• D'avril à juin 1994, le monde assiste en direct, au Rwanda, à un génocide dont les victimes seront plus de 800 000.
    Et ceux qui ont survécu, jours après nuits, comment vivent-ils ? Et comment tentent-ils de se " reconstruire ". Pour répondre, en partie, à ces questions, une équipe s'est mise patiemment et respectueusement à l'écoute de ces enfants de l'après-génocide en animant des ateliers d'expression par le dessin. C'est l'origine de ce livre qui est une invitation à la rencontre mais aussi une initiation car l'iconographie, très riche, est accompagnée d'une réflexion clinique rigoureuse.
    Et à travers l'itinéraire détaillé de quelques-uns de ces enfants, l'auteur nous introduit à la dimension thérapeutique de ce travail où il est moins question de " guérir " que de " rebondir " en permettant à l'enfant de sortir du destin pour renouer avec son histoire. Regardons ces dessins pour ce qu'ils sont : non pas des oeuvres d'art ni des témoignages historiques mais des traces - mouvantes, émouvantes et éloquentes du travail psychique réalisé par ces enfants, à leur mi-nuit.
    Ce livre, qui rend compte avec une rare précision et une grande justesse de ton d'un travail clinique dans le contexte d'une mission humanitaire, s'adresse aux professionnels du soin psychique mais aussi au public bien plus large de ceux qui s'intéressent aux dimensions essentielles de l'humain...

  • En 1939, après la prise de Barcelone par les franquistes, durant la guerre civile espagnole, l'auteur, âgé de 22 mois, passe la frontière française, dans les bras de sa mère. Pour lui et sa famille c'est le point de départ d'un voyage mouvementé qui va se poursuivre derrière les barbelés du Champ de Mars à Perpignan pour ne se terminer qu'en 1961 à Alger. Après le camp et l'occupation allemande, la guerre froide régit les relations entre l'est et l'ouest. Le 7 Septembre 1950, l'opération « Boléro Paprika » menée par la DST contre les réfugiés espagnols provoque l'arrestation de plus de 200 personnes et leur expulsion immédiate du territoire Français. Ce sera le cas du père du l'auteur assigné à résidence surveillée à Aïn Bessem, village situé à environ 120 kilomètres au sud d'Alger. En 1953, la famille le rejoint dans une Algérie coloniale, lumineuse. Elle s'enflammera un an plus tard en novembre 1954. En 1955, le père jamais jugé, ni officiellement condamné, se voit contraint par les autorités de s'installer à Alger, toujours en résidence surveillée. En 1958, l'auteur choisit la nationalité française. Incorporé dans l'armée en mars 1959, il participe à la guerre d'Algérie jusqu'au 28 avril 1961, date du Putsch des généraux. Son unité dissoute, il est transféré en France. Si la chronique de la famille Bachs qui a vu se dérouler tout au long de ce deuxième tiers du XXème siècle, trois guerres, peut paraître surprenante, elle ne l'est pas moins que l'attitude et l'habileté narrative de l'auteur. Dans un style agile, avec une ironie caustique, mais aussi parfois mélancolique, il fait l'analyse critique des sévères périodes politiques traversées, avec le sens de l'humour, contagieux, de celui qui fut, un gamin turbulent s'empiffrant de melons, un écolier appliqué et curieux, un footballeur enthousiaste, et un parachutiste amoureux. Ce livre a obtenu le prix Romà Planas i Mirò Des Mémoires Populaires 2008 de la Roca des Vallès (Catalogne).

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