Faits religieux

  • « Non, la méditation sur la France, son génie ou son esprit, n'est ni anachronique ni caduque. C'est même strictement l'inverse : non seulement l'immersion dans le village global ne frappe pas d'obsolescence notre interrogation sur ce génie propre mais elle la rend plus cruciale que jamais, si toutefois nous voulons éviter de nous perdre totalement dans la mondialisation, de subir celle-ci comme une dilution pure et simple de nous-mêmes et comme une aliénation par tout ce qui nous entraîne au-delà de notre identité historique...
    Mais à quoi tient-il, ce génie de la France ? Pour une part essentielle à la laïcité. Une laïcité qui est peut-être la condition politique de la vie spirituelle la plus haute. Car en séparant l'État des religions, elle « fait le vide », ce vide qui est au coeur de toute destruction mystique et métaphysique des idoles... Comment expliquer cependant que nous n'ayons pas compris plus tôt cette valeur inséparablement spirituelle et politique de la laïcité ? Nous Français n'avons en réalité même pas commencé de sonder l'abîme de notre vide laïque. Et, au-delà de nous-mêmes, n'est-ce pas la modernité politique tout entière qui a souffert d'un terrible aveuglement vis-à-vis du potentiel spirituel de la laïcité et de la démocratie ? ».

    Penser la laïcité spirituellement : c'est à cette réflexion profonde, ouverte et érudite que nous convie ici Abdennour Bidar, grande figure du dialogue interspirituel, auteur notamment de Plaidoyer pour la fraternité.

  • Kahina Bahloul est la première femme imame en France. Née d'un père kabyle issu d'une famille de marabouts et d'une mère française d'origines juive et catholique, elle a grandi en Algérie où elle a vécu au plus près la montée de l'intégrisme. Spécialiste de la mystique musulmane et plus particulièrement de l'oeuvre d'Ibn 'Arabi, le grand mystique andalou, elle décide de s'engager plus activement à la suite des attentats de 2015.
    Revendiquant, sur la base de sources classiques, la légitimité pour une femme d'être imame, de diriger les prières et d'enseigner, elle fonde en 2019 la mosquée Fatima, d'inspiration soufie, ouverte aux femmes voilées ou non, mais aussi aux non-musulmans. À l'image de la reine berbère résistante dont elle a hérité le prénom et le caractère, Kahina Bahloul est aujourd'hui présente sur tous les fronts pour évoquer la possibilité d'un islam moderne et libéral.
    Pour la première fois, cette femme de dialogue et de paix nous fait partager sa pensée. C'est l'occasion pour elle d'explorer la diversité et la spiritualité inscrite dans ses origines, de témoigner de son parcours et d'expliquer sa vision d'un islam enfin affranchi des peurs et des scléroses.

  • En France, le seul emploi du mot « islamophobie » provoque des froncements de sourcils, du fait de la campagne soutenue menée par une grande partie de l'intelligentsia et des médias pour le discréditer et nier la réalité objective qu'il propose de décrire. De la même manière, l'idée qu'il puisse exister des similitudes entre l'antisémitisme et l'islamophobie soulève les passions, car elle semble s'attaquer au principe de l'unicité de la Shoah et à la théorie de la « nouvelle judéophobie ».
    Malgré cette hostilité, les travaux sociologiques et historiques portant sur l'islamophobie moderne ont connu de grandes avancées ces dix dernières années. Beaucoup d'entre eux soulignent que les musulmans sont racialisés, au prétexte non pas de différences morphologiques ou « biologiques », mais de caractères culturels et religieux.
    Les juifs d'Europe ayant été le premier groupe religieux à être perçu et représenté comme une race distincte, une étude croisée avec l'antisémitisme s'impose comme l'une des approches les plus adéquates.
    Ce livre propose une synthèse historique et théorique rigoureuse à l'usage du grand public. Si son objectif principal est d'élucider la relation exacte entre la racialisation du juif et celle du musulman en Occident du milieu du XIXe siècle à nos jours, il voudrait également fournir un cadre théorique pour une approche globale des différentes formes de racisme.

  • Le trou identitaire : sur la mémoire refoulée des mercenaires de l'Islam Nouv.

    Le 16 octobre 2020, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie dans un collège de banlieue parisienne, a constitué un nouveau cap pour le contentieux terroriste islamiste en France, provoquant une sidération générale. Treize jours plus tard, trois personnes perdaient la vie dans une église à Nice et le Moyen-Orient s'embrasait jusqu'à livrer une guerre d'idées à la France et à son Président, pour blasphème. Ces événements ont confirmé pour l'auteure la nécessité de réhabiliter le coeur de ce que l'idéologie islamiste tend à détruire : le sens des mots, du langage et donc de notre humanité.
    Ce livre repense la crise de l'expression et du langage que l'idéologie salafo-jihadiste met en lumière depuis son apparition sur le territoire français. À partir de l'analyse de l'expression populaire « J'vous l'jure sur le Coran de la Mecque », l'auteure dévoile l'existence d'une béance, d'un trou identitaire. Son usage révèle une quête de référencement à une culture mal connue mais également la béance existante entre un individu et sa religion. Face à ce trou, des « entrepreneurs religieux », qu'ils soient Frères musulmans, salafistes, tablighis ou jihadistes, ont investi le champ laissé par ce qui n'a pas été inscrit dans le récit familial comme national. L'islamisme masque les trous présents dans l'islamité fracturée et mal représentée en France, dans l'arabité encore abimée par le passé colonial, mais témoigne aussi d'un désir d'existence dans un monde ordonnancé par les Autres. À défaut de pouvoir refermer le trou d'un passé meurtri, quelques propositions tentent de dépasser la logique de haine associée à la mémoire du monde arabo-musulman, pour reconstruire un espace où l'histoire et les mots se réconcilient.

  • Comprendre l'islam ou plutôt : pourquoi on n'y comprend rien « Depuis des années, nous sommes abreuvés d'informations et d'opinions sur l'islam. L'actualité tragique du monde comme les mutations profondes de la société française, tout ne cesse de pointer vers cette religion à laquelle journaux, sites Internet et émissions de télévision consacrent tant de décryptages. Pourtant, le paradoxe est là : plus on l'explique, moins on le comprend. » Pourquoi peut-on dire sur l'islam tant de choses contradictoires ? Et pour connaître son « vrai visage », comment s'y prendre ? Suffit-il de lire le Coran ? Peut-on enfin savoir si cette religion, avec son milliard de croyants, en veut vraiment à notre mode de vie et à la paix dans le monde ? Dans ce livre lumineux, qui éclaire sans prétendre tout résoudre, Adrien Candiard explique pourquoi, en ce qui concerne l'islam, rien n'est simple. Une lecture dont on sort heureux d'avoir, enfin, compris quelque chose.

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  • L'Islam et la science : en finir avec les compromis Nouv.

    Faouzia Charfi nous propose dans ce nouveau livre de revisiter l'histoire des sciences en pays d'islam. Une histoire commencée sous le signe de l'ouverture à l'autre avec le vaste mouvement de traduction des textes anciens inauguré par le calife Al-Mansur au viiie siècle. Une histoire qui a bifurqué dès le xie siècle, quand la science s'est vue assujettie à des fins pratiques et religieuses.
    Le mouvement réformiste musulman au xixe siècle aurait pu rebattre les cartes mais il a échoué, faisant le lit du projet ambigu d'islamisation de la connaissance.
    Faouzia Charfi plaide ici pour une véritable séparation de la science et du religieux. Un message qui s'adresse particulièrement aux jeunes générations, trop souvent séduites par un islam de pacotille surfant sur la vague des technosciences.

  • Les catholiques suscitent parfois un étonnement qui évoque celui des Parisiens du XVIIIe siècle face au Persan de Montesquieu : « Ah ! ah ! monsieur est catholique ? C'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être catholique ? » Nombre de nos contemporains ne comprennent plus comment ni pourquoi on peut (encore) adhérer à une telle vision du monde.

    Denis Moreau, philosophe catholique, fait ici le choix de s'expliquer sur sa foi, en se plaçant sur le terrain de l'argumentation rationnelle. Cela n'exclut ni la profondeur spirituelle, ni le témoignage, ni l'humour.

    À tous, croyants ou non, ce livre expliquera que lorsque se pose la

  • Les convergences entre l'islam fondamentaliste et les extrémismes politiques se sont multipliées depuis les années 1920. Une première alliance idéologique, l' « islamo-nazisme », est apparue sous l'égide du « Grand Mufti » de Jérusalem, Amin al-Husseini, et des Frères musulmans. Après la Seconde Guerre mondiale et la création de l'État d'Israël, une nouvelle configuration idéologique s'est développée au sein des mouvances tiers-mondistes ou altermondialistes ralliées à l'antisionisme radical : l' « islamo-gauchisme ».

    En France, aujourd'hui, un profond clivage idéologico-politique oppose les anti-islamistes aux anti-islamophobes, lesquels sont souvent des islamo-gauchistes, c'est-à-dire des militants d'extrême gauche séduits par l'islam politique au point de s'en faire les défenseurs à travers des arguments antiracistes empruntés aux thèses décoloniales ou indigénistes. Les islamo-gauchistes forment des minorités actives sur les réseaux sociaux et dans l'espace universitaire. Ils visent à placer les citoyens devant ce dilemme : être pro-islamistes ou « islamophobes ».

    Comment échapper à cette alternative inacceptable ? Comment préserver la liberté d'expression, et plus particulièrement le principe de la libre critique des religions, quand les défenseurs de la laïcité sont accusés de faire preuve d' « islamophobie » par les islamistes et ceux qui les soutiennent, directement ou non ?

  • L'islamologue se trouve dans un champ de mines. D'un côté, grincement de dents : pas de doute, le Coran fait bien partie de notre histoire et il faut inclure ses savoirs historiques dans une réflexion commune. De l'autre : encore faut-il que les musulmans intégristes mais aussi les traditionnalistes l'acceptent et se soumettent à la loi commune de la république.

    Olivier Hanne raconte sa spécialité et son métier, qui d'expert en voie de disparition est revenu au coeur des connaissances décisives depuis les attentats de 2015. Il raconte ses rapports houleux avec les salafistes et autres croyants antirépublicains, et ses moments possibles avec la communauté musulmane. Il affronte le terrorisme islamique et défend ses convictions à l'épreuve des tragédies qui ensanglantent la France.

  • Si l'islam forme un tout et rassemble une communauté de croyants, ceux-ci ne se réclament pas tous d'une même doctrine - loin s'en faut. L'islam est divisé en de nombreuses branches, elles-mêmes scindées en sous-groupes et en tendances, dont chacun possède sa propre spécificité doctrinale, sans qu' aucune instance supérieure ne garantisse une orthodoxie.
    Comment comprendre ces divergences et comment sont-elles apparues au cours des quatorze siècles d'existence de l'islam?
    Partant de la formation de la religion islamique autour du prophète Muhammad, Sabrina Mervin met en évidence les évolutions doctrinales, montre comment elles se sont déployées au sein des sciences religieuses et replace les courants de l'islam contemporain dans leur histoire, faite de tensions entre réformisme et tradition.

  • Parler des questions qui fâchent en islam à propos des femmes n'est pas une provocation, mais une nécessité. Il s'agit de clarifier, de rectifier, mais aussi souvent de dénoncer.
    Clarifier la confusion entre le message spirituel du Coran et l'orthodoxie interprétative institutionnalisée. Rectifier le grand nombre de préjugés sexistes et parfois diffamatoires transcrits dans la tradition musulmane au nom des préceptes divins. Dénoncer ce qu'une culture patriarcale a forgé dans l'esprit des musulmans : la dévalorisation des femmes.
    Voile, polygamie, égalité dans l'héritage...Asma Lamrabet inventorie les discriminations imposées aux femmes au nom de l'islam. Or la plupart des interprétations classiques, d'origine médiévales, produit de leur milieu social et culturel, se sont construites à la marge et parfois à l'encontre du Texte sacré, porteur, lui, d'une vision plus égalitaire et ouverte.
    Ce livre n'est pas seulement d'ores et déjà une référence: il est l'outil indispensable pour savoir de quoi on parle avec intelligence des enjeux quand est abordé ce sujet essentiel.

  • La Fabrique du Musulman propose une réflexion originale sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale en France. En revenant sur les processus à l'oeuvre depuis une quinzaine d'années, cet essai souligne le rôle des politiques, toutes tendances confondues, dans la propagation d'une fièvre identitaire qui brouille les clivages économiques et sociaux.

  • "Accoutrement obscène et dégradant", "négation de soi", "atteinte à la dignité humaine", "emblème du statut inférieur de la femme en islam", "symbole d'oppression", le niqab s'est vu dénoncé par des intellectuels, journalistes ou politiciens français en prologue à son interdiction par la loi votée le 11 octobre 2010.
    Un certain nombre de personnes dans notre société ont exprimé leur répulsion pour ces "fantômes en noir", Batman et autres Belphégor, allant jusqu'à les insulter sans avoir eu le moindre contact verbal avec ces femmes. Mais qui se cache derrière ce tissu voué aux gémonies?
    La sociologue Agnès De Féo met à profit ses dix ans d'enquête sur les usagères du niqab en France pour nous permettre de découvrir leurs motivations profondes, loin des clichés réducteurs que leur opposent leurs détracteurs. Certaines se sont radicalisées en rejoignant la Syrie ou l'Irak, d'autres ont abandonné le niqab et jusqu'à la pratique de l'islam Ce livre, préfacé par Olivier Roy, politologue spécialiste de l'islam, transcende les apparences et nous offre une plongée dans l'intimité insoupçonnée de celles qui ont fait trembler la République.

  • Sur la religion

    Rémi Brague

    Il y a trente ans, quand on voulait être pris au sérieux, on parlait politique ; évoquer la religion, en revanche, était le meilleur moyen de faire rire. Aujourd'hui, la situation s'est inversée ; la religion fascine, inquiète, et la peur s'installe à l'égard de certaines de ses formes, voire de la violence que, suppose-t-on, elles fomentent.
    Il importe d'essayer d'y voir un peu clair. Poursuivant le travail d'élucidation qu'il a entrepris depuis une dizaine d'années, Rémi Brague s'interroge sur la légitimité même du terme « religion », puis sur le contenu propre des religions - avant tout sur celui des « trois monothéismes ». Qu'est-ce que la religion nous dit de Dieu, et de l'homme en tant qu'il est doué de raison ? Qu'est-ce qu'elle nous dit d'autres domaines de l'humain comme le droit, la politique ? En quoi garantit-elle - ou menace-t-elle - la liberté morale, sinon l'intégrité physique, des individus ?
    Un essai salutaire pour délaisser nos a priori et prendre de la hauteur.

  • Et si les caricatures de Mahomet étaient une chance pour l'islam ?

    En réponse aux tabous mortifères qui gangrènent et condamnent la religion musulmane à terme, Malik Bezouh prône une « théologie islamique de la libération ».

    Blasphème, homosexualité, masturbation, athéisme... la puissance du tabou qui enveloppe ces thèmes rend presque impossible tout débat en islam. Figé politiquement par un despotisme empêchant l'émergence d'une réflexion apaisée et rationnelle, englué dans un conservatisme religieux anachronique, et travaillé en profondeur par des courants réactionnaires, le monde islamique, hétérogène, complexe, est à la peine lorsqu'il s'agit de considérer sereinement ces sujets, pourtant fondamentaux. Marqueurs d'une modernité enfantée par un Occident jadis chrétien, hier colonisateur, aujourd'hui sécularisé, ces questions génèrent des crispations parfois paroxystiques comme en attestent les attentats commis sur notre sol depuis quelques années.

    Aujourd'hui, l'islam est à la croisée des chemins. Soit ce culte entame un profond examen de conscience, soit il est condamné à périr. L'agonie, du reste, a déjà débuté, comme en témoigne la montée de l'athéisme en terre musulmane.

    L'heure est donc au sursaut religieux ! Secondée par la science, la raison, chère à Averroès, peut apporter son écot à ce processus salutaire de revivification. Et le temps presse !

  • L'islam de France a cessé de se faire discret. Les jeunes générations désirent lui faire une place et, à travers lui, affirmer leur identité, dénoncer les discriminations, voire contester un modèle de société.
    L'engouement religieux et le communautarisme menacent-ils pour autant les libertés individuelles, la cohésion sociale et la paix ? Guerres et attentats menés au nom du fondamentalisme ne sont pas propices à l'analyse raisonnée ; c'est à elle pourtant que prétend cet ouvrage. Ni angélisme ni alarmisme du côté des auteurs, plutôt une analyse des faits à partir d'enquêtes de terrain et de témoignages. On y croise des étudiantes voilées, des entrepreneurs, des mères d'élèves de quartier sensible, des jeunes actifs de retour d'un pèlerinage à la Mecque, des délinquants rejoignant un islam rigoriste, des jeunes repérés par la Protection judiciaire pour « radicalisation ».
    Les écouter, prendre au sérieux leurs opinions, comprendre leur cheminement et interroger leurs rapports à la société et à la République, voilà des clés pour éclairer le jugement, combattre quelques idées fausses et mieux vivre ensemble.

  • L'historien et ancien ambassadeur d'Israël en France explique les ressorts du terrorisme à fondement religieux resitué dans le contexte historique et culturel de la religion politique en général. Il entend faire comprendre pourquoi la tentation fondamentaliste révolutionnaire est plus forte aujourd'hui dans l'islam et propose des moyens pour la combattre.

  • Des prêtres sont coupables de pédophilie. Il faut donner la parole aux victimes. C'est justice. Des prêtres se suicident. Le silence recouvre leur geste. Hors de l'Eglise mais aussi dans l'Eglise. Une crise ne saurait effacer un abandon. La souffrance qu'elle cause vient s'ajouter à d'autres souffrances, devenues l'ordinaire des vies consacrées.
    Quelle est leur source ? La dureté de l'institution ? La dureté de l'adhésion ? La dureté de la mission ? Comment exprimer la solitude du sacerdoce ? Peut-on se contenter de dénoncer le cléricalisme ?
    Ou le prêtre n'est-il pas fils engendré et accompagné par l'évêque pour se faire père à son tour ? C'est l'amour paternel qui fait la prêtrise et le manque de paternité qui la vide de son sens.
    A rebours des idées reçues, la crise nous appelle à une redécouverte de l'autorité spirituelle.
    Un livre-choc sur certains aspects du sacerdoce en France.

  • Si l'on veut définir en quelques mots ce que l'Islam des Lumières représente dans l'actualité, on pourrait surmonter l'embarras en affirmant qu'il s'agit d'une perspective visant à trouver des parcours de « sortie de la religion » en tant que système dogmatique et autoritaire, qui cependant se garde bien de faire cela en suivant les chemins traversés par l'Occident au cours des deux derniers siècles. Cette étiquette évocatrice, fascinante et en quelque sorte poétique, soulève des questions et en même temps semble indiquer des réponses précises : après avoir détruit la mythification-mystification qui pendant des siècles a justifié l'illusion de la présence de Dieu dans l'histoire et dans le destin humain, que reste-t-il ? Est-il possible de trouver d'autres narrations capables de donner un nouveau sens et des buts ultimes à notre expérience existentielle ? À partir de ces questions se construisent les parcours des intellectuels de l'Islam des Lumières, auxquels ce livre a l'intention de donner la parole, en essayant de mettre en évidence ce qui distingue leur réflexions des autres discours de reforme de l'islam qui, cependant, n'arrive pas à remettre en question son appareil dogmatique et théologique.

  • La devise de Véra Baboun est : « De la souffrance, apprendre à faire naître la grâce. » Cette professeure d'université a vu sa vie bouleversée en 1980, lors de l'arrestation de son mari, militant palestinien, par les Israéliens, puis de sa mort. Elle va alors ériger en règle de vie le fait d'emprunter des chemins nouveaux, de relever trois défis : se battre pour son pays, pour sa ville, pour les femmes. Son héroïne, que lui contait son grand-père, c'est Shéhérazade, qui accomplit son destin grâce au courage, à l'éducation, à la sagesse. Elle veut porter ce combat pour toutes les femmes du monde. En tant que maire de Bethléem, elle sait que les murs qui enferment sa ville risquent d'enfermer les habitants en eux-mêmes, de les transformer en exilés de l'intérieur. Plus on enferme, plus on radicalise. Elle veut elle, briser ces murs. Dans son enfermement, elle arrive à s'adresser à l'humanité entière. Elle se bat pour défendre la vie quotidienne des habitants, négocier sans relâche l'accès à l'eau, à l'électricité, au retraitement des déchets... Si elle reconnaît les points faibles de la société palestinienne, elle est aussi déçue par les grands hommes politiques qui sont venus dans sa ville (Barak Obama, David Cameron...) A l'exception du pape François qui a prononcé des paroles de reconnaissance, celle dont son peuple a besoin.

  • Les femmes voilées ne sont pas des victimes : telle est l'affirmation sans concession de Fatiha Boudjahlat. Pour elle, ce ne sont pas les femmes voilées qu'il faut combattre, mais plus exactement le « voilement », acte politique qu'elle dénonce et analyse dans ce livre.
    Pour Fatiha Boudjahlat, la culture du voilement se répand en France grâce à un soft power d'un nouveau genre. L'essayiste revient d'abord sur le scandale provoqué par la représentante de l'UNEF, et la chanteuse Mennel arborant un voile tout en revendiquant une culture occidentale et faisant ainsi de ce symbole oppressif un élément de la panoplie des filles à la mode... Cet ouvrage de combat est aussi une réflexion sur la place du voilement dans la société. Ainsi, le « droit » pour les mamans voilées d'accompagner des sorties scolaires est une aberration : les femmes s'habillent comme elles veulent, mais l'école est une institution de la République qui, en tant que telle, doit l'emporter sur les revendications particulières.
    Exemples juridiques, factuels et médiatiques à l'appui, Fatiha Boudjahlat livre ici un discours construit en faveur d'une République exemplaire qui ne doit rien concéder à son exigence de neutralité et d'unicité.

  • En quoi le monachisme, régi par une Règle héritée des temps les plus anciens du christianisme, peut-il servir à penser les rapports entre le christianisme et la modernité contemporaine ? L'hypothèse de ce livre est que cette forme de vie communautaire à l'écart du monde, qui se donne pour l'anticipation du Royaume à venir, condense, à toutes les époques, les tensions et contradictions du rapport du christianisme à son environnement social, à travers les jeux qu'elle établit entre trois régimes de temps : temps de l'Église, temps du Royaume et temps de la société.
    Du rêve de la reconquête à la révolution oecuménique, de la réinvention de la communauté à l'utopie de l'hospitalité inconditionnelle, le monachisme est un lieu où s'écrit depuis près de deux siècles, à travers les compositions et recompositions des temps, la dramaturgie du christianisme contemporain.
    Le propos de cet ouvrage, qui relève à la fois de la sociologie historique et de l'enquête sociologique de terrain, est d'identifier les configurations typiques de ce rapport, entre le e et le XXIe siècle, sur

  • Le 26 juillet 2016, l'assassinat du père Jacques Hamel par des djihadistes dans l'église de Saint-Étienne du Rouvray provoque une émotion planétaire. Sans attendre, Jan De Volder se rend sur place.
    Il enquête sur les circonstances, minute après minute, de cette tragédie. Il rencontre les autres victimes, les paroissiens, les élus, le clergé, la population. Il recueille les confidences des proches sur la vocation, l'engagement et la destinée de ce curé qui aura toujours choisi d'être aux périphéries, qui se sera constamment tenu auprès des plus démunis et qui sera resté prêtre jusqu'au bout.
    Voici la vie, la mort et le testament du premier martyr, en Europe, du XXIe siècle.

    Historien, titulaire de la chaire Cusanus « Religions et paix » à l'université catholique de Louvain, (KU Leuven), Jan De Volder compte parmi les experts reconnus du fait religieux contemporain.
    Un livre en collaboration avec Sant'Egidio préfacé par Andrea Riccardi suivi des homélies du cardinal André Vingt-Trois et de Mgr Dominique Lebrun.

  • Depuis la parution des Versets sataniques de Salman Rushdie en 1988, nous nous sommes habitués aux accusations islamiques de blasphème contre des productions artistiques, ainsi qu'aux redoutables mobilisations qui les accompagnent. Or elles ont été préparées, dans l'Europe et les États-Unis des années 1960 à 1988, par celles de dévots du christianisme (dont parfois leurs Eglises) contre des films dont ils voulaient empêcher la sortie. Ils en ont successivement visé quatre, qui font aujourd'hui partie du répertoire international : Suzanne Simonin, La Religieuse de Diderot (Jacques Rivette, 1966) et Je vous salue, Marie (Jean-Luc Godard, 1985) ; Monty Python : La vie de Brian (1979) ; et La Dernière tentation du Christ (Martin Scorsese, 1988).
    En se fondant notamment sur des archives inédites, 'Jeanne Favret-Saada propose une suite de récits qui relatent les ennuis de chacun d'entre eux, et la modification progressive de l'accusation de "blasphème" en une "atteinte aux sensibilités religieuses blessées". Ce sont autant de romans vrais, qui retracent à eux tous un moment unique de l'histoire de la liberté d'expression.

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