Arts et spectacles

  • Est-il encore besoin de présenter les sieurs Schwob et Proust ? Assurément, non. Leurs oeuvres comptent parmi les plus brillantes et les plus admirables. Parmi les mille et mille de pages que ces deux immenses auteurs ont pu noircir, il en est quelques-unes qui les rapprochent, du moins quant à leur thème. Il s'agit du livre. De cet étrange objet, devenu bien banal, bien qu'il demeure, comme un écrin, le confident des plus brûlants secrets. Que renferme donc un livre ?
    Pour se frotter à ce mystère, il suffira déjà, quelques moments, de contempler dans le cahier d'images accompagnant les textes de Marcel Schwob et Proust, tous ces visages penchés sur leurs livres comme s'ils se trouvaient au-dessus de miroirs. Miroirs ? Ou bien peut-être peut-il s'agir de puits, d'océans ou de ciels.
    Il sera donc ici question du livre effectivement, et plus précisément encore de la lecture entendue comme la plus troublante et la plus féconde des intimités : ce monde clos, silencieux, univers de retrait qui sans doute invite à la découverte des horizons les plus précieux, à la manière de longs replis qui se feraient accueils, ouvertures, comme si le livre que l'on parcourt, dans lequel on se jette ou tombe, auquel on se donne corps et âme, auquel on se livre, pouvait creuser de mystérieux passages vers la révélation de territoires profondément insoupçonnés et parfaitement insoupçonnables, et répondre secrètement à l'appel prodigieux des plus vives aventures et conduire au ravissement des grands transports.

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  • Marcel Proust et Eugène Atget, bien que contemporains, ne se connaissaient pas.
    Toutefois, leurs oeuvres monumentales témoignent d'une même volonté patiente et méticuleuse de restituer la vie de leur temps, ce Paris légendaire de la Belle Époque. Tandis que Proust s'attache à décrire la complexité de l'âme humaine dans sa Recherche du temps perdu, Atget, lui, photographie dès 1895 les rues, les places, les jardins, les échoppes qui servent de décor au peuple parisien. Deux projets à l'ambition colossale, qui allaient se révéler d'autant plus précieux que la Première Guerre mondiale devait bientôt profondément bouleverser la vie des Parisiens et leur ville.
    Les photographies de l'un font subtilement écho aux mots de l'autre, c'est Odette ou Albertine que l'on croit reconnaître derrière les passantes furtives, c'est l'hôtel de la duchesse de Guermantes que dissimulent les lourdes portes cochères. Ces deux regards croisés sur un Paris irrémédiablement perdu suscitent une émotion teintée de mélancolie.

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