Littérature générale

  • Découvrez Journal - Volume 3, 1887-1895, le livre de Pierre Loti. L'officier de Marine Julien Viaud (Pierre Loti en littérature) est affecté à Rochefort, dans sa Saintonge natale, mais aussi sur la Côte d'Azur, en Méditerranée (dix ans après, il retrouve l'Afrique du Nord) et au Pays Basque. Il retourne à Constantinople, sur les traces d'Aziyadé. D'une mission au Maroc, il rapporte le premier de ses grands récits de voyages. Le long périple qu'il effectue en Terre sainte ne lui apporte pas les réponses qu'il en espérait. À quarante ans, il revient sur ses jeunes années et publie Le Roman d'un enfant (1890). Consécration suprême, l'écrivain est élu à l'Académie française en 1891. La fortune que lui rapportent ses livres lui permet de transformer sa maison natale en un très étonnant palais des merveilles. Ce Journal, toujours nourri de rencontres littéraires et mondaines, d'amitiés solides et variées, d'amours nombreuses, est constamment traversé d'interrogations sur la mort, sur la vie, sur le temps qui passe.

  • Octobre 1965, vingt ans après la déclaration d'indépendance de la jeune République d'Indonésie. L'alliance du leaer historique, le Président Sukarno, avec le Parti Communiste, permet aux syndicats, aux organisations de femmes, aux mouvements de jeunesse, d'être puissants et actifs. Une grande effervescence culturelle règne dans le pays, associant cultire traditionnelle et avant-garde. Putu Oka, jeune poète et professeur de lettres, y participe avec ardeur.
    Soudain, la barbarie envahit la scène : l'armée prend le pouvoir et organise une gigantesque chasse aux "communistes", de fait une élimination systématique de tous les intellectuels et de tous ceux qui pourraient représenter une opposition. En quelques semaines, les "disparitions" et les arrestations se multiplient, et des massares de masse sont déclenchés.
    Putu Oka est arrêté et passera dix ans en prison sans jugement. Le traumatisme de cette expérience fait la trame de son ouvrage, muri durant vingt ans après sa libération, et qu'il a gardé caché pour ne le publier qu'à la chute de la dictature. C'est alors un des premiers récits de captivité et, puisque le livre prend la forme d'un roman, le premier texte littéraire sur ce sujet.
    Roman, donc, mais aussi témoignage historique et plongée à l'intérieur de la civilisation indonésienne. En effet, si la réalité qui a nourri ce texte est sinistre et violente, une foule de personnages le traversent, et lui donnent ses faceyyes doverses, du réalisme à la fable et à la poésie, de la lucidité politique à la colère, de l'émotion à la folie. Et toujours l'humour préserve du manichéisme jusqu'au grand point d'interrogation final.

  • Ce deuxième volume (1879-1886), qui accompagne l'entrée de pierre loti dans la carrière littéraire, correspond à la période la plus importante, la plus complexe, de sa vie.
    Ces années nomades, de l'adriatique à ceylan et jusqu'au japon, font de l'aspirant de marine inconnu, un écrivain en route vers la gloire (pêcheur d'islande, son "best seller", paraît en 1886). les séjours de la décennie précédente nourrissent les romans à succès de celle-ci: turquie d'aziyadé, polynésie du mariage de loti, sénégal du roman d'un spahi. des amitiés littéraires se forgent: sarah bernhardt, juliette adam, françois coppée, alphonse daudet, ernest renan.
    De l'académicien au marin illettré, de la duchesse à la sauvageonne, du salon à la taverne, loti franchit frontières et limites. s'affirme désormais une qualité d'écriture mûrie, infiniment attachante.

  • La biographie de Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue peut sembler une gageure, tant elle conduit l'auteur à aborder des domaines différents. Les intérêts commerciaux et coloniaux de la famille - Fleuriau est né à La Rochelle dans une famille protestante de la bonne société - entraînent l'étude vers les îles à sucre, grande richesse de l'Ancien Régime. Les études du jeune homme à Genève conduiront vers la patrie du calvinisme. Son intérêt pour la science balbutiante qu'est la géologie le mènera dans différentes régions d'Europe et notamment en Italie, en compagnie des pionniers qui font alors naître cette nouvelle science. Fleuriau se fera ainsi un nom parmi les scientifiques du début du XIXe siècle par des réflexions et des études multiples sur le volcanisme. De retour à La Rochelle, ses objets d'intérêt scientifique vont toucher aussi bien les météorites que la forêt pétrifiée de l'île d'Aix, des améliorations utiles à l'agriculture... Le rôle de Fleuriau dans les institutions scientifiques et culturelles de La Rochelle et de la Charente situe également cette recherche parmi les études de régionalisme.

  • Ce roman, dont l'action se situe à la campagne en Malaisie, avant et pendant l'occupation japonaise, raconte la vie tragique de Pak Hassan, un conteur passionné par son art.
    La modernisation a entraîné l'apparition de nouvelles valeurs et de nouvelles techniques jusque dans les villages reculés comme celui du héros. Les villageois n'apprécient plus, comme avant, ses histoires. De plus, avec la guerre, ils n'osent plus s'aventurer la nuit dehors pour aller chez lui l'écouter raconter ses histoires. Peu à peu, tout ce qui a trait au conteur disparaît. Non seulement son auditoire, mais aussi sa famille.
    La mort du héros met un terme définitif à son art. Ce célèbre roman symbolise la fin d'un monde traditionnel, lié à la vie paysanne des villages de Malaisie, plein de poésie, mais qui ne pourra survivre aux transformations en cours, dont la Seconde Guerre mondiale annonce la venue.

  • Jungle de l espoir

    Keris Mas

    La Jungle de l'espoir peint le tableau de la situation économique de la population malaise en Malaisie avant l'indépendance (1957), à travers deux personnages principaux, Zaidi et Kia, qui sont travailleurs, pieux et honnêtes. Kia est un paysan qui dépend entièrement du riz pour survivre. Lorsqu'il perd sa rizière il décide de défricher un terrain dans la jungle pour fonder un nouveau village pour sa famille, continuant ainsi le style de vie malais traditionnel. Son frère Zaidi est un homme ouvert aux idées modernes, qui tente de survivre en s'adaptant au changement. Il plante des hévéas et se lance dans le commerce. Il croit aux valeurs nouvelles apportées par l'éducation et le progrès. Ensemble, les deux frères présentent le contraste entre tradition et modernité.

  • Ce roman se situe dans le milieu du journalisme malaisien. Il nous entraîne dans deux mondes, l'un hallucinatoire, appartenant au passé, l'autre réel, appartenant au présent. Il nous conte les déboires psychologiques du héros, Lokman, incapable de s'adapter aux changements journalistiques du présent. Pour certains critiques, les éléments « magiques », fantastiques, surnaturels, légendaires, qui se mêlent à la réalité, permettent de situer le roman dans le courant du réalisme magique.

  • Pendant plusieurs décennies, l'auteur a pratiqué le théâtre nô, une face fondamentale de la culture japonaise, qui a été sa clé vers le japon.
    L'ouvrage raconte les répétitions de pièces de théâtre nô à kyoto, sous la férule impitoyable et tendre à la fois d'un des meilleurs professeurs du pays, madame. les coulisses de cet art sont ainsi ouvertes, avec les dimensions humaine et spirituelle qui l'imprègnent, qui le relient aux plus anciennes croyances du pays. l'histoire entremêlée et parallèle du vieux jardin oú se déroulent ces répétitions, l'escapade de la troupe dans la montagne, auprès de sources millénaires, enrichissent encore cette approche de la civilisation japonaise.

  • Ce cliché représente le monastère suspendu de Yong-Fu, dans le Fou-kien (Fujian), photographié par le britannique John Thomson quelques années avant le séjour de Paul Claudel en Chine.
    Ce monastère deviendra le lieu d'un poème de Connaissance de l'Est intitulé La Maison suspendue. Il montre comment le diplomate s'intègre poétiquement à cette Chine qu'il parcourt avec enthousiasme de 1895 à 1909. Car, comme il ne cesse de le redire, Paul Claudel a véritablement souhaité habiter la Chine, jusqu'à ce qu'elle devienne ce " pays habituel " qui clôt le recueil de Connaissance de l'Est. Engagée sous deux ciels, le ciel chinois et le ciel chrétien, l'oeuvre de Paul Claudel est soumise à une série de tensions contradictoires qui traduisent les hésitations d'un homme placé au coeur d'un monde qui le fascine, l'empire du Milieu de la dynastie mandchoue finissante.
    L'intérêt porté à l'univers chinois conduit l'auteur, à la fois diplomate et poète, à produire une oeuvre d'étude aussi bien qu'une oeuvre poétique, toutes deux fondées sur la Chine, sa réalité historique, économique et diplomatique, aussi bien que ses paysages ou ses " philosophies ". L'esprit taoïste et la lecture de Lao zi marquent Vers d'exil et Connaissance de l'Est, les interprétations des anciens figuristes jésuites structurent Le Repos du septième jour, les rapports consulaires donnent la base du Livre sur la Chine et de Sous le signe du dragon...

  • Contemporain du poète Matsuo Bashô et du dramaturge Chikamatsu Monzaemon, le romancier Ihara Saikaku (1642-1693) fut l'un des plus brillants représentants de l'époque dite " Genroku " qui, dans le Japon de la fin du XVlle siècle, vit l'arrivée à maturité d'une nouvelle culture urbaine, rendue possible par le retour de la paix et la constitution des grandes métropoles Kyôto, Ôsaka et Edo.
    Les études de Paul Akamatsu, de Gérard Siary, de Daniel Struve, ainsi que celle du spécialiste japonais Taniwaki Masachika, s'attachent à dégager la signification et la portée de cette oeuvre capitale. Elles sont mises en perspective par deux essais portant sur le roman chinois. Vincent Durant-Dastès et Rainier Lanselle y abordent les développements, à bien des égards très différents, que connaît à la même époque le genre romanesque en Chine.
    Les traductions inédites de quatre nouvelles représentatives du style et de la vision du monde de Saikaku complètent l'ensemble, et contribuent à en faire une introduction aux problèmes du roman dans l'Extrême-Orient des XVlle et XVllle siècles.

  • Preneurs d'otages d'Abu Sayyaf à Jolo et Front islamique de libération Moro (MILF) : deux groupes, qui après les attentats du 11 septembre 2001 et la déclaration de guerre de Washington au terrorisme, ont été - parfois à dessein - associés à l'islamisme radical et combattant.
    L'amalgame éclipse en fait un conflit vieux de quatre cents ans dans le Sud des Philippines. Sur l'île de Mindanao et dans l'archipel des Sulu, les Moro, habitants de souche de ces anciens sultanats, ont toujours refusé de se soumettre à la tutelle de pouvoirs extérieurs, chrétiens pour la plupart. Dès le XVIe siècle, ils opposèrent une féroce résistance aux conquérants espagnols. Et après eux, aux Américains, aux Japonais et aux tenants du pouvoir à Manille.
    Les racines du contentieux débordent donc le simple cadre religieux, même si les mouvements indépendantistes se sont nourris d'un islam renaissant, trouvant par là des soutiens au Moyen-Orient ou en Libye. Après avoir exploré les archives et conduit de nombreux entretiens avec les différents protagonistes, y compris les dirigeants des factions les plus radicales, Solomon Kane et Felice Noelle Rodriguez remontent aux sources de cette " guerre coloniale qui refuse de sire son nom ".
    Un conflit, qui au cours des seules trente dernières années, a coûté la vie à pas moins de 120 000 personnes.

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