Fayard

  • L'été noir de 42

    Alexander Werth

    • Fayard
    • 27 Avril 2022

    De l'Écosse à Mourmansk puis Moscou, le correspondant de guerre Alexander Werth livre dans ces ultimes carnets un témoignage de première main sur l'été noir de 42, ces mois les plus dramatiques des affrontements sur le front de l'Est, alors que la Wehrmacht fonce vers la Volga et le Caucase, avant d'être enfin arrêtée à Stalingrad.
    Avec L'Été noir de 42 s'achève la publication des Carnets du célèbre journaliste britannique Alexander Werth. Il y raconte son périlleux périple en bateau entre l'Écosse et Mourmansk, le voyage en train aux côtés des Soviétiques jusqu'à Moscou et décrit son expérience de correspondant de guerre durant les mois les plus tragiques du conflit sur le front de l'Est.
    Consigné dans la capitale, sans information fiable, Alexander Werth se livre à une analyse serrée de la presse quotidienne, des actualités filmées projetées au cinéma, des chroniques et autres « écrits patriotiques » publiés par les écrivains les plus populaires qu'il côtoie quotidiennement. Il scrute les métamorphoses de la propagande, le retour aux valeurs traditionnelles dans l'armée, mais aussi, à la moindre occasion, le vécu et le moral des Moscovites durant les semaines critiques qui suivent la chute de Rostov-sur-le-Don. Mais L'Été noir de 42 est aussi une réflexion sur le métier de journaliste en « conditions extrêmes ». Malgré les limitations imposées à ses déplacements, strictement encadrés par les officiels soviétiques qui organisent des « sorties » dans tel kolkhoze ou camp-modèle de prisonniers allemands, Alexander Werth glane des impressions, loin des discours officiels.
    Nous connaissons aujourd'hui la « fin de l'histoire » : la victoire de l'Armée rouge à Stalingrad. Mais durant le terrible été 42, qui marque l'apogée de l'avancée des forces de l'Axe, qui pouvait prédire ce qui allait se passer ? Le témoignage d'Alexander Werth se fait dès lors journal de l'attente. Attente du désastre, non plus à l'échelle d'un pays, mais d'un continent.

  • Historiciser le mal , une édition critique de Mein Kampf. Avertissement aux lecteurs.

    Historiciser le mal propose une analyse critique, une mise en contexte, une déconstruction, ligne par ligne, de Mein Kampf , une des sources malheureusement fondamentales pour comprendre l'histoire du XX e siècle.

    Nous avons agi en responsabilité en mettant en place un dispositif global afin de respecter l'exigence scientifique et éthique qui s'imposait.

    La nouvelle traduction présentée dans Historiciser le mal a été confiée à l'un des meilleurs traducteurs de l'allemand en langue française, Olivier Mannoni, qui a ensuite travaillé avec une équipe d'historiens, tous spécialistes du nazisme, de la Shoah et de l'histoire des Juifs.

    La rédaction d' Historiciser le mal a été menée dans le cadre d'un partenariat signé par Fayard avec l'Institut d'Histoire de Munich, qui a publié en 2016 une édition critique de Mein Kampf en Allemagne, un travail de référence qui a mobilisé une équipe d'historiens allemands.

    Historiciser le mal a été rédigé par un comité d'historiens, dirigé par Florent Brayard, qui a traduit, adapté, prolongé les 3 000 notes de l'édition allemande et rédigé une introduction générale et 27 introductions de chapitres. Dans la forme, les notes encadrent ainsi la nouvelle traduction et sont indissociables de sa lecture. L'ensemble compte près de 1 000 pages et constitue un jalon historiographique sur la genèse du nazisme. En définitive, l'appareil scientifique inclus dans Historiciser le mal est deux fois plus volumineux que la traduction du texte de Hitler.

    Il n'est pas question, bien évidemment, que la publication d' Historiciser le mal puisse être lucrative. Ainsi, la Fondation Auschwitz-Birkenau, chargée de la conservation du site du camp de concentration et d'extermination, percevra des droits au premier exemplaire vendu et la totalité des bénéfices qui pourraient être issus de la vente d' Historiciser le mal .

    Pour savoir où l'on va, il est indispensable de comprendre d'où l'on vient. Nous sommes convaincus que le travail des historiens est nécessaire pour lutter contre l'obscurantisme, le complotisme et le refus de la science et du savoir en des temps troublés, marqués par la montée des populismes. C'est le sens de notre démarche d'éditeur.

  • La milice française

    Michèle Cointet

    • Fayard
    • 28 Août 2013

    La milice française a été le fer de lance du régime de Vichy. Créée le 31 janvier 1943 par Pierre Laval, chef du gouvernement, elle devait rassembler des volontaires pour défendre l'ordre contre la Résistance et les Alliés. Elle rêvait d'enthousiasme et de dévouement. Un an plus tard, le régime de Vichy est devenu fasciste et déchaîne une âpre politique d'Etat écrasant les maquis (Les Glières), torturant, pillant, et assassinant (Georges Mandel ou Maurice Sarraut). Qui étaient ces miliciens ? Que voulaient-ils ? Que sont-ils devenus, y compris dans la mémoire collective ? Dans cet ouvrage vivant, dramatique et riche, Michèle Cointet, spécialiste de l'occupation, remet en cause biens des idées reçues. Elle montre la violence radicale exercée en France par la Milice et ses effets sur l'Etat durant la guerre civile entre résistants et « collabos », que nous ne voulons toujours pas regarder en face. Elle nous livre le portrait des plus grands SS français. Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Tours, Michèle Cointet a écrit de nombreux ouvrages sur la Résistance, la collaboration et le gaullisme ; plusieurs ont été couronnés, notamment par l'Académie française. Elle a reçu en 2012 le Grand prix Ouest-France/Société générale, pour sa Nouvelle Histoire de Vichy (Fayard).

  • Les Françaises dans la guerre et l'Occupation

    Michèle Cointet

    • Fayard
    • 19 Septembre 2018

    Les dirigeants de Vichy n'ont réussi à imposer inaction et silence qu'à leurs propres femmes. Car jamais, dans leur histoire, les Françaises ne se sont autant engagées que pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Dans ce bel essai, Michèle Cointet dresse le portrait de cette France au féminin, des collaborationnistes et familières du pouvoir, telles la Maréchale ou Josée Laval, aux résistantes et déportées. En suivant les destins des nombreuses volontaires de la France libre, des chefs de la Résistance, Berty Albrecht ou Marie-Madeleine Fourcade, et des petites mains, l'auteur restitue les formes multiples de l'engagement des femmes dans la guerre. Car si les convictions politiques en étaient parfois le moteur, il fut souvent le fait d'une éducation patriotique et d'une éthique. Une dimension que l'on retrouve dans la difficile question de la déportation féminine.
    Autant de questions renouvelées par le regard d'une historienne avertie des réalités de la société française et qui éclaire d'une manière inédite l'histoire des femmes jusque dans l'après-guerre. La voie de leur intégration à la vie politique était en effet ouverte.
     

  • Hommes et femmes a auschwitz

    Hermann Langbein

    • Fayard
    • 21 Octobre 1998

    Hermann Langbein ne se borne pas à relater ses souvenirs ou ceux d'autrui. Il ne se borne pas non plus à retracer l'historique de ce camp de concentration ; il dépeint le comportement des hommes, tous les hommes, qu'ils soient déportés ou gardiens, dans les conditions extrêmes où ils se trouvaient placés, à Auschwitz.

    Hermann Langbein était sans doute seul à pouvoir réussir ce travail, qui lui a pris quinze années. D'origine viennoise, il a été interné dans plusieurs camps, dont celui d'Auschwitz, où il exerce les fonctions de secrétaire du médecin-chef de la place, un poste d'observation de choix.

    Après la libération, ses responsabilités successives dans les organisations d'anciens déportés lui ont permis, mieux que personne, de recueillir tous les témoignages possibles, de consulter tous les documents sur Auschwitz.

  • À quoi ressemblerait le monde si l'Allemagne de Guillaume  II avait gagné la bataille de la Marne en septembre 1914 au lieu de la France  ? Si finalement, un an plus tard, elle était sortie victorieuse de la Première Guerre mondiale  ?
    À partir de ce fait parfaitement plausible, sept historiens se sont livrés à l'exercice savoureux de l'uchronie pour penser une autre histoire du xxe  siècle. À leurs côtés, cinq auteurs de fiction se sont emparés avec virtuosité de destins individuels, anonymes ou célèbres. Du journal du psychiatre berlinois Edmund Forster aux notes d'une mission chinoise sur le Reich asiatique, du traumatisme des soldats français revenus du front vivants mais vaincus aux espoirs suscités par une Amérique gardienne de la paix, cet autre siècle prend vie sous nos yeux, à la fois étrange et familier.

  • L'orchestre rouge

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 11 Octobre 1989

    Désormais légendaire, l'Orchestre rouge fut le réseau de renseignement le plus important et le plus efficace de la Deuxième Guerre mondiale. Implanté au coeur même de l'empire nazi, tissant sa toile sur toute l'Europe occupée, il a joué un rôle décisif dans la défaite allemande. Plusieurs dizaines de ses membres furent décapités, fusillés ou pendus, mais leur action, selon l'amiral Canaris, chef du contre-espionnage de la Werhmacht, a coûté à l'Allemagne la vie de deux cent mille de ses soldats.

    A la tête du réseau, un homme exceptionnel, Leopold Trepper. On l'appelait le Grand Chef. Juif polonais, militant révolutionnaire depuis son adolescence, il sut réunir et inspirer une élite d'hommes et de femmes prêts à tous les sacrifices pour abattre l'ennemi nazi.

    Averti des succès pour lui catastrophique de l'Orchestre rouge, Hitler rassembla les meilleurs agents de la Gestapo au sein du Kommando Rote Kapelle, qui reçut mission de détruire à tout prix l'organisation du Grand Chef. " Nettoyez-moi cette pourriture juive à l'Ouest! " ordonna de son côté Himmler, chef des SS.

    Au terme d'une traque de trois ans à travers l'Europe, Gilles Perrault a retrouvé les survivants de cette dramatique guerre secrète, qu'ils soient anciens du réseau ou de la Gestapo. Passionnant récit d'espionnage, document historique indispensable à la compréhension du deuxième conflit mondial, ce livre est aussi le roman vrai de personnages hors du commun.

    Publié pour la première fois en 1967, L'Orchestre rouge fut traduit en dix-neuf langues et connut un succès international. De nombreux cinéastes voulurent le porter à l'écran. C'est finalement Jacques Rouffio qui en a réalisé l'adaptation, avec Claude Brasseur dans le rôle du Grand Chef.

    Cette édition, revue et augmentée, intègre tous les témoignages et documents rassemblés au cours des vingt dernières années.

    Gilles Perrault a notamment écrit: Le Secret du Jour J, Le Dossier 51, La Longue Traque, Le Pull-Over rouge, Les Gens d'ici, Un homme à part, Paris sous l'Occupation.

  • Saló, l'agonie du fascisme

    Pierre Vallaud

    • Fayard
    • 17 Octobre 2018

    Le 25  juillet 1943, alors que l'Italie ne parvient pas à résister aux assauts des Alliés, le Grand Conseil fasciste désavoue Mussolini. Le Duce est limogé et arrêté. Le 8 septembre, l'Italie tire les conséquences de sa situation militaire et politique, et signe un armistice. L'Allemagne hitlérienne ne l'entend pas de cette oreille qui envoie de nouvelles troupes et libère Mussolini pour le remettre en selle sous son contrôle. Le 1er  décembre naît la République sociale italienne, dont les principes ne s'embarrassent plus de « compromis  » avec la monarchie ou l'Église.
    Si la Seconde Guerre mondiale semble se jouer ailleurs, sur le front de l'Est, c'est en Italie que l'Allemagne nazie est confrontée à l'ouverture du second front et qu'elle perd de facto son allié principal. C'est aussi durant ces quelques mois que se construit l'Italie d'après-guerre, celle de la conciliation entre communistes et chrétiens démocrates.
    Dans ce livre captivant, Mathilde Aycard et Pierre Vallaud retracent les 600  jours de la République de Salò, véritable tragédie antique, avec ses traîtres, ses figures tutélaires, ses enjeux politiques et humains, ses intrigues amoureuses.
     

  • Mise en lumière du rôle des protestants pendant la Seconde Guerre mondiale et leur engagement aux côtés de la population juive.

  • La Gestapo incarne dans les esprits ce que l'Allemagne nazie eut de plus totalitaire. Créée le 26 avril 1933, la première fonction de cette institution composée d'à peine quinze mille hommes fut de s'attaquer aux ennemis de la communauté nationale, d'abord dans le respect des normes juridiques, puis avec une brutalité qui atteignit son paroxysme pendant la guerre.
    En examinant en détail des archives jusque-là inconnues du grand public, interrogatoires, témoignages, Frank McDonough raconte l'histoire de ces policiers ordinaires qui basculèrent pour beaucoup dans la violence et de ces gens qui s'opposèrent dans leur quotidien au régime nazi. Mais il raconte aussi l'histoire troublante de leurs amis, voisins, collègues, impliqués dans les intrigues de la Gestapo, et jouant les relais pour une police en manque d'hommes et de moyens.
    De l'usine locale à la taverne du coin, des règlements de compte familiaux aux jalousies entre voisins, Franck McDonough restitue la société allemande du IIIe Reich en dressant le portrait de ce qui fut l'instrument efficace de la terreur nazie.
      Franck McDonough est professeur d'histoire internationale à l'université John Moores de Liverpool. Il a étudié l'histoire au Balliol College à Oxford et a passé son doctorat à l'université Lancaster. Il est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels Hitler and the Rise of the Nazi Parti (Pearson, 2012), Sophie Scholl: The Woman Who Defied Hitler (The History Press, 2009) et The Holocaust (Palgrave Macmillan, 2008).

  • Maître incontesté de la tactique et de la stratégie militaires, théoricien précurseur de la guerre moderne, celui que le général Guderian appelait le Clausewitz de notre siècle est également un écrivain talentueux, qui allie à la finesse de l'analyse la clarté et la concision du langage. Son Histoire de la Seconde Guerre mondiale, qui couronne une oeuvre considérable et d'un intérêt capital, est l'examen tactique approfondi des grandes campagnes militaires qui mirent aux prises les forces alliées et les armées allemandes et japonaises. Avec l'objectivité et la précision du technicien, Sir Basil Liddell Hart décrit et juge la politique des grands soldats des deux camps: Montgomery, Churchill, Rommel, Guderian, etc. Encore qu'il lui en coûte, il conserve cette même objectivité lorsqu'il se penche sur le destin de Hiroshima et de Nagasaki.

    Sa qualité exceptionnelle, son sujet, la clarté avec laquelle celui-ci est traité font de l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale un ouvrage de référence unique et indispensable.

    Sir Basil Liddell Hart, qui a travaillé pendant vingt-deux ans à ce document capital, est mort avant d'avoir pu mettre la dernière main à son manuscrit. Les lacunes résultant de ce fait ont été comblées par le général Beaufre _ qui présente également l'ouvrage _ dans une longue postface où la participation de l'armée française à la Seconde Guerre mondiale est particulièrement mise en relief.

    Sir Basil Liddell Hart est né à Paris en 1895, mort à Londres en 1970. Il a combattu dans la Somme et y a été blessé. En 1918, chargé de réviser le Manuel d'instruction de l'Infanterie, il jette les bases d'une stratégie tellement révolutionnaire que l'on s'arrange pour le faire rayer des cadres de l'armée. En 1937, il devient le conseiller personnel du ministre anglais de la Guerre, Hore Belisha. Par la suite, il se consacre à la rédaction de plus de trente ouvrages sur la stratégie et la tactique militaire.

  • Le tome 1 publié par Ruta Sakowska : Archiwum Ringelbluma. Listy o Zagladzie, (Varsovie, 1997, 380 p.) .s'intitule en français : Lettres de l'anéantissement des Juifs de Pologne. Il rassemble les lettres envoyées des communautés juives victimes de l'extermination nazie à des parents et à des proches du ghetto deVarsovie, ainsi que des cartes ou billets jetés des convois de déportation.

  • La traduction du tome 2 : Archiwum Ringelbluma. Dzieci - tajne nauczanie w getcie warszawskim , 413 p.], sous la direction de Ruta Sakowska, Varsovie, 2000, a pour titre français: Les enfants et l'enseignement clandestin dans le ghetto de Varsovie. Outre une préface de Feliks Tych et une introduction de Ruta Sakowska, il comprend des documents d'archives : témoignages, textes d'enfants, enquêtes, sur le sort des enfants juifs du ghetto , les actions d'entraide sociale et les cours clandestins qui leur étaient destinés. Une quinzaine d'illustration reproduisent des originaux en fac-similés. Des cartes., une bibliographie, un index des sigles, des noms cités et des noms géographiques, une table des matière

  • Pétain

    Marc Ferro

    • Fayard
    • 1 Avril 1987

    " " Et d'abord, tu nous fais un bon récit, parce que, tu vois, sur Pétain, il faut qu'on puisse ensuite tout comprendre... " " Ces derniers propos de Fernand Braudel, juste avant sa mort, me laissèrent interloqué. Je n'imaginais pas que le pourfendeur de l'histoire événementielle me livrerait d'emblée ce commentaire. " Et n'hésite pas à reculer pour expliquer; plus tu recules dans le passé, mieux tu analyses. " " Pour expliquer Pétain, je commencerai en 1940, lorsque Paul Reynaud fait appel à lui dans l'espoir de conjurer la catastrophe. Puis mon récit suivra apparemment l'itinéraire d'une chronique, jour après jour s'il le faut. Mais chaque fois qu'il se devra, j'éclairerai les faits et les gestes du chef de l'Etat français par des retours en arrière, sur le passé de Pétain, sur le passé des Français, bref par un regard plus long sur l'histoire. Car souvent, seules ces résurgences peuvent rendre compte d'une décision, d'un silence.

    " A partir de 1940 s'est nouée entre Pétain et la France cette relation incommunicable qui partage encore aujourd'hui les Français. Assurément, Verdun trouve toute sa place dans ce récit, au même titre que les mutineries de 1917 et leur répression, d'autres événements encore, mais ils n'en constituent pas la trame, tant la relation passionnelle des Français avec le Maréchal appartient d'abord à l'expérience de la Seconde Guerre mondiale et de l'Occupation. Jusqu'alors, les Français ne s'étaient pas divisés sur Pétain. Avec la défaite de 1940, la présence du Maréchal à la tête de l'Etat, l'Occupation et la Libération _ telles les laves d'un volcan qu'on s'imaginait assoupi _ tout un passé ressurgit.

    " Rendre intelligibles ces phénomènes et les changements de sentiment des Français à l'égard de Pétain, tel est un des objectifs de cette enquête. " M.F.

  • La resistance sans de gaulle

    Robert Belot

    • Fayard
    • 26 Avril 2006

    Professeur à l'université de Belfort, auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, dont l'un, chez Larousse (2004), a connu un très grand succès, Robert Belot s'intéresse depuis longtemps aux formes moins « classiques » de la Résistance. C'est ainsi qu'il a publié chez Fayard, en 1998, Aux frontières de la liberté sur les évadés de France par l'Espagne, un livre de référence.

  • Est-il vrai que les détenus des camps de concentration nationaux-socialistes se soient laissés conduire comme des moutons à l'abattoir, qu'ils aient supporté passivement la tyrannie de gardiens très inférieurs en nombreoe non, répond hermann langbein, même là où l'inhumanité pouvait se déchaîner sans frein ni masque, l'humanité n'a jamais été complètement étouffée: l'existence de la résistance à l'intérieur des camps le prouve.

    Dans une première partie, l'auteur étudie le milieu, fait ressortir les différences entre camps anciens et camps récents, expose le fonctionnement de l'administration autonome des détenus, examine les sources et leur critique (examen très émouvant quand on pense à ce que ces quelques manuscrits ont représenté de sacrifices et de souffrances pour ceux qui sont parvenus à les soustraire aux tortionnaires), les circonstances et les buts, différents selon les camps et les époques.

    La deuxième partie est consacrée aux acteurs allemands en proie à de terribles tensions intérieures; communistes que l'habitude de la discipline, de la hiérarchie et de la solidarité rend très aptes à la résistance; polonais, les plus controversés avec leur élite d'officiers et d'intellectuels, trop souvent d'un chauvinisme et d'un antisémitisme féroces; français méprisés et divisés, etc.

    La troisième partie examine les faits de résistance: sauvetage de vies, rupture de l'isolement, évasions, rébellions et sabotages, lutte contre la démoralisation.

    La quatrième partie, enfin, se penche sur les problèmes de la dernière période: l'évacuation.

    Comme dans hommes et femmes à auschwitz, on est frappé ici par la hauteur de vue et la conscience exigeante de l'auteur: il n'avance pas un fait qui ne s'appuie sur un témoignage _ ou sur plusieurs lorsque des divergences existent. livre grave, qui ne laisse rien dans l'ombre ni rien au hasard, la résistance dans les camps de concentration nationaux-socialistes (1938-1945) est la seule étude complète et impartiale sur ce sujet.

    Hermann langbein est depuis plusieurs années secrétaire du comité international des camps. autrichien né à vienne en 1912, membre des brigades internationales en espagne, il fut d'abord interné dans divers camps français, puis à dachau (1941), à auschwitz (1942) et à neuengamme (de 1944 à la fin de la guerre). il a consacré de nombreuses publications aux kz nazis, dont hommes et femmes à auschwitz (fayard, 1975).

  • Le régime de Vichy marque-t-il une rupture profonde dans l'histoire contemporaine de la France ou faut-il y voir le prolongement des dérives de la IIIè République ? Question fondamentale que G. Noiriel reformule en montrant dans quelle mesure le passé républicain a marqué le présent de Vichy, sans que les acteurs en aient forcément conscience. L'auteur reprend des dossiers considérés aujourd'hui comme clos (la législation raciale, le problème du "fichier juif"...) et il les remet en perspective dans la longue durée. L'étude minutieuse des formes juridiques de discrimination à l'encontre des Français d'origine étrangère permet ainsi de mieux comprendre comment les partisans de la "Révolution nationale" ont pu légitimer leur politique tout en continuant à se réclamer de la République.
    Pour éclairer cette période sombre, mettre en cause la responsabilité des individus ne suffit pas. Il faut aussi s'interroger sur les origines structurelles de Vichy. Telle est la nouveauté de ce livre qui ne manquera pas de susciter un débat sur la nature de l'Etat républicain et ses contradictions.

    Gérard NOIRIEL Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, il est l'auteur notamment du Creuset français : histoire de l'immigration, XIXe-XXe siècle, Le Seuil, 1988 ; La Tyrannie du national (réed. Pluriel, Hachette littératures, 1988, sous le titre Réfugiés et sans papiers. La République face au droit d'asile) et Sur la crise de l'Histoire (Belin, 1996).

  • L'histoire la discipline historique ne peut rien changer à ce qui est advenu : presque six millions de juifs d'Europe ont été exterminés par le régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale. Du moins a-t-elle parfois la vertu de changer la perception que

  • Un siècle et demi après l'émancipation des Juifs par la Révolution française, le régime de Vichy promulguait une législation qui faisait d'eux des parias dans leur patrie.

    En présence de ce droit antisémite, il importe de savoir ce que fut l'attitude de l'administration, des juridictions et des milieux professionnels concernés.

    S'agissant du Barreau, ce livre, fruit de recherches dans les archives professionnelles et judiciaires, retrace comment, au-delà des réactions individuelles, l'émergence d'un antisémitisme érigé en règle ordinaire de la société française ne suscita ni refus de principe, ni rejet massif, ni protestation collective.

    Ce livre évoque aussi les souffrances morales de ces avocats qui furent exclus du Barreau, comme des confrères véreux, par une loi promulguée par un Maréchal de France, incarnation de la gloire nationale, simplement parce qu'ils étaient nés juifs.
    R.B.

  • Le 18 Juin 40

    Henri Amouroux

    • Fayard
    • 2 Juin 2000

    Le 18 juin 1940 : naissance de Charles de Gaulle.
    Naissance à Londres derrière un micro avec des mots qui promettent à la France, vaincue par les chars et les avions, la victoire par les chars et les avions.
    Mais la France n'est pas à l'écoute.
    La France est sur les routes, dans les villes surpeuplées du Sud-Ouest et du Midi, dans les camps de prisonniers.
    La France ne parle le 18 juin que d'un seul appel, d'un seul discours, celui que le maréchal Pétain a lancé le 17 juin pour dire qu'il fallait cesser le combat et demander l'armistice. Et la France est d'accord.
    Ce 18 juin 1940 n'est donc pas, comme on pourrait le croire, tout entier occupé par de Gaulle. Ce livre n'est pas non plus tout entier consacré à de Gaulle.
    De Gaulle certes, à Bordeaux comme à Londres, mais aussi Pétain, Reynaud, Mandel, Weygand, Churchill, Hitler, Franco, Mussolini et puis les soldats derrière leurs barricades, les marins sur leurs navires, les réfugiés sur les routes... tout un peuple qui pèse en faveur de l'armistice, incline la volonté des dirigeants et fait du geste de Charles de Gaulle celui d'un homme seul au bord de la plus périlleuse des aventures.
    Écrite pour la première fois, l'histoire complète de la journée du 18 juin 40 est, avec ses millions d'acteurs, aussi complexe que passionnante puisque, de ce jour, date le conflit qui partage encore tant de Français, conflit qui n'est pas celui du bien et du mal mais, à travers deux hommes, de Gaulle et Pétain, celui d'une certaine idée de la France et d'une pitié certaine pour les Français.H.A.
    Membre de l'Institut (Académie des Sciences morales et politiques) où il a été élu, en 1978, au fauteuil de l'historien Jacques Chastenet, président du jury du prix Albert-Londres, journaliste, auteur de nombreux reportages à travers le monde, d'émissions sur France Inter comme sur TFI, historien de la période 1940-1945, ayant publié avec un grand succès plusieurs ouvrages sur cette époque et, en particulier, La Grande Histoire des Français sous l'Occupation, Henri Amouroux a notamment dirigé, entre mars 1968 et novembre 1982, les quotidiens Sud-Ouest, France-Soir et Rhône-Alpes, et collabore régulièrement au Figaro Magazine.

  • Pour la plupart des gens, l'Histoire est une forme de légende à laquelle n'accèdent que des privilégiés. Les autres n'en sont pas exclus, on leur concède des rôles de figurants, éventuellement d'acteurs, mais en aucun cas d'auteurs. Exhumer leur nom, rappeler ces vies perdues est une tâche exaltante pour l'historien.Ce livre de Pierre Miquel est constitué pour une large part de témoignages de lecteurs - de ses livres précédents sur les deux guerres mondiales - et d'auditeurs - de ses émissions sur France Inter : Les oubliés du siècle. Leurs récits s'insèrent dans la chronique de cette longue guerre qui, de 1939 à 1945, engage à nouveau les Français dans le drame de l'Europe déchirée. Ils décrivent l'exode et les combats, les évasions et les résistances, la comédie et la tragédie.Ces histoires vraies rendent enfin leur place aux oubliés de la guerre.

  • « Le concept de « Juste des Nations » est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu'elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu'au danger de mort, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre.
    « Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d'honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d'Israël, dans le pays où réside le Juste. Les Justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l'allée des Justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd'hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d'honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial.
    « Les sauveurs se comptent par milliers, même si l'on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d'aide sous l'occupation allemande. Jusqu'à la fin de l'année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17 000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s'est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : « Aime ton prochain comme toi-même. » Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l'honneur de leurs compatriotes. »

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