psychiatrie : hôpital, prison, rue... ; malades mentaux : la double peine

psychiatrie : hôpital, prison, rue... ; malades mentaux : la double peine

À propos

Des malades mentaux qui se retrouvent attachés à l'hôpital, enfermés en prison ou abandonnés à la rue. Que s'est-il passé en psychiatrie ? Que reste-t-il du bel espoir suscité par la mise en place de la sectorisation dans les années 1970-80 qui avait souhaité en finir avec l'enfermement ? L'idée c'était d'humaniser le soin, de le centrer sur l'individu, de comprendre le sens de sa souffrance et ten- ter de lui conserver une place dans sa famille et dans la société.
Aujourd'hui, des impératifs budgétaires nous imposent de rationaliser les dé- penses et de rentabiliser tous nos actes. Dans l'hôpital, géré comme une entre- prise, le patient n'est plus cet être unique, avec son histoire particulière. Il n'est qu'un symptôme à éradiquer par des médicaments et des contraintes physiques parfois violentes. Le soin n'est plus la rencontre de celui qui souffre avec celui qui soigne. Il faut adapter, normaliser. Dans les services, la médicalisation a pris le pas sur la réflexion clinique, on traite souvent très vite, sans parler, sans écouter et sans comprendre.
Et cette folie qui autrefois nous était familière devient alors étrangère et dange- reuse. Elle nous fait peur. Considérés maintenant comme des criminels, punis par le rejet ou l'enfermement, les patients supportent à la fois leur pathologie et cette lourde condamnation. Malades et coupables, c'est la double peine.
Je suis devenu infirmier en psychiatrie après mes études en 1977. J'ai beaucoup aimé mon métier. Des formations, mais surtout des rencontres enrichissantes de soignants et de patients, au fil du temps, m'ont permis d'acquérir un sa- voir-faire, des connaissances, une expérience. Mais, ces dernières années, le discours et la pratique en psychiatrie, très matérialistes, basés principalement sur la médicalisation, ont conduit à une réduction progressive de la dimension humaine du soin. Et il m'a semblé alors que je n'avais plus ma place, restant convaincu que le premier médicament, c'est le soignant lui-même.

Rayons : Sciences & Techniques > Médecine > Spécialités médicales > Psychiatrie

  • EAN

    9782367176178

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    144 Pages

  • Longueur

    22 cm

  • Largeur

    15 cm

  • Épaisseur

    0.8 cm

  • Poids

    208 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Dominique Sanlaville

Dominique Sanlaville est un ancien infirmier en psychiatrie, depuis peu à la
retraite. Il a pu observer, au fil des ans, comment la psychiatrie s'est « dés-
humanisée » dans ses méthodes de traitement et dans la considération des
malades et de la vie mentale. Il est l'auteur de nombreux articles dans des
revues professionnelles.

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