Sciences & Techniques

  • Il est des périodes historiques où les scientifiques sont directement partie prenante dans le mouvement général des idées en faveur de l'émancipation, du progrès et de la citoyenneté. Il en fut ainsi avec les Lumières, puis avec la Révolution française. Mais il arrive aussi que des scientifiques semblent dépourvus de tout sens moral, indifférents aux valeurs humanistes, acteurs d'une « science sans conscience » au service des pires projets, totalitaires, racistes, brutalement colonisateurs, etc. La science est aussi contestée aujourd'hui au regard des dégâts du progrès : destruction de la nature, productivisme à outrance...
    Notre pays, plus que d'autres, est déprimé, inquiet, au point de perdre de vue ses atouts et ses possibilités, notamment en matière scientifique, ou d'éviter de s'engager au nom, par exemple, du principe de précaution.
    A quelles conditions la science peut-elle aujourd'hui avancer et faire avancer l'homme, dans un monde où elle est financée, organisée ou stimulée d'une part par la puissance publique et d'autre part par le marché, ce qui peut la rendre dépendante des forces de l'argent Qui décide ? Comment faire vivre le lien entre liberté des scientifiques et progrès social ? Quels sont les rapports entre démocratie et science ? Et, si la science a encore un avenir, quel est-il ?

  • Une réflexion globale et pluridisciplinaire sur l'alimentation L'alimentation, sous toutes ses formes, fait la Une de l'actualité, que ce soit dans les pays du Sud, les pays pauvres, où l'on a vu resurgir le spectre de la famine, mais aussi dans les pays riches, où la malbouffe et l'obésité sont devenues des questions majeures de santé publique.
    Les enjeux de l'alimentation sont économiques, politiques, humanitaires, et appellent une réflexion " globale ", c'est-à-dire qui articule premièrement des dimensions planétaires, l'environnement, la géopolitique, les industries agroalimentaires, les règles internationales, la politique européenne par exemple, et deuxièmement des dimensions locales, ou nationales, tant il est vrai que les États ont encore leur mot à dire. Mais les États ne sont pas les seuls acteurs impliqués, les multinationales de l'alimentation, les ONG, les mouvements altermondialistes, par exemple, interviennent également dans ces questions.
    Manger peut aussi être associé à de grandes peurs, et susciter dès lors d'importants débats de société, des débats dont les enjeux dépassent vite le strict cadre des États-nations, qu'il s'agisse, par exemple, de la grippe aviaire, de la vache folle ou des OGM.
    Manger, enfin, relève au moins pour une part, d'une éducation, d'apprentissages, nous sommes de plus en plus soucieux d'hygiène alimentaire, mais aussi d'apprendre à construire notre propre goût, à l'affiner, le perfectionner, ce qui veut dire que le plaisir pris à manger est un composé complexe de logiques de socialisation (dans la famille notamment) et de rationalisation, de données sensorielles et d'un éventuel travail sur soi, au carrefour de la raison et des sensations.

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