• APRES LA RÉTROSPECTIVE DU CENTRE POMPIDOU AU PRINTEMPS 2014, LE PALAZZO GRASSI (FONDATION FRANÇOIS PINAULT) MET L'OEUVRE DE MARTIAL RAYSSE À L'HONNEUR DANS UNE GRANDE EXPOSITION QUI OUVRIRA SES PORTES EN AVRIL 2015.
    Nouveau Réaliste en France, ami proche des artistes du pop art à New York et Los Angeles, réalisateur de films psychédéliques dans les communautés hippies au Maroc et ailleurs... Martial Raysse est l'un des artistes majeurs de la scène contemporaine. Alors que ses portraits de femmes ultracolorés des années 1960 sont devenus des icônes et que ses fresques allégoriques surprennent encore, les Éditions Dilecta publient un ouvrage présentant une sélection de ses dessins, de ses débuts à nos jours. Encore peu connues, ces oeuvres sur papier sont empreintes de la même audace et impertinence que ses peintures, auréolées d'érotisme et de mythologies actualisées. Une centaine de dessins choisis constituent cette publication, qui montre sa pratique du dessin, non comme une seule étape préparatoire à son travail de peinture, mais surtout comme des expériences plastiques, très libres, ce qui lui permet d'explorer des techniques aussi diverses que la mine graphite, le pastel ou encore l'aquarelle.

  • Mettant l'accent sur les portraits récents de Martial Raysse (né en 1936), protagoniste des Nouveaux Réalistes, cet ouvrage comprend un essai de l'historienne de l'art et conservatrice Jane Livingston, un poème de Léopoldine Core, trois textes de l'artiste et une chronologie illustrée.

  • Regroupant plus d'une centaine de dessins, cette monographie met au jour un versant peu connu du travail de Martial Raysse, proposant un regard intime sur son oeuvre. Le corpus iconographique en couleur est introduit par un texte d'Anaël Pigeat.

    Pour commencer, chez Martial Raysse, il y a toujours des femmes, sans doute le premier de ses sujets. Rebecca (1996) rappelle la Joconde, mais on pourrait aussi l'avoir croisée hier dans le métro ; son portrait est entouré de longs coups de pinceau bruns et pourpre à la gouache : c'est la palette du peintre et la plus élégante des robes dans laquelle elle se drape. Alors on croit surprendre l'artiste au travail, comme lorsqu'on voit la succession de certaines variations : La Charmante Nad, dessinée au fusain, qui réapparaît dans Nad (2000) vêtue de rouge et entourée de fleurs des champs. Quelques minutes ou quelques jours se sont-ils écoulés entre ces deux images ? Les dessins de Martial Raysse disent beaucoup de sa pratique. Tout est permis, tous les pinceaux, tous les crayons, tous les papiers et les collages, même les photocopies, toutes les pirouettes et les acrobaties.
    Ce qui surprend le plus quand on voit pour la première fois les grandes compositions qu'il a réalisées dans les années 1960, c'est leur relief, les branches en plastiques d'un cerf, les fausses plantes vertes, les morceaux de plages et de paysages en contreplaqué. Or ses dessins sont aussi très souvent en trois dimensions, comme ces petits collages dans lesquels des têtes de jeunes filles sont découpées et fixées sur des bustes un peu trop petits, par exemple les études pour La Source (1990). Il y a aussi des maillots de bain qui sont collés sur des corps de mannequins, comme dans les jeux de découpages pour petites filles. Toujours porteurs de fantaisie, ces collages indiquent les étapes d'un travail précis et de ses ajustements ; il arrive aussi qu'ils soient un peu des blagues - ou bien pas tout à fait ? - comme l'enfant du tableau de Bronzino transformé en prince par une couronne en fleurs de lys ajoutée sur sa tête dans Place d'Assas à Tolède (1993).

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme à la galerie Kamel Mennour, Paris, du 16 mars au 22 avril 2017.

  • Treize sonnets écrits par l'artiste entre 1974 et 2013. / Ce trottoir où marchait le maréchal putain / Dans la boue des gueules tordues et des rictus / À patauger freini-freinant pas de quittus / Le choix raque du train ou pique au grain / Maintenant trace sur cette rampe de faubourg / Le moto qui va sauver les cacahuètes / Dieu est le plus pieux la couronne au vautour / Puis crache sur l'espoir par sainte pirouettes / Suite en do ma sociale à bon dos à crever / Bénie de deux sous de pleurniche à baver / Deux pelles de ténèbres sur vos costards plissés / Blasphème d'immondices balafré d'alpagas / Bien tiré au sec impasse des beaux draps / Au fond du caniveau l'ombre des suppliciés.

    Membre fondateur des Nouveaux Réalistes, aux côtés d'Arman, de François Dufrêne, de Raymond Hains, de Daniel Spoerri, de Jean Tinguely, de Jacques de la Villéglé et d'Yves Klein, Martial Raysse, né en 1936 à Golfe-Juan (Alpes-Maritimes), vit et travaille à Issigeac (Dordogne).

  • Perfection, à la fois essai et méditation poétique sur l'idée de perfection, peut se lire comme le deuxième volet d'un diptyque dont le premier, plus assertif dans sa forme, serait le Traité du scandale. Aigu, jouant d'incises ou de détours, discrètement érudit, léger toujours, dans cet intangible principe de civilité intellectuelle qui caractérise Claude Minière, Perfection convoque, dans les domaines de la littérature et des arts plastiques, pour les besoins de sa réflexion quelques figures clés du paysage de réflexion miniérien: Tchouang-tseu, Catulle, ou encore Barnett Newman ou Martial Raysse ; plus avant, Hölderlin et Nietzsche, avec qui Minière entretient un dialogue quasi ininterrompu depuis ses tout débuts d'écriture. Perfection inaugure symboliquement la collection "Stanze" qui voudrait traiter les questions d'esthétique (contemporaines, et plus anciennes) selon une essentielle logique d'écriture, reconnaissant là une condition première à la vitalité de la pensée.

  • Le Traité du scandale a connu, en 1992, une première édition aux Éditions de la Différence qui s'est rapidement épuisée. Rouge Profond en propose aujourd'hui une édition augmentée accompagnant celle de Perfection, les deux livres formant diptyque : tous deux liant leurs voix à l'interrogation du contemporain en art et, pour ce qui concerne le Traité, en poésie. Tous deux - dans la lucidité même d'une écriture rigoureuse, décapante, se défiant de tout emportement - à l'écoute des ferments vrais de la modernité, de ses chances encore. De sa puissance.

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