• Précisions est écrit intégralement à partir de matériaux prélevés dans les notes en bas de page de très nombreux livres. Benoît Casas y pratique une écriture-montage faite de sauts, de coupes, d'interruptions, de mises en rapport improbables, et fait ainsi livre du traitement de la chose apparemment la plus sèche, la plus académique, la plus anti-poétique : la note de bas de page. Livre-bibliothèque, Précisions se compose entièrement de fragments de notes réelles dont les sources et thèmes sont multiples, et certaines insistantes, comme le romantisme allemand, Mallarmé, la pensée présocratique, celle d'Aby Warburg ou de Walter Benjamin. Ces morceaux de notes sont agencés pour composer les 366 poèmes (selon le modèle pétrarquiste du Chansonnier) d'un livrelabyrinthe, où les annotations se suivent souvent sans rapport immédiat mais se répondent à distance, se croisent et tissent différents fils de signification. Ces multiples fragments peuvent être des détails de pensée, des remarques marginales, des éclats biographiques ou bibliographiques. On y trouve des courts-circuits spéculatifs, des éléments d'inconscient, des amorces de récits, des énigmes crées par l'absence des textes dont les notes sont issues. On s'y confronte à du nonsense, de l'imprévu, de l'humour, et des divagations. De ce montage d'extraits littéraux surgit un livre surprenant, véritable dédale, où l'érudition côtoie la « folie » caractéristique des précisions reléguées en bas de page, en marge des livres. Mais de cette suite de notes, numérotées en continu sur l'ensemble du livre, s'esquisse aussi une autobiographie en miettes, où s'atteste une pensée à la fois impersonnelle et subjective. Précisions est un poème critique, le lieu d'une pensée en fragments. Tout à la fois livre inclassable, livre des contradictions (koan zen ou traité anarchiste ?, érudition ou dadaïsme ?) et geste antiphilosophique. Peut-être propose-t-il avant tout : une expérience de lecture inédite.

  • Agenda de l'écrit

    Benoït Casas

    Initié lors de la résidence de Benoit Casas à la librairie texture, durant laquelle il publiait chaque jour un texte de 140 signes sur Twitter, «L'Agenda de l'écrit» est constitué d'une suite de 365 textes ou poèmes datés du 1er janvier au 31 décembre. Chacun renvoie à la date de naissance ou de mort d'un écrivain, d'un poète, d'un philosophe ou d'un artiste survenue le jour en question. Nés de ces mots empruntés, les textes revêtent des formes et des tonalités diverses; ils constituent une sorte d'hommage à la littérature et à ceux qui s'y sont consacrés, nous invitant ainsi à une méditation sur le temps et la place occupée par l'écrit dans nos vies. 

  • Il etait temps ; cap

    Benoït Casas

    • Nous
    • 17 Avril 2010

    LA VOIE.
    Imprévisible.
    L'échappée coupure.
    Obéissant.
    à d'autres règles.
    D'insistance.
    Langage.
    Et forme.
    De vie.

    L'EXPLORATION.
    Du nom.
    Nous déborde.
    étrangement.
    Dans chaque cas :
    S'en remet.
    à la volonté fixe.
    Garde force.
    De mots.

  • Diagonale

    Benoït Casas

    • Nous
    • 27 Octobre 2007

    CE QU'ON n'a pas ce qu'on n'est pas voilà l objet du hasard de l'existence un objet qui ne se laisse pas oublier LES MOTS luisaient surgis effervescent ils sont les abrégés de notre temps

  • L'ordre du jour est le journal d'une année, du premier janvier au 31 décembre.
    Il s'agit d'une année à la fois imaginaire et synthétique. Ce qui s'y passe est véridique et dispersé. Le désordre d'une vie,-l'intensité des jours s'y donne à travers un principe strict de composition.
    Parce que L'ordre du jour est aussi une traversée de la bibliothèque. Le livre est en effet construit à partir du traitement d'un immense corpus de phrases datées.
    Les phrases qui composent chaque texte titré d'une date du calendrier proviennent toutes de textes (journaux-poèmes-lettres. (les auteurs sont multiples)) datés eux-mêmes de ce jour (le texte du premier janvier est entièrement écrit à partir de phrases écrites un premier janvier. etc).
    Mais de ce corpus hétéroclite et foisonnant n'est repris que ce qui coïncide étonnamment avec la vie de l'auteur. Le lecteur fait alors l'expérience d'une étrangeté de l'autobiographie.
    Traversé par les éléments, les rêves, les paysages, les voyages, les rencontres, L'ordre du jour est la saisie d'une vie en éclats -surgie par instants- en lumières ou détails.

  • L'Amant de Sophie se présente cependant comme un livre de poésie à part entière, et non comme l'unique aboutissement d'un procédé formel. Benoît Casas n'explique nulle part dans le livre sa "fabrique" poétique, en outre, son travail d'écrivain, - dans l'intentionalité même de sa démarche "d'éblouissement" du texte, sa quête de sens et sa recherche d'une voix propre - est conservé. A la fois entreprise de traduction d'une bibliothèque (celle de l'auteur), mise au jour d'une expérience de lecteur (avec tout ce que cela comporte : réflexivité, émotivité, éveil du sens, pensée, interrogation sur la langage, etc.) et acte d'écriture d'une poésie qui cherche sa langue, L'Amant de Sophie est appelé à se lire donc sur plusieurs niveaux : d'une part en tant que livre qui a son propre mode de résonance intérieure ; d'autre part en tant que la première "séquence-livre" s'inscrivant dans un projet d'écriture plus vaste (D i.e., livre de poésie et livre de prose trouée, tel que l'explique l'auteur).

  • Annonce

    ,

    Annonce :
    Un deuxième livre, après Envoi, écrit à deux l'unité d'une double page, où deux voix s'adressent l'une à l'autre, à la même date, et s'y découvrent ainsi, de doubles pages en doubles pages, l'essai d'inscrire, six mois durant, un calendrier commun au fil de deux lignes tressées, divergentes, où

  • Envoi

    ,

    Envoi est le premier livre que Luc Bénazet et Benoît Casas écrivent ensemble, un livre de poésie. Chacun a ses façons, n'importent lesquelles : une phrase en tous les cas ne progresse qu'à la condition d'être coupée. Pourquoi deux ? L'écrit n'est certes jamais une pratique individuelle. Ici, une conversation s'écrit aux dates du calendrier. Et l'envoi de l'un écoute l'envoi de l'autre. Tout y vient, en direction de tous les phénomènes, en direction de tous les mondes.

empty