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Michele
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L'objet a est sans aucun doute le concept le plus original de l'oeuvre de Lacan. Paradoxalement, peu d'ouvrages traitent de manière directe de ce point précis de la théorie et de la pratique lacaniennes. Voici donc l'un des premiers livres consacrés à cette invention lacanienne qui, à certains égards, condense à lui tout seul, tel l'Aleph de Borges, la pensée et l'originalité de Lacan. Le livre que nous allons lire présente de manière progressive les outils conceptuels de l'oeuvre du psychanalyste français, en suivant l'émergence de « l'objet des objets », comme le désigne son inventeur. Cette notion, qui apparaît aussi comme une nécessité théorique, est déjà en germe dans les premiers séminaires du psychanalyste, avec l'hypothèse de la prééminence du symbolique, et on peut en suivre le développement dans les textes qui traitent de la cure analytique, et jusque dans le dernier enseignement de Lacan. Un tel parcours remet en lumière la portée de la révolution freudienne qui depuis plus d'un siècle conduit l'homme moderne dans les méandres de son rapport aliéné au désir, mais aussi lui ouvre les voies de son devenir possible en tant que sujet.
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Le malentendu de l'enfant ; que nous disent les enfants et les adolescents d'aujourd'hui ?
Philippe Lacadée
- Michele
- Je Est Un Autre
- 3 Juin 2010
- 9782815600026
L'heure est à l'apologie de la communication et de la parole. Les spécialistes de l'écoute prolifèrent, qui tentent de dissoudre par elle le moindre traumatisme et de lever tous les malentendus. On oublie que donner la parole à l'Autre suppose que l'on sache que s'y révèle un réel hors sens qui se refuse à être pensé. C'est ce que découvre Freud, et qu'il appelle le « premier mensonge » du symptôme - ce malentendu où gîte le sujet de l'inconscient. Quelle fonction joue ce malentendu dans l'histoire de la psychanalyse ? Quel rôle tient-il dans l'histoire et le destin du sujet ? L'auteur répond d'abord à partir de la clinique de l'enfant, sans négliger certains exemples littéraires. Il lève par ce biais les équivoques qui règnent sur des concepts clés de la psychanalyse, tels la pulsion, la demande, la névrose infantile, le surmoi, l'interprétation, etc. Il s'éclaire, pour ce faire, tout particulièrement de la lecture par Jacques Lacan du cas du petit Hans. Et nous conduit ainsi à des questions d'actualité où peuvent se découvrir des générations différentes : responsabilité de l'enfant et de l'adolescent, leurs inventions. Ce livre, loin de dissoudre le malentendu, le dissipe : cette part inhérente au sujet ne saurait s'éliminer, même au prix de réduire le dire à un dit et celui qui le dit à son énoncé. A saluer l'indiscipline de cet incurable, un analyste, comme chacun de nous, est en mesure de prendre la responsabilité de trouver comment advenir là où c'était le malentendu.
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Virginia Woolf ; l'écriture, refuge contre la folie.
Collectif
- Michele
- Je Est Un Autre
- 24 Mars 2011
- 9782815600057
"Je suis faite de telle sorte que rien n'est réel que je ne l'écrive" écrit Virginia Woolf (1882 - 1941) en 1937. Les textes de cet ouvrage, qui réunit psychanalystes et chercheurs en littérature anglaise, éclairent la singularité de l'écriture de Virginia Woolf, écriture si étroitement nouée à son histoire et qu'elle remet sur le métier d'un texte à l'autre. Virginia Woolf fut violée par ses demi-frères, elle souffrit de la mort prématurée de sa mère, de son père, de sa demi-soeur et de son frère, et elle mit fin à ses jours pendant la guerre. Les auteurs de ce livre ont cependant pris la position de ne pas tenir Virginia Woolf pour une déprimée, une "victime exemplaire" des théories du traumatisme, mais bien plutôt de cerner sa bataille avec les mots contre une douleur d'existence. La lecture de son oeuvre révèle la tâche infernale à laquelle elle s'est livrée et les moyens qu'elle a trouvés pour se protéger de ce qu'elle nomme son "horreur". Les textes rassemblés ici suivent l'écrivain à la trace, dans ses écrits fictionnels, auto-biographiques, et, particulièrement, dans ses écrits les plus tardifs car c'est là que s'exposent de façon fulgurante son ironie et l'éclatement de son monde intérieur. N'oublions pas, enfin, que Virginia Woolf - éditrice de Freud avec son mari - fut elle-même traversée par la psychanalyse ; elle en témoigne fréquemment dans son Journal. Seul le recours incessant à l'écriture donne pour elle consistance à la réalité, "sans le secours d'aucun discours établi", comme l'avance Jacques Lacan du "dit schizophrène" dans son texte "l'Etourdit". L'écriture de Virginia Woolf témoigne du mystère incessant qu'elle fut pour elle-même sans que l'on puisse ici, toutefois, conclure qu'écrire aura réussi à apaiser sa certitude de "redevenir folle", hantise confiée à son mari dans la dernière lettre qu'elle lui laissa avant de se suicider.
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Dans ce nouvel ouvrage, Juan Pablo Lucchelli explore les travaux initiaux de Lacan, bien avant sa rencontre avec ce que l'on nomme le structuralisme.
Si l'on situe communément le début de l'oeuvre de Lacan au début des années 50, suite à sa rencontre avec de l'oeuvre de Lévi-Strauss, on méconnait souvent la période qui l'a précédée
Or, parmi les nombreuses références qui ont compté pour le jeune Lacan, les figures de Henri Wallon et d'Alexandre Kojève se révéleront décisives. Un travail d'analyse textuelle très précis des premiers écrits, et notamment de l'article "Les complexes familiaux", de 1938, permet de mettre ici au jour tout ce que Lacan doit à Wallon.
Kojève, quant à lui, est encore plus présent dans l'oeuvre du psychanalyste : on sait combien il a marqué les jeunes années de Lacan, mais la découverte de quelques lettres inédites de Lacan à Kojève à la Bibliothèque nationale de France met en évidence l'omniprésence de ce dernier, même au-delà de la période structurale.
Ainsi, le travail d'analyse approfondi que Juan Pablo Lucchelli présente ici permet de dessiner la matrice d'une pensée qui va influencer Lacan dès le début de sa vie intellectuelle.
Dans la même veine, la découverte d'une citation précoce de Horkheimer jette des nouvelles lumières autant sur la notion de "déclin de l'imago paternelle" que sur le rapport de Lacan aux auteurs francfortois.
Le lecteur lira également avec bonheur un texte de 1936, resté inédit jusqu'à une date récente, que le philosophe devait écrire à quatre mains avec le psychanalyste. -
Robert Walser : le promeneur ironique
Philippe Lacadée
- Michele
- Je Est Un Autre
- 11 Janvier 2023
- 9782815600729
Robert Walser, écrivain Suisse d'expression allemande, reconnu de son vivant par les plus grands - Franz Kafka, Robert Musil, Walter Benjamin - est « un de ces « artistes de la langue » tels que les définira André Breton ». Il se voue à incarner une sorte de poète moderne : « C'est pour moi une sorte d'écrivain pointilliste. Comme un kaléidoscope.» Son univers est tout entier contenu dans chaque point. Cette fragmentation fait qu'il est à mes yeux l'un des écrivains majeurs du XXe siècle, du moins pour la littérature allemande. » Philippe Lacadée fait le choix ici de ne pas tenter une « biographie » classique de cet homme si secret, si à l'écart du monde et des autres, mais de la déduire de ses écrits. Ce sont les héros de Walser qui le présentent au monde.
Lui-même ne se représente pas dans une mise en scène pour un Autre toujours improbable, mais se donne tel quel, dans une foule de détails, si singuliers, dont foisonne cette écriture d'apparence tantôt naïve, honnête et simple, tantôt si déroutante. Robert Walser est dans son écriture, dans ce qu'il nomme son roman du réel, qui structure tous ses romans.
C'est à partir du récit de ses héros que nous chercherons à déduire ce qu'a été sa vie. Dans cet essai, Philippe Lacadée montre que le poète, tout en devançant la psychanalyse, nous éclaire : son écriture miniature radicalise en quelque sorte les deux modes de l'écrit, soit le signifiant et la lettre, elle marque la distinction entre l'écrit qui ne parle que pour lui et le dessin de l'écriture miniature.
C'est un Walser avec Lacan qui nous est ici proposé et qui éclaire aussi bien le psychanalyste que le poète. -
Au fil de ces pages, le lecteur découvrira ce qui se passe à notre époque dans le cabinet d'un psychanalyste, lorsque celui-ci consent à accueillir des sujets psychotiques.
Nul voyeurisme ici, mais au contraire le témoignage d'une expérience unique fondée sur une éthique de la parole. A l'heure où le discours sur la folie tend à disparaître, et avec lui le traitement humanitaire et social qui a longtemps prévalu, ce livre est une preuve vivante qu'il existe au moins un lieu où le sujet peut adresser sa souffrance et, à partir de là, engager un travail pour construire une solution qui permette tout simplement de lui rendre la vie possible.
En effet, pour chaque cas, le psychanalyste est amené à inventer un dispositif adéquat qui tienne compte à la fois des exigences de l'Autre auquel le sujet à affaire, et de la jouissance qui est en jeu pour lui. A mille lieues de tout objectif normalisateur visant à éradiquer ce qui cloche, l'analyste est un orfèvre qui place au coeur de ce qui constitue la dynamique de l'expérience le réel propre au sujet.
On ne sort pas indemne d'une telle lecture qui mène à découvrir à quoi peut tenir une existence, souvent à pas grand-chose - quelques détritus, un mot que l'on invente, une image que l'on construit... Ces pages démontrent qu'est possible, au un par un, un traitement de la folie, qui trouve son fondement dans l'expérience inaugurale que Freud inventa, il y a de cela plus d'un siècle avec des sujets névrosés, et que Jacques Lacan, à sa suite, fonda en raison.
C'est cette boussole qui, ici, oriente la pratique.
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L'inconscient de papa et le nôtre ; contribution à la clinique lacanienne
Serge Cottet
- Michele
- Je Est Un Autre
- 1 Avril 2012
- 9782815600064
Cet ouvrage réunit plus d'une vingtaine de travaux récents de Serge Cottet qui ont pour fil conducteur l'orientation actuelle de la clinique psychanalytique éclairée par l'oeuvre de Jacques Lacan. Chaque article soulève une question actuelle : la dépression, la sexualité des adolescents, la criminalité, la psychose ordinaire. La clinique psychanalytique est en prise sur le malaise de notre temps.
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Vie éprise de parole ; fragments de vie et actes de parole
Philippe Lacadée
- Michele
- Je Est Un Autre
- 3 Janvier 2013
- 9782815600101
Ce livre propose une critique de la réduction du langage à la simple communication et du postulat de celle-ci qui, au nom d'un parler vrai, prétend dire ce qu'il en serait du réel. Vie éprise de parole cherche à faire valoir le pouvoir d'évocation ou d'invocation de la langue. Qu'est-ce que parler veut dire ? Y a-t-il un apprentissage de la langue ? Que nous apprennent Les Mots de Jean-Paul Sartre ou les Variations sauvages de la pianiste Hélène Grimaud ? Quelles sont pour les enfants et les adolescents les répercussions de l'envahissement des objets gadgets dans leur rapport au langage et à la présence de l'Autre ? Plutôt que d'être nostalgique, comment faut-il savoir y faire avec cette modernité ironique qui met en question le savoir de l'Autre ?
Il s'agira de trouver comment dire à la fois oui et non aux usages immodérés de ces objets gadgets et de proposer un nouvel éclairage de l'usage fréquent des insultes dans le discours courant. Jacques Lacan faisait de l'insulte le début de la grande poésie, ouvrant une voie que ce livre cherche à explorer. Des divers fragments de vie présentés ici comme des témoignages de cures analytiques, ou des récits de vie extraits de publications, nous pouvons déduire qu'au XXIe siècle, malgré un certain désordre du symbolique, la langue reste vivante pour autant qu'à chaque instant le sujet la crée.
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Subversion lacanienne des théories du genre
Clotilde Leguil, Fabian Fajnwaks
- Michele
- 18 Juin 2015
- 9782815600200
Comment la psychanalyse lacanienne aborde-t-elle la question du genre ? La psychanalyse est-elle hétéronormative ? Quel statut le signifiant "femme" a-t-il en psychanalyse ? Comment peut-on à partir de la clinique analytique rendre compte du genre "neutre" comme nouvelle revendication et nouveau droit des sujets du XXIe siècle ? C'est à ces questions que des psychanalystes d'orientation lacanienne répondent dans cet ouvrage, en prise avec les débats qui préoccupent la société civile.
La psychanalyse partage avec les gender studies la dénaturalisation de la sexualité, mais ne se ramène pas pour autant à une simple déconstruction du genre en tant que norme sociale. En revenant sur les thèses des principaux auteurs des gender studies (J. Butler, Monique Wittig, Gayle Rubin, Eve Kosofski Sedgwick, Didier Eribon, Eric Fassin, Marie-Hélène Bourcier), cet ouvrage s'attache à restituer le sens de l'orientation lacanienne en matière de genre, par-delà le malentendu qu'engendre la lecture de Lacan proposée par ces auteurs. Car si la cure analytique tourne tout entière autour de questions comme "qu'est-ce qu'être une femme ?", ou "comment être un homme ?", elle n'invite pas pour autant le sujet en analyse à se conformer à des normes de genre. Par-delà toute identification à un mode de jouissance qui peut être partagé par d'autres, par-delà toute appartenance à une communauté permettant au sujet de s'identifier à d'autres, la psychanalyse conduit chacun, dans sa solitude, à se confronter à un noyau de jouissance qui est aussi ce que Lacan a appelé "un réel". Cet ouvrage, en répondant ainsi aux gender studies, tente de faire émerger les enjeux éthiques et politiques dont la psychanalyse lacanienne est porteuse.
Avec les contributions d'Éric LAURENT, Pierre-Gilles GUÉGUEN, Fabrice BOURLEZ, Anne Emmanuelle BERGER, Clotilde LEGUIL, Fabian FAJNWAKS.
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Après plus de cent ans de luttes féministes, mais aussi plus de cent ans de psychanalyse, pourquoi le rapport entre les sexes ou, plutôt, le rapport de l'être au sexuel est-il toujours déséquilibré ? Guerre des sexes, émancipation des femmes, contestation de l'hégémonie hétérosexuelle, mariage gay, LGBT : l'éclatement du sexuel semble illimité, en même temps que de nouvelles transformations identificatoires cherchent à s'imposer, ce qui confirme si besoin était, à quel point toute forme de sexualité implique peu ou prou une norme. Mais toute norme contient à son tour ses propres lois restrictives, de telle sorte que le malaise auquel Freud pouvait faire allusion, loin de s'estomper, perdure toujours : ce qui semble nouveau porte surtout la trace de l'ancien qu'il essaie de surmonter. La sexualité comme telle doit être ainsi remise en question. Jean-Claude Milner, Slavoj Zizek et Juan Pablo Lucchelli entrent en dialogue à partir des champs au départ bien distincts et ne craignent pas d'aborder des sujets qui fâchent et divisent l'opinion. Ils tentent ainsi de poser des balises et d'ouvrir des trouées dans les discours sur les sexualités. Ils suivent en cela les conseils d'un James Joyce : « Si nous ne pouvons pas changer le pays, changeons au moins de conversation. »
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Haine et pulsion de mort au XXIe siècle ; ce que la psychanalyse en dit
Camilo Ramirez
- Michele
- 9 Février 2023
- 9782815600330
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United symptoms : Actualite de la psychiatrie aux usa
Jean-Charles Troadec, François Leguil
- Michele
- 9 Février 2023
- 9782815600361
« Tout ceux qui comme nous, pensent que ce qui arrive aux USA dans le domaine de la psychiatrie, et de la santé mentale en général, se répercute voire se reproduit désormais en Europe de plus en plus rapidement seront informés par cet ouvrage de ce qui peut bientôt faire symptôme dans notre vie quotidienne. » Pierre-Gilles Gueguen, rédacteur en chef de Lacan Quotidien. « Cet ouvrage redouble d'anticipation. Ce livre est une nécessité. » Dr David Briard, chef de service pédiatrique. Hôpital Sud de Rennes. Juin 2017 marque un tournant décisif de la psychiatrie aux Etats -Unis. La chute de 45% des essais cliniques psychiatriques, tel que relevé par la célèbre revue Nature, est consécutive à la nouvelle politique d'un organisme d 'Etat et le plus gros pourvoyeur de fonds au monde, le National Institute of Mental Health (NIMH), depuis qu'il a demandé aux scientifiques des preuves biologiques à leurs résultats. Depuis mai 2013, dès la sortie du cinquième volet du Diagnostic and Statistical Manual (DSM-5), le National Institute of Mental Health avait fait savoir qu'il ne soutiendrait plus ce célèbre manuel pour son manque de rigueur scientifique. Les psychiatres ne s'intéressaient jusqu'alors qu'à la description des comportements sous l'angle des statistiques et à l'effet des molécules médicamenteuses sur les troubles ainsi observés. C'est donc toute une entreprise qui a été mise à mal durant la période 2013-2017, marquant ainsi « la fin d'une époque » selon la formule d'Eric Laurent. Nous avons été témoins des changements d'orientation de la psychiatrie américaine et ses impasses se sont révélées au grand jour tout comme ses rebondissements. Dans cette cacophonie ambiante, la presse américaine s'est faite le relais du débat actuel épineux. En France cette agitation américaine s 'est traduite par des attaques envers la psychanalyse, au nom de ce scientisme DSM, prétextant le retard français en la matière, en comparaison avec les USA. Il fallait rapporter à l'opinion éclairée ce qui est en jeu rééllement Outre-Atlantique. Cet ouvrage permet de saisir le saut entre deux époques. Il permet également d'entrevoir les inquiétudes futures. Jean-Charles Troadec est psychologue clinicien, membre de l'Association de la Cause Freudienne. Il exerce en libéral et en institution.
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De nombreux livres furent consacrés à André Gide mais aucun encore au Gide dont parla Lacan dans un article fameux, paru en 1958 et inclus ensuite dans ses Écrits, " Jeunesse de Gide ou la lettre et le désir ".
Ce Gide-là, qui ne ressemble à aucun autre, fit date dans son enseignement en l'amenant à des élaborations nouvelles et fondamentales : l'amour différencié du désir, l'objet a qui deviendra l'une de ses grandes inventions, la clinique de l'enfant dans ses aspects les plus sombres, la perversion comme on ne l'a jamais vue... Lacan montrait aussi les enjeux vitaux de la littérature pour Gide dont le style n'était pas qu'un gracieux ornement mais aussi et surtout une solution à son symptôme.
Les cliniciens pourront y trouver de quoi affiner leurs catégories et les spécialistes de Gide découvrir leur grand homme sous un autre jour. Difficile, mystérieux, nécessitant beaucoup de lectures, le texte de Lacan est longtemps resté dans l'ombre. Puisse ce livre aider à la dissiper !
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Cet ouvrage rassemble, sous une même couverture et un même titre la trace écrite de deux séminaires: « Leçons de Chose » et « Ethique et pulsion ». Le premier a pour objet le concept de pulsion, mis au premier plan de son appareil théorique par Freud, remanié par lui au fil de ses travaux et des exigences de la pratique, puis repris par Lacan. Le second interroge l'usage actuel du concept de pulsion à partir des transformations de celle-ci dans l'expérience de la cure. Depuis que le terme avait été employé par Freud dans ses premières élaborations sur la vie psychique, la question apparaissait, toujours aussi vive, de savoir comment pulsion et langage pouvait s'articuler, comment la satisfaction de la première pouvait être nouée aux nécessités du lien social et au souci de l'autre. Il s'avérait donc bien venu d'interroger le rapport de la pulsion à ce que peut être une éthique qui tienne compte d'elle. Une telle éthique résultant de l'expérience analytique est actuelle et nécessaire : ce que Freud appelait « le malaise dans la civilisation » a pris une forme paroxystique qui rend urgent de repenser à nouveaux frais ce que peut être un style de vie pour les temps à venir. Philippe De Georges soutiendra ici que la psychanalyse est plus que jamais d'actualité.
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Contrer l'universel ; "l'étourdit" de Lacan à la lettre
Philippe La sagna, Rodolphe Adam
- Michele
- 24 Septembre 2020
- 9782815600590
Quel est le lien de la psychanalyse avec le réel ? Jacques Lacan a fait de cette question l'enjeu des dernières années de son enseignement. En 1973, il publie « L'étourdit », texte extraordinaire et méconnu, au style inouï, condensé maximum des avancées essentielles de sa recherche. Renouvelant l'ambition freudienne, Lacan dialogue avec l'ensemble des savoirs humains. Avec Freud aussi, et Lacan lui-même. Une thèse centrale s'y déplie. À partir de la différence du dire, qui touche au réel, et du dit, Lacan montre que le dire de Freud est : il n'y a pas de rapport sexuel. De là, la différence des hommes et des femmes et les raisons de leur discorde, sont entièrement à repenser. « L'étourdit » constitue aussi une réflexion parfaitement novatrice sur la question de l'universel. Celle-ci se pose, côté masculin, sur l'exception d'un père originaire, selon l'idée de Freud. Fondant la loi, il y échappe et évite le sort commun des hommes : la castration. Les femmes, elles, chacune « pastoute », objectent à l'universel parce que « la » femme n'existe pas. « L'étourdit » est aussi l'unique texte où Lacan expose de manière achevée sa topologie de la cure analytique. Tentative d'articuler au plus près de l'expérience en interrogeant la logique depuis les mathématiques, elle permet de résoudre les embarras du sens et de la signification et d'éclairer la pratique. Une théorie de l'interprétation visant l'équivoque et la cause du désir, en découle. À en suivre ici la reconstruction pas à pas, l'analyste pourra ainsi se rompre au maniement de la coupure pour ses effets de transformations subjectives. Écrit à plusieurs mains à partir d'une lecture de plusieurs années, Contrer l'universel relève le pari d'un commentaire ligne à ligne de « L'étourdit » afin de rendre compte du trésor infini qu'il recèle pour penser l'expérience psychanalytique mais aussi les bouleversements de notre siècle.
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Duras avec Lacan ; "ne restons pas ravis par le ravissement"
Jacques-Alain Miller, Eric Laurent
- Michele
- Je Est Un Autre
- 14 Janvier 2021
- 9782815600620
En 1964, Marguerite Duras publie Le Ravissement de Lol V. Stein. Le roman fait événement. Pour l'auteure d'abord, qui dira en 1993, dans Ecrire, qu'il a été de ces livres « encore inconnus de moi et jamais encore décidés par moi et jamais décidés par personne. » En 1965, le psychanalyste Jacques Lacan rend hommage à une écriture qui, selon lui, parvient à cerner un savoir insu et converge avec l'usage de l'inconscient.
Duras avec Lacan prolonge l'exploration des contrées ouvertes Lacan et la romancière, aux confins de l'indicible, là où la lettre touche au réel. L'ouvrage rassemble des textes majeurs qui poursuivent l'enseignement de Lacan et éclairent d'un jour nouveau la lecture du Ravissement de Marguerite Duras. Il s'agit de deux leçons du cours inédit « Les Us du laps » que Jacques-Alain Miller a donné en 1999-2000 ainsi que l'intervention que le psychanalyste Eric Laurent y avait faite. Ces textes, tels des boussoles, offrent des enseignements décisifs sur la logique du regard et de l'angoisse, du corps, de l'amour et du ravissement.
Cet ouvrage recueille également, d'une part des textes de psychanalystes, de philosophes et de spécialistes de littérature qui ont fait date dans les études sur Duras, et d'autre part des contributions inédites s'inscrivant dans la perspective ouverte par Lacan et l'orientation donnée par Jacques-Alain Miller dans son enseignement il y a vingt ans. L'écriture, l'objet, l'amour, la féminité, le savoir insu sont autant d'axes par lesquels les auteurs abordent l'oeuvre d'une écrivaine qui, comme le dit Lacan, célèbre « les noces taciturne de la vie vide avec l'objet indescriptible ». C'est à ce vivifiant travail de lecture, initié par Jacques Lacan et prolongé par Jacques-Alain Miller, que Sophie Marret-Maleval, Claire Zebrowski, Nicolas Boileau et Dominique Corpelet ont souhaité à leur tour rendre hommage. Cet ouvrage se veut une invitation à lire et relire Duras, avec Lacan.
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Ce que l'antisémitisme enseigne à la psychanalyse ; contribution de Jean-Claude Milner
Sarah Abitbol
- Michele
- 10 Mars 2022
- 9782815600514
Aborder l'antisémitisme non de façon politique mais épistémique, en tant que maniement concerté des images et des passions implique une neutralité difficile à maintenir, chacun de nous étant partie prenante des combats d'idées qui font rage dans le moment actuel. Dans cet ouvrage l'antisémitisme est saisi comme discours envisagé à partir de l'objet qu'il construit, comme un universel, à savoir " Le juif ".
L'auteur montre, par une lecture serrée de Moïse et le monothéisme qu'il est impossible de cerner l'antisémitisme sans la mise en question de ce soi-disant " être Juif " qu'opère Freud. Loin de ce prétendu universel, l'auteur dégage ce que fut pour lui, l'inventeur de la psychanalyse, sa judaïcité. Ce faisant, il éclaire l'un des aspects fondamentaux du judaïsme, peu déployé avant lui. L'étude des textes de références de Lacan, permet de poser quatre propositions fondamentales : une nouvelle lecture critique du Moïse de Freud, une approche de la haine affect que Lacan élève à la dignité d'une passion, la relation entre antisémitisme et ségrégation qui précise le rapport entre antisémitisme et racisme et qui fait apparaitre le lien entre le juif et l'Autre par excellence c'est à dire le féminin.
Enfin la place de l'objet dans l'antisémitisme qui met en valeur l'importance de la circoncision et donc de la marque sur le corps. Cette marque prend des valeurs distinctes, castration, sacrifice, ou déchet et permet d'éclairer des modalités différentes d'antisémitisme. Freud aborde donc le Juif à partir du sujet, et Lacan à partir de l'objet. La fin de l'ouvrage, très innovante, étudie les signifiants du discours antisémite actuel, accueillant les voix de trois intellectuels de notre temps, juifs.
L'auteur aura ainsi évité une psychanalyse sauvage de l'antisémitisme et permis une avancée du savoir analytique susceptible d'être généralisée à d'autres formes de ségrégation et de racisme. Marie-Hélène Brousse
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Il existe une "cause dernière de toute activité", opaque, silencieuse et obstinée que Freud nomme dès le début de ses recherches pulsion. Par cette volonté, cette puissance, le petit d'homme fait face à l'urgence de la vie : C'est sa détresse originaire qui le pousse. A travers les expériences primordiales de satisfaction et de souffrance, l'infans fraye des voies qui seront celles de la répétition.
Tout ceci, Freud l'affirme dès 1895, dans L'Esquisse. Ces traces et ces frayages s'inscrivent, au joint de l'appareil psychique et du corps, dans les relations qui se nouent entre le nourrisson et son prochain secourable. C'est dans cette dépendance vitale que se trouvent préfigurés tous les apports ultérieurs à l'autre : les affects d'amour et de haine comme les principes moraux.
Ce que Freud envisage ainsi, c'est ce que Lacan nommera tardivement jouissance. Cet ouvrage collectif, résultant d'un séminaire d'étude de l'Ecole de la Cause freudienne, se propose d'étudier ainsi la jouissance chez Freud.
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Adolescents, sujets de désordre
Marie-christine Segalen, Jean-noël Donnart, Ariane Oger
- Michele
- Je Est Un Autre
- 12 Janvier 2017
- 9782815600316
Déboussolés, décrocheurs, addicts aux jeux en ligne, en no life, "victimes" de harcèlement ou de phobie scolaire, ainsi se nomment les adolescents et leur(s) malaise(s) d'aujourd'hui. La profusion d'objets technologiques sur le marché, de réseaux interactifs, les nouvelles applis, la banalisation du porno, font entendre une exigence de satisfaction immédiate et illimitée. Le surinvestissement du corps - piercings, tatouages, scarifications, muscu, etc. - tente de faire limite paradoxale à ce qui se présente comme une nouvelle économie pulsionnelle dans la "vraie vie". L'objet à portée de main et de clics impacte la parole et ses embrouilles...
De toujours l'adolescent est sujet de désordre : désordre qu'il produit comme celui qu'il éprouve, dans sa pensée, son corps et ses liens. Comment accueillir le charivari de la nouvelle génération, porteuse d'espoir, tout comme de "ce qui choque" ? Ce désordre se manifeste sous forme de ruptures soudaines, de replis sur soi, de dérives mortifères, mais produit aussi bien des trouvailles, des formules inédites. Ainsi peut-il porter en lui sa part d'invention s'il est entendu comme signe de ce qui ne peut se dire, se traduire, se formuler aisément.
Que nous apprennent les adolescents aujourd'hui ?
À partir d'une expérience menée en centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), nous nous proposons, à la lumière de la psychanalyse de Freud et de Lacan, de donner ici un aperçu de cette clinique, de la rencontre avec ces nouveaux styles de vie et de discours. S'engager comme partenaire, en s'orientant de la boussole de l'inconscient, ouvre à nombre de jeunes, rétifs à la parole, de nouveaux circuits vers un plus-de-vie et de désir.
Dans la dernière partie de l'ouvrage, Résonances et perspectives, Marie-Hélène Brousse, Philippe Lacadée, Laure Naveau et Daniel Roy, psychanalystes, membres de l'École de la Cause freudienne, ont accepté d'apporter un éclairage sur ces questions contemporaines.
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Autisme ; quelle place pour la psychanalyse ?
François Ansermet, Juan Pablo Lucchelli, Jean-claude Maleval
- Michele
- 7 Juin 2018
- 9782815600378
Il est maintenant largement admis que l'autisme, quelles que soient les formes cliniques qu'il prenne, est un trouble neurobiologique qui détermine un rapport différent aux autres et au monde. Une fois l'origine neurobiologique admise, l'enjeu, pour les soignants, pédagogues et parents des autistes adultes et enfants, est de leur faire une place dans ce monde, chacun selon leur spécificité.
En France, et en raison de l'influence de la psychanalyse, il y a toujours eu une tendance à considérer que l'autisme était une psychose infantile. Un des premiers cas d'autisme a été décrit par la psychanalyste Mélanie Klein (le fameux "cas Dick") dans les années 30. Au début des années 50, quand en France on connaissait peu le travail pionnier de Léo Kanner, Jacques Lacan, devançant ainsi la notion actuelle d'attention conjointe, s'est intéressé au cas Dick, pour lequel il a développé un "modèle optique" de la personnalité, sans toutefois se prononcer quant à son diagnostic.
Ce livre explore différentes approches théoriques de l'autisme depuis la psychanalyse jusqu'aux sciences cognitives. Son auteur prend appui non seulement sur la littérature scientifique, mais aussi sur des exemples cliniques de sa propre pratique pour arriver à une conclusion précise quant à l'indication du traitement psychanalytique des autistes. Le psychanalyste peut-il à lui seul être une réponse thérapeutique à l'autisme ? Certainement pas. La psychanalyse est-elle indiquée chez les autistes ? Elle l'est à condition qu'elle refonde entièrement sa conception de l'autisme, comme certains psychanalystes l'ont fait ces dernières années, ce dont ce livre fait état.
Préface Jean-Claude Maleval - Postface Ariane Giacobino -
Entre le dit et l'écrit ; psychanalyse et écriture poétique
Joseph Attié
- Michele
- 15 Octobre 2015
- 9782815600217
Lacan dont les écrits et les séminaires sont intrinsèquement noués à la lettre, jouait de l'homophonie entre "l'être" et la "lettre".
Ainsi il écrivait en 1977 à François Cheng, après avoir reçu son livre L'Écriture poétique chinoise : "Je le dis : désormais, tout langage analytique doit être poétique", et répondra "Vous allez donc être le premier analyste-poète" à la demande d'analyse didactique de Joseph Attié. Lacan ouvrait ainsi une question entre parole et écriture qui ne lâcha pas celui qui fut son analysant.
Si la lettre est au principe de la psychanalyse et de la poésie, il y a cependant entre l'écriture de l'une et de l'autre, une fracture qui pose question.
Dès lors, la littérature analytique est au joint de la rigueur scientifique et de la poésie, tel est son enjeu.
En tant que psychanalyste Joseph Attié part du récit du rêve entre parole et écriture. Il ouvre ainsi un nouveau chemin à la voie royale du récit du rêve et poursuit sur le sentier de la parole poétique devenue écriture - celle de Mallarmé, Ponge, Dostoievski et Joyce. Il nous laisse voir comment le bien-dire du poète ne tient pas à la structure de l'inconscient transférentiel tissé de savoir mais à l'inconscient réel sans savoir. C'est ce qui permet au poète de devancer l'analyste, comme nous l'a appris Lacan, puisqu'il avance, lui, sans le savoir inconscient.
Ainsi Joseph Attié questionne-t-il poètes et écrivains dans le fil du symptôme et de la sublimation, et se demande si l'oral mène à l'écrit ou l'écrit à l'oral. Il reporte sa question au niveau du discours, dans ce qui de la parole est entendue sur le divan. Que véhiculent les mots, d'amour, de mort, de savoir et de jouissance entre divan et page blanche, là où la lettre attend le poète ?
Pratique analytique et poésie relèvent toutes deux de l'indicible, et ce livre l'éclaire d'une nouvelle lumière.
Cet ouvrage s'inscrit dans le fil de cette question même, comme un bonheur de lecture d'un analyste-poète.