Michalon

  • Deux enfants tués chaque semaine dans leur famille, un enfant violé toute les heures et 6 millions de personnes qui déclarent avoir subi un inceste... Le sort des enfants maltraités reste largement ignoré en France, où leurs droits sont piétinés dans la plus parfaite indifférence.
    Victimes collatérales des violences conjugales, jeunes proies d'agresseurs sexuels ou de familles déviantes, réduites au silence, adolescents placés livrés à eux-mêmes : ces enfants maltraités sont les grands oubliés de la République, souffre-douleurs d'une société malade qui a fait le choix de sacrifier ses plus vulnérables.
    Pourquoi ?

    Dans leur colère et leur indignation, Françoise Laborde et Michèle Créoff ont appliqué la démarche suivante : comprendre, nommer, proposer. Comprendre, d'abord, la condition de l'enfant en France telle que l'Histoire, du Moyen Age à nos jours, nous la donne à voir ; nommer, ensuite, les failles et les dysfonctionnements d'une protection de l'enfance grevée par l'absence de décisions politiques favorables à l'intérêt de l'enfant ; soumettre, enfin, 19 propositions, telles qu'un outil national de diagnostic des maltraitances, le droit à être adopté par une nouvelle famille ainsi qu'une nouvelle loi pour redéfinir le viol des enfants.

    Un livre de combat, qui mêle la voix de deux femmes fortes de leurs expériences respectives à celle de ces « indésirables » aux parcours parfois brisés, parfois étonnants de résilience.

  • Tout juste installés en Nouvelle-Calédonie, Estelle et Sébastien, jeune couple trentenaire, découvrent l'épreuve de l'infertilité. Après quatre ans de tentatives, de parcours PMA et d'interminables prières, ils choisissent de se lancer dans une procédure d'adoption vers la Colombie. Il leur faudra attendre encore quatre ans avant de recevoir, enfin, en 2015, l'appel tant espéré leur annonçant l'arrivée d'Esteban, âgé de sept mois.

    Du mythe de l'adoption à la réalité : Estelle Lambert-Leynaert aborde avec délicatesse des moments cruciaux, tels que le deuil de porter un enfant et le vécu du couple ; les difficultés liées aux démarches administratives, véritable parcours du combattant ; la rencontre avec l'enfant et son vécu, parfois ses traumatismes ; enfin, les mois qui suivent son arrivée, le processus d'attachement et toutes les interrogations auxquelles une mère adoptante peut être confrontée.

    Sous la forme d'une lettre adressée à son petit garçon, elle livre un témoignage précieux, en réponse à une question essentielle : comment devenir pleinement la maman d'un enfant que l'on n'a pas porté ?

  • L'autonomie solidaire en santé, la seule réforme possible Nouv.

    Comment la France peut-elle redevenir une référence mondiale en santé ?
    Si la crise Covid a révélé aux Français que leur système de santé n'était plus aussi solide qu'ils le pensaient, elle doit désormais être un accélérateur de sa refonte.
    Frédéric Bizard expose ici le seul modèle de santé viable qui répondra aux enjeux du XXIe siècle tout en respectant les fondamentaux de notre culture et en y intégrant l'ensemble des acteurs existants. Redéfinissant l'ensemble des composantes du système - de sa gouvernance à son financement en passant par l'organisation des services de santé et l'accès au marché des innovations - , il démontre ainsi comment la santé peut créer de la richesse, contribuer à réduire les inégalités sociales et devenir un enjeu géopolitique.
    Aux fondements de cette indispensable réforme, le concept d'autonomie solidaire entend poser les bases d'une nation de citoyens solidaires en santé et permettre l'émergence d'une société où chacun pourra s'accomplir pleinement selon ses choix et ses aspirations, dans un souci d'autonomie et de dignité.
    Une réflexion nécessaire et capitale, nourrie des travaux collectifs menés depuis trois ans au sein de l'Institut Santé, qui, au-delà de la réforme de notre système de santé, vient interroger l'avenir de notre modèle social.

  • Twitter ou mourir

    Laura Rapp

    Dans la nuit du 16 au 17 avril 2018, après plusieurs années de violences conjugales, Laura trouve enfin le courage de porter plainte : son conjoint a tenté de l'étrangler sous les yeux d'Alice, leur fille de deux ans.
    Après un an de détention provisoire pour tentative d'homicide, stupéfaction : son ex-conjoint est remis en liberté dans l'attente du procès et placé sous contrôle judiciaire qu'il enfreindra à plusieurs reprises. Sourde au danger que courent les deux victimes dont elle ignore les appels à l'aide, la justice ne lui laisse pas le choix : Laura se tourne vers les réseaux sociaux. Le 14 mai 2019, elle lance un SOS sur Twitter : « Je ne sais pas si je vais mourir demain, je veux juste être entendue. Protégez-moi, protégez ma fille jusqu'au procès. » Que faire lorsque la justice abandonne les victimes à elles-mêmes ? Avec une précision clinique, Laura Rapp restitue sa lente descente aux enfers, broyée par un système favorable aux criminels. Un récit choc, qui interroge sur l'urgente réflexion à mener sur notre institution judiciaire.

  • Journaliste et sympathisant cégétiste, Jean-Bernard Gervais intègre les rangs de la Confédération générale du Travail fin 2016, comme conseiller en communication. La Confédération vient de perdre la bataille contre la loi Travail, menée par son tout nouveau secrétaire général, Philippe Martinez.

    Pour le conseiller en com' qui se pense alors au plus près de ses convictions, l'illusion sera de courte durée. Au siège de la CGT, à Montreuil, se côtoient des « camarades » sans morale, des militants nostalgiques et des opportunistes sans états d'âme, évoluant dans un climat de crainte et de jalousie. Durant deux ans, il sera ainsi le spectateur impuissant de la lente mais inexorable perte de vitesse de la CGT, grevée par ses échecs consécutifs - les ordonnances Macron et la réforme de la SNCF - et spoliée de sa place de premier syndicat de France au profit de la CFDT. Sur le terrain du combat social, force est de constater que la lutte se fait désormais ailleurs, au sein de corporations et de secteurs mieux organisés et plus déterminés, bien éloignés des querelles et mesquineries de la direction de la Confédération.

    Le diagnostic corrosif d'un militant désabusé, sur les pathologies qui rongent ce qui fut le fer de lance du mouvement ouvrier, devenu aujourd'hui le royaume d'un seul homme : Philippe Martinez.

  • Où est passé notre temps de cerveau disponible ? Telles des mantes religieuses, Facebook, Twitter, Instagram et autres ont lentement rongé nos capacités d'attention jusqu'à les monopoliser. Nous passons 608 heures par an sur les réseaux sociaux, soit un peu plus d'une heure et demie par jour !

    Pour reprendre les propos de Sean Parker, l'ex-président de Facebook, les réseaux sociaux exploitent « une vulnérabilité de la psychologie humaine ». Non seulement nous leur sacrifions une bonne partie de nos journées, quitte à négliger certaines de nos autres activités, mais nous les laissons infléchir en profondeur les comportements que nous adoptons dans la vie réelle. Combien d'entre nous par exemple ne peuvent s'empêcher, lors d'un dîner au restaurant, d'immortaliser le moment sur Instagram ? Du deuil d'un proche à la venue au monde d'un bébé, aucun instant ne saurait désormais échapper au prisme des réseaux sociaux. Le cogito ergo sum n'est plus en phase avec l'époque : pour être, il ne s'agit plus de penser mais d'exister sur les réseaux sociaux, quel qu'en soit le prix.

    Une enquête féroce et caustique qui dépeint avec acuité les sept péchés capitaux des réseaux sociaux : hypernarcissisme, paresse, impudeur, haine, associabilité, infobésité et dépendance.

  • On le sait : la prison est devenue une école de la criminalité. Incarcérés pour des délits mineurs, nombreux sont les détenus à récidiver, alors que la prison devrait, au contraire, donner à des individus coupables envers la société les moyens de se réhabiliter et de trouver leur place dans la collectivité. Or, une prison qui enferme, surveille et infantilise peut-elle préparer à la sortie ?

    Loïk Le Floch-Prigent plonge aux racines du problème pénitentiaire français pour en délinéer les causes - des prisons surpeuplées, soumises au diktat du tout sécuritaire, fermées à tout contact extérieur - et trouver la voie de sa résolution dans les exemples étrangers et les initiatives locales déjà existantes.

    Le double regard de l'industriel et de l'ancien détenu sur l'urgente refonte du système carcéral français, analysé et commenté par plusieurs acteurs de terrain : directeurs de prison et de centres de réinsertion, éducateurs, aumôniers et magistrats.

  • La participation massive des femmes aux révolutions au Moyen-Orient et au Maghreb a conduit à un changement de leur image dans l'opinion publique et les médias occidentaux. Mais l'occidentalocentrisme, fondé sur le primat de la différence, continue d'encombrer certains discours féministes.
    Explorant la question des femmes et du pouvoir en islam avec une attention particulière portée au Moyen-Orient, Azadeh Kian offre un aperçu de quatre périodes historiques : l'avènement de l'islam, la période médiévale, l'époque moderne et contemporaine.
    L'histoire des sociétés à majorité musulmane montre en effet que les femmes y jouissaient de l'autorité tant du fait de leurs connaissances religieuses que poétiques, littéraires, scientifiques ou encore politiques et militaires. Elles ont tenté d'influencer, de contester ou de subvertir la structure sociale dominée par les hommes, que les lois islamiques ont consolidée.
    Ce n'est donc pas l'islam qui entrave l'émancipation des femmes, mais son instrumentalisation par des hommes qui visent à conserver privilèges et pouvoirs. Ne faut-il pas dès lors rejeter la lecture figée et traditionnaliste du Coran et réinterpréter les textes sacrés et les lois islamiques ?
    À travers l'historicisation et la contextualisation de l'islam, des militantes féministes et des droits des femmes ont ouvert des exégèses coraniques et jurisprudentielles aux lectures et interprétations alternatives visant à rétablir l'égalité entre les hommes et les femmes. Cet essai, fondé sur des recherches bibliographiques et de terrain, remet en perspective la place et le pouvoir des femmes au sein de l'islam.

  • Pauvres de nous

    Claire Lajeunie

    Le mouvement inédit des Gilets jaunes a levé le voile sur une réalité que vivent plus de 9 millions de Français. Comment s'en sortir quand, enfant, on est nourri aux colis alimentaires et privé de vacances ? Comment faire avec cette misère qui colle à la peau à chaque étape de la vie ? La pauvreté se transmet-elle inexorablement ?
    Loin de se contenter des minima sociaux que peuvent apporter notre société, loin des clichés véhiculés sur la pauvreté par nos élites, Claire Lajeunie a souhaité raconter la réalité de ces familles pauvres. Pour rendre compte de cette réalité sociale, elle a suivi Matéo, 12 ans, Sébastien, 32 ans, Erwan, 45 ans, Isabelle, 54 ans et Marianne, 64 ans.

    /> Matéo, 12 ans, vit à Angers dans une famille recomposée. Sa maman ne travaille pas et son beau-père est saisonnier. Ils mangent grâce aux colis alimentaires du Secours populaire. Malgré les aides et les petits boulots, ils n'ont plus rien sur leur compte le 1er du mois. Sébastien, 32 ans, né dans une famille modeste, vit avec moins de 50 euros par mois. Étudiant brillant, il décroche un poste de chef de service dans le médico-social, mais sera licencié en 2015 à la suite d'un burn-out. Il s'inscrit ensuite à Science Po. Il appartient à cette génération surdiplômée et sacrifiée. Erwan, 45 ans, est kiosquier à Paris depuis 22 ans. Il peine à gagner un SMIC pour 70 heures par semaine et survit grâce à sa compagne et sa mère, qui lui envoie des chèques pour payer les traites de sa maison. Isabelle, 54 ans, touche le RSA (460 euros). Pour gagner de l'argent, elle vend des bougies sur le marché et fait des ménages. Marianne, 64 ans, vit à Tourcoing avec son mari. Après avoir gagné beaucoup d'argent comme gardienne à Paris, elle s'est retrouvée ruinée et surendettée. Avec la retraite de son mari et sa pension d'invalidité, il leur reste moins de 300 euros pour survivre chaque mois.

  • « En France, la révolte contre les violences sexuelles qui suivit l'affaire Weinstein prit sa force et sa forme de l'injonction controversée qui la fit naître : #balancetonporc.
    Quelques jours plus tard, 200 000 messages avaient été postés sous le hashtag. [...] Il faut avouer qu'il est très difficile de rester muette ou de ne pas avoir d'opinion lorsqu'une autre femme vous invite à balancer votre porc. »

  • Qu'est-ce qu'être une femme aujourd'hui ?
    Objet de désir, enjeu de société, mère, épouse, maîtresse, souvent maltraitée, abusée ou déconsidérée - Laurence Taillade dresse un état des lieux de la condition féminine en France, au terme de deux siècles de combats dont les acquis sont, hélas, loin d'être consolidés.
    Mainmise religieuse et marchandisation des corps, inquiétant recul du Planning familial, préjugés persistants sur la sexualité féminine, inégalités salariales, paupérisation et précarisation des travailleuses, violences conjugales... Bien que décrétée grande cause nationale, la condition féminine semble pourtant loin de faire consensus. L'absence criante d'une politique claire en faveur des femmes dans le pays des droits de l'Homme reste préoccupante, en particulier à l'heure où l'Europe voit quelques pays revenir sur certains droits fondamentaux.
    Un essai profondément féministe qui replace l'égalité des sexes au centre des terrains de conquête du XXIe siècle.

  • La perspective de l'ouverture prochaine de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules réveille nos consciences, qu'elle enthousiasme, fédère et mobilise ou irrite, inquiète et révolte... sans que nous sachions d'ailleurs toujours ce que recouvrent précisément les techniques de procréation médicalement assistées, ni la teneur des changements que pourrait instaurer le fameux texte !
    Qu'est-ce exactement que la PMA ? À qui s'adressait-elle jusqu'à aujourd'hui et qu'est-ce qui va changer ? Qu'est-ce qui est en vigueur dans ce domaine dans les autres pays, notamment chez nos voisins européens ? Quelle place pour le père et plus généralement pour les figures masculines dans ces projets parentaux dans lesquels ils ne sont plus partie prenante ?Comment encadrer la démarche afin d'éviter de tomber dans une forme d'eugénisme ? Comment l'État va-t-il financer cette réforme en termes de santé publique et où trouvera-t-on les gamètes nécessaires ? Comment gérer la « rupture d'égalité » qu'elle institue entre les couples de femmes qui vont avoir accès à la PMA et les couples d'hommes, qui n'y gagnent rien ? Jusqu'où doit-on aller dans le droit à l'enfant : faut-il lui poser des limites strictes, au-delà desquelles ce droit à l'enfant parasite les droits de l'enfant ?

  • En 2014, on comptait une famille sur quatre monoparentale en France. Ce qui signifie : devoir ne compter que sur soi-même, au jour le jour, pour faire face aux responsabilités d'un foyer, soit ce que l'on peut considérer comme un véritable handicap moral, affectif, logistique, financier, matériel ?
    À quand une vignette « parent solo », qui permettrait de ne pas attendre en caisse ou d'obtenir des tarifs préférentiels lorsque l'ex-conjoint ne paie pas la pension alimentaire et qu'il faut faire face, tous les mois, au casse-tête de joindre les deux bouts ? À quand un statut reconnu de « parent solo » et d'enfant « monoparental ».

    Quelle que soit votre situation de parent « solo », vous trouverez sans aucun doute dans cet ouvrage les réponses à vos questions sur les sujets affectifs, juridiques, économiques, logistiques, qui vous préoccupent. Sans oublier les thèmes du cadre, de la parole, de la loi, des crises, du deuil, de la solitude, des familles recomposées, et de la quadrature du cercle du quotidien stressant.
    Des premières dents qui vous laissent exténuée aux premiers chagrins d'amour, Anne-Catherine Sabas apporte des réponses pratiques aux problèmes et questions que ces parents (et parfois leurs enfants) se posent plusieurs fois par jour, voire par heure, et ce durant des années.

  • « Quand on m'a offert l'opportunité d'écrire ce témoignage, je me suis dit qu'il serait très important pour moi de réunir et d'organiser mes pensées pour mettre à plat tout ce que j'ai à dire. Qui mieux qu'une enfant née par GPA pour en parler ? Je voudrais que l'on cesse de nous stigmatiser, de parler de nous comme de pauvres victimes, de nous prévoir des destins horribles, bref, surtout de faire de la théorie sans regarder la réalité. Il est grand temps que nous parlions pour nous-mêmes. » À ce jour, la gestation pour autrui (GPA) reste interdite en France. Depuis 2000, Sylvie et Dominique Mennesson se battent pour faire reconnaître leurs deux filles, Valentina et Fiorella, nées il y a dix-huit ans aux États-Unis où la pratique est légale et encadrée.
    Pour la première fois, Valentina - avec la complicité de sa soeur jumelle - a décidé de prendre part au débat qui entoure sa naissance. Quelles sont ses positions sur la GPA ? Quels sont ses liens avec Mary, leur gestatrice américaine ? Comment a-t-elle vécu leur médiatisation forcée ? Quel regard pose-t-elle aujourd'hui sur le combat de ses parents ?
    Un récit rare, qui livre le portrait d'une adolescente - presque - comme les autres.

  • Génération Europe

    Rayan Nezzer

    En 2014, plus de trois jeunes Français sur quatre n'ont pas voté aux élections européennes. Des choix décisifs pour l'avenir, de la transition écologique à la révolution numérique en passant par l'intégration des réfugiés, sont déterminés sans que la jeunesse n'ait dit sa part de volonté générale. Comment l'admettre ?

    Rayan Nezzar appartient à cette génération qui se sent européenne mais qui participe peu aux élections parce qu'elle vit l'Europe comme une évidence. Cette évidence est une illusion. Secouée par les crises, atteinte par le Brexit, l'Europe est redevenue mortelle. Populistes et europhobes regardent avec envie les élections de mai 2019, qu'ils envisagent comme une nouvelle étape dans la déconstruction européenne.

    Dans ce livre qui mêle témoignages et propositions, Rayan Nezzar explore cinq dimensions de notre appartenance commune. Notre culture et notre monnaie, notre conception du social et de la démocratie, les valeurs que nous portons dans le monde déroulent un invisible fil d'Ariane qui nous lie en tant qu'Européens. C'est en renouant ce fil que nous pourrons poursuivre cette aventure collective inédite qu'est la construction européenne.

  • Essai bonnet de nuit ou manuel de management ? non.
    Bonjour paresse est là pour dire enfin la vérité. et la voici la grande entreprise, personne n'y croit plus. la foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l'ordre de la firme. a présent les cadres moyens, petits boulons dans une machine jargonnant un sabir grotesque, n'attendent qu'une chose : le solde à la fin du mois. mais alors, que faire ? rien surtout ! affirme ce livre. soyons individualistes et inefficaces en attendant que ça s'effondre et qu'une nouvelle société advienne oú chacun cultivera essentiellement son jardin et conservera un à-côté accessoire dans une grande structure, en vue d'obtenir une petite feuille de paie indispensable à la survie.
    Ce livre est un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

  • Claire Lajeunie est partie en quête ces femmes oubliées, a errée dans les rues, près des gares, des grands magasins, où elles font souvent la manche, afin de comprendre qui elles sont, comment elles ont basculé dans la précarité et dresse des portraits. Des portraits de femmes fragilisées, qui ont fui leur domicile conjugal, la violence d'un compagnon, des femmes atteintes de troubles mentaux, des femmes dépendantes de l'alcool ou de la drogue, des femmes surendettées, expulsées suite à la perte de leur emploi, des femmes trop âgées pour travailler, souvent rejetées par leur famille et leur entourage. Martine est SDF à Paris, depuis une dizaine d'année. Barbara est à la rue depuis 1 an. Katia se reconstruit en foyer d'hébergement après dix ans d'errance. Elina, ancienne SDF, est devenue comédienne. Autant de parcours singuliers, de profils variés qui font écho à notre propre histoire. Claire Lajeunie décrit leur quotidien : la faim, le mépris, la solitude, le froid, la peur, la violence, les nuits sans sommeil, leur obligation de se cacher, jusqu'à devenir invisibles. Leur combat de chaque instant pour ne pas sombrer dans la folie, leur passage par les structures d'hébergement, les associations.
    Claire Lajeunie a voulu raconter le parcours de ces femmes « qui nous ressemblent ». Une immersion pour comprendre leur quotidien, leur mode de survie, et leur donner la parole.

  • Au nom de la mère

    Margaux Chikaoui

    Notre héroïne est une « fille-sans-père », miroir en creux des « filles-mères ». Histoire banale, histoire fatale : aventure extra-conjugale entre une jeune femme issue d'un milieu populaire et un puissant magistrat. Elle fera la connaissance de son père à l'adolescence, au terme d'une procédure judiciaire qu'il aura tenté à tout prix de freiner, avec la complicité de certains de ses confrères.
    Voici l'enfant illégitime devenue jeune fille adoubée. La découverte de l'univers feutré d'un monde qui lui a toujours semblé inaccessible sera une épreuve dans sa construction personnelle. Elle se lance dans des études de droit. Atavisme, désir de revanche ? Reproduira-t-elle l'histoire maternelle ?
    Le récit d'une candeur explosée face aux méandres d'une justice à deux vitesses.
    />
    « Que l'on juge nos parents faibles, méprisables, haïssables ou durs, ceux-ci sont notre tout. Ceux à qui l'on rêve secrètement de ressembler, ou ceux que l'on fuit pour justement éviter un mimétisme gênant. Ainsi, peu sommes-nous qui considé­rons nos mères et pères, dans nos coeurs entiers et profonds, tels nos autres. »

  • « Le harcèlement est une descente en enfer qui ne cesse pas, qui mène à la dépression et parfois au suicide. C'est un virus qui contamine la famille entière et qui ne meurt pas lorsque l'on quitte l'entreprise source. » Récit intime et violent d'un combat aux limites de la mort, Le cri du corps est la chute et la lente reconstruction d'une jeune femme à qui tout réussissait, victime de harcèlement moral au sein de son entreprise. Son témoignage décompose l'inexorable mécanique d'une société qui a fait de l'humain un instrument de profit et un outil de promotion social.
    Pourquoi subit-on un harcèlement dans le cadre professionnel ? Appartient-on inévitablement à l'une des catégories victime/ bourreau/ sauveur ? Et, surtout, comment s'en sortir et s'en protéger ?
    Accompagnée de Cyril Bériac, aidant, d'Isabelle Courdier, psychologue du travail, d'Olivier Hoeffel, consultant en qualité de vie au travail et gestion des risques psycho-sociaux, de Clément Raingeard et Marine Freçon-Karout, avocats, et d'Anne-Catherine Sabas, psychanalyste et formatrice, Anne-Véronique Herter signe un document essentiel sur un mal tentaculaire devenu une réalité économique et sociale.

  • Être mère célibataire, c'est vivre dans une constante précarité. Le moindre faux pas, la plus anodine des décisions, le plus petit des grains de sable peut à tout moment enrayer la machine et vous faire basculer. Et qui dit perte de revenus dit perte du logement, et potentiellement perte des enfants.
    Julie compte les centimes, priorise les dépenses et s'organise comme elle peut. Les dépenses inutiles sont proscrites (entendre : les dépenses qui la concernent, ainsi que les loisirs, les sorties, les voyages, etc.) car le budget manque, et le temps, du temps simplement pour elle. Il faut penser à tout, tout le temps, ne rien oublier. La fameuse charge mentale.
    Quant au marché de l'emploi, elle a tiré un trait sur les offres qui la faisaient rêver, mais qui nécessitent « des horaires flexibles », voire « des déplacements dans toute la France ». Comment, en effet, jongler sinon entre le travail, les transports, l'école et le périscolaire ? Que reste-t-il ? Des mi-temps, de la pauvreté, des jobs alimentaires épuisants, mais aussi des employeurs malhonnêtes qui jouent sur votre situation. Vous êtes coincée, piégée, vous acceptez parfois l'inacceptable.
    Il y a aussi la honte, la peur d'être jugée, que vous cachez comme vous le pouvez aux autres et à vous-même. Cette hyper-vigilance fatigue, vous refusez les invitations. Tout devient prétexte et source d'isolement.

  • Encore plus taboue que la discrimination sur les origines ou le « plafond de verre » qui concerne les femmes, la ségrégation sur l'apparence est une réalité, notamment dans le monde du travail.
    Aux médias traditionnels que sont la télévision, la presse écrite et la publicité s'ajoutent aujourd'hui les réseaux sociaux, tout-puissants vecteurs de standardisation anatomique. Désormais, l'image nous gouverne à 360°. Si l'attractivité décuple le champ des possibles en matière de séduction et de relations amoureuses, cette obligation du paraître s'est aussi immiscée dans tous les interstices de notre vie la plus quotidienne, où il est ainsi préférable de souscrire à certains stéréotypes morphologiques pour s'assurer un parcours scolaire puis professionnel satisfaisant.
    Est-ce pour autant une fatalité à laquelle on doit se résoudre ? Faut-il accepter cette primauté du joli paraître, au même titre que l'on a longtemps consenti à la loi du plus fort ? Quelles mesures face à cette ségrégation du beau ? Comment lutter contre la discrimination sur le physique ?
    Une enquête historique et sociologique sur une vérité symptomatique d'un monde qui a élevé l'esthétique au rang d'idéal à atteindre à tout prix.

  • Comment interpréter le grand retour des crèches de Noël dans l'espace public ? Que penser des accompagnatrices scolaires voilées ? Entre une extrême droite chrétienne qui défend une laïcité à géométrie variable et une certaine gauche qui ferme les yeux sur les agissements islamo-sympathisants, la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État ne cesse d'être mise à mal. Financement d'établissements scolaires religieux, pratiques cultuelles dissimulées sous des activités culturelles, retour du religieux au sein d'entreprises d'utilité publique, pression d'associations ou d'organisations sectaires - Laurence Marchand-Taillade dénonce ici l'instrumentalisation faite du principe de laïcité, fondement de notre République.
    À l'heure où les Français doivent choisir leur président, "L'urgence laïque" est le cri d'alarme d'une républicaine et d'une humaniste convaincue.

  • La jeunesse musulmane française et européenne, otage de la littérature islamique classique et des traductions orientées, doit pouvoir différencier la foi musulmane de ses récits pluriels. Face aux discours imposant progressivement à la République une loi dite religieuse, Mohamed Louizi propose un voyage vers les premiers moments fondateurs de l'islam politique: un plaidoyer articulé autour de huit actes dont le premier est de « s'affranchir de l'islam califal » et le dernier est de « rendre au Message son historicité, et à la Prophétie son horizon ».

    Interrogeant sans tabous les principaux facteurs politiques, culturels, historiques, dogmatiques, juridiques et épistémologiques qui ont structuré l'islam durant ses trois premiers siècles, ce plaidoyer invite à redéfinir le sacré, repenser les textes et réconcilier l'islam avec la modernité et la laïcité. Une réflexion sur le sens présent de la foi au quotidien. Un cri de conscience pour une réforme structurelle de l'islam, au service d'un idéal humaniste, juste, laïque, fraternel et libre, qui signe le combat pacifique d'une vie. L'islam ne sera qu'apolitique ou ne sera plus.

  • « Notre travail a du sens. Il demande intelligence et sensibilité. Faire au mieux, au plus proche des situations, au plus proche des gens, avec pas grand-chose. » Avec un enthousiasme débordant, Dafna Mouchenik anime une équipe atypique de plus de 140 personnes qui contribue au soutien à domicile des personnes en perte d'autonomie. Pros du système D, ensemble, ils sollicitent tous les acteurs des métiers de l'accompagnement et du soin : associations de réseau et d'action sociale, infirmières, services de soins, médecins, services publics dédiés, services de tutelle.... Une armée médico-sociale déferlant aux domiciles des plus fragiles, afin de les aider à réaliser les gestes essentiels de la vie quotidienne.

    Entre situations rocambolesques et personnages hauts en couleur, chaque rencontre est singulière et exige du « sur-mesure avec les moyens du prêt-à-porter ». À travers son propre vécu et le quotidien de toutes ses équipes, Dafna Mouchenik mêle - non sans humour - son regard de travailleur social à son expertise de chef d'entreprise sur un sujet plus que jamais d'actualité, appuyé de quelques conseils pratiques à l'usage de tous ceux confrontés à la perte d'autonomie de leurs proches. Un remède contre les cyniques, un élixir contre les relativistes !

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