LA TERRE QUI LES SEPARE

[ean : 9782070197118]
Matar Hisham
  • Editeur : Gallimard
  • Date de parution : 12/01/2017
Livré sous 24 à 48h ou retrait en librairie immédiatement.
22,50 €

Résumé du livre

En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Egypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s'être opposé dès le début au régime de Kadhafi. La famille reçoit quelques lettres, envoyées secrètement, jusqu'à ce que toute correspondance cesse brusquement. Vingt et un ans plus tard, lors de la chute de Kadhafi, en 2011, le peuple prend les prisons d'assaut et libère les détenus. Mais Jaballa Matar est introuvable. A-t-il été exécuté lors du massacre d'Abou Salim qui a fait 1 270 victimes en 1996 ? La détention l'a-t-elle à ce point affaibli qu'il erre quelque part, libre mais privé de souvenirs et d'identité ? Hisham Matar va mener l'enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l'histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d'adoption, s'adressant aux personnalités les plus inattendues, de Mandela au fils de Kadhafi. A travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat, Hisham Matar retrace aussi l'histoire poignante d'un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

Notre Avis

Il est possible que Télémaque n'ait jamais cessé d'être parmi nous. À la recherche d'un père aux mille ruses, ainsi soit Ulysse, à la recherche d'une réponse vingt ans durant qui le mène ou vers la mort ou vers le chemin du retour. Les temps changent, faut-il le préciser, mais par-delà les siècles certaines invariances demeurent, dont les amours humaines ne sont pas les moindres, et qui font qu'un Télémaque d'autrefois prend d'autres noms aujourd'hui, par exemple celui de l'écrivain Hisham Matar. Ainsi les heures que je vous invite à sacrifier au banal ou, si vous préférez, le livre que je vous invite à ouvrir, est le récit à la fois d'une quête et d'une enquête, d'une volonté de savoir aiguillée par la souffrance d'une absence. D'où vient-elle cette souffrance ? Pour Hisham Matar, né à New York et dont la seule terre natale est celle d'un nomadisme sous surveillance, c'est en bordure de ses vingt ans que son existence se change en chemin. En 1990, son père, opposant au dictateur Kadhafi, est arrêté par la police égyptienne, puis transféré dans la plus inaccessible geôle de Libye. Ainsi commence la disparition de l'un, ainsi commence l'exil de l'autre, un exil éprouvé dans la chair et qui est sous la tutelle d'un homme, si homme il y a, responsable de la séquestration d'un peuple, du démembrement des familles, du saccage des jeunes femmes et de la torture des fils. Cet exil peut-il prendre fin ? Peut-être, si le fils retrouve le père et chacun jugera à travers cet émouvant récit de l'accomplissement ou non de ce destin. Mais l'on ne peut s'empêcher au cours de la lecture de penser à tous les débats qui ont agité, jadis, entre deux repas équilibrés la France ou le Royaume Uni. Maintenant que la situation en Libye évoque le chaos, en terme poétique, évoque la guerre civile, en termes géopolitiques, les voix de ceux qui étaient contre l'intervention militaire nous rappellent les « leçons » de l'histoire. J'ignore s'ils ont raison ou tord, j'ignore s'il existe un entre deux, à vrai dire je ne me pose même pas la question. Cependant à la lecture du livre d'Hisham Matar, je me demande si le quidam que j'étais, à l'époque, n'avait pas largement sous-estimé les possibilités de sa propre indécence. Car ce récit montre bien que pour avoir une opinion mesurée, en connaissance de cause, il ne suffisait pas d'avoir en bouche les avis lus ou vus dans les médias, mais d'être attentif à toutes les voix, de leur offrir l'hospitalité, de prendre le temps de les écouter et ainsi d'évaluer en chaque information la dose de promesses qu'elle contient, à la manière de celui qui cueille des champignons et qui cherche à identifier ce qui conduit à la mort, ce qui conduit à la vie. Pour mieux s'approcher de certaines réalités, aucun média, aucun spécialiste, aucune merveille technologique ne suffira pour égaler la puissance de la littérature. Et je remercie en passant celui ou celle qui, chez Gallimard, a édité cette brochure contenant quelques extraits qui m'ont appâté, comme je remercie Catherine G., celle qui prédit les nouvelles histoires, de m'avoir confié un exemplaire de ce livre. Ainsi la Terre qui nous sépare nous conduit de part et d'autre d'une catastrophe intime. Nous suivons le fils qui n'est revenu en Libye qu'après la mort du dictateur mais qui n'a jamais cessé de penser, de rêver, de respirer, où qu'il fût, dans un monde sans pitié que l'on pourrait appeler la Kadhafi. Et nous quittons cette histoire rempli d'émotions, rempli de questions, mais aussi avec le sourire d'une espérance. Car si nous ne voyons pas comment Hisham Matar pourrait sortir de la Kadhafi, nous pressentons que son art littéraire le préservera, dans le moindre mal.

Du même auteur

Livraison express à vélo

Livraison express à vélo

dans Bordeaux intra-muros
Livraison colissimo

Livraison colissimo

frais de port forfaitaires
PAIEMENT SECURISE

PAIEMENT SECURISE

BNP PARIBAS
Expédition 24/48h

Expédition 24/48h

pour les livres en stock
8 place du Parlement 33000 Bordeaux
05 56 48 03 87

lundi de 14h à 20h

mardi au samedi de 10h à 20h

Suivez-nous

Facebook Twitter