• L'aube à Birkenau Nouv.

    « La guerre avait fauché une génération. Nous étions effondrés. Mon oncle et ma tante avaient beau être médecins, ils ne possédaient plus rien. Leur clientèle avait disparu. Leur maison avait été pillée. Leurs économies avaient fondu. Le lendemain de mon arrivée à Paris, comme ils n'avaient ni argent ni vêtements à m'offrir, c'est une voisine qui m'a secourue avec une robe et des sous-vêtements.
    Il régnait dans la maison une atmosphère de désolation.
    Il n'y avait plus le moindre meuble. Les miroirs avaient été volés, à part ceux qui étaient scellés aux murs et que les pillards n'avaient pas pu emporter.
    Je faisais ma toilette matinale devant un miroir brisé par une balle. Mon image y apparaissait fissurée, fragmentée.
    J'y voyais un symbole.
    Nous n'avions rien à quoi nous raccrocher. Ma soeur Milou était gravement malade, mon oncle et ma tante avaient perdu le goût de vivre. Nous faisions semblant de vouloir continuer. » Simone Veil raconte son enfance, sa déportation, et l'impact de cette épreuve dans sa vie.
    Récit recueilli par David Teboul.

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  • Si je me suis attelé à ce vaste projet - une histoire intime de la Ve République en trois époques -, c'était pour essayer de comprendre comment notre cher et vieux pays a pu, en quelques décennies, s'affaisser à ce point, dans un mélange de déni, masochisme et contentement de soi, sur fond de crise existentielle.
    La décadence n'est jamais écrite. Quand le général de Gaulle a pris le pouvoir en 1958, la France était quasiment par terre, à cause, entre autres, de la guerre d'Algérie et de l'effondrement des « élites ». Prophétique, machiavélique et prosaïque, il l'a remise debout en à peine un an, sans négliger les plus infimes détails, ni lésiner sur les roueries et les mensonges. Le personnage que je dépeins est bien plus complexe que celui de la légende.
    Pourquoi une histoire « intime » ? Parce que l'histoire est toujours écrite par ceux qui l'ont faite ou vécue, et que j'ai voulu ajouter, en m'appuyant sur mes notes de l'époque, mon regard d'alors en le confrontant à celui d'aujourd'hui, dans un va-et-vient permanent. « Intime » encore parce que ce retour sur un passé récent entend inclure aussi le regard que portaient naguère les contemporains sur l'odyssée gaulliste qu'ils étaient en train de vivre : je cherche à décrire un monde et une manière d'être français dont le souvenir commence à s'éteindre.
    Dans ce premier tome, c'est le stupéfiant redressement du pays par le Général que je raconte, jusqu'à la chute du grand homme, après onze ans de pouvoir. Puisse ce récit personnel permettre de tirer, pour aujourd'hui, les leçons d'une résurrection française qui, sur le moment, semblait impossible.

  • Sa vie exemplaire, son amour des siens, sa fidélité sans faille aux valeurs de la République, son attachement à la cause des femmes, ont fait de Simone Veil un modèle de ce que doit être une personnalité politique de premier rang.
    À mesurer l'immensité des épreuves qu'elle a connues et surmontées, on comprend pourquoi tant de respect, d'admiration et d'affection entourent Simone Veil, la « mère courage » de notre génération.
    Robert Badinter.
    En dépit de sa pudeur, de sa réserve et à certains égards d'une réelle timidité, rares sont ceux, célèbres ou inconnus, qui n'ont pas trouvé auprès de notre mère une solution à leur problème, un conseil ou une écoute attentive et réconfortante. Jean et Pierre-François Veil.

    Combats pour la mémoire de la Shoah, pour l'Europe, pour l'émancipation des femmes..., cet ouvrage réunit les textes d'une vie d'engagements et de convictions que Simone Veil a souhaité partager.

  • Immense scientifique à la renommée internationale, Jane Goodall est à jamais celle qui a démontré que l'outil n'était pas le propre de l'humain. L'histoire de cette jeune femme vivant avec les chimpanzés en Tanzanie dans les années 50 avait fasciné le monde entier, mais il lui aura fallu des décennies pour faire entendre l'essentiel de sa découverte:l'être humain n'est pas le centre du monde, mais un individu «sapiens» parmi toutes les espèces vivantes. Cette révolution des mentalités qu'elle a engagée avant tous est désormais réactualisée par les événements dramatiques qui frappent la planète:le réchauffement climatique, la disparition des espèces végétales et animales, mais aussi la pauvreté accrue de populations. Dans ce livre, la célèbre messagère de la paix des Nations Unies s'appuie sur son parcours de vie pour livrer à notre réflexion ses raisons d'espérer. Elle en appelle à un nouveau code moral universel pour relever les défis que font peser les menaces environnementales sur l'ensemble du monde vivant et redéfinir les liens entre l'humain et la nature.

  • L'histoire de la Shoah s'appuie sur des millions de pièces d'archives conservées aux quatre coins du monde. Chacune participe à l'écriture de cette histoire pour les générations actuelles et futures. Pour la première fois, des historiens européens ont choisi près de 300 de ces documents et les décryptent. Photographies, dessins, lettres, rapports, témoignages nous plongent au coeur de l'anéantissement et nous aident à comprendre les mécanismes du génocide et ses conséquences, comme les résistances qui lui furent opposées.
    Un livre patrimonial, indispensable à la transmission de la mémoire de la Shoah.

  • « Dans les camps, il y a ceux qui survivent et ceux qui ne survivent pas. Il y a ceux qui reviennent et ceux qui ne reviennent pas. Personne ne sait pourquoi. C'est quelque chose qui vient du ciel. Il y a des anges, forcément. Je le crois. J'ai toujours eu deux anges avec moi. Je les ai toujours. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Peut-être parce qu'il fallait que je revienne. Il fallait que je dise ce que d'autres ne diraient pas, que j'écrive ce que personne n'écrirait. Je ne sais pas. Je n'y suis pour rien ».
    Quelques semaines avant de mourir, Marceline Loridan-Ivens, déportée à Auschwitz-Birkenau à quinze ans dans le même convoi que Simone Veil, s'est confiée à David Teboul et Isabelle Wekstein-Steg. Ceci est son dernier récit.

  • Été 1944 : La 2e DB entre dans Paris, ouvrant le sacre républicain de Charles de Gaulle aux Champs-Élysées. Un vent d'espoir se lève, appelant à l'édification d'un nouveau régime et d'une nouvelle société. Trois ans plus tard cet espoir a été brisé. La guerre froide acte une nouvelle partition du monde tandis que la IVe république naissante reproduit l'instabilité de la IIIe et l'éternel retour des partis. Chroniqueur inspiré de cette période oubliée, alors qu'elle s'avère d'une richesse inouie, Michel Winock a choisi de la raconter au moyen d'une vingtaine de chapitres couvrant non seulement les grands événements politiques mais aussi culturels, judiciaires et sportifs afin d'offrir un tableau global porté par un rare bonheur d'écriture.
    Le lecteur voyage ainsi de la Libération à l'épopée de l'Exodus en passant notamment par l'épuration, la crise coloniale, le départ de De Gaulle et la naissance du RPF, la position centrale du PCF et les grandes grêves de 1947, mais aussi le tribunal de Nuremberg et le procès Petiot, Sartre et Camus, la loi Marthe Richard, le premier festival de Cannes et le grand retour du Tour de France. Une enquête historique qui interroge sur le Mystère français, ses sempiternelles divisions jurant avec son idéal universaliste et sa capacité immuable à se relever des épreuves.

  • La France de 1870 à 1914 entame un temps de la politique qui se confond largement avec la promesse républicaine. Après une décennie marquée par la guerre étrangère et inté-rieure, la domination des monarchistes et des combats pour la liberté, une dynamique démocratique s'instaure dans la jeune IIIe République. Elle ne se limite pas à la vie des ins-titutions, à la pratique gouvernementale ou à l'exercice du suffrage. Des questions nouvelles sont posées aux Français, qui s'en emparent et imaginent leur République. Les oppositions nationalistes et même antisémites restent toujours vives et menacent à plusieurs reprises, comme durant la crise boulangiste et l'affaire Dreyfus, ce processus fondamental de démocratisation qui irrigue une société tout entière. Bornée à l'origine par la guerre de 1870 et la Commune et à la fin par le conflit européen de 1914, la France de 1870 à 1914 est parvenue à s'extraire de ces engrenages, inaugurant une « Belle Époque » qu'avait préparée une riche « fin de siècle ». L'ouverture au monde - que ne résumait pas une colonisation impériale et destructrice -, l'expérience politique et sociale, les engagements démocratiques, les audaces artistiques, la découverte des espaces et des temps fondent une histoire à écrire et décrire ici. Elle est constitutive du présent et de l'avenir.

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  • "Je crois que nous avons été détournés"...
    Ainsi commence l'alerte donnée par une jeune hôtesse de l'air au matin du 11 septembre 2001.
    Personne ne sait encore que le monde va être saisi d'effroi et plongé dans l'horreur plusieurs jours durant. Mitchell Zuckoff retrace la folle histoire de cette journée à travers tous les protagonistes. Vingt ans plus tard, le frisson reste intact. Et si la douleur suscitée par ces attentats terroristes reste forte outre- Atlantique, elle a partout dans le monde laissé des cicatrices. Le monde d'après venait de commencer ...

  • « Ces pages seront-elles jamais publiées ? Je ne sais. Il est probable, en tout cas, que, de longtemps, elles ne pourront être connues, sinon sous le manteau, en dehors de mon entourage immédiat. Je me suis cependant décidé à les écrire. L'effort sera rude : combien il me semblerait plus commode de céder aux conseils de la fatigue et du découragement ! Mais un témoignage ne vaut que fixé dans sa première fraîcheur et je ne puis me persuader que celui-ci doive être tout à fait inutile. Un jour viendra, tôt ou tard, j'en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s'épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. ».

  • Est-ce que la tante et l'oncle vont me garder ici ? » murmura-t-elle dans l'oreille du petit Jésus. Mais pourquoi le feraient-ils, eux, alors que personne d'autre ne l'avait encore fait ? Peut-être qu'ils changeront d'avis demain, comme Mademoiselle Andrea avant eux.
    Et soudain, l'absence de sa mère devint la seule réalité tangible dans sa chambre, aussi réelle que les ombres noires projetées par le grand miroir. Érica ferma les yeux avec force puis tenta d'imaginer sa mère, mais son visage était comme une page grise et vide. Elle savait qu'elle perdrait sa mère pour toujours si elle ne parvenait pas à se souvenir d'elle. « Demain, tu devras beaucoup sourire », lui criait sa petite voix intérieure.
    Fouillant dans ses papiers personnels, Flora Hogman, alias Érica, retrouve un texte qu'elle écrivit il y a près de cinquante ans et qui la replonge en 1943. Cette petite fille d'une famille juive de Tchécoslovaquie a alors sept ans, elle se trouve seule à Nice avec sa mère, son père étant mort avant la guerre. Lorsque les Allemands entrent en zone libre, sa mère fait appel au « réseau Marcel » pour la mettre en lieu sûr. Ainsi débute l'errance d'une fillette seule au monde, enfant cachée ballottée de foyer en foyer dans la France occupée.
    Un récit singulier et poignant, préfacé par Annette Wieviorka, qui retrace l'histoire des organisations de sauvetage des enfants juifs.

  • «Si je consigne ça maintenant et que tout le monde l'apprend, ça ne pourra plus jamais se reproduire.»Déporté à Auschwitz en 1943, Eddy de Wind, médecin et psychiatre néerlandais, est affecté au Block 9 où officie le terrible Dr Mengele. Dans le baraquement voisin, d'abominables expériences sont conduites sur les prisonnières, parmi lesquelles la femme qu'il aime, Friedel. En 1944, quand les Allemands forcent les survivants aux funestes « marches de la mort», Eddy se cache.Resté sur place pour soigner ceux qui ne peuvent être déplacés, il écrit, pour l'Histoire, ce qu'il a vu et enduré, et nous livre l'un des rares témoignages intégralement rédigés dans un camp.Comprenant des photos de la vie d'Eddy, ce récit poignant est à la fois un témoignage des atrocités perpétrées à Auschwitz, l'histoire d'un amour né et grandi dans l'enfer ainsi qu'une réflexion crue sur le genre humain.

  • Les vérités les plus précises - et les plus terribles, tant elles sont précises - sur la machine d'extermination. Quarante ans de témoignages, en grande partie inédits, d'une importance historique essentielle.

    Des recherches entamées très tôt par Primo Levi sur le destin de ses compagnons à la déposition pour le procès Eichmann, en passant par la « lettre à la fille d'un fasciste qui demande la vérité » et les articles parus dans des quotidiens et des revues spécialisées, Ainsi fut Auschwitz est une mosaïque de souvenirs et de réflexions critiques d'une valeur historique et morale inestimable.

    Les grands textes de Primo LEVI sont chez Pocket.

  • À l'origine de ce projet un simple constat : l'absence d'ouvrage récent et complet, de synthèse, en français et à destination du grand public, sur les questions complexes soulevées par la Shoah. Or, nombre de questions - quelle fût l'attitude des Juifs face à la répression et aux déportations ? Quelle fût leur capacité de résistance ? Quelles furent les raisons du différentiel de traitement des Juifs d'Europe centrale et orientale et des Juifs occidentaux (en particulier des Juifs de France) ? De quelle aide ou de quels secours ont-ils pu disposer ? Quelles furent les motivations des bourreaux ? Que savaient les alliés de la Shoah ? - ont, depuis une vingtaine d'années, trouvé leur réponse grâce aux travaux d'une nouvelle génération de chercheurs et chercheuses. Dans le contexte actuel, il est donc apparu indispensable aux auteurs de fournir des clés de lecture claires et précises sur l'histoire de la Shoah, pouvant le cas échéant servir d'arguments face aux propos éventuellement révisionnistes, complotistes ou négationnistes.

  • Ce carnet rassemble deux textes d'Hannah Arendt sur l'affaire Adolf Eichmann qui sont suivis d'un entretien entre Karl Jaspers et Peter Wyss, et d'un article d'Alexander Mitscherlich paru dans Der Spiegel à propos du livre d'Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem.
    Tous les textes de ce carnet sont inédits en français.

  • Dans nos vignobles français, on raconte que les grands terroirs (Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Cognac) auraient été pillés par l'Allemagne nazie. L'auteur nous révèle dans ce livre que la réalité est tout autre et nous propose une passionnante enquête de terrain sur cette collaboration idéologique et économique des vignobles français.
    Tout y passe : l'évasion fiscale, l'enrichissement considérable, les cercles de patrons collabos, etc. À cet affairisme débridé, s'est joint une collaboration active de négociants bordelais et bourguignons, d'aristocrates et de patrons champenois qui adhéraient au nazisme pensant qu'il constituait le seul rempart contre « le bolchévisme et le cosmopolitisme ».

  • L'histoire du plus grand sauvetage d'enfants juifs entrepris en France, dans un camp, pendant la Seconde Guerre mondiale.
    26 août 1942. Le gouvernement de Vichy ordonne la rafle des juifs étrangers dans la région de Lyon. Au petit matin, ils sont 1?016 à être arrêtés et rassemblés dans un camp de « triage » à Vénissieux.
    Nuit du 28 au 29 août 1942. Des membres d'oeuvres sociales présents dans l'enceinte convainquent les parents d'abandonner leurs enfants et de les confier à l'Amitié chrétienne.
    108 enfants vont être séparés de leurs parents et exfiltrés du camp quand les adultes seront conduits à Auschwitz et gazés. La police lance une chasse pour retrouver ces enfants, mais la résistance prévient : « Vous n'aurez pas les enfants. » L'histoire inédite du plus grand sauvetage d'enfants juifs entrepris en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Inclus un cahier photos.

  • : C'est l'un des textes les plus forts sur la guerre d'Espagne. Écrit par Mika Etchebéhère (1902-1992), une militante argentine qui dirigea une colonne du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM) en 1936-1937. On y croise des minoritaires, des anarchosyndicalistes et des marxistes antistaliniens, tous habités par la conviction d'imminents lendemains qui chantent.

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  • Tandis que leur prix est connu de tous, la vie et l'oeuvredes Goncourt ont sombré dans l'oubli. Pamphlétaire sincisifs, romanciers fondateurs du naturalisme, dramaturges à scandale, collectionneurs impénitents, ces langues de vipère se sont pourtant attaquées à tous les genres littéraires, et plus encore au genre humain. Suivre les Goncourt, c'est courtiser la princesse Mathilde, déguster avec Flaubert des « cer velles de bourgeois », supporter le luxe des demi-mondaines, survivre à la Commune, passer des salons des Rothschild aux soupentes sordides et recevoir toute l'avant-garde dans leur Grenier d'Auteuil. Leur journal, longtemps tenu secret, fait de ces réactionnaires entichés de révolution artistique les chroniqueurs affûtés d'un monde en plein bouleversement.

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  • Il fut un temps où tous les chemins menaient à Rome... Aujourd'hui, ils mènent à Pékin. L'Europe peine à penser son avenir face aux populismes et aux crises migratoires, tandis que les Etats-Unis ont engagé un retrait inédit des affaires internationales, au risque de menacer d'anciens alliés. Pendant ce temps, un vent d'espoir souffle le long des antiques routes de la soie. Du Moyen-Orient à la Chine, de la Russie à l'Iran, les échanges se multiplient, les pays coopèrent et de nouvelles alliances sont scellées, faisant fi d'antagonismes dépassés.
    Le contraste est saisissant avec ce qui se joue à l'Ouest. Peter Frankopan brosse le tableau aux mille nuances du monde actuel et explique pourquoi il est essentiel d'en comprendre les bouleversements. Dans cet ouvrage magistral, l'historien à la renommée internationale reprend le fil de l'histoire là où Les Routes de la soie (2015) l'ont laissé. Ces routes sont désormais en pleine expansion. Quels changements leur développement impliquera-t-il pour demain ? Quelles seront les répercussions de ce grand basculement des centres de pouvoir ?

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  • Les suicidés de Demmin : 1945, un cas de violence de guerre Nouv.

    30 avril 1945:Hitler se suicide dans son bunker de la chancellerie de Berlin. Au même moment, au nord de la capitale du Reich, des unités de l'Armée rouge s'apprêtent à investir Demmin, une petite ville de Poméranie-Occidentale à la confluence de trois cours d'eau:la Peene, la Trebel et la Tollensee. En faisant exploser les trois ponts qui enjambent la ville hanséatique, les dernières unités de la Wehrmacht rendent impossible tout repli des habitants vers l'ouest de l'Allemagne. Pris au piège, terrés dans leurs caves, ces derniers attendent anxieusement l'arrivée des Soviétiques, présentés depuis des mois par la propagande nazie de Goebbels comme des «bêtes bolcheviques».Et puis tout bascule en quelques heures... Les Soviétiques transforment Demmin en un espace de violence, se livrant à des pillages et à des viols dans une ville en proie aux flammes d'un gigantesque incendie.Ce drame qui se joue à Demmin entre le 30 avril et le 4 mai 1945 est très particulier dans la mesure où ce déchaînement de violence conduit des centaines de personnes, à commencer par des femmes et des enfants en bas âge, à se suicider.Comment cette ville a-t-elle pu être le théâtre de cette «orgie de suicides»?Ce suicide collectif a-t-il été le résultat d'un «mouvement de panique»? A-t-il constitué de manière consciente une stratégie de sortie de guerre? Dans quelle mesure le discours idéologique de fin du monde diffusé par les nazis a-t-il pu influencer le comportement collectif des habitants de Demmin?En s'appuyant sur de nombreux témoignages, cette enquête historique cherche à comprendre et à donner du sens à cette «pulsion suicidaire allemande» en sortant des schémas interprétatifs globaux sur la violence de guerre.

  • Femmes de nazis Nouv.

    Juillet 1937. À travers Berlin, passe un convoi de voitures S.S. bardées de croix gammées... On imagine mal Himmler aller au cinéma. C'est pourtant une comédie musicale hollywoodienne que le sinistre personnage a choisi d'aller voir ce soir-là, pour faire plaisir à Madame... Margarete Himmler, Magda Goebbels, Carin et Emmy Goering... On oublie souvent, derrière les hauts dignitaires du IIIe Reich, les fidèles compagnes qui les guidaient, les encourageaient. D'où venaient-elles ? Que savaient-elles ? Comment ont-elles vécu les années de faste, celles de la chute ? Les femmes de nazis, aujourd'hui, sortent de l'ombre...

  • Comment croire en l'avenir quand on a trente ans et la conviction de vivre l'effondrement de la planète - réchauffement global, dégradation de la biodiversité, pollution généralisée, le tout aggravé par une crise sanitaire mondiale?
    En remontant le temps, répond l'auteur de ce récit à son jeune interlocuteur, Sacha, et en s'inspirant du concept de Noosphère, forgé dans les années 1920 par deux hommes, le Français Pierre Teilhard de Chardin et le Russe Vladimir Vernadski, qui désignaient ainsi la conscience collective planétaire. Ayant compris le rôle crucial de l'action humaine sur la biosphère - ce que l'on appelle aujourd'hui l'anthropocène -ces visionnaires, convaincus du caractère « cosmique » de la vie biologique, considéraient le triomphe de la Noosphère comme la prochaine et irrésistible étape de l'Évolution, condition sine qua non de notre survie sur la Terre.
    Cette perspective suffira-t-elle à redonner espoir à Sacha et aux nouvelles générations ?

  • Ce qui est arrivé à Wounded Knee, le 29 décembre 1890, dans le Dakota du Sud aux États-Unis, est l'une des pages les plus sombres de l'histoire américaine : l'apogée d'une escalade mortelle qui a commencé quelques jours plus tôt et voit la mort des derniers grands chefs indiens Sitting Bull et Big Foot, avec leurs tribus, au total 300 personnes dont des femmes et des enfants tués à bout portant lors d'une bavure militaire d'une ampleur inouïe.
    À cette date, l'Empire sioux n'est déjà plus que l'ombre de lui-même, soumis à une rééducation accélérée pour convertir son peuple à l'American way of life. Mais, à Wounded Knee, la violence des actes est relayée par les survivants indiens et des témoins du drame. En vain. Dans un simulacre de jugement qui se tiendra à huis clos, les officiers prétendront avoir réagi à un guet-apens tendu par des Indiens fanatisés. 130 ans plus tard, dans une enquête totalement inédite, l'archéologue Laurent Olivier confronte les faits et apporte les preuves qui manquaient encore à l'établissement complet de la vérité.

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