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  • Apocalypse cognitive

    Gérald Bronner

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    • 6 Janvier 2021

    La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison.

    Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle.

    C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner.

  • Le 16 octobre 2020, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie dans un collège de banlieue parisienne, a constitué un nouveau cap pour le contentieux terroriste islamiste en France, provoquant une sidération générale. Treize jours plus tard, trois personnes perdaient la vie dans une église à Nice et le Moyen-Orient s'embrasait jusqu'à livrer une guerre d'idées à la France et à son Président, pour blasphème. Ces événements ont confirmé pour l'auteure la nécessité de réhabiliter le coeur de ce que l'idéologie islamiste tend à détruire : le sens des mots, du langage et donc de notre humanité.
    Ce livre repense la crise de l'expression et du langage que l'idéologie salafo-jihadiste met en lumière depuis son apparition sur le territoire français. À partir de l'analyse de l'expression populaire « J'vous l'jure sur le Coran de la Mecque », l'auteure dévoile l'existence d'une béance, d'un trou identitaire. Son usage révèle une quête de référencement à une culture mal connue mais également la béance existante entre un individu et sa religion. Face à ce trou, des « entrepreneurs religieux », qu'ils soient Frères musulmans, salafistes, tablighis ou jihadistes, ont investi le champ laissé par ce qui n'a pas été inscrit dans le récit familial comme national. L'islamisme masque les trous présents dans l'islamité fracturée et mal représentée en France, dans l'arabité encore abimée par le passé colonial, mais témoigne aussi d'un désir d'existence dans un monde ordonnancé par les Autres. À défaut de pouvoir refermer le trou d'un passé meurtri, quelques propositions tentent de dépasser la logique de haine associée à la mémoire du monde arabo-musulman, pour reconstruire un espace où l'histoire et les mots se réconcilient.

  • Cet ouvrage a pour ambition de donner une portée clinique et politique à l'aphorisme " Céder n'est pas consentir ". Il démontre la profondeur de cette distinction, en s'appuyant sur la psychanalyse, la philosophie et la littérature. Le consentement porte toujours en lui une énigme, car consentir, c'est dire " oui ", sans savoir, sur fond d'un pacte de confiance avec l'autre. Ce fondement énigmatique du consentement, qui peut aussi comporter une ambiguïté, ne doit pas être confondu avec le forçage.
    Cet essai pose donc la nécessité éthique d'affirmer une frontière entre " consentir " et " céder " en distinguant l'énigme du consentement comme expérience subjective, de l'expérience du traumatisme sexuel et psychique. Examinant les différents degrés du " se laisser faire ", depuis l'expérience de la passion amoureuse jusqu'à celle d'un " se forcer soi-même à faire ce qu'on ne désire pas ", Clotilde Leguil montre comment la frontière peut devenir trouble.
    Traumatisme de guerre, traumatisme intime, comment revenir de ce qui s'est produit ? Comment à nouveau consentir à dire ? S'inscrivant dans l'actualité du mouvement metoo, des collages anti-féminicides, et de la parution du récit événement de Vanessa Springora, cet essai, clinique et politique, fait valoir la nécessité de retrouve une langue à soi, pour pouvoir dire " je " à nouveau.

  • Thanatocapitalisme : essais et entretiens Nouv.

    Ce que nous nommons la croissance aujourd'hui est en fait une excroissance, une prolifération qui détruit l'organisme social. D'une vitalité inexplicable et mortelle, ces excès métastasent et prolifèrent à l'infini. Arrivée à un certain stade, la production devient destructrice. Le capitalisme a depuis longtemps dépassé ce point critique. Ses pouvoirs destructeurs produisent non seulement des catastrophes écologiques ou sociales, mais aussi des catastrophes mentales.
    Les effets dévastateurs du capitalisme suggèrent l'influence d'une pulsion de mort. Sigmund Freud n'a initialement introduit le concept de pulsion de mort qu'après bien des hésitations. Il avoua immédiatement après qu'il "ne pouvait pas penser autrement " car ce concept avait acquis un grand pouvoir sur lui. Penser le capitalisme aujourd'hui ne peut se faire sans l'acceptation de cette pulsion.

  • Alors que les débats récents sur la réforme des retraites et la crise sanitaire ont attiré les regards sur les enjeux de la fin de vie, ce sont principalement les jeunes d'aujourd'hui qui supporteront les effets de cette réforme et la crise économique post-COVID19. Cet ouvrage traite de la situation des jeunes au travers de quatre prismes : le fait générationnel, les inégalités intra-générationnelles qui traversent la jeunesse, l'action publique à leur égard, et les conséquences politiques de cette situation. Après une présentation générale de la situation des jeunes en perspective comparée, spécifiant la particularité du modèle français de transition à l'âge adulte, le premier chapitre présente une cartographie des inégalités à la fois inter et intra-générationnelles, nuançant la thèse d'une « génération sacrifiée ». Les deuxième et troisième chapitres traitent de l'action publique en direction des jeunes (éducation puis politique sociale) et de la façon dont elle compense ou au contraire reproduit les inégalités sociales. Le quatrième chapitre analyse quant à lui les conséquences politiques de ces inégalités pour les jeunes générations. Le cinquième chapitre s'intéresse aux réponses que les jeunes peuvent apporter dans la lutte contre les inégalités.

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  • Gilets jaunes, la révolte des budgets contraints Nouv.

    L'ouvrage propose un pas de côté en suivant les découvertes réalisées au fur et à mesure d'une enquête de terrain au côté des Gilets jaunes, à la fois sur la vie des ronds-points et le budget des familles : comment se déroule une occupation de rond-point et que nous apprend-elle sur la société française ? Qui sont les Gilets jaunes, et comment vivent-ils ? Le mouvement des Gilets jaunes est un formidable point d'entrée dans une foule de faits sociaux qui étaient jusqu'alors passés « sous les radars » et qu'il a brutalement rendu visibles : la route et ses enjeux, d'innombrables savoir-faire populaires, des réseaux de mobilisation insoupçonnés, des problèmes sur le marché du travail, des tensions budgétaires, un sentiment diffus d'injustice fiscale, le « système D » auquel il faut avoir recours pour faire face à toutes ces contraintes. Seul le croisement de ces différents éléments permet une compréhension large des Gilets jaunes et d'une frange socialequ'on entendait peu s'exprimer jusque-là.

  • Troubles dans le travail

    Marie-Anne Dujarier

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    • 1 Septembre 2021

    Mot ubiquitaire, institution et valeur, le travail est au coeur des enjeux écologiques, sociaux et existentiels.
    Mais qu'est-ce donc que le travail ? Peut-on dire qu'un gamer, un stagiaire, un robot, un bureaucrate, un aidant familial, un consommateur ou un chien d'aveugle... travaillent ? Ce livre montre que la catégorie de pensée a pris trois significations sociales : l'activité, la production utile et l'emploi. Or elles sont aujourd'hui fréquemment disjointes dans notre société, caractérisée par de nombreux emplois inutiles et destructeurs, des emplois dont on ne peut pas vivre, des activités vitales non rémunérées, d'autres qui sont profitables mais qui ne sont pas vécues comme du travail, et même des productions utiles sans activité. La polysémie du mot et sa moralisation restent cependant forts utiles pour maintenir et justifier des rapports de force.

    Cet ouvrage propose de déplier le mot travail afin de penser ce que nous voulons faire au monde, avec des outils intellectuels affinés et scientifiquement fondés.

  • Comment des réseaux islamistes sont-ils parvenus à constituer des enclaves au coeur des quartiers populaires ? Comment des foyers idéologiques et institutionnels situés au Moyen-Orient arabe et au Maghreb ont-ils pu y diffuser avec succès leurs conceptions de l'islam ? D'Aubervilliers à Toulouse, d'Argenteuil à Champigny, Mantes-la-Jolie ou encore Molenbeek (Belgique), cet ouvrage étudie les stratégies et les pratiques des réseaux islamistes (Roubaix et Tremblay-en France viennent s'ajouter à cette liste dans l'édition augmentée).
    Il documente précisément le maillage de l'espace local qui, des lieux de culte à ceux de loisir et d'activités professionnelles, aboutit à la constitution de " territoires d'islam " en rupture avec la société française. Traçant la cartographie de cette géographie islamiste du pouvoir, les auteurs révèlent ses croisements, ses noeuds de communication, ainsi que les flux idéologiques, économiques et interpersonnels qui la traversent.
    Au centre de cette analyse, la prison offre un prisme exceptionnel et apparaît plus que jamais comme l'endroit où s'élaborent les nouvelles doctrines de l'islamisme. Dans cette édition augmentée, un chapitre inédit est consacré au vote communautaire lors des dernières élections municipales, incluant le moment Covid-19, et un autre aux parcours des responsables des attentats de 2015 : " Des Buttes-Chaumont à Charlie Hebdo ".

  • Tout créateur devrait se poser la question de savoir comment ne pas être complice, volontairement ou involontairement, des systèmes des pouvoirs. Pour cela, il est nécessaire de substituer une éthique des oeuvres à une valeur inconditionnelle de la culture. Dans Penser dans un monde mauvais , Geoffroy de Lagasnerie proposait de placer au coeur des sciences sociales et de la philosophie la production de « savoirs oppositionnels » : comment transposer ces analyses au champ de l'art ? Dès qu'on le confronte au monde et à l'action, que l'on refuse l'autonomisation de la sphère esthétique, il est difficile de ne pas devenir sceptique sur la valeur de l'art : peut-on définir un « art oppositionnel » ? Sur quelles valeurs reposerait-il ? Contre quelles valeurs s'affirmerait-il ? Quelles relations entretiendrait alors l'artiste avec les institutions du monde culturel ?

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  • Être en vie, c'est avoir le temps. Pourtant, rien n'est plus courant que le sentiment de n'avoir pas le temps. Qu'est-ce, alors, que cet avoir que l'on n'a pas ? Pour le savoir, on montre comment le temps de l'individu est transformé par les quatre grandes valeurs du temps portées par la civilisation occidentale : le Destin (impératif biologique de la vie à la mort), le Progrès (impératif de l'avenir), l'Hypertemps (tyrannie du présent et du technocapitalisme) et le Délai (compte à rebours de la possible catastrophe écologique). Ces quatre formes temporelles se liguent le plus souvent contre nous pour nous empêcher de vivre. Jamais aucune civilisation n'a vécu l'antagonisme d'autant de conceptions du temps incompatibles, qu'il nous faut pourtant concilier. Avoir le temps se révèle donc comme le défi humain par excellence : celui de faire de cette quantité d'avoir une oeuvre de qualité.

  • La cause animale est aujourd'hui à un tournant de son histoire car la science économique porte désormais un intérêt croissant à la question animale et s'interroge particulièrement sur le rapport paradoxal que nous entretenons avec les animaux : alors que le bien-être animal n'a jamais été aussi consensuel, plus de 3 milliards d'animaux sont tués tous les ans en raison de nos choix alimentaires. Cet ouvrage fournit de multiples éclairages sur les raisons d'un tel paradoxe et revient sur les plus importantes théories pouvant expliquer ce conflit entre nos valeurs et nos actions (dissonance cognitive, bien public, heuristiques, warm-glow, licence morale, réactance, empathie cognitive, apprentissage social).
    Il propose également une lecture pratique de ces théories et analyse l'efficacité des actions menées en faveur des animaux par les associations de défense animale et l'Etat. Il montre également comment les récents développements technologiques (aliments simili-carnés et viande de culture) pourront également permettre de résoudre ce paradoxe.

  • Dans cet ouvrage qui bouscule bien des évidences, Vincent Peillon s'attache à saisirl'ambition, la nature et le sens de la laïcité chez ses fondateurs républicains. Quevoulaient-ils dire lorsqu'ils parlaient de « foi laïque », de « morale laïque », de « religionlaïque », et même de « Dieu laïque » ? Prenant prétexte d'une invitation adressée par lejeune Jaurès au radical Camille Pelletan à venir le voir à Toulouse afin d'y rencontrerdes « théologiens laïques, » Vincent Peillon cherche à comprendre ce que pouvaitsignifier pour Jaurès et pour les fondateurs ce qui nous apparaît comme unecontradiction dans les termes et un monstre conceptuel : une « théologie laïque ». Il estainsi conduit à restituer à la notion de laïcité une complexité et une profondeur qui sonttrop souvent ignorées aujourd'hui.

  • La France n'a pas encore pleinement pris la mesure de l'ampleur et des incidences du racisme et des discriminations qui la déchirent. Des millions d'individus, notamment issus de l'immigration postcoloniale, subissent au quotidien micro-agressions et stigmatisation. Ils voient leurs opportunités d'ascension sociale entravée, leurs vies écourtées. Ces épreuves suscitent bien souvent colère et sentiments d'injustice.
    Elles poussent parfois à l'engagement des personnes qui n'y étaient pas disposées. A partir d'une enquête inédite dans plusieurs quartiers populaires en France et en Amérique du Nord, ce livre démontre les conséquences du déni de reconnaissance qui entoure les discriminations : dépression, exil, repli sur soi... Au regard du drame silencieux qui s'opère sous nos yeux, il invite à une prise de conscience collective.
    /> Mais le racisme suscite aussi des conséquences plus positives : une jeunesse se lève face aux violences policières, se mobilise dans des associations ou investit les partis politiques, en développant des savoirs et savoir-faire nouveaux, et par là son pouvoir d'agir. Peut-être est-ce l'émergence d'une nouvelle génération militante, engagée dans des luttes pour l'égalité ?

  • Des soutanes et des hommes

    Josselin Tricou

    • Puf
    • 22 Septembre 2021

    Célibat perçu comme toxique, scandales à répétition, violences sexuelles et sexistes tues par l'institution, enfants cachés, coming out spectaculaire au Vatican... Mais aussi refus d'ordonner des femmes, luttes politiques contre toutes reconnaissances civiles de la conjugalité et la parentalité homosexuelles de la part de l'institution qu'ils incarnent. Autant de raisons de remettre en cause la figure masculine du prêtre catholique. C'est l'histoire de cette forme de masculinité si particulière, de son déclassement dans l'espace des masculinités, et, surtout, de sa crise de plausibilité actuelle au sein des sociétés occidentales, qu'interroge cette enquête sociologique.
    L'étude de cette crise est resituée dans un contexte marqué tout à la fois par la perte d'emprise de l'Église catholique depuis la fin des années 1950, et la « démocratisation sexuelle », c'est-à-dire l'entrée progressive des questions de genre et de sexualité dans le champ de la délibération démocratique, qui la redouble depuis la fin des années 1960. Cette dynamique est illustrée par le moment « mariage pour tous », bouleversant l'institution perçue comme « naturelle » du mariage hétérosexuel. L'effervescence de ce moment a fonctionné comme un révélateur du système catholique de genre et de sexualité, restitué ici à partir de son noeud : la masculinité sacerdotale.

  • L'expulsion de l'autre

    Byung-Chul Han

    • Puf
    • 16 Septembre 2020

    À l'ère de l'hyper-communication, de l'information continue et de la consommation de masse, la figure de l'Autre a disparu. L'Autre (l'ami, la personne désirée ou détestée) se fond désormais dans le flux de notre désir narcissique d'abolir toutes frontières et de s'approprier le monde. Gouvernées par cette « terreur du même », nos vies ont renoncé à la quête de la connaissance, à l'introspection, à l'expérience tout court pour devenir les chambres d'écho des réseaux sociaux où les rencontres sont illusoires. Ce qui peut conduire les individus désorientés et en quête de sens à des gestes extrêmes envers eux-mêmes et envers les autres.

    Aujourd'hui, ce n'est pas la répression qui nous menace mais notre propre dépression intérieure. Restaurer une société de l'écoute et de reconnaissance de l'Autre est la seule voie de salut pour combattre l'isolement et la souffrance qu'a engendrés un processus d'assimilation aveugle.

    Publication originale : Fischer Verlag, 2016.

    Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni.

  • À l'heure où la philanthropie se trouve au centre de nombreuses actualités - comme l'élan de générosité qui a suivi l'incendie de Notre-Dame ou la levée de fonds pour lutter contre la pandémie de Covid-19 - se pose la question du rôle que celle-ci peut jouer face aux multiples crises que nos démocraties doivent affronter. Cet ouvrage, qui vise à interroger le lien entre philanthropie et démocratie, s'intéresse en particulier au pouvoir accordé aux grands philanthropes - ses formes, ses modalités et ses conséquences. S'appuyant sur une diversité d'exemples - des élites du XIX aux grands philanthropes actuels, sans oublier les fondations agissant pour le climat ou une réflexion plus large sur le pouvoir du don -, il montre combien la philanthropie s'attaque à la résolution de problèmes collectifs tout en mettant à l'épreuve les principes démocratiques. Il met également en perspective le rôle de cette philanthropie vis-à-vis d'enjeux plus globaux, aujourd'hui centraux (montée des inégalités, limites du capitalisme, crise démocratique, urgence écologique).

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  • Comptes de la vie ordinaire : monde commun Nouv.

    À travers une série d'ethnographies économiques, ce sixième numéro de Monde commun donne à voir et à entendre des acteurs qui dans leur vie ordinaire s'inscrivent dans une économie de bouts de ficelle. Quels sont les astuces, les « tuyaux », les polyvalences, les ressources plus ou moins inattendues qui leur permettent de s'en sortir dans une existence matérielle très contraints ? À quoi tiennent-ils, dans cette vie de débrouille ? Comment envisagent-ils l'avenir ? Comment parviennent-ils à s'insérer dans les interstices d'une société soumise ou non à une économie de marché ? Que rendent-ils visible de cette économie souvent qualifiée d'informelle et du rapport qu'ils entretiennent de façon plus ou moins distendue avec l'État ?

    Ce numéro de Monde Commun s'intéresse ainsi aux comptes de la vie ordinaire, à la façon dont l'économie gouverne les relations sociales (qu'elles soient familiales, amicales ou de voisinage) et à la manière dont celles-ci se recomposent. Comment assurer la vie dans un cadre incertain de budget restreint, de pressions financières accrues ou de mobilité permanente ? Quelles stratégies de résistance, mais aussi parfois d'abandon, sont déployées ? Comment l'espace domestique est-il affecté par ces nécessités budgétaires ?

  • La question SDF

    Julien Damon

    Jusqu'où est-il légitime et efficace de catégoriser les sans-abri et les réponses données à leurs difficultés ? Les SDF sont, depuis une trentaine d'années, ciblés par des dispositifs spécialisés. Typique des phénomènes d'hybridation de l'action publique, le système de prise en charge rassemble, autour de l'Etat, les associations, les collectivités locales, les médias, et les sans-abri eux-mêmes. Le développement et l'institutionnalisation des dispositifs d'assistance, tout en retentissant sur l'architecture d'ensemble de la protection sociale, contribuent à faire des SDF de véritables " acteurs sociaux ".
    L'analyse conjointe de l'action publique ciblée et de la catégorie à laquelle elle est destinée permet une évaluation critique du " prioritarisme " (la priorité au plus défavorisé), du ciblage et du partenariat dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Avant-propos à la présente édition : comment les migrants et le confinement de 2020 posent à nouveaux frais la " question SDF ".

  • Depuis la révolution numérique, les conflits géopolitiques se déploient dans des espaces virtuels dont la nature est en constante évolution. Qu'ils soient démocratiques ou autoritaires, les Etats adaptent leur stratégie de puissance de façon à mieux maîtriser les effets de la propagation instantanée de l'information, ainsi que ses nouvelles possibilités de manipulation. Certains utilisent le cyber et les médias pour porter atteinte à la souveraineté de leurs adversaires et perturber le fonctionnement de leur société et de leurs infrastructures de défense.
    Cet ouvrage étudie les trois dimensions qui caractérisent les guerres de l'information. Il explore le fonctionnement technique des conflits informationnels (couches basses de l'Internet, ciblage et amplification). Il examine ensuite les stratégies de plusieurs acteurs-clef de la scène internationale (Chine, Russie, Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Japon), mais aussi d'Etats pivots (Iran, Israël) et de pays relativement isolés (Corée du Nord, Qatar).
    Enfin, il s'interroge sur les réponses juridiques et institutionnelles apportées pour répondre à la désinformation et réguler ces nouveaux espaces de conflictualité.

  • Que sont les « communs » ?
    La notion ne cesse d'être mobilisée aujourd'hui. Elle traduit le constat d'une évolution des pratiques sociales : les biens seraient davantage mis en partage. Logiciel libre, habitat participatif, vélos ou voitures en usage successif, entreprise qui serait le « bien commun » de toutes les parties prenantes : la notion envahit tous les domaines de la vie, allant de la culture, l'environnement et l'urbanisme à la santé, au travail et à la technologie. Si la mobilisation est intense, c'est que la notion autorise à penser le changement social sur la base d'un réinvestissement du collectif, des communautés, du partage et de l'usage. Elle réinterprète les valeurs fondatrices des sociétés contemporaines. Ainsi, les communs sont irrémédiablement liés au rôle de l'État, de la propriété et de la démocratie. Ils sont à la fois une réflexion théorique, un débat politique et un lieu d'expériences citoyennes. Ce dictionnaire, placé à mi-chemin entre le vocabulaire et l'encyclopédie, est un véritable outil de compréhension du phénomène dans les différents champs où il intervient.

  • Le véganisme prend de plus en plus d'ampleur en Occident. Il s'inscrit dans une riche tradition philosophique et traduit deux dispositions psychologiques partagées par la plupart d'entre nous : la répugnance à faire souffrir les animaux et le désir de préserver la planète (l'élevage constituant aujourd'hui une grave menace sur l'environnement).
    Dans la mesure où il reste minoritaire et contrarie des habitudes profondément ancrées, le véganisme essuie toutefois une foule de critiques de la part des représentants de l'industrie agroalimentaire comme d'intellectuels. Or, les débats ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux ; les désaccords entre partisans et adversaires reposent même souvent sur des malentendus. Cet ouvrage comble les lacunes et nourrit un débat de société devenu incontournable.
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  • Qu'est-ce que la violence émeutière ? L'objet « émeute » fascine en même temps qu'il inquiète. Depuis quelques années, les émeutes accompagnent de nombreuses manifestations marquées par l'irruption de violences. À partir d'une immersion dans plus d'une cinquantaine d'émeutes au sein des cortèges de tête (black blocs) entre 2012 et 2019 (ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, Loi Travail, Parcoursup, Gilets Jaunes), cet ouvrage saisit la dimension sensible de la violence. Il interroge ce geste politique aussi singulier qu'unanimement désapprouvé. Entre simulacre, jeu et violence domestiquée, le but des émeutiers est de prendre en défaut momentanément le pouvoir. Tout l'enjeu est alors de comprendre comment se vit corporellement l'émeute afin d'entrevoir pourquoi elle est susceptible de susciter chez ses participants de multiples affects : peurs, joies, ivresses, vertige. L'émeute est donc envisagée comme une épreuve charnelle du politique dont il convient d'interrogerà la fois la consistance et l'inanité. L'absurdité dont elle témoigne nous parle à sa façon de notre monde commun.

  • L'Université´ est un thème peu pre´sent dans le de´bat d'ide´es en France. Les me´dias peuvent consacrer des pages entie`res ou des longs reportages TV a` la re´forme de l'ENA ou aux conventions ZEP de Sciences-Po Paris. Mais de`s qu'on parle « universite´ » en France aujourd'hui, les me^mes mots de´pre´ciatifs reviennent : « e´chec » en premier cycle, « fac parking », « usine a` cho^meurs », etc. Pourtant, les universite´s, aujourd'hui presque mille´naires, jouent un ro^le de´cisif en cette pe´riode de ge´ne´ralisation du baccalaure´at et des scolarite´s supe´rieures. Elles promeuvent nombre d'enfants des classes populaires, pre´sentent d'excellents taux d'insertion et surtout occupent une place irremplac¸able dans le paysage franc¸ais de la recherche et dans la formation au savoir critique. Elles me´riteraient d'e^tre remise au centre du syste`me d'enseignement supe´rieur.
    Ce livre sur et pour l'université, habituellement si décriée ou déniée, cherche justement à souligner combien les proce`s qui lui sont faits ratent l'essentiel.

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