Labor Et Fides

  • La destruction des idoles : d'Abraham à l'Etat islamique

    Aaron Tugendhaft

    • Labor et fides
    • 23 Mars 2022

    À l'heure où les technologies numériques et les médias sociaux ont radicalement transformé nos imaginaires, comment naviguer entre iconoclasme et idolâtrie?

    En 2015, une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux suscitait l'indignation de la communauté internationale: on y voyait des hommes en train saccager à coups de masse le Musée de Mossoul, en Irak. L'État islamique affichait aux yeux du monde sa détermination à lutter contre l'idolâtrie. Il y a près de 3 millénaires, un roi assyrien faisait lui aussi représenter sur les murs de son palais trois soldats en train de briser une statue. Partant de cet étrange parallèle, ce livre se demande ce que cache cette lutte contre les images. Pourquoi produire de nouvelles images, qui mettent en scène la destruction des anciennes?

    La destruction des idoles interroge la fonction politique des images autant que les politiques de l'iconoclasme. Qu'est-ce qu'une idole? Qu'est-ce qu'un musée? Qu'est-ce qu'une vidéo? Du Proche-Orient ancien à l'Empire britannique et à ses musées, de l'Irak de Saddam Hussein aux utopies cinématographiques de l'État islamique, Aaron Tugendhaft montre qu'aucune image n'est neutre, que toute image peut devenir une idole. Peut-on se passer d'images?

    L'acharnement des soldats du Califat à détruire les idoles n'a-t-il pas quelque chose à nous dire sur le rôle des images dans la construction d'une communauté politique, c'est-à-dire sur nous autant que sur eux?

  • L'inconstance de l'âme sauvage

    Eduardo Viveiros De Castro

    • Labor et fides
    • 2 Janvier 2020

    Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Le courage de comparer : l'anthropologie subversive de Marcel Mauss

    Jean-François Bert

    • Labor et fides
    • 25 Août 2021

    La démarche comparative que l'anthropologue Marcel Mauss (1872 - 1950) élabore en grande partie avec son jumeau de travail, l'historien Henri Hubert, entre la fin du xixe siècle et le début du XXe siècle, relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche, en particulier en histoire des religions.

    Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevé, mais que l'on peut reconstituer en suivant la manière dont Marcel Mauss aborda certains phénomènes religieux, comme le sacrifice, la magie ou la prière.

    Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et sur sa manière d'observer les phénomènes sociaux. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse jamais en paix celui qui décide de le mettre en oeuvre pour explorer et comprendre la diversité humaine.

  • Prières de poètes

    ,

    • Labor et fides
    • 13 Novembre 2019

    Dans ce recueil, des poètes s'adressent à Dieu, personnifié ou non, car ces hommes et ces femmes ne veulent pas perdre pied. Aussi se font entendre leurs cris pour vivre et leurs aspirations à gagner en humanité... Leurs prières précèdent leurs tentatives de dire «  je  », où s'espère, se signale, se décèle, se distingue, se reconnaît... un Autre. Peu importe que ces poètes soient d'hier ou d'aujourd'hui. Si la forme de leur texte, si leurs styles trahissent une époque, il en va tout autrement du fond. Un même désir les habite  : laisser filtrer la lumière qui les traverse, accueillie avec surprise ou reconnaissance.
     

  • éthique de la liberté

    Jacques Ellul

    • Labor et fides
    • 27 Novembre 2019

    L'éthique de la liberté vise non pas à résoudre des problèmes mais à aider à mieux les poser par une confrontation entre ce que nous pouvons comprendre du texte biblique et ce que nous vivons concrètement dans notre société technicienne. De page en page, la liberté paraît comme une dominante de la vie chrétienne  : pour Jacques Ellul, la liberté n'est pas une simple vertu, elle  est  la vie chrétienne même et doit donc s'incarner dans un agir individuel spécifique. Dans ce grand-oeuvre de Jacques Ellul, la pénétration de son analyse sociologique et la solidité de son exégèse biblique s'unissent pour exhorter les chrétiens, à la suite de l'apôtre Paul, à ne plus se conformer au monde présent. Car la liberté chrétienne est cette liberté orientée par l'amour, celle de Dieu, qu'il s'agit de glorifier, et de mon prochain, qu'il s'agit de servir.
     

  • Qu'est-ce que la religion ?

    Nicolas Meylan

    • Labor et fides
    • 4 Septembre 2019

    Qu'est-ce que la religion  ?  présente onze définitions de la religion formulées par autant d'anthropologues, sociologues et historiens des religions, du XIXe siècle à nos jours. Que ce soit l'animisme d'Edward Burnett Tylor, l'idée d'une opposition entre sacré et profane de Durkheim ou la conception politico-religieuse de Bruce Lincoln, on découvre un passionnant parcours historique et critique sur la notion de religion. Ces onze définitions originales sont à chaque fois précédées d'une introduction générale présentant les enjeux théoriques et pratiques qu'implique l'acte de définir ainsi que de brèves notices situant l'auteur et son oeuvre. Dans ces temps troublés, où la religion est sans cesse invoquée sans que l'on sache réellement de quoi il en retourne , ce livre de vulgarisation de l'historien des religions Nicolas Meylan se révèle aussi précieux qu'indispensable.
     

  • Le plus-que-vivant

    Francine Carrillo

    • Labor et fides
    • 10 Septembre 2009

    65 méditations inspirées du Nouveau Testament offrent dans ce livre de faire entendre la dimension " plus que vivante " du Christ.
    Organisée en trois parties - La question, L'abandon à plus grand, La traversée de l'opacité -, cette intense méditation décline une spiritualité qui dit avec sa propre inspiration ce qu'annonce l'Evangile. Elle laisse entendre qu'il y a en Christ une vie portée à sa plus haute densité, à sa plus féconde intensité, dont la promesse est pour chacun. C'est pourquoi on lira ce qui est dit de lui non comme un en-face exemplaire, mais comme un ailleurs du-dedans qui fait rougeoyer notre braise d'humanité.
    Il ne s'agit pas d'une vie en plus de la vie, mais de la vie - dans sa largeur, sa hauteur et sa profondeur - quand elle coule d'être ajustée à sa Source.

  • Avec Marcel Detienne

    Vincent Genin

    • Labor et fides
    • 7 Avril 2021

    Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) - enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge du fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant ou d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde.

    Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'École pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des États-Unis. Tout ceci fait de lui un sujet infiniment incertain. Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit à partir de nombreuses archives inédites, suivi d'une annexe de lettres.

    Il s'agit surtout de sonder un homme au plus profond, la manière dont un être se laisse marginaliser, pour aller au bout de lui-même. Ce livre est le fruit d'une visite que l'auteur a rendue à Detienne, quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester un moment avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon), de l'intellectuel qui doute, puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes.

    Tentative de cerner un être, ses moteurs, ses errances, sans doute. Une autre manière d'envisager l'histoire des sciences humaines? Peut-être. Une plongée en apnée dans la tête, la main et l'oeil de Marcel Detienne, certainement.

  • Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l'individualisation, le déclin de l'institution et l'essor de nouvelles «spiritualités», peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d'autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l'émancipation personnelle.

    En s'appuyant sur des enquêtes ethnographiques dans les milieux du «New Âge» mais aussi dans le contexte du méthodisme londonien, Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l'autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d'éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales.

    Ces réflexions dessinent les contours d'une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd'hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.

  • Vers l'inepuisable - 52 traversees pour 52 semaines

    Francine Carrillo

    • Labor et fides
    • 4 Septembre 2002

    Dire quelque chose de cette advenue divine au coeur de l'humain, mais hors de la précipitation d'un langage convenu qui brandirait la foi comme une évidence.
    Se tenir plutôt dans la longue patience du veilleur. raconter l'énigme de la présence, dans l'humilité d'une parole qui consent d'abord à rejoindre le silence pour écouter ce dont elle est la trace. vivre est une traversée vers l'inépuisable, une sortie - hors de la petitesse oú confine la souffrance - vers l'incandescence d'un amour venu trembler un jour, dans le visage du galiléen.
    Ces pages se voudraient de simples compagnes de traversée.
    De semaine en semaine. pas loin d'un viatique au sens premier de " provisions pour le voyage ".

  • Dans l'ensemble des pays francophones, Jean-Paul Willaime est l'un des sociologues des religions les plus marquants de sa génération. Tout en assumant positivement un ancrage dans le protestantisme, ses analyses sociologiques du religieux contemporain mêlent l'empathie compréhensive et la distance critique de l'objectivation. Si l'on a pu penser que plus de modernité signifiait moins de religieux, il s'avère aujourd'hui que la radicalisation même de la modernité signifie non pas moins de religieux, mais du religieux autrement. Jean-Paul Willaime explique pourquoi, malgré la tragique actualité des fanatismes religieux, «  la guerre des dieux n'aura pas lieu  ».
    Ces entretiens, réalisés avec le sociologue E.-M. Meunier, proposent une réflexion originale d'ampleur sur la formation et le travail d'un sociologue des religions dans une société sécularisée. Plus qu'à un simple essai biographique, c'est à une véritable réflexion sur le rôle de la religion dans les sociétés contemporaines que sont conviés les lecteurs.

  • Religions d'Abraham ; histoires croisées

    Guy Stroumsa

    • Labor et fides
    • 6 Septembre 2017

    Ce livre propose un parcours à travers l'histoire de la réflexion occidentale sur la religion, à partir du christianisme ancien en quête de son autodéfinition jusqu'aux précurseurs modernes de l'histoire des religions. Il offre un nouveau regard sur l'histoire connectée du christianisme, du judaïsme et de l'islam, trois religions dont l'identité se construit, entre dialogue et conflit, autour de ou avec la figure d'Abraham.

  • Denis Guénoun se livre à un essai d'autobiographie spirituelle. Il tente de caractériser trois sortes de liens qui ont marqué son existence. D'origine juive par sa famille, marxiste par formation et par choix, Denis Guénoun n'a cessé, depuis l'enfance jusqu'à la maturité, d'entrer en dialogue intense avec le christianisme. À chacune de ces trois dimensions de son histoire, il reste profondément fidèle, mais chacune fait lever en lui une interrogation critique. II n'esquive pas la considération des errements historiques, des fautes, des chutes. Mais dans chaque cas, l'effort pour porter un regard lucide n'amoindrit pas la fidélité  : au contraire, elle paraît s'en nourrir. Circulant entre tensions et failles, sans syncrétisme ni éclectisme, le livre voit ainsi se dégager dans ces Trois soulèvements quelque chose comme une source commune, une histoire partagée, une résonance intime. Récit et réflexion se croisent, pour proposer une méditation sur une vie de notre temps  : disparate et affamée d'unité

  • La religion n'est-elle pas une affaire sérieuse  ? N'appelle-t-elle pas les humains à vénérer et à respecter la divinité et à mener une vie conforme aux prescriptions religieuses plutôt qu'à vivre joyeusement et à rire à temps et à contretemps  ? Oui, et il en sera question tout au long de ce livre. La première approche sera donc de présenter ce que les textes en disent, négativement certes, mais aussi positivement, car de nombreux textes dans ce sens existent  ! Il s'agira d'autre part de montrer qui rit dans l'espace des religions abordées et de quoi l'on rit.

    Il s'agira enfin de faire réfléchir sur le côté humain des religions, sur les dérives et les failles de leurs représentants et de leurs fidèles, sur leur liberté aussi et sur leur oui à la vie. Ce faisant, ce livre ne s'adresse pas seulement aux spécialistes de l'histoire religieuse ou aux sociologues, mais à tous ceux qui, croyants ou non, s'intéressent à l'héritage religieux et à ce qu'il peut apporter à la joie de vivre et à l'envie de rire.

  • La théologie aujourd'hui court le risque d'être assimilée à un champ de recherches purement académique.
    La spécialisation entretient un compartimentage préjudiciable à son inspiration profonde. Lytta Basset propose à la théologie de relever le défi que représente la fermeture à l'amour. Il s'agit d'abord de consentir à une déconstruction de l'idéologie de l'amour, puis d'interroger la théologie pratique, la systématique, les sciences bibliques, l'éthique, les sciences humaines à l'oeuvre en théologie et la science des religions : de quelle manière chacune peut-elle échapper à la clôture de son propre discours et faire connaître l'accès à la source inconnaissable de l'amour ? Lytta Basset fait entendre ici son originalité : le succès de ses livres précédents montre qu'il est possible de rapprocher la théologie du public.
    Trois prédications sur le même thème prolongent son propos.

  • Ce journal écrit entre 1994 et 2000 constitue le témoignage exceptionnel d'une quête spirituelle intime et profonde menée avec rigueur et discrétion.
    Nicolas Dieterlé se définit lui-même par la pierre et l'oiseau, cette polarité exprimant un sentiment de pesanteur (la pierre) mais l'aspiration à la verticalité et à la lumière (l'oiseau). Marqué par des figures telles que celles de Simone Weil, Etty Hillesum ou Novalis, l'auteur perçoit que ce qui le crucifie est en même temps ce qui le sauve. " Jusque dans la mort, je bénis la Vie qui surpasse la vie ".
    Quelques jours après avoir écrit ces mots, Nicolas Dieterlé s'est donné la mort. Ce journal fait néanmoins découvrir chez l'auteur un immense désir de vivre alors qu'il se sentait acculé et vaincu par la maladie. Nicolas Dieterlé (1963-2000) a suivi des études en histoire de l'art et en sciences politiques. Il a collaboré notamment à Témoignage chrétien et à l'Actualité des Religions. Outre ses journaux et carnets, il a écrit de nombreux textes en prose poétique et réalisé plus de 500 oeuvres picturales dont une petite sélection est reproduite dans ce livre.

  • Sortir le religieux de sa boîte noire

    Pierre Gisel

    • Labor et fides
    • 6 Novembre 2019

    La question religieuse occupe beaucoup l'espace de la discussion civile et politique. Mais c'est le plus souvent pour décliner les formes, réussies ou en échec, de l'intégration sociale. Ou pour en appeler à des programmes de déradicalisation. On y recourt aux sciences sociales, ou psychologiques, mais en se gardant d'entrer sur le terrain du religieux et des croyances. Or c'est là un appauvrissement et un aveuglement, du coup une voie sans issue. C'est que le religieux est porté par des pulsions humaines dont le déni se paie. Que ce soit dans ses visées, refoulées, ou dans certaines de ses inflexions, dangereuses. Le présent essai entend en ouvrir la «  boîte noire  », pour y faire voir ce qui s'y joue et comment. Il est notamment attentif à en circonscrire la forme de «  religion totale  », en articulation à une généalogie de l'histoire européenne, christianisme compris. Et attentif aux correctifs ici requis et possibles, sur le terrain même des croyances.

  • Funambule

    Bernard Duburque

    • Labor et fides
    • 2 Janvier 2020

    Pour l'auteur, Dieu ne se prouve pas, mais s'éprouve. Il se rencontre. Reste à définir la nature de cette rencontre. Ici "Buisson ardent", là "Chemin de Damas", les textes bibliques nous offrent différents chemins. Mais Dieu s'affronte aussi, comme lors du "Combat de Jacob avec l'ange". C'est de ce mode de rencontre dont il est particulièrement question ici.  Dans ce combat, face à face avec l'invisible, il n'est pour l'être humain qu'un enjeu  : la foi en Dieu. Au cours de la lutte, cette foi est souvent malmenée, culbutée, et roule plus d'une fois dans la poussière. Le miracle, c'est qu'elle en ressorte plus ferme, quoique transformée.

    Ce combat, au corps à corps avec possibilité de la foi, Bernard Duburque le livre sans jamais faillir ni renoncer. Au final, un texte bouleversant sur le doute, l'absence de sens, et peut-être, la réconciliation.

  • Le prophétisme biblique reflète la volonté humaine de comprendre les desseins divins.
    Aujourd'hui, de vastes chantiers de la recherche exégétique sont ouverts sur les prophètes de la Bible hébraïque. Les théories prévalant à leur propos jusqu' à la fin du siècle dernier ont été largement remises en cause. Les livres des prophètes ne sont pas monolithiques. Ils s'insèrent dans des traditions repérables dans tout le Proche-Orient ancien, au-delà du contexte israélite. Leur rédaction est souvent composite et l'historicité des auteurs largement remise en cause.
    Globalement, la notion de prophète est hétérogène, ce que ce livre collectif s'attache à démontrer.

  • La captivité babylonienne de l'église ; prélude

    Martin Luther

    • Labor et fides
    • 4 Février 2015

    En 1520, Martin Luther publia le Prélude à la Captivité babylonienne de l'Eglise qui, avec les autres écrits réformateurs qu'il rédigea cette même année, marqua une rupture définitive avec la papauté. Cette image éloquente de la privation de liberté fut utilisée pour condamner la manière dont, par sa conception des sacrements, l'Eglise de son temps opprimait les croyants. Aussi Luther proposa-t-il de réduire les sept sacrements traditionnels à la pénitence, au baptême et à l'eucharistie, célébrée sous les deux espèces, pain et vin.
    Ce grand texte est l'un des principaux écrits fondateurs du protestantisme. D'un point de vue proprement théologique, il attaque le centre de la théologie catholique et formule le noyau des positions protestantes. Au plan culturel, c'est le texte qui inaugure ce que Max Weber appellera le désenchantement du monde, c'est-à-dire la destruction de la compréhension magique du sacrement. Il joue donc un rôle central dans la naissance de l'homme moderne.
    Martin Luther est la grande figure théologique, intellectuelle, politique et culturelle de la Réforme au XVIe siècle. Son action et ses écrits ont profondément transformé la société européenne. Labor et Fides publie ses grands écrits depuis 1957, dont notamment en 2015, des Traités polémiques.

  • À la différence d'Emmanuel Lévinas qui ne cesse dans son oeuvre de méditer la tradition hébraïque, Hannah Arendt n'en appelle pas à une source juive.
    Ne reniant pas sa judéité, elle indique pourtant en 1963 que " s'il fallait que je sois venue de quelque part, c'est de la tradition allemande ". Tout est-il dit dans cette affirmation ? Non. Le monde séculier, ou monde politique de la cité de tous, est certes l'horizon de la pensée de Hannah Arendt, mais ce monde séculier et politique est vu à partir d'une sensibilité juive marquée par les impasses et les désastres qu'ont connus les juifs.
    Relisant Hannah Arendt, Martine Leibovici s'attache alors à montrer ce qu'est le monde pour la tradition juive. Dans l'histoire européenne, le judaïsme n'a pas exercé le pouvoir politique. Pour lui, le monde politique et séculier est extérieur, référé à la Grèce et marqué par la tradition chrétienne, notamment le conflit de la Cité de Dieu et de la Cité terrestre cher à saint Augustin auquel Hannah Arendt avait consacré sa thèse de doctorat et qui se tient aussi derrière la sécularisation moderne.
    Au gré de la relecture d'Arendt, c'est finalement la question de la signification du politique dans le monde moderne qui est posée. Oscillant entre impossible restauration d'une tradition, certaines formes de sionisme, les ambivalences du messianisme et le risque d'une assimilation ou d'une dissolution, le judaïsme relance à sa manière une question qui concerne chacun dans la modernité séculière affirmée à partir des Lumières européennes.

  • Sois comme un roi dans ton coeur

    Jacqueline Kelen

    • Labor et fides
    • 4 Mars 2015

    Qui donc a décrété que la religion était une voie austère ? Qui a dit que la sagesse et la sainteté excluaient nécessairement le rire, la danse, les bons mots, l'exubérance ? A travers ses propos d'insoumise sur sa quête du divin, Jacqueline Kelen renverse gentiment les tables pour révéler l'essentiel. Dans une époque morose ou tragiquement soumise aux modes, elle présente des figures toniques, irrévérencieuses ou joyeuses permettant de s'abstraire des bonheurs et vérités obligatoires. Avec notamment Bernanos, Plotin, Catherine de Sienne ou Dietrich Bonhoeffer, cet auteur de plus de trente livres esquisse une aventure spirituelle de la liberté dans laquelle elle s'est embarquée depuis l'enfance et dont elle nous dit ici les étapes significatives. Sur la saveur des gestes simples et des émotions sans fioritures, sur la recherche du vrai indépendamment des chapelles, Jacqueline Kelen entraîne vers des contrées où le coeur est roi, où l'humilité joyeuse au fond de soi permet toutes les audaces.
    Diplômée de lettres classiques et productrice pendant vingt ans à France Culture, Jacqueline Kelen a publié plus de trente livres consacrés pour une bonne part aux grands mythes et aux figures mystiques. Auteur récemment de Une robe de la couleur du temps. Le sens spirituel des contes de fées chez Albin Michel (2014), elle a obtenu le Prix ALEF Bien-être et spiritualité en 2002 pour L'Esprit de solitude (Albin Michel).
    Propos recueillis par Anne Ducrocq.

  • Depuis la montée des revendications identitaires gays et lesbiennes, l'idée que le christianisme, le judaïsme ou l'islam puisse tenir un discours autre que négatif sur l'homosexualité étaient a priori impensable. Pourtant depuis plusieurs décennies, d'abord dans le monde anglo-saxon puis dans des pays comme la France, on observe des évolutions au sein des confessions chrétiennes, musulmanes et juives sur la question de l'homosexualité. Cet ouvrage collectif donne un aperçu des différents niveaux sur lesquels s'opère l'avènement d'une nouvelle place donnée aux homosexuels dans les traditions monothéistes : identitaire, doctrinal, herméneutique, historiographique et liturgique.

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