Gallimard

  • « Elle portait des cheveux un peu plus longs que par le passé. Sa blondeur s'était mêlée d'argent. Son visage gardait la beauté simple qui en était la marque. À peine les rides l'avaient-elles tissé d'un mince réseau de blessures. Le temps s'était déposé en elle, avec sa fatigue et son poids, comme une poussière. Étaient-ce les années vécues sans la voir qui me faisaient la croire plus jeune qu'elle n'était en vérité ? »
    À la mort de sa mère, le narrateur revient sur les lieux de son enfance, dans une petite ville du Nord inondée par la crue d'une rivière. Durant les trois jours qu'il passera là, surgissent les figures disparues, celle de la mère bien sûr, jadis aimée plus que tout, et celle plus inquiétante du père absent dont la légende dit qu'il est mort dans une guerre lointaine.
    Roman poignant où, par petites touches, Philippe Claudel explore l'amour filial avec une extrême délicatesse et une surprenante réserve.

  • J'abandonne

    Philippe Claudel

    " d'un signe, mon collègue me fait comprendre qu'il est encore trop tôt, qu'il vaut mieux attendre encore si nous voulons avoir une chance.
    Les hyènes que nous sommes ne sont jamais pressées. elles tournent des heures autour de leur proie en attendant qu'elle faiblisse et se couche. c'est pourquoi nous ne présentons notre demande que lorsque le client est allé au bout, tout au bout de son chemin. c'est quand il est bien tendre, comme dit mon collègue, qu'il faut bondir et le dépecer. et nous bondissons. mais aujourd'hui, je ne veux plus bondir.
    "

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