Éditions Zulma
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Une professeure de lettres anglophones, contrainte de quitter l'université de Téhéran pour avoir refusé de porter le voile, réunit sept de ses étudiantes pour des cours clandestins de littérature, dans l'intimité de son salon, en pleine République islamique des années 1990. Sept jeunes femmes qui sont pour certaines conservatrices et religieuses, d'autres laïques et progressistes, voire ont déjà été emprisonnées. Ensemble, étudiantes et professeure vont lire et parler de Gatsby de Fitzgerald, Lolita de Nabokov, Orgueil et préjugés de Jane Austen... en s'interrogeant : ces romans sont-ils subversifs, ou est-ce le fait de les lire, en Iran, en 1995, qui est subversif ?
Elles découvrent avec passion le pouvoir de la fiction et ses répercussions sur leur vie personnelle, leurs péripéties, leur quotidien sous la République islamique.
Paru en 2003 aux États-Unis et 2004 en France, Lire Lolita à Téhéran provoqua une déflagration. Vingt ans plus tard, il n'a rien perdu de sa pertinence. -
Logn est biochimiste, spécialisée dans les cellules, les plus petits éléments du corps humain. Elle a 61 ans, s'est toujours sentie femme mais est née dans un corps d'homme. Longtemps elle a tenté de s'en accommoder, s'est parfois habillée en femme, a parfois couché avec des hommes, a été DJ dans un bar gay. Puis elle s'est mariée avec Sonja, a eu un fils, qui lui-même est devenu adulte. Et soudain c'est devenu intolérable, à se jeter dans l'océan pour ne plus jamais reparaître : elle ne veut pas, quand la mort la rattrapera, que son cercueil se referme sur un corps qui ne lui correspond pas. Divorce, traitement hormonal, et bientôt, elle l'espère, l'opération du bas. À son âge ? Sa famille l'a rejetée, ses soeurs refusent qu'elle porte le prénom de leur grand-mère Guðriður. Son seul soutien est son frère jumeau, Trausti, qui passe la voir tous les jours et l'appelle pour lui souhaiter bonne nuit. Il veille sur elle. Face au désarroi d'avoir perdu un frère, il ne peut prendre le risque de perdre aussi sa soeur.
Avec délicatesse, une pudeur salvatrice et une poésie de chaque instant, DJ Bambi s'attache aux questions d'identité, aux marginalités et au temps qui passe, en une merveilleuse ode au genre féminin. -
Alba voyage aux quatre coins du monde pour des colloques sur les langues en voie d'extinction. De retour à Reykjavík, elle fait le compte : pour compenser son empreinte carbone, il lui faudrait planter 5 600 arbres. Ni une ni deux, elle repère un terrain de roche, de lave et de sable avec une petite maison. Rien n'est censé pousser là mais Alba y projette déjà une colonie de bouleaux.
Peu à peu, Alba apprivoise son jardin d'Éden. Elle s'équipe au rayon bricolage de la boulangerie, prête l'oreille à son voisin qui lutte contre un projet d'usine à glaçons, et s'attache à un jeune réfugié prêt à absorber tout le dictionnaire...
Ode au pouvoir infini des mots, Éden explore notre faculté à déjouer les paradoxes de l'existence, à nous réinventer. Un régal d'humour et d'humanité. -
En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.
« Un humour baroque et léger irradie tout au long de cette histoire où rien décidément ne se passe comme il faut, ni comme on s'y attend. » - Anne Crignon, Le Nouvel Observateur.
« Tant de délicatesse à chaque page confine au miracle de cette Rosa candida, qu'on effeuille en croyant rêver, mais non. Ce livre existe, Auður Ava Ólafsdóttir l'a écrit et il faut le lire. » - Valérie Marin La Meslée, Le Point.
Roman traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson
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La Vérité sur la lumière
Audur Ava Olafsdóttir
- Éditions Zulma
- Littérature Z/A
- 5 Juin 2025
- 9791038703766
Dýja descend d'une lignée de sage-femmes islandaises. Seules sa mère et sa soeur y ont échappé : l'une travaille dans les pompes funèbres, l'autre est météorologue - naître, mourir et, entre les deux, quelques tempêtes.
Lorsqu'elle aide à mettre au monde son 1922e bébé, Dýja note à quel point le plus difficile est toujours de s'habituer à la lumière. Alors qu'un ouragan
d'une force inouïe menace l'île, elle apprivoise l'appartement mal fichu hérité de sa grand-tante, avec ses meubles vintage, ses ampoules qui clignotent et un carton à bananes rempli de manuscrits. Car tante Fífa a poursuivi l'oeuvre de l'arrière-grand-mère, qui recueillait les récits de ces femmes parcourant la lande dans le blizzard, les mêlant à ses propres réflexions fantasques et visionnaires sur la planète, la vie - et la lumière.
Sous les combles, un touriste australien semble venu des antipodes simplement pour faire le point. Décidément, l'être humain est l'animal le plus vulnérable de la Terre, et le fil ténu qui nous relie à la vie est aussi fragile qu'une aurore boréale. -
Islande, 1963. Hekla, vingt et un ans, quitte la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík. Il est temps d'accomplir son destin : elle sera écrivain. Sauf qu'à la capitale, on la verrait plutôt briguer le titre de Miss Islande.
Avec son prénom de volcan, Hekla bouillonne d'énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l'amie d'enfance qui s'évade par les mots - ceux qu'on dit et ceux qu'on ne dit pas -, et son cher Jón John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche...
Miss Islande est le roman, féministe et insolent, de ces pionniers qui ne tiennent pas dans les cases. Un magnifique roman sur la liberté, la création et l'accomplissement. -
Il se souvient de la villa qui donnait sur la mer et de son opulent jardin : il y soignait iris, trompettes des anges, glaïeuls et pulmonaires. Témoin discret et impartial, le vieux jardinier raconte : le jeune couple, beau et fortuné, leurs amis toujours plus nombreux, les baignades et les promenades à cheval, une vie d'insouciance et d'oisiveté sous les yeux de l'indomptable cuisinière et de toute une maisonnée. Avec l'arrivée d'un nouveau voisin, fortune faite en Amérique, surgit la menace d'un passé enfoui.Comme au ralenti, le drame se déroule, dans un luxe de détails et de non-dits, un savoureux mélange de détachement et d'émotion.Mercè Rodoreda (1908-1983) est née à Barcelone. Ses idées républicaines et son engagement la contraignent à un long exil de Paris à Genève entre 1939 et 1975. Avec La Place du diamant et Rue des Camélias (Prix Sant Jordi), elle s'impose comme la grande dame des lettres catalanes. Le Jardin sur la mer est traduit pour la première fois en français.
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Les enfants de la forêt aux rennes
Kristin Omarsdóttir
- Éditions Zulma
- Littérature
- 5 Février 2026
- 9791038704121
Dans un pays sans nom se niche la ferme des Enfants de la Forêt aux rennes. Là, des poupées prennent vie, un pantin désarticulé écrit un traité de philosophie et un ancien danseur étoile vient réparer son coeur brisé. Et puis il y a Billie, qui tente de naviguer dans le monde curieux des adultes.
C'est sans compter sur l'arrivée de Rafael, qui ne veut plus être soldat. Qui est-il, ce jeune homme qui a toujours rêvé d'être fermier et de tenir une poule dans ses bras ?
Peu à peu, Billie et Rafael s'apprivoisent. Pourtant, quelque part au-delà des montagnes, une guerre se déroule toujours. Bientôt d'étranges visiteurs pointent le bout de leur nez : Pétur le parachutiste malchanceux, deux inspecteurs des impôts un peu trop zélés, une nonne peut-être espionne ou encore Isak le berger. Gare à ceux qui osent troubler la solitude des Enfants de la Forêt aux rennes !
Une fable moderne, drolatique et grinçante. -
Au détour d'une partie de chasse en Sologne, l'imminence d'une tempête historique cloître au château les invités de Charles Dupont-Malloré. Parmi eux le célèbre écrivain Carl W. Lutzwein et sa fille adoptive, Alister le laird écossais qui vient d'acquérir le domaine voisin du Gué des Bornes, Adonie victime d'une charge de sanglier, ou encore Léonie, une revenante... Charles instaure les règles du jeu d'un faux procès qui se mue en une nuit fatidique...
La nouvelle introductive pose les bases, les lieux ou les personnages des suivantes : le tombeau vide de la sculpturale Amphéandra, une librairie symbole de résistance contre la censure, l'atelier d'un peintre habité de toiles inachevées et hanté par un ancien modèle...
La Nuit des juges nous plonge dans des univers singuliers, un théâtre où les ombres sont omniprésentes, incarnant le mystère, l'inconnu et la part obscure de l'âme humaine, métaphores de la fragilité de l'existence, de la frontière souvent violente entre la vie et la mort, et de la quête de sens. Souvenirs enfouis, secrets et non-dits viennent peupler l'atmosphère onirique et mélancolique de ce recueil qui interroge la condition humaine et ses contradictions. Énigmatique et divinement poétique. -
Dans le vacarme d'un réveillon de nouvel an, María n'entend pas ce que son mari lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos. La voilà confrontée au grand vertige de la séparation. Heureusement, Perla est là, charitable voisine d'à peine un mètre vingt. Comme les lutins des sagas, Perla surgit à tout moment pour secourir la jeune femme sidérée, dont les mésaventures inspirent étrangement le traité sur le bonheur qu'elle est en train d'écrire.
Avec L'Exception, on s'amuse des moeurs de la société islandaise à travers des personnages bousculés par le sort qui se jouent de toutes les drôleries de l'inconstance humaine. -
Le berger de l'Avent
Gunnar Gunnarsson
- Éditions Zulma
- Littérature Z/A
- 14 Novembre 2019
- 9782843048791
Comme chaque année depuis vingt-sept ans, début décembre, Benedikt part avec ses deux fidèles compagnons (son chien et son bélier), pour ramener les moutons égarés avant que l'hiver ne s'abatte pour de bon sur les terres d'Islande.
Le berger, Roc le bélier et Leo le chien se mettent en chemin, toujours plus loin, de refuge en abri de fortune, dans la neige et la nuit, sur des chemins de montagne, dans ce royaume de neige où la terre et le ciel se confondent, avec pour seuls guides quelques rochers et le ciel étoilé. En égaux ils partagent la couche et les vivres.
Mais cette année, le blizzard furieux les prend en embuscade, lui qui vous aveugle, vous lacère et vous coupe le souffle. Ce qui compte avant tout pour ces trois arpenteurs d'Islande au coeur simple, ce sont les brebis égarées qu'il faut ramener au bercail...
Le Berger de l'Avent est une histoire simple et belle qui nous parle de l'Islande, de sa rudesse somptueuse et de ceux qui y vivent. Elle nous parle aussi magnifiquement de détermination et de solidarité. C'est un trésor de la littérature universelle. -
1780, Port-au-Prince. La « bonne société » coloniale de Saint-Domingue vit au rythme des saisons théâtrales, insouciante, et inconsciente de la décennie qui s'avance.
Minette et Lise sont filles d'une ancienne esclave affranchie, une pacotilleuse de la rue Traversière. Le jour où une voisine, chanteuse d'opéra à la Comédie royale, l'entend chanter, Minette voit son destin basculer. Elle est une « sang-mêlé », et si elle n'est pas une esclave, elle n'a pas non plus les mêmes droits que les blancs. Bravant les interdits et grâce à son talent, elle va devenir la première comédienne « noire » à se produire sur scène. Une révolution, initiatrice de l'insurrection à venir : passionaria en herbe, Minette se confronte à tous les combats, découvre l'ampleur des injustices, lutte contre les inégalités, résiste bientôt avec ceux qui aident clandestinement les « marrons », les esclaves en fuite. Dans cette société en ébullition à la veille de la Révolution française, Minette se heurte à ses propres contradictions lorsqu'elle découvre que son amant, un affranchi qui oeuvre contre les colons, est lui-même propriétaire d'esclaves. Au coeur de la nuit, le son du lambi déchire l'air, et partout la révolte gronde.
La Danse sur le volcan est unique : unique roman à s'immerger dans les méandres de cette odieuse hiérarchie coloniale et à décrire l'Histoire en marche. Saint-Domingue est la seule colonie française où l'esclavage sera aboli avant même que le décret soit promulgué ; de sanglantes batailles aboutissent à son indépendance en 1804 sous le nom d'Haïti. La Danse sur le volcan est aussi le magnifique et tragique portrait d'une héroïne flamboyante, sensuelle et passionnée. -
À l'époque des shôguns Tokugawa, dans le comté d'Awa, riche de son monopole sur la production d'indigo. Le maître teinturier Yamatoya Moémon, qui en détient le secret, vient de sauver la vie d'un tanuki. Aussi, lorsque l'infâme intendant du gouverneur le menace d'enlever sa fille Omiyo, le redevable tanuki accourt pour lui porter secours - et se transforme en son jeune employé, sous le nom de Chôkichi. Omiyo tombe raide amoureuse de Chôkichi, qui partage sa flamme. Mais le « jeune homme » bien sous tous rapports garde ses distances ; et pour cause : un tanuki ne peut s'unir avec une humaine, sous peine de causer sa mort. Une seule issue pour Chôkichi : s'inscrire à l'université Tanuki pour y décrocher le grade le plus élevé de son espèce, qui l'autorisera à se transformer en humain. Entre joute de mystifications, concours de mégapatalouffes et match de pelball contre les renards, bien des épreuves l'attendent...
Pompoko pon ! Épopée euphorique et roman d'aventures extravagant, La Bedondaine des tanukis transcende les meilleurs films d'animation japonais. Inoue Hisashi est un magicien hors pair. -
Fiodor Pavlovitch Karamazov eut trois fils - et les abandonna tous les trois. Un premier mariage lui a permis d'accéder au statut de propriétaire terrien, mais il vit dans les orgies et la luxure, sans principes, alcoolique et débauché, et sans s'encombrer d'enfants qu'il semble avoir oubliés : Dmitri, né d'une première union, un jeune homme fêtard et dispendieux, persuadé d'hériter un jour d'une confortable fortune ; Ivan, érudit, orgueilleux, se fait un nom dans les colonnes de journaux ; Alexeï, sincèrement bon, chaste et pur, reçoit une révélation spirituelle qui l'éblouit tant qu'il devient moine auprès du starets Zossime. Le quatrième, Smerdiakov, le fils illégitime, connaît un parcours encore tout autre. Chacun a de bonnes raisons de haïr son père, de vouloir le faire payer - au sens propre - et autant de bonnes raisons de le tuer. Or Fiodor est bel et bien assassiné. Mais par lequel de ses fils ?
Drame social, familial et moral, Les Frères Karamazov dépeint une Russie à son apogée, et explore les questions philosophiques, religieuses, et existentielles chères à son auteur. Dostoïevski, maître du suspense, livre une oeuvre magistrale, un roman révolutionnaire, et confirme par le ton presque oral de la narration et par la construction même à quel point, jouant avec le lecteur dès le prologue, il fut visionnaire dans sa maîtrise de l'art du récit.
Une toute nouvelle traduction par l'excellente Sophie Benech nous permet de rencontrer enfin la voix du génial écrivain russe. -
« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l'été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse - combien tardive - de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu'il aima, aussi brièvement qu'ardemment, d'un amour impossible.
Et c'est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l'âpre existence qui fut la sienne tout au long d'un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.
Ce beau et puissant roman se lit d'une traite, tant on est troublé par l'étrange confession amoureuse d'un éleveur de brebis islandais, d'un homme qui s'est lui-même spolié de l'amour de sa vie.
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Épépé
Ferenc Karinthy, Judith Karinthy, Pierre Karinthy
- Éditions Zulma
- Littérature Z/A
- 13 Mai 2021
- 9791038700390
Budaï, linguiste de renommée internationale, quitte les rives du Danube pour participer à un congrès à Helsinki. Hélas ! il s'endort dans l'avion et se retrouve, sans savoir comment, dans un hôtel labyrinthique, au coeur d'une ville tentaculaire et surpeuplée, où on parle une langue dont il ne comprend pas un traître mot... Un comble pour ce polyglotte chevronné !
À travers les mésaventures de Budaï, prisonnier malgré lui d'un univers absurde aux allures de cauchemar éveillé, Épépé nous entraîne dans une cavale entêtée et entêtante, drôle, féroce, aussi inquiétante que jubilatoire. Un roman culte. -
Si seulement elle était née ailleurs, aux États-Unis ou en Scandinavie ! Elle aurait envoyé balader sa mère... Mais dans les Balkans, on n'échappe pas à sa famille. Résultat des courses, la voilà embarquée dans la vieille Golf déglinguée du cousin Stojan pour assister aux funérailles de tante Stana. Sauf que rien ne se passe comme prévu, entre tonton Loir accroché à sa bouteille d'eau-de-vie, la Popesse, fausse dévote au regard diabolique, et Mileva qui tire à boulets rouges sur tous les convives... Ils n'ont qu'une idée en tête : récupérer une part du magot pour se sortir de leur bourbier.
Roadtrip parfaitement maîtrisé et mené tambour battant, Dans le fossé pousse la saga familiale au comble de l'extravagance et de l'absurdité. Un petit bijou d'humour noir. -
En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.
Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l'Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle.
Et l'on se glisse dans l'Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d'exultation complice qui ne nous quitte plus.
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« J'ai voulu savoir comment les choses s'étaient passées dans cette vie où je n'ai pas cessé de bouger, souvent malgré moi. Toutes ces villes où j'ai vécu assez pour les intégrer en moi sans devenir sédentaire pour autant. Je suis passé, à peine étonné, du sud au nord, du rhum au vin, de l'été à l'hiver, jusqu'à devenir un cerisier en fleurs. J'ai franchi clandestinement les frontières de classes, de races ou encore celles qui séparent un pays d'un autre. J'ai accumulé diverses expériences au fil des jours ensoleillés ou pluvieux, mais je n'avais pas encore évalué ce parcours.
L'été dernier, j'ai découvert sous forme de réflexions fulgurantes, de haïkus langoureux, de descriptions hâtives d'un lieu, d'une situation ou d'un état d'esprit, ce qui s'était passé dans ma vie durant ce dernier demi-siècle. [...]Ce mince livre m'aura pris plus de temps qu'aucun autre. » -
La maison aux livres
Enis Batur, Francois-Michel Durazzo
- Éditions Zulma
- Littérature Z/A
- 6 Mars 2025
- 9791038703629
À son retour de voyage, un écrivain renommé se voit proposer un bien étrange héritage : sur les hauteurs verdoyantes de Dragos, quartier d'Istanbul qui surplombe le Bosphore, l'attend la Maison aux livres, bibliothèque de plus de trente mille ouvrages, rassemblés dans un écrin de verre au coeur d'un vaste domaine arboré. À l'écart, un petit cabanon invite à la lecture et à la contemplation.
Énigmatique, la bibliothèque vire bientôt à l'obsession. Le classement ingénieux des luxuriants rayonnages, les innombrables notes manuscrites semblent autant d'indices pour percer le mystère : mais qui est l'architecte génial de ce fabuleux trésor ?
Ode à la lecture, dans la lignée d'Alberto Manguel, de Jorge Luis Borges ou d'Umberto Eco, La Maison aux livres est une merveille qui ravira tous les amoureux des livres. -
« Elle » fait bon vivre en Égalie. La présidente Rut Brame travaille nuit et jour à la bonne marche de l'État, quand son époux Kristoffer veille avec amour sur leur foyer. Il y règne d'ailleurs une effervescence toute particulière : à quinze ans, leur fils Pétronius s'apprête à faire son entrée dans le monde. Car voici enfin venu le bal des débutants.
Mais l'adolescent, grand et maigre, loin des critères de beauté, s'insurge contre sa condition d'homme-objet. Dans l'impossibilité de prendre son indépendance, il crée presque malgré lui un mouvement qui s'apprête à renverser le pouvoir matriarcal en place. L'avenir de la cité radieuse est amené à changer...
Pour le meilleur et pour le pire.
Avec Les Filles d'Égalie, Gerd Brantenberg signe une utopie féministe et résolument provocatrice. Elle renverse littéralement les codes de la société patriarcale : les femmes ont tous les pouvoirs, et la langue s'en ressent. Le féminin, omniprésent, l'emporte systématiquement sur le masculin, faisant apparaître de nouveaux mots qui soulignent avec une ironie mordante l'oppression invisible qui règne sur les femmes d'aujourd'hui. Brûlant d'actualité et débordant d'humour, Les Filles d'Égalie, le grand roman féministe norvégien du XXe siècle. -
Les derniers jours d'un homme heureux
Hubert Haddad
- Éditions Zulma
- Littérature Z/A
- 12 Mars 2026
- 9791038704169
Décembre 1957. Un grand vide se fait en Emmanuel Tromeiv, chroniqueur embourgeoisé d'un grand quotidien français : il croise comme un double de lui- même le corps repêché dans la Seine d'un Algérien, assassiné par la police avec des dizaines d'autres. Emmanuel est atteint d'une maladie incurable, le pronostic arraché au médecin annonce six mois - un an ? Peut-il nier l'inéluctable et se jeter dans un combat qui n'en est plus un, contre une maladie qui a d'ores et déjà gagné ? Déboussolé, Emmanuel voit l'opportunité de fuir : il part pour l'Algérie couvrir les « événements ».
Le combat qui le cueille là-bas est tout autre. Confronté dès son arrivée à la réalité de la torture et de la guerre, le journaliste se mue en reporter infiltré, et ses yeux se dessillent alors que son corps le lâche peu à peu. Il découvre la lutte armée aux côtés des fellaghas, sillonne le djebel, apprend les amitiés nées du champ de bataille et de la clandestinité. Une errance désespérée qui le mène du maquis jusqu'aux rivages de Mers-el-Kébir, où il tente de retrouver Florence. Comme si n'avoir plus rien à perdre rendait toutes les missions possibles.
Les Derniers Jours d'un homme heureux, oeuvre de jeunesse d'Hubert Haddad entièrement révisée pour sa parution en poche, est d'une force évocatrice saisissante, ancrée dans ce mélange de réalisme et de romantisme qui nous porte au-delà de nous-mêmes. -
Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n'a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu - en tout cas pas délibérément - depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n'a qu'une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie - son ex-femme, un joli accident de jeunesse, sa fille, spécialiste volage de l'écosystème des océans, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l'esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde... Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur l'omoplate ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ?
Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d'un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière.
Ör (« Cicatrices ») est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d'un homme qui s'en va - en quête de réparation.
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La République de l'imagination
Azar Nafisi
- Éditions Zulma
- Littérature Z/A
- 13 Mars 2025
- 9791038703667
Dix ans après son best-seller Lire Lolita à Téhéran, Azar Nafisi relève le défi lancé par un lecteur lors d'une rencontre à Seattle : contrairement aux Iraniens, les Américains ne s'intéresseraient pas aux livres, le pouvoir de la fiction ne concernerait pas les États-Unis. Avec énergie et conviction, Azar Nafisi répond à ceux qui prétendent que la littérature n'a rien à nous apprendre.
Mêlant réflexions, souvenirs et controverses à la lecture attentive de ses romans américains préférés - Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, Le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers et La Conversion de James Baldwin -, elle nous invite à rejoindre la « République de l'imagination », un pays uni contre le conformisme et l'orthodoxie, où le seul passeport requis est un esprit libre, une curiosité sans faille et la volonté de rêver.
En ces temps troublés, à l'heure où Donald Trump revient au pouvoir, La République de l'imagination est un plaidoyer audacieux et essentiel.