux propos éventuellement révisionnistes, complotistes ou négationnistes.

  • Patrimoine mondial en péril Nouv.

    "Dans un article paru dans American Antiquity, les auteurs alertaient, chiffres à l'appui, sur le déclin prononcé du nombre de découvertes archéologiques majeures faites au cours des 20 dernières années. Et pourtant, de même qu'il n'existe pas d'humanité sans mémoire, il ne peut y avoir de sociétés sans ruines. Cette prise de conscience de l'importance du passé, en particulier de la conservation des monuments et sites les plus remarquables parvenus jusqu'à nous, a émergé peu à peu.

    Il était temps, les menaces pesant sur les monuments et sites anciens sont nombreuses, et diverses : destructions volontaires, pillage, pression de l'urbanisation, tourisme de masse, restaurations abusives, négligence et pollution ou encore conséquences des changements climatiques. Pour mieux comprendre les enjeux de la sauvegarde de ces trésors, il faut les montrer dans leur plénitude. C'est toute l'ambition de ce livre : par le texte et par l'image, ce sont ainsi les joyaux d'Angkor, d'Alep, de Palmyre, d'Haïti, de Nazca, de Méroé, de Pachacamac ou encore de Venise qui se révèlent, dans toutes leur puissance, et leur fragilité."

  • Qui est l'homme que Barack Obama cite dans son discours d'investiture et considère comme un exemple à suivre ? Qui est Sévériano de Hérédia, que des esprits chagrins ont surnommé le Nègre de la République ou le député Chocolat pour lui rappeler qu'il n'était qu'un intrus sous les ors de la Troisième République ? Isabelle Dethan et Antoine Ozanam revient sur l'histoire extraordinaire d'un jeune mulâtre chassé de la Havane à 8 ans par une révolte qui menaçait sa famille. La vie parisienne le séduit. Rentier, insouciant jouisseur, il profite de la vie, plaît aux femmes. Sévériano, pour se faire un nom, se pique de critique littéraire, de journalisme pour finir par entrer en politique. Sa carrière le mènera loin : président du Conseil municipal de Paris, député puis ministre des Travaux publics. Ses positions sont souvent en avance sur son temps, il milite pour le vote des femmes, la défense de la laïcité à l'école, il défend les organisations syndicales et fait voter de très importantes lois limitant le travail des enfants. En quittant la politique, Sévériano de Hérédia, qui n'a jamais cessé de faire des affaires, fera la promotion des fiacres à moteurs électriques. Cet album brosse le portrait du premier « maire » noir de Paris comme de la haute société parisienne, au final de celui d'un homme plein de contradictions mais prodigieusement en avance sur son temps.

  • Cutshin creek

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    Si tous les États américains sont frappés par la Grande Dépression (1930-1940), certaines régions souffrent plus que les autres. Les mines de charbon des Appalaches, dans le Kentucky, ferment les unes après les autres, laissant sur le carreau des familles entières. Privées de ressources, certaines se lancent dans le trafic d'héroïne, plus lucratif que les longues journées passées au fond des galeries. Souvent illettrés, les habitants des montagnes isolés survivent dans de petites masures, dans des conditions proches de celles des premiers pionniers américains. Leur mentalité violente est caractérisée par une farouche indépendance et un individualisme sauvage. Kathryn, la bibliothécaire à cheval qui parcourt plus de 300 km par semaine en montagne pour tenter de maintenir un lien social avec ces familles, dans la cadre du New Deal lancé par Roosevelt, n'est pas la bienvenue dans la cabane des Trivette. Les trois frères qui vivent chez leur mère terrorisent la vallée, entre deux séjours au pénitencier. La frêle book lady devra faire preuve d'intrépidité et d'un courage sans faille pour sauver sa vie. Maîtrisant à la perfection les codes du western, combat entre le bien et le mal, entre culture et sauvagerie, entre courage et lâcheté, entre intelligence et bêtise, Séverine Gauthier et Benoît Blary mettent en scène un monde totalement inconnu au travers d'une figure féminine puissante et originale.

  • Depuis une vingtaine d'années, l'étude du terrorisme a connu un regain d'intérêt, ce dont la recherche et les enseignements du plus grand historien américain de la guerre, John Lynn, témoignent. Fruit de plusieurs années de réflexion, ce livre propose une synthèse globale sur le terrorisme aux XIXe et XXe siècles, du terrorisme d'État au terrorisme islamique, en passant par le narcoterrorisme, le terrorisme nationaliste, le suprémacisme, le terrorisme marxiste ou encore politique. Car pour Lynn, le terrorisme est une forme de violence qui implique la menace d'une violence future et compte sur l'effet paralysant de la peur. Dans ce texte accessible et complet, Lynn retrace ainsi l'évolution du terrorisme au fil du temps, exposant ses constantes et ses contrastes. Ce faisant, il contextualise cette violence et fait valoir qu'une connaissance de l'histoire et de la nature du terrorisme peut tempérer ses effets psychologiques, et donc aider à évaluer plus précisément et avec soin les menaces afin d'élaborer des réponses éclairées.

  • Napoléon : la biographie inattendue Nouv.

    Même si de nombreuses caricatures l'ont pris pour cible, Napoléon n'a pas connu le dessin de presse. Il en aurait pourtant été un modèle inspirant et en serait vite devenu le héros, sans qu'on sache s'il en aurait souri, ni même s'il aurait laissé faire. Dans une fantaisie à la fois drôle et sérieuse, Thierry Lentz et Fanny Farieux imaginent ceux qui auraient pu illustrer sa vie. De sa naissance en Corse à la construction de sa légende au XIXe siècle, en passant par ses premiers triomphes, en Italie ou à Austerlitz et ses ultimes défaites, Waterloo par exemple, le plus important historien du Premier empire retrace la vie de Napoléon Ier dans un livre où l'humour n'entame pas l'exactitude. Cette biographie parfois historique, parfois drolatique, parfois décalée, permet de redécouvrir un destin hors du commun. Un livre salutaire, joyeux et rassembleur?!

  • L'opération Barbarossa, qui s'ouvre le 22 juin 1941 par l'entrée des Panzers de l'Allemagne hitlérienne en Union soviétique, est une guerre d'idéologies : le nazisme et son armée donnent alors la pleine mesure de leur potentiel de destruction. En face, le bolchevisme stalinien radicalise sa violence : la guerre ne change pas le stalinisme, elle l'exalte. En 1941, Wehrmacht et Armée rouge sont, de loin, les deux plus gros instruments militaires de l'époque. Dix millions d'hommes s'affrontent et se détruisent lors d'opérations militaires aux proportions monstrueuses : les plus gros encerclements, les percées les plus spectaculaires, les retournements les plus improbables aussi.
    Combats, exécutions, exactions, famines délibérées tuent en 200 jours plus de 5 millions d'hommes, femmes et enfants, soldats et civils.
    Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri brossent la fresque du plus terrible affrontement de la Seconde Guerre mondiale, passant du Kremlin au QG du Führer, des états-majors des Fronts à ceux des groupes d'armées, du NKVD aux Einsatzgruppen, des unités en marche aux usines et aux fosses d'exécution. Une somme unique et exceptionnelle.

  • Le royaume de France est supposé reposer sur l'amour réciproque, puisque la cité des hommes copie la cité de Dieu. C'est la raison pour laquelle l'assassinat du prince est un scandale inouï. Répandre le sang sacré des rois est crime de lèse-majesté divine et humaine, et la France fut renommée pour ne pas tuer ses rois, ceci jusqu'à la fin du XVIe. L'assassinat d'Henri III (1589) et d'Henri IV (1610) puis la décapitation de Louis XVI, mirent fin à cette thématique. Puis vient l'ouragan homicide du XIXe et le non moins violant XXe siècle. Pour comprendre cette réalité française, du Moyen Age à nos jours, Colette Beaune et Nicolas Perruchot offrent, dans une démarche très accessible, l'histoire des plus importants assassinats politiques, du templier Jacques de Molay à l'attentat du Petit Clamart, en passant par le duc de Guise, Lavoisier, Marat, le duc d'Enghien ou encore Jaurès... Au-delà de récit puissant, ils expliquent que tout assassinat d'un dirigeant politique est une protestation contre l'ordre du monde, tout assassin espère le changer, qu'il s'agisse de Charlotte Corday ou Raoul Vilain (qui tua Jaurès). Le but de la violence devient alors le rétablissement d'un espace de paix et d'une société plus juste : refaire de Paris une autre Jérusalem ou faire advenir le grand soir.

  • Le XVIIIe siècle s'ouvre avec Le Pèlerinage à l'île de Cythère d'Antoine Watteau et s'achève avec La Mort de Marat de Jacques-Louis David : la naissance de la fête galante versus l'agonie d'un tribun révolutionnaire. Deux chefs-d'oeuvre qui illustrent la légèreté et la gravité d'un siècle, deux facettes antagonistes mais complémentaires d'une même époque. Les dix oeuvres ici racontées sont ainsi autant de jalons pour saisir ce siècle passionnant dans ses innombrables contradictions : elles correspondent toutes à un moment du XVIIIe et disent son histoire artistique, culturelle, philosophique, sociale, économique et, bien évidemment, politique. Autant de chefs-d'oeuvre qui ont forgé une société nouvelle, éprise de liberté, d'indépendance et de transgressions, au fil d'un siècle qui, sous la plume sensible de Cécile Berly, oscille sans cesse entre une légèreté savamment entretenue et une gravité qui confine au drame.

  • Pearl Harbor, Midway, Guadalcanal, Leyte, Iwo-Jima, Okinawa... Ces noms passés à la postérité jalonnent l'histoire de l'océan Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Au point de faire oublier que des opérations ont eu lieu dans cette même région trente ans plus tôt, lors de la Grande Guerre. Août 1914. Alors que le monde s'embrase, l'attention se porte sur le front français, où l'armée allemande approche de Paris. À des milliers de kilomètres, une autre Grande Guerre éclate. Le Royaume-Uni, le Japon et la France attaquent les territoires allemands dans le Pacifique et en Chine. Si les combats à proprement parler sont d'une ampleur inférieure aux hécatombes en Europe, les enjeux sous-jacents ont, eux, un impact capital sur l'avenir du XXe siècle. En dépeçant l'Empire allemand du Pacifique à son avantage, le Japon se positionne comme principale puissance régionale dès 1914 et acquiert à peu de frais des bases stratégiques qui lui permettront de prendre de vitesse toutes les armées alliées dans la région lors de sa grande offensive de 1941-1942. Outre d'être un récit d'ordre militaire, cette première histoire de la Première Guerre mondiale dans le Pacifique est aussi politique dans la mesure où on découvre que les colonies, qui n'avaient rien demandé, ont été obligées d'assumer le bellicisme de leur métropole.

  • Après l'âge des grands empires sédentaires de l'Antiquité, l'époque qu'on appelle médiévale en Occident fut celle des empires nomades des conquérants de la steppe. Ainsi, durant plus d'un millénaire, les guerriers de Haute Asie ont-ils rythmé la vie d'une grande majorité des populations d'Eurasie et du Moyen-Orient. Ce livre retrace l'histoire de ces peuples conquérants, y compris celle des empires les plus connus, comme ceux des Huns, des Mongols ou des Timourides, mais aussi les empires des Kökturks, des Khazars ou des Qarakhanides, dont l'histoire nous est moins familière. Fondé sur les plus récentes découvertes historiques, archéologiques et scientifiques réalisées durant les dernières décennies, il propose un nouvel éclairage sur la question. Deux interrogations en particulier servent de fil d'Ariane : comment ces modestes peuples venus de nulle part ont-ils pu imposer leur joug sur d'aussi vastes territoires et sur autant d'individus ? Pourquoi, aussi, et comment ces empires omnipotents ont-ils disparu les uns après les autres, souvent sans laisser de traces, ou si peu ?

  • Les sorties de guerre font aujourd'hui l'objet de réflexions fécondes, notamment en France. Dans la cas de la Première Guerre mondiale, afin d'appréhender le phénomène historique dans toute sa complexité et dans une perspective résolument européenne, une approche collective s'imposait. Les limites chronologiques - janvier 1918 à la fin de l'année 1925 - permettent, elles, de montrer les scansions fondamentales qui rythment ce laps de temps où les peuples croient en finir avec la guerre, quand celle-ci se prolonge et se transforme. L'année 1918 doit être étudiée pour elle-même : en un an, les visages de la guerre évoluent par le retour de la guerre de mouvement. L'année 1919 est déterminante, alors que les démobilisations militaires se font et que les sociétés commencent à revivre. Les années 1920 à 1925 voient enfin les prémices du fascisme italien, du nazisme allemand et l'extension de la révolution bolchevique, tandis que le démantèlement des empires centraux se poursuit par de nombreuses guerres civiles. La sortie de guerre se fait donc singulièrement attendre dans de nombreux secteurs de l'Europe traumatisée par la Grande Guerre.

  • Danton et Robespierre sont restés, dans l'imaginaire collectif, deux monstres politiques incarnant deux faces de la Révolution. Car si l'on en croit la puissance du verbe, à la capacité d'entraînement de cet art consommé de la séduction, la parole de Danton et de Robespierre porte un écho qui dépasse de loin leur mort. Ils témoignent de cette vérité que rien dans le monde ne se fait sans passion. En cela ils sont le miroir d'une génération, d'un élan et d'une certaine idée de la France, dans ce qu'elle a de profondément national et universel. C'est pourquoi aussi ils incarnent plus que ce qu'ils ont été, et parlent encore.

    Tout semblait les unir. Ils étaient avocats et du même rang social, des bourgeois. Ils étaient tous les deux révolutionnaires, patriotes, démocrates, républicains. Tous les deux, premiers élus de Paris, montaient à la même tribune, étaient du même parti de la Montagne, fréquentaient les mêmes sociétés politiques, ayant les mêmes amis, les mêmes ennemis. Jeunes et déjà célèbres, ils ont gouverné la France par la puissance de leurs discours, avant que la fièvre révolutionnaire ne les emporte. Ils promirent de donner leur vie pour la Révolution et moururent la même année, à trois mois près.

  • La définition d'une barrière chronologique séparant la Révolution de la période impériale permet d'isoler deux perspectives : l'une constituée d'un moment collectif (la Révolution) ; l'autre centrée autour d'un seul individu (Bonaparte). Elle n'est cependant pas satisfaisante, si l'on considère que Napoléon s'est emparé des actifs de la Révolution pour mieux les consolider à travers l'oeuvre de son régime. Or, parmi les actifs en question, figure l'internationalisation de la Révolution en Europe et la diffusion de ses idées. Le « système de famille » des Bonapartes est la clé de voûte de cette Europe reconfigurée par un processus révolutionnaire inachevé. Elle nous emmène sur les théâtres européens les plus variés : Vienne, Berlin, Naples, Madrid, la Russie, jusqu'à la périphérie de l'Empire (Corfou), à travers les exemples des membres de la famille impériale comme de ceux qui les ont suivis ou combattus. Alors il est en effet possible de mieux saisir à la fois la nécessité d'effacer la coupure chronologique de 1789, mais aussi de décentrer la figure du Napoléon omniscient et omnipotent au profit d'une réflexion à travers les méandres d'une Europe partagée entre plusieurs temps et la difficile question des identités nationales.

  • Comment une des élites les plus cultivées d'Europe a-t-elle abdiqué face au nazisme ? C'est la réponse à laquelle un des plus grands spécialistes de l'Allemagne répond dans ce livre. Christian Baechler trace l'itinéraire méconnu d'une bourgeoisie culturelle, du début du XVIIIe à la Seconde Guerre mondiale. Le parlement de Francfort de 1848-1849 marque l'apogée de son influence qui décline dans l'Allemagne bismarckienne, tandis que le nationalisme devient son idéologie dominante. Accentuée par la défaite de 1918 et par la crise des années Trente, elle favorise un relativisme qui se manifeste, dans le contexte de la flambée de l'antisémitisme, par un nationalisme raciste. Ce sont des conditions favorables à une adhésion au national-socialisme pour certains ou au retrait dans l'abstention ou l'indifférence pour la plupart. Toutes les conditions étaient réunies pour qu'elle se compromette dans l'entreprise hitlérienne. Voici la fresque totale, fascinante et apocalyptique de l'effondrement d'une des élites les plus prometteuses de l'ère moderne.

  • De saint Wenceslas à la Sainte Couronne de Hongrie, du bouclier de la foi aux invasions mongoles et aux croisades de Prusse, les motifs qui ont forgé l'imaginaire collectif des habitants de l'ancien "bloc de l'Est" et leur servent aujourd'hui de références identitaires jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat et de la diplomatie remontent pour l'essentiel au Moyen Age. Impossible de comprendre l'évolution actuelle de ces pays sans disposer de ces clés de compréhension.
    Confié à une centaine d'historiens, sous la direction de Marie-Madeleine de Cevins, ce livre - qui tient à la fois du dictionnaire encyclopédique et de l'essai collectif - embrasse l'ensemble géographique couvert par les duchés puis royaumes de Bohême, Moravie, Hongrie et Pologne sur plus de huit siècles.

  • Jamais encore l'histoire de Rome n'avait été pensée et racontée ainsi, par le recours à la datavisualisation, à l'infographie. Nourri par l'érudition de John Scheid, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et extraordinairement mis en musique par Nicolas Guillerat, ce livre offre à tous les publics, avec des niveaux de lectures adaptés à chacun, une plongée dans la Rome antique, de la naissance de l'Empire aux guerres puniques, du système politique romain à l'économie de l'Urbs. Dans une démarche historienne rigoureuse et en puisant aux meilleures sources internationales, mais avec le souci constant de la clarté, les auteurs proposent un livre unique au monde, aussi important par la masse de données qu'il rassemble que par son exceptionnelle proposition graphique. L'histoire, par l'infographie, se voit ainsi offrir un nouveau mode de narration capable de séduire des lecteurs de tous âges et horizons.

  • Explorer la diversité des pratiques guerrières sur tous les continents depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, telle est l'ambition des Mondes en guerre. Dès l'Antiquité, objet du premier volume, la formation d'empires alimenta un vaste processus de confrontations et d'échanges militaires, avant que l'ère des Grandes Découvertes, au départ du second volume, ne déclenche l'intégration de tous les continents dans un espace martial unifié. La séquence des guerres mondiales et impériales, de 1870 à 1945, introduisit finalement la sujétion du globe aux grandes puissances militaires.
    Au terme de cette histoire des Mondes en guerre, l'arme nucléaire change la donne et les défis de sécurité se mondialisent. Nous entrons dans une période de « longue paix », qui ne signifie pourtant pas l'absence de conflits : de la guerre froide et des guerres de décolonisation aux opérations de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU, en passant par la lutte contre le terrorisme et la cyberguerre, la guerre reste en effet quotidienne. À travers une diversité d'études - culturelles, politiques, juridiques, stratégiques, techniques -, conjuguée à une diversité des approches - anthropologique, économique, sociologique -, c'est une histoire d'un monde en guerre qui se dessine, dont les frontières semblent abolies.

  • Pour les historiens arabes les plus lucides, ce que nous appelons les Croisades entre dans le récit plus vaste de l'effondrement de l'Empire islamique. La grande offensive des " Francs " en Méditerranée constitue l'une des deux mâchoires de la tenaille qui prend en étau l'Islam aux XIIe-XIIIe siècles, et menace de l'anéantir. L'autre mâchoire, de loin la plus redoutée, se resserre à l'est avec les invasions mongoles.
    Au regard du gouffre de cette apocalypse orientale, les événements de la part occidentale du monde islamique, où s'inscrivent nos Croisades, nous ramènent presque à l'ordinaire des temps. C'est donc à un décentrement du monde que nous invite Gabriel Martinez-Gros, en nous positionnant à Damas ou Bagdad, voire Pekin, et non plus seulement en regardant Jérusalem depuis Rome ou Paris. Ainsi se révèle, dans une perspective mondiale et par un historien nourri de sources aussi bien latines qu'arabes, ce que furent les Croisades, l'empire de l'Islam et la puissance mongole.

  • Contre Clausewitz, pourquoi ? L'objectif n'est pas d'infirmer la théorie de Clausewitz, mais de faire l'histoire de la pensée de la guerre de 1780, date de sa naissance, à 1837, année de publication du dernier volume de ses oeuvres complètes par sa veuve. Au-delà du parcours personnel de Clausewitz, la période 1780-1837 se caractérisa par l'implantation de la théorie militaire comme un véritable champ littéraire. Antoine de Jomini, né en 1779, acquit la gloire d'être considéré comme l'auteur de référence de ce domaine. Or la pensée de Clausewitz fut attaquée par Jomini sur ses fondements théoriques et sur les modalités de sa mise en oeuvre, qui s'appuyaient sur le mérite d'une « plume facile », mais « parfois un peu vagabonde » et « surtout trop prétentieuse ». Au-delà de la subjectivité de leur point de vue, ces critiques soulevèrent l'enjeu de la mise en oeuvre littéraire de la pensée de la guerre. Clausewitz en avait lui-même établi le constat en reconnaissant l'inachèvement de son oeuvre. Ainsi Clausewitz révéla des problématiques de la théorie militaire, qu'il ne parvint pas à surmonter mais qu'il contribua à mettre en évidence. Il faut donc s'appuyer sur Clausewitz pour étudier la construction contre - ou avec - Clausewitz de la pensée militaire.

  • De Marx, on connaît la pensée, les théories, les idées, mais que sait-on de sa vie ? Et s'il suffisait, pour la découvrir, d'interroger Jenny, sa femme ?
    Des rives de la Moselle à celles du Mississipi, en passant par les bas-fonds de Londres et la Commune de Paris, Jérôme Fehrenbach restitue la vie du grand amour de l'auteur du Capital. Loin des stéréotypes, il montre que Jenny était une bourgeoise typique du XIX siècle, attachée aux convenances, et qu'elle lorgnait sur les héritages avec à peine moins d'inélégance que Marx. Elle eut néanmoins un courage et une dignité qui forcèrent l'admiration de tous. C'est aussi l'occasion de découvrir un nouveau Karl Marx, dans son intimité, où des failles et des aspérités de sa personnalité sont désormais dévoilées.
    Fondée sur des archives secrètes, inédites et jamais consultées, cette biographie, la première du genre, est un événement éditorial. Elle révèle l'envers du décor à la fois conjugal et politique des Marx, le duo inverse de celui formé par Marx et Engels : le duo de Marx et de cette femme qu'il chérit.

  • Napoléon est un bibliothécaire qui ne s'ignore pas. C'est la conclusion surprenante de cette étude, la toute première du genre, à partir des documents d'archives et des papiers Saint-Denis, son « garde des livres », inconnus pendant deux cents ans. À Sainte-Hélène, l'ex-Empereur ne fut pas seulement en lutte avec son geôlier sur les questions de titre, de finances et des limites de l'enfermement, ni le malade, ni l'historien de son règne. Il fut aussi le gestionnaire de sa bibliothèque, une activité qui dépasse de loin sa passion de la lecture. Il finit par s'y investir totalement, comme dans le seul domaine où il pouvait retrouver son pouvoir perdu. La bibliothèque est une autre facette du Napoléon prisonnier largement ignorée jusqu'à maintenant. À la faveur de cette histoire, c'est bel et bien un portrait jamais dessiné des dernières années de Napoléon, celle d'un homme qui retrouve une de ses plus vieilles passions, sur laquelle il concentre ses dernières forces, ses derniers espoirs.

  • Louis XIV domine son époque. Sur le plan international, il étend les frontières du royaume, établit des colonies en Amérique, en Afrique et en Inde, et contribue à faire de son petit-fils le roi d'Espagne. Il est l'un des plus grands mécènes de l'histoire européenne - Molière, Racine, Lully, Le Brun, le Nôtre travaillent pour lui, Versailles et ses satellites à Marly sont jalousés. Partout Louis encourage la danse, la chasse, la musique, la conversation, en particulier avec les femmes, dont le pouvoir est l'un des thèmes les plus originaux de ce livre. Obsédé par les détails du gouvernement, Louis XIV fut un roi politique, même si ses choix de ministres et généraux se sont avérés désastreux, notamment après la mort du très compétent Colbert.

    C'est de cette figure hypnotique bien qu'imparfaite, incarnation idéale du grand monarque, que Philip Mansel brosse le portrait, en s'appuyant sur les toutes dernières recherches tant en France qu'en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il porte une attention particulière à la culture de cour et à la politique étrangère du roi, réintroduisant dans l'histoire européenne puis mondiale un roi de France aux prétentions universelles.

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