Eres

  • Dans la suite du Collectif à venir (érès, 2018), les auteurs repensent, dans la réalité clinique et institutionnelle, cette catégorie de l'imaginaire qui permet au sujet de soutenir une utopie concrète se passant de toute terre promise comme de toute réconciliation du sujet avec lui-même.
    Les difficultés de la pratique actuelle ont conduit les auteurs à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l'imaginaire à partir de l'élaboration de Cornelius Castoriadis. Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au coeur de la problématique du sujet, Castoriadis place l'imaginaire radical - à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les « productions imaginaires du social-historique » -, une manière pour lui de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu'il appelle « la pensée héritée ». À partir de cet ancrage théorique et politique, les auteurs explorent les pistes offertes par leur clinique des psychoses et des états limites, attentive à la narrativité, aux productions plastiques des patients, à leur accès à l'espace imaginaire... Tout en insistant sur la nécessité actuelle de repenser la réalité clinique et institutionnelle en prise avec une « nouvelle raison du monde » néolibérale qui engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, et promeut un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.

  • C'est un livre de conteuse des soins, même si c'est une infirmière, parfois guerrière, qui l'a écrit. Elle raconte tout ce que l'on voudrait savoir sur ce métier mais que l'on ne dit jamais et qui est encore moins enseigné. Elle décrit sa palette de soins pour encourager les jeunes soignants à trouver la leur.

    Le premier objectif de ce livre c'est de rappeler que les patients, même à l'hôpital, ne peuvent pas être réduits à des signes cliniques, qu'ils sont capables de tenir un discours sur une multitude de sujets, dont leur maladie. C'est faire reconnaître leur savoir et encourager les jeunes soignants à leur poser beaucoup de questions. Le second objectif est d'ouvrir des espaces de liberté aux soignants saturés de protocoles et confinés dans des discours sécuritaires. Rappeler que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, ouvre une amplitude d'actions et d'initiatives considérable pour redonner de l'épaisseur et de la densité aux soins qu'ils dispensent. Le dernier objectif est de redéfinir et illustrer la fameuse notion de « bonne distance ».
    L' « arrière-pays » du soignant fait partie de ses outils.
    Il soigne avec ce qu'il est et c'est essentiel qu'il en soit convaincu.

    L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra- hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.
    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.
    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon.
    Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ».
    Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • En France, le décret de 2017 qui met en place les projets territoriaux de santé mentale reprend dorénavant ces concepts de rétablissement et d'inclusion sociale comme objectifs nationaux pour les parcours de santé des personnes souffrant de troubles psychiques graves. La notion de rétablissement rappelle que, même pour des pathologies lourdes comme la schizophrénie, les psychoses, la majorité des personnes peuvent se rétablir et mener une vie comme tout un chacun.
    L'inclusion sociale ajoute l'idée que, si la moitié du travail vers le rétablissement est l'affaire de l'usager, l'autre moitié du travail est à faire par la société elle-même. De même qu'on aménage la ville pour que la personne en fauteuil roulant puisse s'inclure dans la société, on doit aménager les esprits et l'organisation de la vie de tous les jours pour supprimer tout mécanisme d'exclusion sociale, toute stigmatisation, toute discrimination contre la personne handicapée psychique.
    Enfin, l'empowerment consiste à mettre à la disposition de la personne les moyens pour acquérir les savoirs, savoir faire et pouvoirs nécessaires - notamment par l'accès à la formation tout au long de la vie - pour apprendre à vivre avec sa maladie et jouer un vrai rôle dans la société.

  • Douze rencontres comme autant de nouvelles qui mettent en scène patients et soignants dans lieux de soins dits intermédiaires, groupes d'accueil, communautés thérapeutiques et centre de crise, créés à Villeurbanne par l'association Santé mentale et communautés.
    C'est parce qu'il s'engage en personne, avec sa créativité, sa spontanéité, mais aussi une réflexion sur soi-même, qu'un soignant en psychiatrie peut espérer soigner, c'est-à-dire accueillir et accompagner une souffrance psychique pour aider à l'élaborer et à l'atténuer, parfois à la surmonter. C'est parce qu'il voit dans celui qu'il rencontre le sujet de son histoire et non l'item substituable d'une population, qu'il peut espérer construire une relation d'aide. Cet ouvrage en est l'illustration littéraire, en même temps qu'un travail d'analyse approfondie de l'essence du soin psychique.
    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical depuis sa création (1968) jusqu'à sa retraite. De formation psychanalytique, il est membre du groupe lyonnais de psychanalyse Rhône-Alpes.

       

  • Le travail des infirmiers en hôpital psychiatrique

    Frédéric Mougeot

    • Eres
    • 12 Septembre 2019

    Cet ouvrage porte sur l'expérience de l'hôpital psychiatrique du point de vue de ses soignants, en particulier infirmiers. Leur travail en première ligne face aux patients, auprès desquels ils représentent l'institution, constitue un observatoire pertinent des transformations de l'hôpital gestionnaire.

    À partir d'une enquête de terrain fournie de plus d'une année au sein de deux services de psychiatrie hospitalière, cet ouvrage ouvre les portes de l'hôpital psychiatrique public et suit le travail des équipes infirmières. Les scènes de la vie quotidienne ancrent le propos dans l'ordinaire des soins et des relations avec les patients atteints de troubles psychiques. Elles invitent le lecteur à réfléchir au renouveau de la violence de l'institution psychiatrique. Dans ce récit ethnographique, l'auteur décrit les tours de mains des soignants et met en lumière la manière dont ils peuvent poursuivre leur mission dans un contexte contraint en négociant des marges de manoeuvre pour résister à la violence gestionnaire.

    La psychiatrie vit un profond malaise. Ce constat, largement relayé par les professionnels de santé et parfois par les médias, appelle une réflexion de fond sur l'ordinaire de l'hôpital psychiatrique français. Quel est ce malaise ? De quoi est-il le nom ?
    Depuis 1992, la formation des infirmiers de secteur psychiatrique est supprimée au profit d'une formation unique d'infirmier diplômé d'Etat (IDE) pour les infirmiers de psychiatrie et de soins généraux. Ce mouvement de déprofessionnalisation des métiers de la psychiatrie s'accompagne par ailleurs d'un mouvement de déspécialisation de cette filière de soin. Il s'agit de rendre les hôpitaux psychiatriques conformes aux objectifs de qualité et de performance imposés à l'ensemble des établissements de santé.
    Dans le contexte nouveau de pression de lits, l'héritage de la psychiatrie de secteur peine à s'exprimer dans le travail quotidien des soignants. Comment dès lors exercer son activité ? Comment développer la créativité nécessaire au travail de soignant dans les conditions actuelles d'un hôpital pensé en termes de flux ? Comment ouvrir des espaces de liberté, trouver une marge de manoeuvre pour exercer son activité, mais aussi tenir son poste de travail sur le long terme dans l'hôpital gestionnaire ?
    En mettant la focale sur le quotidien de l'hôpital psychiatrique du point de vue des infirmiers qui y exercent leur activité, cet ouvrage de sciences sociales propose un regard renouvelé sur la psychiatrie publique hospitalière traversée aujourd'hui à la fois par la violence institutionnelle et la violence gestionnaire.

  • Psychiatrie et démocratie

    Franco Basaglia

    • Eres
    • 6 Décembre 2007

    Franco Basaglia (1924-1980), psychiatre, a été l'une des figures majeures de la psychiatrie dite " alternative ", non seulement en Italie, où sa mise en cause de la condition des malades mentaux fut ratifiée par la Loi 180 décidant la fermeture des hôpitaux psychiatriques, mais aussi dans le monde, où il suscita une interrogation sur les " traitements " généralement " infligés " aux " fous ". Ce dernier ouvrage, paru avant sa mort, se présente à la fois comme un bilan qui permet de comprendre le sens général de sa démarche et un programme de transformation de la psychiatrie. En 1979. Franco Basaglia (et l'expérience psychiatrique italienne) constitue une référence, mondialement reconnue, pour toute une génération politiquement et intellectuellement sensibilisée aux processus d'aliénation de l'individu - et ce bien au-delà du champ de la psychiatrie - qui cherche des alternatives aux " pseudo " solutions des institutions dites " totalitaires ", dont elle dénonce les effets pervers et destructeurs. Dans un souci d'articuler sa position théorico-politique avec les contenus concrets de la pratique, Franco Basaglia situe ici la Loi 180 comme le moment décisif, certes, mais un moment seulement, d'un processus plus large qui vise à mettre en question et à transformer toute institution " instituante ", quel que soit son objet (prison, éducation...). Il est notamment amené à préciser que le problème fondamental n'est pas tant la fermeture des hôpitaux que la médicalisation de la psychiatrie. Ainsi, cet ouvrage, historiquement situé, s'avère paradoxalement d'une brûlante actualité car les questions qui s'y trouvent posées et traitées interrogent les orientations et les choix retenus par la psychiatrie française, telle la pratique de secteur, mais aussi la situation préoccupante qu'elle traverse aujourd'hui. En aucun cas, Franco Basaglia, fidèle à son mode d'être, ne s'institue donneur de leçons ; au contraire, il invite ses lecteurs à mettre en cause tout processus aliénant qui méprise l'homme en son humanité, en menant une réflexion exigeante dans un souci permanent et un profond respect de l'autre.

  • Le DSM-roi ; la psychiatrie américaine et la fabrique des diagnostics

    Michel Minard

    • Eres
    • 12 Septembre 2013

    Cet ouvrage n'est ni un pamphlet contre la psychiatrie américaine et ses classifications, ni un panégyrique. Il a l'ambition de donner au lecteur la possibilité de se forger son propre avis à travers une histoire foisonnante et une actualité agitée, relatée avec humour et précision par l'auteur. Un livre captivant qui se lit comme un roman.
    Le souci de l'auteur est de replacer la naissance et le développement de ces classifications - qui ont ébranlé la psychiatrie internationale - dans l'histoire de la psychiatrie américaine et dans l'histoire de l'Amérique, des premières tentatives de Benjamin Rush au début du XIXe siècle jusqu'au tout nouveau DSM-V. Il le fait en brossant des portraits pittoresques des hommes et des femmes qui furent et qui sont les acteurs de cette histoire.

  • La proximité psychique entre patients et soignants est-elle devenue indésirable dans la technologie psychiatrique ? Ce livre montre qu'elle est un élément essentiel du soin. Il développe une réflexion à plusieurs voix sur ce qui la rend possible, supportable et féconde.
    Le terme de « clinique » met le malade au centre de l'activité  soignante, et suppose donc la recherche d'une proximité avec lui. Pour le somaticien, proximité avec l'intimité corporelle du patient, pour les soignants psy, proximité avec son intimité psychique. Aujourd'hui la technologie psychiatrique cherche à en faire l'économie. Elle n'est nécessaire ni pour une prescription médicamenteuse, ni pour la mise en ouvre d'un programme comportementaliste. Lorsque la relation soignante en psychiatrie est amputée de cette dimension clinique, que devient-elle sinon une rencontre opératoire dont la seule finalité est la normalisation du sujet par l'extinction de ses déviances sociales ou symptomatiques ?
    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical depuis sa création (1968) jusqu'à sa retraite. De formation psychanalytique, il est membre du groupe lyonnais de psychanalyse Rhône-Alpes.

       

  • La méthode de l'observation directe des bébés selon Esther Bick a profondément transformé les personnes qui s'y sont formées, non seulement dans les aspects concrets de la pratique avec les bébés et leurs parents dans le cadre de leurs activités professionnelles telles que le travail dans un service de néonatalogie, dans une consultation de PMI, dans une crèche ou une pouponnière, dans une consultation thérapeutique de pédopsychiatrie, mais également dans les applications qui en ont découlé plus ou moins directement, notamment en rapport avec les soins aux enfants autistes et psychotiques.

  • L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix.
    Dépassant la seule ambition de collectionner des oeuvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie (F.
    Oury, A. Stern), dans le changement social (M. Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (J-F Lyotard, J. Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de P. Sollers à I. Xenakis). L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel.
    Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts.

  • Cet ouvrage explore et défriche le terrain délicat des violences évitables de façon à la fois concrète et théorique avec l'espoir que professionnels et chercheurs s'en saisissent.
    Les patients, leur entourage et les soignants sont souvent victimes de violences inhérentes à l'administration du soin, à son déroulé, au soin sans consentement, à la formation des futurs soignants, mais aussi à ce qui relève du tout-économique, du tout-évaluation dans le modèle hospitalier contemporain où se déploient des normes et des contraintes qu'il importe d'interroger. Cet ensemble de textes vise à identifier la part évitable de ces violences. Il dit aussi ce qui relève de l'impensable dans des lettres adressées par des patients ou des proches aux soignants, et aux institutions.
    Depuis 1997, date où elle a créé avec un médecin le groupe « Parents et soignants face à l'éthique en pédiatrie » au sein de l'espace éthique/aP-hP, Dominique Davous n'a cessé d'être pleinement impliquée dans le champ de la cancérologie pédiatrique en tant que parent dans le milieu associatif et chercheur au sein de l'Espace éthique, région île-de-France. Elle est présidente de l'association « Questionner autrement le soin ».
    Catherine Le Grand-Sébille, docteur en ethnologie et anthropologie sociale, est maître de conférences en socio-anthropologie de la santé à la faculté de médecine Henri-Warembourg, Lille 2. Ses enseignements en sciences humaines et sociales sont dispensés tant en études médicales qu'en droit, section bioéthique. Elle est aussi formatrice auprès d'équipes hospitalières à l'Espace éthique de l'AP-HP, membre du Conseil national d'éthique du funéraire, membre du conseil scientifique de l'Observatoire éthique et soins hospitaliers de l'AP-HP, membre du comité de rédaction de la revue Éthique & Santé et vice-présidente de l'association « Questionner autrement le soin ».
      Etienne Seigneur est pédopsychiatre au sein du département d'oncologie pédiatrique de l'Institut Curie (Paris), cofondateur de l'association « Questionner autrement le soin ».
     

  • Le dessin de l'enfant : jeu, langage, thérapie

    Philippe Greig

    • Eres
    • 22 Septembre 2016

    Version courte : Philippe Greig pose un regard émerveillé sur le dessin de l'enfant en s'intéressant à l'émergence du langage graphique tout au long de la maturation physique et psychique des petits sujets.

    Version longue : Chaque étape de l'évolution du langage graphique est mise en lien avec le contexte psychologique et social, et révèle des richesses et des processus méconnus de la créativité de l'enfant. Les développements cliniques éclairent le blocage des acquisitions et le glissement vers l'illettrisme ou dans le domaine des traumatismes graves. Des questions essentielles sur le processus thérapeutique se trouvent ainsi posées.

  • Les problèmes épistémologiques et méthodologiques de la psychiatrie d'aujourd'hui sont ici exposés et questionnés au regard des avancées des neurosciences et de la recherche psychanalytique.

    Les auteurs explorent les convergences possibles entre neurosciences et psychanalyse. Ils approfondissent les interfaces propices aux échanges entre ces différentes disciplines et fructueuses pour croiser des travaux de recherche de manière à avoir une meilleure compréhension du fonctionnement cérébral et du travail psychique. Pour autant, cette articulation conceptuelle entre causalité physique et causalité psychique respecte les différences épistémologiques des approches sans créer un nouveau clivage en lieu et place du clivage classique entre psyché et soma.

  • Revue de psychothérapie psychanalytique n.46 ; la psychiatrie en temps de guerre

    Collectif

    • Eres
    • 14 Février 2019

    Afghanistan, Mali, attentats du 13 novembre à Paris, menaces terroristes, etc. ont remis sur le devant de la scène en France les ravages des traumatismes psychiques. Mondialisation des conflits, concurrence exacerbée, disparition progressive des lieux d'abris et de solidarité, etc. transforment l'ambiance sociale. Certains évoquent le terme de « paranoïa sociale ». Au plus haut sommet de l'État, la rhétorique de la guerre s'est imposée. L'état d'urgence suspend l'état de droit et le contrôle de la police par la justice.
    Déjà en février 1995, il y a 20 ans, Marcel Czermak, dans un article publié dans la revue Passage, parlait de guerre. Il en déduisait les transformations cliniques :
    Exclusion de l'Autre, importance du rapport au pouvoir dans la captation du désir, désagrégation des modalités symboliques qui assuraient la stabilité dans les groupes humains, mondialisation sans butée des échanges et des phénomènes migratoires....
    Revue CARACTERISTIQUES ISBN : 978-2-7492-5881-2 EAN : 9782749258812 JFP 46 - 26 € Le traumatisme psychique et ses effets ravageurs, les valeurs humaines telles la fraternité, la solidarité, l'esprit de camaraderie, les valeurs morales comme le courage ou encore la psychopathologie du devoir ont de longue date été travaillés et analysés par les psychiatres militaires qui ont collecté des faits cliniques spécifiques en mesure de nous enseigner sur une clinique de l'extrême, aujourd'hui devenue ordinaire.
    Que ce soit dans son échange avec Einstein, dans son texte de 1915 consacré aux « considérations actuelles sur la guerre et sur la mort », Freud rappelle un certain nombre d'invariants. L'histoire récente montre qu'ils ne procèdent pas de son seul pessimisme.
    La psychiatrie en temps de guerre deviendra-t-elle notre ordinaire ?

  • Prendre soin de l'enfance

    Myriam David

    • Eres
    • 20 Novembre 2014

    Ces textes rassemblés pour la première fois montrent l'ouvre pionnière et trop peu connue de Myriam David (1917-2004), « grande dame » de la pédopsychiatrie française. Son apport constitue le socle de nombreuses pratiques professionnelles dans le champ de l'enfance, du travail social et de la recherche clinique.
    Ce recueil de textes frappe par le caractère novateur des contributions de Myriam David lorsqu'elles furent publiées et plus encore par leur étonnante actualité aujourd'hui, ce que soulignent, dans chaque domaine exploré, des spécialistes, amis et élèves. À l'heure où beaucoup de pratiques dans le champ du social, de l'enfance et de la petite enfance sont ébranlées, ce regard porté du côté de leurs fondations est salutaire.
    Myriam David (1917-2004) était pédopsychiatre. Ses recherches ont particulièrement porté sur les interactions mère-bébé, leurs perturbations dans les familles carencées ou en cas de maladie mentale de la mère, le travail de prévention, les facteurs de carence institutionnelle. Elle a fondé deux institutions au fonctionnement original : en 1966, le Centre familial d'action thérapeutique de Soisy sur Seine (accueil familial à visée thérapeutique) ; en 1976, l'Unité de soins spécialisés à domicile pour jeunes enfants de la Fondation de Rothschild (Centre Myriam David depuis 2006). Elle a publié plusieurs ouvrages dont Le placement familial (Dunod), L'enfant de 0 à 2 ans (Privat, 1960, rééd. Dunod), L'enfant de 2 à 6 ans (Privat, 1960, rééd Dunod), Lóczy ou le maternage insolite (avec G. Appell, Le Scarabée, 1973, rééd. érès, 2008) et de nombreux articles sur ses expériences cliniques et sur les études qu'elle a menées dans ces deux institutions.
       

  • être ergothérapeute en psychiatrie

    Florence Klein

    • Eres
    • 9 Mai 2014

    L'ergothérapie, profession relativement jeune, fait désormais partie de l'éventail thérapeutique en psychiatrie, dans le respect de la personne qui souffre de troubles psychiques. Les auteurs rendent compte de leur démarche singulière d'accompagnement du patient sur le chemin de la condition humaine.
    Les ergothérapeutes proposent une démarche thérapeutique par l'activité, en adéquation avec le projet de soin global des patients. Ils sont amenés à « trouver-créer » des cadres-dispositifs de soins médiatisés afin de prendre en compte au mieux la souffrance psychique, relationnelle et socioculturelle. Au-delà des modèles conceptuels, des méthodologies professionnelles et des processus d'intervention, les auteurs témoignent du savoir-faire et du savoir-être qui les engagent intimement dans la relation thérapeutique avec les patients. Ils défendent la spécificité de leur profession au sein des équipes pluridisciplinaires qui ouvrent en psychiatrie.
    Les 17 co-auteurs sont tous ergothérapeutes de formation initiale. Certains sont formateurs en institut de formation en ergothérapie ; quelques-uns sont psychologues et/ou psychothérapeutes. Tous exercent en psychiatrie, auprès d'adultes ou d'adolescents.
    Florence Klein est ergothérapeute de formation initiale, psychologue clinicienne, formatrice à l'institut de formation en ergothérapie de Créteil depuis 1994 et pour diverses formations continues auprès de professionnels de la santé. Elle exerce en psychiatrie de l'adulte depuis 1982.

  • Faut-il juger et punir les malades mentaux criminels ?

    ,

    • Eres
    • 20 Août 2009

    La loi du 25 février 2008 concernant la rétention de sûreté impose aux psychiatres de statuer sur la dangerosité supposée de condamnés ayant purgé leur peine, mais qui pourraient être maintenus en détention pour des actes qu'ils seraient susceptibles de commettre dans l'avenir. Cette mesure a provoqué un tollé (cf. la pétition Non à la perpétuité sur ordonnance ! ) et a relancé les débats sur le sort des malades mentaux criminels. La réédition sous forme d'ouvrage de ce numéro du JFP épuisé, complété et actualisé, qui questionne l'expertise psychiatrique, s'est donc imposée.

  • Le foetus a l'hopital

    Collectif

    • Eres
    • 14 Octobre 1997
  • Psychiatrie et folie sociale

    Jean-Paul Arveiller

    • Eres
    • 19 Janvier 2006

    Toute société sécrète un certain type de folie qu'elle se propose parallèlement de combattre.
    La psychiatrie publique est un des outils de cette lutte tout comme le système d'assistance sociale. Cependant aujourd'hui, peut-on dire que ce modèle qui a fonctionné de manière efficace à un moment donné constitue encore une référence pertinente pour demain? L'édifice nosographique médical organisé autour de la notion de maladie n'est-il pas mis à mal par les nouvelles formes de souffrances psychiques générées notamment par l'exclusion sociale ? Les dispositifs d'assistance et d'aide sociale qui ont crû tant en nombre qu'en volume financier aident-ils à faire société ou au contraire ne creusent-ils pas la fracture sociale ?
    A partir de son expérience clinique de trente-cinq années au sein d'un service public de santé mentale, l'auteur replace le soin psychologique dans son contexte historique et son environnement sociologique actuel.
    Il propose de redéfinir les champs et les missions d'une psychiatrie soucieuse de l'humain mais adaptée à notre temps.

  • Penser la schizophrénie se heurte à l'impensable, face à ce qui apparaît d'abord comme des provocations mais aussi un déraillement d'un être en croissance, cet être proche devenant présent et absent, attachant et déroutant. Les paradoxes s'accumulent et le désarroi gagne la famille qui voit ses ressources affectives s'épuiser. Grâce à ses équipes soignantes spécialisées, la psychiatrie publique, dite « de secteur », assure des soins hospitaliers et ambulatoires aux patients dans leur environnement proche. L'implication des familles dans les soins s'avère positive et préventive, en particulier grâce à l'appui des techniques groupales dites systémiques, quand le collectif soignant est formé à ces pratiques. Dans cet ouvrage ancré dans la clinique, l'auteur présente ce type de soins, les progrès ainsi obtenus et l'originalité de la démarche.
    Jean-Claude Benoit est psychiatre, ancien chef de service en psychiatrie publique, ancien directeur d'enseignement clinique, président d'honneur de l'Institut d'étude des systèmes familiaux, à Versailles.

  • La psychiatrie en péril

    Bokobza Anais/Bokobz

    • Eres
    • 21 Septembre 2006

    Les États généraux de la psychiatrie ont été un formidable mouvement unitaire qui a permis de briser les murs du silence, de la solitude et du quasi-anéantissement que vivaient bon nombre de soignants. La discipline psychiatrique perdait son âme : qu'étaient devenus les espoirs, les engagements, les réalisations qui avaient permis de lutter contre la ségrégation et l'exclusion des malades mentaux ? Qu'étaient devenus les espoirs des soignants qui s'étaient engagés dans ce vaste mouvement de désaliénation ? Une évidence s'imposait : une crise majeure, insidieuse ou frontale, sidérait les acteurs du champ de la psychiatrie. Trois jours d'élaboration, de débats et de décisions ont redonné à la profession espoir et enthousiasme.
    Cependant, tel un rouleau compresseur inexorable, une machine politico-administrative, idéologique et économique, continue son oeuvre de destruction. Résister est un impératif catégorique. Résister au morcellement, à la dispersion, à la dilution du travail collectif. Résister pour maintenir les impérieuses nécessités de l'exercice pluriprofessionnel. Résister à toute tentative réductionniste de la conception du psychisme. Résister à l'essai de déspécifier la discipline psychiatrique. Tels étaient les objectifs des États généraux. Tel est le projet que continue de porter cet ouvrage. La psychiatrie, discipline intrinsèquement reliée au contexte sociopolitique, convoque ses acteurs à un engagement militant plus que jamais nécessaire pour continuer à faire oeuvre collective d'humanité.

  • Voilà plus de trente ans, la catégorie des « troubles bipolaires de l'humeur » commençait à se diffuser. Elle s'est aujourd'hui imposée. S'agissait-il d'une simple renomination, plus correcte politiquement, de la « folie maniaco-dépressive » ? Ou bien pouvons-nous dire, rétrospectivement, qu'il y avait là un mouvement conceptuel visant à saisir quelque chose d'une nature différente ? Avec la disparition des termes « folie » et « manie », aurait-on voulu marquer qu'il ne s'agissait que d'une affaire d'humeur ? Humeur qui se verrait troublée avec une certaine régularité, la « conflictualité » du patient notamment affectant alors son entourage.
    Sommes-nous aujourd'hui en mesure de dégager ce que la clinique a gagné à déplacer l'art du diagnostic différentiel, cher aussi bien à Freud qu'à Kraepelin, vers une situation du trouble sur l'échelle d'Akiscal ? L'examen de cette question par un psychiatre reconnu, qui a enseigné à l'université pendant les décennies concernées, ne pourra que clarifier les idées du praticien, et cela quelle que soit la génération dans laquelle il se situe. Le regard porté sur les dits « troubles bipolaires » sera également l'occasion d'avancer, à titre expérimental, quelques propositions susceptibles de guider chacun dans les interrogations auxquelles sa pratique le confronte. Cela passera par une réinterrogation des concepts freudiens et lacaniens qui sont intéressés dans l'abord de la psychose maniaco-dépressive.
     

  • Michel Soulé est l'un des pionniers de la pédopsychiatrie en France, l'un des premiers à s'intéresser à la vie fotale. Dans cet ouvrage élaboré à partir d'entretiens filmés avec Sylvain Missonnier, il raconte son itinéraire personnel et professionnel qui l'a amené à travailler avec Serge Lebovici, René Diatkine (les 3 mousquetaires de la pédopsychiatrie naissante), Léon Kreisler, Myriam David. Il aborde d'une manière vivante, avec la verve qu'on lui connait, les thèmes qui lui sont chers, la prévention, la périnatalité, le fotus et le placenta, le placement, l'aide sociale à l'enfance, la formation, la psychanalyse. Des textes inédits ou oubliés viennent compléter ce panorama et contribuent à l'effort de transmission qui a toujours animé Michel Soulé.
      Sylvain Missonnier, psychologue, psychanalyste de la SPP, est professeur de psychopathologie clinique de la périnatalité et de la première enfance à l'Institut de psychologie de l'université René-Descartes Sorbonne Paris Cité. Il est directeur du laboratoire du PCPP, co-président de la WAIMH France.
    Il est également directeur de la collection La vie de l'enfant aux éditions érès.

  • Depuis Freud, la psychanalyse a?joué un rôle important sur les?savoirs et les usages de la?psychiatrie : reconfiguration des classifications en psychiatrie, et redéfinition des oppositions de la névrose et de la psychose ; avancée dans les débats épistémiques et politiques sur?les continuités entre le?« normal » et le?« pathologique » ; invention de dispositifs thérapeutiques en?extension, avec la psychose et?l'autisme ; impact net sur les mouvements de psychothérapie institutionnelle et de désaliénation. Les théories psychanalytiques font place à?l'étude du travail de l'inconscient dans le collectif et?dans les institutions. Aujourd'hui de tels enjeux impliquent le psychanalyste, non?seulement comme soignant, mais comme acteur politique.

    Avec la participation de François ARDEVEN, Danièle BRUN, Gisèle CHABOUDEZ, Patrick CHEMLA, Guy DANA, Alexandra DE SEGUIN, Laurent DELHOMMEAU, Pierre DELION, Yann DEROBERT, Olivier DOUVILLE, Bernard GOLSE, Christian HOFFMANN, Brigitte LALVEE, Patrick LANDMAN, Hubert LISANDRE, Claude-Noële PICKMANN, Gérard POMMIER, Ursula RENARD, Jacques SEDAT, Philip THOMAS, Geneviève TORGEMEN-WOLMARK, Dominique TOURRES.

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