Verticales

  • Abû Nuwâs a vécu une époque où la religion islamique, n'étant pas menacée, était disposée à transiger.
    On a bien du mal à imaginer aujourd'hui que cette rouvre poétique, d'une audace érotique, satirique et mystique sans égale, ait, à rebours de toute pruderie dévote, reçu les louanges des plus grands esprits de son temps. Plus subversifs que jamais, les vers cinglants de Abû Nuwâs, à la gaité féroce et au tragique serein, semblent de nature à réveiller les peuples arabes de la torpeur morne où ils sont, pour leur malheur, engoncés.
    Mais aussi à entamer l'égocentrisme culturel occidental.

  • Certaines nuits, les bruits dans le lointain et le tambourinement lancinant de la pluie qui cinglait les vitres près de mon lit, m'arrachaient au sommeil.
    Soulevant légèrement la tête, l'oreille aux aguets, je tentais d'évaluer la distance qui me séparait de la zone des bombardements. Dehors la nuit recouvrait tout. Une nuit infinie. Quand les tirs s'intensifiaient, je ne parvenais plus à distinguer le fracas de l'orage du tonnerre des explosions. Les deux se confondaient. Si le ciel pleuvait à verse, les obus me paraissaient plus supportables, comme si, mouillés eux aussi par la pluie, ils s'amortissaient et heurtaient avec moins de brutalité les façades et les habitants des immeubles.

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